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    F.-W. Kersting, J. Reulecke, H.-U. Thamer, Die zweite Gründung der Bundesrepublik (Françoise Berger)

    Francia-Recensio 2012/2 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine

    Franz-Werner Kersting, Jürgen Reulecke, Hans-Ulrich Thamer (Hg.), Die zweite Gründung der Bundesrepublik. Generationswechsel und intellektuelle Wortergreifungen 1955–1975, Stuttgart (Franz Steiner) 2010, 288 S., 27 Abb. (Nassauer Gespräche der Freiherr-vom-Stein-Gesellschaft, 8), ISBN 978-3-515-09440-5, EUR 44,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Françoise Berger, Grenoble

    L’ouvrage publie un ensemble de contributions issues de la neuvième édition des » Entretiens de Nassau « , qui, depuis leur création en 1962, se présentent sous la forme d’un forum pour les nouveaux spécialistes issus du monde économique et de l’administration ainsi que de jeunes chercheurs de disciplines variées.

    Pendant les années de très forte croissance économique et de normalisation politique en RFA – de 1955 à 1975 – la société allemande occidentale a été en parallèle profondément transformée dans nombre de ses aspects. La notion de »seconde fondation« ou fondation intellectuelle évoque la mise en place d’une culture politique pluraliste et démocratique définitivement ancrée vers la fin des années 1960. C’est à cette époque que sont débattues, parmi les intellectuels, les questions de l’état de la société. Les actes de cette rencontre élargissent cette perspective en direction d’une histoire intellectuelle qui prenne également en compte les différents niveaux d’approche, les discours et les acteurs intellectuels. Cet ouvrage apporte ainsi, entre autres thèmes, un nouvel éclairage sur les événements de 1968.

    Les nouvelles vues sur l’organisation de la communauté politique comme sur les rapports de l’État et la société qui apparaissent dans les années 1950 et qui ont ouvert largement »le long chemin vers l’Ouest« se fondent sur le principe de la démocratie libérale et peuvent se classer dans une mouvance chrétienne et occidentale de la pensée politique, et dans une approche dominante anti-communiste. La »seconde fondation« fut le fait de deux courants intellectuels parallèles, d’une part celui de l’école de Francfort 1 , d’autre part celle de la philosophie libérale conservatrice. L’ouvrage s’intéresse également au phénomène de changement de génération qui aurait été une base pour le renouveau politique et culturel des années 1960. Mais les contributions des différents auteurs ne dressent pas une image uniforme de cette évolution, dont le sens variait également en fonction de l’origine sociale, même si certains auteurs se montrent prudents sur cette thèse.

    Cette réflexion est présentée selon quatre ensembles thématiques. Dans une première partie consacrée aux médias et aux partis, Christoph Hilgert examine ainsi le rôle de la radio à destination de la jeunesse, dans les années 1950–1960, qui se voulait très pédagogue et a contribué à une nouvelle culture politique. Marcus M. Payk présente une enquête sur les luttes internes au sein des trois grands journaux conservateurs ( » Frankfurter Allgemeine Zeitung « , » Die Welt « et » Christ und Welt « ). Certes, les conflits de génération sont une composante des tensions de l’époque, mais la transformation a plutôt émergé de l’expansion et de la politisation générale des médias. Peter Hoeres a étudié les débats sur la nature de l’opinion publique et la réception des premiers sondages d’opinion, assez controversés. Pour sa part, Daniel Schmidt, dans son article sur les réactions de la CDU face au phénomène » 68 « montre que le parti s’est adapté en intégrant des jeunes de »type alternatif à 68« pour moderniser son image.

    Une seconde partie aborde le domaine des sciences et de la religion. Klaus Große Kracht a suivi l’évolution, chez les intellectuels catholiques, de la conscience de leur mission, entre 1945 et la fin des années 1960. Il remet en cause l’analyse de certains qui y ont vu l’émergence d’une génération sceptique. Pascal Eitler s’est intéressé à la »politisation« de la question religieuse autour des années 1968. Quelques contributions ont choisi l’approche biographique pour aborder ces questions: Tobias Freimüller sur le psychologue Alexander Mitscherlich, Alexander Gallus sur l’essayiste Kurt Hiller, Anne Fuchs sur l’écrivain Ludwig Harig (les seconds, dans une troisième partie sur la littérature). Dominik Geppert a étudié le Groupe 47 à travers le journal de Hans Werner Richter, un écrivain né en 1920 qui semble laisser penser que les générations plus âgées (de la quarantaine à la cinquantaine) se seraient engagées fortement dans l’opposition non parlementaire. Ce qui aurait conduit à la fin du Groupe 47 serait plus les oppositions quant au rôle des intellectuels en politique plutôt qu’un conflit de génération. Les réformateurs pragmatiques, proches du SPD, se sont présentés contre des utopistes révolutionnaires.

    Dans une dernière partie plus hétéroclite (»art, journalisme et cabaret«), Maria Daldrups analyse la démocratisation en marche au sein de l’Association des journalistes allemands, qui se situe dans une ligne plutôt tournée vers le passé et n’opère une réelle réorientation que dans les années 1980. Deux contributions se penchent sur les ruptures dans la peinture des années 1950 (Christian Spies) et sur le spectacle de cabaret politique, une forme d’expression qui était née dans les années 1920 et qui s’est largement développé aux cours des années 1950–1960 avec les supports de la radio et de la télévision (Detlef Briesen).

    Ces entretiens se sont voulus comme une approche pluridisciplinaire entre histoire, littérature ou histoire de l’art. Mais il est difficile de faire cette véritable approche qui s’avère souvent moins riche que les recherches disciplinaires elles-mêmes. Le potentiel qui peut surgir de cette confrontation devra donc être poursuivi dans d’autres travaux sur cette analyse tout-à-fait passionnante de la vie démocratique dans la société allemande au cours de ses premières décennies de son existence.

    1 Nom donné, dans les années 1960, à un groupe d'intellectuels allemands réunis autour de l'Institut für Sozialforschung ( Institut de r echerche sociale ), fondé en 1924 à Francfort /M. Parmi ses illustres membres, on comptait Theodor W. Adorno, Max Horkheimer, Herbert Marcuse et Walter Benjamin. Son projet visait à une analyse critique des sciences sociales dans une perspective néo-marxiste.

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    PSJ Metadata
    Françoise Berger
    F.-W. Kersting, J. Reulecke, H.-U. Thamer, Die zweite Gründung der Bundesrepublik (Françoise Berger)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Neuere Zeitgeschichte (1945-heute)
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein
    Ideen- und Geistesgeschichte
    1950 - 1999
    4011889-7 4027249-7
    1955-1975
    Deutschland Bundesrepublik (4011889-7), Intellektueller (4027249-7)
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    F.-W. Kersting, J. Reulecke, H.-U. Thamer, Die zweite Gründung der Bundesrepublik (Françoise Berger)
    In: Francia-Recensio 2012/2 | 19./20. Jahrhundert - Histoire contemporaine
    URL: https://www.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2012-2/ZG/kersting_berger
    Veröffentlicht am: 20.07.2012 14:55
    Zugriff vom: 21.07.2018 04:16
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