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    C. Paye, Publier sa thèse ou de l'importance de «bien» la publier

    Scholar Guide – Faire de l’histoire en Allemagne


    Claudie Paye

    Publier sa thèse ou de l ' importance de « bien » la publier

    Acteurs, réseaux et spécificités de la publication historique scientifique en Allemagne


    Résumé

    L 'article fait d 'abord état de quelques différences substantielles, culturelles mais aussi en partie structurelles, que l 'on rencontre entre l 'édition en sciences historiques en France et en Allemagne <1>–<8>. Le paysage des maisons d 'édition spécialisées en histoire y est ensuite restitué dans ses grandes lignes <10>–<29>. Les différents modes de financement du livre scientifique en histoire y sont représentés, et l 'article livre à cette occasion quelques recommandations pratiques aux doctorants et jeunes chercheurs en quête d 'une opportunité de publication en Allemagne <30>–<48>. Pour finir, il se penche sur quelques facteurs de la crise actuelle du monde de l 'édition et envisage son développement à venir, en particulier dans le domaine du numérique et de l 'offre en libre accès <49>–<59>. Dans son ensemble, l 'article tente de décrypter la complexité des rapports entre auteurs/chercheurs, éditeurs, maisons d 'édition et organismes de financement de la recherche.

    <1>

    « Qu 'il est ardu de ne pas tomber dans l 'éloge et le panégyrique ! J 'avais soutenu en juin 1982 une thèse de 3 e cycle […]. À la relecture de ce manuscrit demeuré inédit, le penchant est manifeste. J 'ai succombé avec délice aux charmes de la monographie : un objet de recherche est devenu le centre du monde et un prisme de lecture, avec tous les risques de distorsion possibles. […] Il a fallu un long temps pour relativiser cet enthousiasme […], pendant des années, j 'ai continué à glaner quelques informations complémentaires : on ne résiste pas à l 'attrait du détail manquant » 1 .

    C 'est avec ce recul et cette confession touchante qu 'une médiéviste française, parvenue à la fin de sa carrière scientifique active, introduisait en 2006, en appelant en quelque sorte à l 'indulgence, une œuvre « de jeunesse », tout du moins, sa thèse d 'État, non publiée jusqu 'alors.

    De la nécessité de publier sa thèse de doctorat

    <2>

    S 'il est envisageable, dans le contexte français, qu 'un chercheur ne révèle les fruits de sa recherche en publiant sa thèse d 'État, sous la forme d 'une œuvre monumentale telle que la monographie, qu 'une fois parvenu à l 'âge de la « maturité », cette figure tient de l 'inimaginable, voire de l 'absurde pour le contexte allemand. Il est peut-être encore possible de repérer dans le cercle des historiens allemands quelques cas de personnes titulaires d 'une chaire professorale alors que la publication de leur Habilitationsschrift (œuvre correspondant à peu près à l 'ancienne thèse d 'État) est seulement en cours de procédure ; il est pourtant absolument inconcevable de rencontrer un enseignant-chercheur ou jeune professeur qui n 'aurait pas publié sa thèse de doctorat dans une maison d 'édition spécialisée en histoire et reconnue par les pairs.

    Du « premier livre » au « second livre »

    <3>

    Cette nécessité de se produire à travers une publication – « le premier livre » pour la thèse de doctorat, « le second livre » pour l 'habilitation – est une particularité allemande, fruit d 'une longue tradition et qui s 'explique par plusieurs facteurs. Une explication partielle pour cet usage est la règle imposée dans les conventions d 'examens (Promotionsordnungen) des universités allemandes. Elles prévoient qu 'un certain nombre d 'exemplaires de la thèse – variable d 'une université à l 'autre, mais en moyenne une quarantaine – doit être livré avant que le doctorant puisse prétendre au titre de « docteur ès philosophie » (« Dr. phil. ») et le porter avec ostentation. Ce signe distinctif est d 'ailleurs fort convoité en Allemagne, et pas seulement dans le champ universitaire.

    <4>

    Sans publication, pas de carrière universitaire ou de chercheur possible. Cette règle d 'airain explique en partie la manne des monographies pointues publiées en Allemagne, à un tirage de 300 exemplaires tout au plus, et destinées pour l 'essentiel à la clientèle des bibliothèques publiques, universitaires et de recherche. Pour forcer le trait : si, dans le contexte français, la parution des ouvrages d 'un historien est en partie signe de sa consécration scientifique, tenant à la qualité de sa plume et faisant généralement l 'objet d 'une publication de type mittleres Buch – tirage d 'environ 5 000 exemplaires –, il en est tout autrement en Allemagne. Publier sa thèse de doctorat y constitue l 'une des premières étapes d 'un parcours pour accéder ensuite à un poste.

    Publish or perish à l 'allemande

    <5>

    À cela s 'ajoute que dans le contexte universitaire allemand, seules, ou presque, les chaires professorales sont dotées de postes « à vie », alors que pour le corps enseignant du niveau maître de conférences (Mittelbau) pour les universités ou pour les chercheurs et ingénieurs de recherche du type CNRS dans les instituts de recherche extra-universitaires, la tendance dominante est aux contrats à durée déterminée, non reconductibles passé un délai de douze ans maximum. Dès lors, rares sont les chercheurs et enseignants-chercheurs qui peuvent obtenir un poste à long terme au sein d 'un département universitaire ou d 'une équipe de chercheurs. Il faut aspirer à devenir professeur des universités soi-même. C 'est pourquoi la tournure publish or perish est particulièrement pertinente pour le contexte allemand, et publier sa thèse de doctorat ou plus exactement « bien » la publier – chez une maison d 'édition à la valeur symbolique établie ou dans une collection reconnue – représente le premier jalon essentiel d 'une ascension hypothétique, compte tenu de la concurrence ardue. C 'est un non-dit et une évidence à la fois, et même si les nouveaux barèmes d 'évaluation des revues scientifiques en sciences humaines sont au moins autant décriés en Allemagne qu 'en France, les chercheurs allemands qui peuvent prétendre à publier leurs ouvrages dans certaines maisons d 'édition ou dans certaines collections, s 'en prévalent indubitablement. Pour les chercheurs, le cachet d 'une maison d 'édition reflète le capital social qu 'ils auront su acquérir avec les résultats de leur recherche et le jeu des réseaux dans lesquels ils se meuvent 2 .

    Marché du livre historique scientifique

    <6>

    Le monde de l 'édition est caractérisé par une autre différence marquante que le marché du livre historique présente entre l 'Allemagne et la France : les habitudes du public. D 'une part, les étudiants allemands ont moins tendance que leurs homologues français à acquérir de façon personnelle des manuels et ouvrages d 'histoire – les premiers empruntant plutôt auprès des bibliothèques universitaires, auxquelles ils accèdent d 'ailleurs plus facilement que les seconds 3 . D 'autre part, les Français sont particulièrement épris de leur histoire, de commémorations historiques et de sujets d 'histoire en général 4 ; cette tendance fait que l 'amateur achètera peut-être plus volontiers un ouvrage traitant d 'histoire en France qu 'en Allemagne.

    Cultures scientifiques divergentes : de la monographie et de l 'importance des notes de bas de page

    <7>

    Si, dans le contexte anglo-saxon ou français, l 'essai historique est un exercice de style avec un mode d 'écriture bien établi, dans le contexte allemand, c 'est la monographie pointue et chevronnée qui prône. Et d 'ailleurs, lorsque le manuscrit d 'une thèse de doctorat ou d 'État est retravaillé en vue d 'une publication, l 'accent est d 'abord mis sur l 'exhaustivité du propos scientifique développé et son échafaudage minutieux sur des références réactualisées – notes de bas de page à l 'appui 5 – plutôt que sur l 'accessibilité à un public plus large.

    <8>

    En France, lorsqu 'une thèse de doctorat est, exceptionnellement, amenée à être publiée (car particulièrement brillante), le chercheur opère sur son manuscrit un travail de réduction et de reformulation très serré, en étroite collaboration avec la maison d 'édition, afin de rendre le texte plus lisible et de rehausser l 'intérêt pour l 'ouvrage auprès d 'un public de non spécialistes du champ de la recherche. Les raisons sont simples : un livre trop volumineux n 'est pas finançable et est difficilement commercialisable. Le manuscrit d 'une Qualifikationsarbeit allemande – accepté en première ligne par les éditeurs scientifiques d 'une collection plus que par le lectorat d 'une maison d 'édition même – sera quant à lui plus sûrement retenu sans que des coupes massives sur les longueurs soient imposées.

    À propos de l 'infrastructure de la publication scientifique en histoire

    <9>

    Ces considérations préliminaires ayant succinctement posé les grandes lignes motrices du monde de l 'édition scientifique allemand en histoire et ce en quoi celui-ci se démarque foncièrement des conditions qui prévalent dans le contexte français, les observations suivantes concerneront l 'infrastructure de la publication scientifique en histoire, à savoir :
    1) les maisons d
    'édition, entre tradition, crise et adaptation ;
    2) le rôle des chercheurs dans les choix éditoriaux et les réseaux d
    'historiens porteurs dans le domaine de l 'édition ;
    3) les modes de financement (fondations subventionnant la publication du livre d
    'histoire à faible tirage) ;
    4) les transformations actuelles de la production académique en histoire.
    Le questionnement de fond portera sur les conditions et les enjeux de l
    'édition scientifique allemande en histoire et leurs distinctions des pratiques françaises.

    Maisons d 'édition spécialisées en histoire entre tradition, crise et adaptation

    <10>

    Originellement, les maisons d 'édition allemandes spécialisées en histoire sont marquées par deux clivages essentiels, qui se sont certes estompés au cours des siècles, mais qui restent latents : le confessionnel et le politique. Le premier, surtout, peut surprendre l 'observateur français qui évolue dans un paysage laïcisé 6 .

    <11>

    Si le paysage français du monde de l 'édition scientifique en histoire est constitué de grands consortiums, on peut encore constater l 'existence d 'une certaine diversité en Allemagne 7 . On trouve déjà plusieurs types de maisons d 'édition qui investissent le rayon « histoire » : des maisons d 'édition scientifiques ( Wissenschaftsverlage et plus largement les Universalverlage ) avec entre autres les maisons d 'édition universitaires (Universitätsverlage), des maisons d 'édition grand public (Publikumsverlage), des maisons d 'édition scolaires (Schulbuchverlage).

    <12>

    Pour éviter un classement alphabétique dénué de sens, on effectuera un tour de vol géographique des maisons d 'édition investissant le secteur histoire. Il est d 'ailleurs à noter que le facteur local et régional est loin d 'être aléatoire pour les maisons d 'édition allemandes. Elles vivent ainsi en partie de leur rayonnement régional, et le doctorant de Bonn ou de Cologne s 'orientera d 'abord plutôt vers la maison d 'édition Böhlau, tandis que le doctorant de Göttingen se tournera de préférence vers Vandenhoeck & Ruprecht.

    Paysage éditorial dans le nord de l 'Allemagne

    <13>

    Pour brosser le tableau des maisons d 'édition qui nous intéressent ici, on peut brièvement en citer quelques-unes des plus renommées, c 'est-à-dire de celles au capital symbolique bien établi : pour le nord de l 'Allemagne, on peut évoquer les maisons d 'édition Wagenbach, Walther De Gruyter et Duncker & Humblot à Berlin.
    Pour l
    'histoire culturelle, on retiendra la petite maison d 'édition Klaus Wagenbach qu 'on pourrait qualifier de Liebhaberverlag. Elle ne publie pas de thèses de doctorat, c 'est une maison d 'édition tout public (Publikumsverlag), mais elle réserve une partie de son programme à des traductions en allemand de livres d 'histoire français, italiens, espagnols ou anglais, reconnus dans leur pays respectif et qu 'elle souhaite faire découvrir à un public germanophone 8 .

    <14>

    Walther De Gruyter a une vocation de Wissenschaftsverlag et un secteur d 'activité important et reconnu, dédié tout spécialement aux sciences historiques. De Gruyter développe de plus en plus son offre numérique (bases de données, ebooks… ) 9 .

    <15>

    Duncker & Humblot est également une Wissenschaftsverlag de longue tradition, qui s 'est consacrée dès sa fondation aux sciences historiques spécifiquement – publiant entres autres les œuvres complètes de Leopold Ranke – et à la philosophie 10 . Elle publie la Zeitschrift für historische Forschung 11 .

    <16>

    La maison d 'édition Ferdinand Schöningh, fondée au XIX e siècle à Paderborn, compte également au nombre des Wissenschaftsverlage allemandes avec une spécialisation dans les sciences humaines et sociales, l 'histoire contemporaine et la théologie (catholique, implication locale oblige). Elle se divise en maison d 'édition à vocation scientifique (Schöningh Wissenschaft) et en maison d 'édition du livre scolaire (Schöningh Schulbuchverlag) 12 .

    Paysage éditorial dans l 'ouest de l 'Allemagne

    <17>

    Au centre de l 'Allemagne, on trouve entre autres Vandenhoeck & Ruprecht. Au début du XIX e siècle cette maison d 'édition se dédiait essentiellement à la théologie protestante et n 'était pas particulièrement spécialisée en histoire. C 'est seulement à partir des années 1970 qu 'elle s 'est imposée dans le secteur « histoire » pour avoir été investie par la nouvelle génération d 'après-guerre de l 'histoire sociale. Ayant son siège à Göttingen, elle a longtemps profité, et ce jusqu 'à sa fermeture en 2007, de la proximité émulatrice de l 'Institut Max-Planck d 'histoire. Vandenhoeck & Ruprecht publie entre autres la revue spécialisée Geschichte und Gesellschaft et la collection Kritische Studien zur Geschichtswissenschaft, collection phare de l '« école de Bielefeld » 13 .

    <18>

    Également implantée à Göttingen, la Wallstein Verlag est une maison d 'édition de création plus récente – années 1980 – et de plus petite envergure, en comparaison des autres maisons d 'édition présentées ici. Pour ce qui est de son secteur « histoire », elle s 'est notamment spécialisée dans la littérature qui concerne l 'Holocauste, le national-socialisme et le judaïsme. À son programme également, on retrouve des ouvrages en histoire des sciences et en histoire culturelle 14 .

    <19>

    Partagée depuis la seconde moitié du XX e siècle entre Weimar, Cologne et Vienne, la maison d 'édition Böhlau, dont la création remonte au XVIII e siècle, se consacre essentiellement aux sciences humaines et tout particulièrement aux sciences historiques et à l 'histoire du droit. Cette maison d 'édition s 'est fait un nom avec la Zeitschrift der Savigny-Stiftung für Rechtsgeschichte 15 . Elle s 'est ouverte, ces dernières décennies, au répertoire de l 'histoire culturelle, à l 'anthropologie historique et à l 'histoire des genres, avec la parution entre autres de deux revues Historische Anthropologie. Kultur–Gesellschaft–Alltag (depuis 1993), et L 'Homme. Europäische Zeitschrift für Feministische Geschichtswissenschaft (depuis 1990) 16 . Böhlau publie aussi des thèses de doctorat.

    <20>

    Près du siège de la foire du livre de Francfort/M., on retrouve notamment les maisons d 'édition Peter Lang et Campus Verlag. La maison d 'édition P. Lang, créée en Suisse, est établie en Allemagne depuis les années 1970. Elle publie beaucoup de thèses de doctorat et est présente internationalement (Berne, Berlin, Bruxelles, Francfort/M., New York, Oxford, Vienne). La conception de sa page d 'accueil sur Internet indique déjà que ce groupe éditorial est à la recherche du contact direct avec les auteurs 17 . La maison d 'édition Campus a été fondée en 1975, et s 'est d 'abord consacrée aux sciences sociales empiriques et à la sociologie. Le volet littérature scientifique « Campus Wissenschaft » ne représente qu 'une partie de son activité, mais fait une bonne part aux sciences historiques et à l 'histoire culturelle. Elle se donne pour mission d 'opérer le transfert des résultats de la recherche vers un grand public à travers son programme « wissenschaftliches Sachbuch ». Un autre volet d 'activité privilégié concerne les manuels d 'apprentissage et ouvrages génériques introductifs à un champ de la recherche spécifique (Lehr- und Studienbücher) 18 . Depuis 1984, Campus coédite avec les Éditions de la Maison des sciences de l 'homme des traductions d 'ouvrages scientifiques de référence en sciences humaines et sociales (collection Campus Bibliothek) 19 . À côté de Peter Lang, elle constitue l 'une des maisons d 'édition vers lesquelles les doctorants s 'orientent de préférence pour publier leurs thèses de manière rapide et à un prix acceptable.

    Paysage éditorial dans le sud de l 'Allemagne

    <21>

    La Franz-Steiner-Verlag et la maison d 'édition Kohlhammer sont installées à Stuttgart.
    La maison d
    'édition Franz Steiner, fondée à Wiesbaden en 1949, se consacre exclusivement aux sciences historiques et publie plus de 150 collections, en partenariat étroit avec des éditeurs du monde universitaire, ainsi qu 'une vingtaine de revues, dont la Vierteljahrschrift für Sozial- und Wirtschaftsgeschichte 20 . Ses secteurs de publication sont en particulier l 'histoire ancienne, l 'histoire économique et sociale, ainsi que l 'histoire des idées et des sciences et l 'histoire de la médecine 21 .

    <22>

    La maison d 'édition Kohlhammer a investit progressivement le secteur « histoire », tout particulièrement, à la fin des années 1920, celui de l 'histoire religieuse (protestante) et a beaucoup profité du terreau des universitaires de Tübingen, qui souvent y créèrent leurs collections 22 .

    <23>

    Situées à Munich – le grand pôle de l 'édition du sud de l 'Allemagne –, il s 'impose de nommer les maisons d 'édition C.H. Beck, Oldenbourg et K.G. Saur. C.H. Beck n 'est pas une maison d 'édition exclusivement consacrée aux sciences historiques, le plus important volet de son activité concerne l 'édition dans le domaine juridique et c 'est une Publikumsverlag, mais elle est très convoitée par les historiens en quête d 'une maison. Oldenbourg est entre-temps devenu un consortium qui regroupe notamment une maison d 'édition scientifique (Wissenschaftsverlag) et une maison d 'édition scolaire (Schulbuchverlag), ou plutôt qui a réorganisé ses productions en délimitant plus clairement ces deux volets d 'activité distincts. Oldenbourg a investi d 'ailleurs le marché du livre d 'histoire dans les années 1920 en se spécialisant dans le secteur pédagogique 23 – les collections Oldenbourg Grundriss der Geschichte et Enzyklopädie Deutscher Geschichte regroupent par exemple des états de la recherche et des bibliographies commentées qui comptent parmi les lectures inconditionnelles des étudiants allemands. Cette maison d 'édition publie la revue historique allemande de tradition, le Historische Zeitschrift, ainsi que la Historische Bibliographie 24 .

    <24>

    K.G. Saur, fondée en 1948, implantée également dans le domaine des sciences historiques, a repris en 2005 la maison d 'édition Max Niemeyer, impliquée elle aussi dans le domaine scientifique, pour être reprise à son tour en 2006 par le groupe éditorial De Gruyter. Le programme traditionnel de la maison d 'édition Saur – les ouvrages de recherche biographique et bibliographique – continue à être mis en valeur par le groupe sous le label De Gruyter Saur 25 . Cet exemple de rassemblement de maisons d 'édition est symptomatique des tendances actuelles de fusionnement pour le monde de l 'édition en Allemagne.

    <25>

    La Akademie-Verlag, la Wissenschaftsverlag de la RDA à partir de 1946, étroitement liée à la Deutsche Akademie der Wissenschaften, a été rachetée pour sa part par la Oldenbourg Verlag en 1997 26 . Pour Saur comme pour la Akademie-Verlag, il est intéressant de constater que signet et image des maisons d 'édition reprises sont soigneusement conservés. Oldenbourg, quant à elle, fait partie du groupe éditorial Cornelsen depuis 2004 27 .

    <26>

    Plus au sud encore, on remarquera la Universitätsverlag Konstanz (UVK). Apparue dans les années 1960 avant même la création de l 'université de Constance, elle a entre-temps largement dépassé le cadre d 'une Universitätsverlag au service des universitaires locaux. Depuis les années 1990, elle développe son activité également à l 'échelle internationale. Elle est réputée, entre autres, pour son investissement dans le secteur des sciences sociales et pour ses publications en histoire régionale (Regionalgeschichte). Elle consacre également une partie de son programme aux titres en histoire culturelle 28 .

    Paysage éditorial reconstitué depuis 1989 à l 'est du pays

    <27>

    À l 'est du pays, le renouvellement s 'est opéré dès 1989/1990 avec la déchéance imminente de bon nombre de maisons d 'édition de l 'ex-RDA, puis a été suivi d 'un nouvel essor pour le monde éditorial. Ainsi on retiendra, à côté de la Akademie-Verlag déjà mentionnée plus haut, comme représentante de cette nouvelle génération de petites maisons d 'édition spécialisées, entre autres la Christoph Links Verlag, créée en 1990 et qui se dédie expressément à l 'histoire de la RDA 29 . Son focus est l 'histoire politique et elle a élargi son programme aux questions actuelles de société. Un autre volet d 'activité concerne l 'histoire coloniale et les conflits internationaux.

    <28>

    La Leipziger Universitätsverlag/Akademische Verlagsanstalt AVA, quant à elle, a été fondée en 1992 et dépasse largement le profil d 'une maison d 'édition universitaire classique se confinant à publier les ouvrages des chercheurs de l 'université affiliée 30 . À son programme, les sciences humaines sont bien représentées. La collection Transfer – Die Deutsch-Französische Kulturbibliothek retiendra tout particulièrement l 'attention de l 'historien français qui se consacre à l 'histoire des transferts culturels France-Allemagne. Au nombre des revues publiées par le groupe éditorial, on peut souligner notamment Comparativ – Zeitschrift für Globalgeschichte und vergleichende Gesellschaftsforschung (depuis 1991) et Grenzgänge – Beiträge zu einer modernen Romanistik (depuis 1994) 31 .

    <29>

    La Lukas-Verlag für Kunst- und Geistesgeschichte compte aussi au nombre des petites maisons d 'édition montantes d 'après l 'unification allemande 32 . Créée en 1996, elle a tout particulièrement développé son répertoire en histoire de l 'art et de l 'architecture, en histoire des ordres religieux, en histoire culturelle, ainsi qu 'en histoire du temps présent.

    Recommandations pratiques, coût d 'une publication de thèse et modes de financement

    À la recherche d 'une maison d 'édition

    <30>

    Pour une recherche plus systématique, on renverra au carnet d 'adresses de maisons d 'édition proposé par Clio-online. Un doctorant à la recherche d 'une maison d 'édition pourra par exemple repérer des ouvrages apparentés méthodiquement ou thématiquement au sien, et s 'orienter vers ces maisons d 'édition, voire les comités éditoriaux en charge de sélectionner les nouveaux titres à paraître dans les collections. On approchera d 'ailleurs plus sûrement une maison d 'édition en contactant un membre du comité scientifique d 'une de ses collections et en lui soumettant les résultats de ses recherches (présentation des travaux dans le cadre d 'un séminaire de doctorants par exemple). Pour les résultats de la recherche les plus récents, il est recommandé de tenter de les publier dans une revue scientifique.

    <31>

    Il est à noter par ailleurs que le travail de lectorat sur le manuscrit est désormais souvent et en grande partie assuré par les chercheurs, éditeurs de la collection et leur équipe de travail, alors que les maisons d 'édition se dégagent de plus en plus de la responsabilité de cette tâche. La composition de l 'ouvrage en vue de la publication incombe également souvent à l 'auteur lui-même afin de minimiser les coûts de production. Le principal atout des maisons d 'édition allemandes est certainement leur forte implication dans le marketing et la diffusion de leur programme. Pour s 'en faire une idée, il suffit de suivre un Historikertag pour constater que les abords de ce grand rassemblement des historiens allemands font penser à un salon du livre spécialisé en histoire. En effet, les maisons d 'édition ne manquent pas d 'être présentes à diverses conférences et manifestations et d 'entretenir ainsi le contact avec leurs auteurs et leurs lecteurs.

    Réseaux de la recherche et de l 'édition

    <32>

    Les maisons d 'édition établissant le catalogue de leurs nouveautés essentiellement sur les recommandations et les choix des chercheurs-éditeurs à la direction de leurs collections, il convient pour comprendre leurs principes éditoriaux de se tourner vers les réseaux des chercheurs. Un indice assez révélateur de l 'importance de ces réseaux sont les préfaces et remerciements qui précèdent quasiment tout ouvrage scientifique : y sont conventionnellement nommés les chercheurs, directeurs de recherche, collègues, mentors, qui ont été à l 'initiative et/ou qui ont soutenu moralement et intellectuellement la parution et encadré la recherche ; les soutiens financiers y sont également nommés. Les Vorwörter et Danksagungen permettent donc souvent de reconnaître d 'emblée de quelles affiliations ont dépendu la réalisation du projet de recherche et sa parution.
    À l
    'image du paysage universitaire allemand, très marqué par les relations de maître à élève (du Doktorvater à ses Schüler ) et la solidarité en découlant 33 , le monde de l 'édition est également très imprégné par ses principes de dépendance et d 'adhésion disciplinaire par courants et par écoles historiques. Il se fait assez exactement le miroir du champ universitaire de la recherche.

    Coût et financement de l 'ouvrage historique scientifique

    <33>

    Sur l 'aspect du coût et du financement du livre d 'histoire, on peut recenser de nombreuses spécificités allemandes, en comparaison de la situation française. Tout d 'abord, le prix de vente de cette littérature spécialisée peut énormément varier, mais a tendanciellement un plafond assez élevé. Un ouvrage à 150 € vise résolument les caisses publiques comme acheteuses, et non pas le public.

    Honoraire ou Druckkostenzuschuß

    <34>

    S 'il est encore courant en France que l 'auteur d 'un ouvrage en histoire signe un contrat avec sa maison d 'édition incluant le versement d 'un modeste honoraire pour la cession des droits d 'auteur sur l 'ouvrage, en Allemagne, les maisons d 'édition font plutôt leurs calculs en mettant les auteurs à contribution 34 . L 'argument central est que l 'édition scientifique a un coût plus élevé que le gain qu 'elle rapporte. Les maisons d 'édition exigent donc des auteurs un Druckkostenzuschuß, très variable selon la collection et s 'élevant parfois à 10 000 € ou plus. Pour compenser ce déséquilibre au détriment des auteurs, plusieurs voies leur sont ouvertes pour obtenir une aide à la publication. Cette particularité allemande qui pourrait paraître une inégalité opérant une sélection de l 'élite universitaire par l 'argent et/ou la faculté à financer sa propre publication, a des conséquences plus subtiles. La réalité allemande est aussi préfigurée par l 'existence d 'une multitude de fondations redistribuant aux chercheurs, fonds public et privés, sous forme, entres autres, d 'aides à la publication.

    La course aux prix et autres aides à la publication

    <35>

    Ici aussi, on peut reconnaître l 'effet synergique d 'un bon réseautage : ainsi, un projet de recherche ayant été soutenu par une bourse d 'étude doctorale trouvera plus facilement une aide à la publication par la suite. Dans certaines écoles doctorales, des aides à la publication sont quelquefois fournies aux doctorants. L 'Agence allemande pour la recherche (Deutsche Forschungsgemeinschaft, DFG) décerne parfois des aides à la publication pour des thèses de doctorat 35 . On peut nommer aussi les fondations Geschwister-Boehringer-Ingelheim-Stiftung für Geisteswissenschaften 36 et Gerda-Henkel-Stiftung 37 . La Fazit-Stiftung attribue des aides à la publication de thèses de doctorat, tout en spécifiant qu 'il s 'agit d 'une aide à caractère social, lorsqu 'aucune autre aide financière ne permet le financement de cette publication ; la fondation recommande par ailleurs le choix d 'une publication à coût moindre plutôt que de prestige 38 .

    <36>

    Certaines maisons d 'édition participent d 'ailleurs elles-mêmes au financement et à l 'attribution d 'aides à la publication, comme par exemple la Franz-Steiner-Verlag à travers son Forschungspreis, le Franz-Steiner-Preis für Deutsch-Amerikanische Studien : en partenariat avec le Deutsches Historisches Institut Washington, elle attribue le prix et assure également l 'impression de l 'ouvrage dans la collection Transatlantische Historische Studien 39 . Certains organismes de recherche qui publient des collections scientifiques contribuent également au financement partiel de la publication : si un manuscrit de thèse est accepté dans une collection bien précise, on obtient d 'emblée, dans certains cas, le soutien financier de l 'organisme éditeur.

    <37>

    Les universités bénéficient parfois de moyens financiers à allouer pour la publication des thèses de leurs doctorants : les étudiants des universités munichoises peuvent s 'adresser à la Oskar-Karl-Forster-Begabtenförderwerk 40 , ceux de l 'université de Greifswald trouveront éventuellement un soutien auprès de la Société des amis et mécènes de leur université via le Promotionspreis 41 , etc. Il est recommandé de s 'adresser aux Stipendienreferate de l 'université de rattachement, pour les doctorants en cotutelle par exemple, pour découvrir d 'éventuelles opportunités locales de financement.

    <38>

    Selon la focalisation régionale et historique du projet, on pourra prendre en considération les fondations, associations et sociétés savantes régionales, fortes d 'un assez grand dynamisme en Allemagne. La Verein für hessische Geschichte und Landeskunde attribue ainsi chaque année une aide à la publication à deux ou trois travaux de recherche sur l 'histoire de la région hessoise, le manuscrit intégrant ensuite la collection Hessische Forschungen zur geschichtlichen Landes- und Volkskunde 42 . La M.C.A.-Böckler – Mare-Balticum-Stiftung se dédie à l 'histoire culturelle de la Hanse et des pays baltiques et attribue également des aides à la publication aux ouvrages relevant de son domaine de spécialisation 43 .

    <39>

    En fait, c 'est une toile dense d 'organismes religieux, politiques, étatiques et privés qui peut permettre au niveau local le financement partiel d 'une publication de thèse. Ainsi les Landschaftsverbände de la Rhénanie-du-Nord-Westphalie et de la Basse-Saxe sont aussi bailleurs d 'aides à la publication 44 . Les évêchés soutiennent volontiers des ouvrages en histoire religieuse. Les caisses d 'épargne (Sparkassen) sont assez désireuses de pouvoir apporter leur appui aux travaux historiques régionaux. Enfin, certaines entreprises décernent également des aides à la publication dans le cadre de leur volet d 'action culturelle, comme la RheinEnergie AG 45 .

    <40>

    Pour les projets de publication autres que thèses de doctorat et habilitations, on pourra s 'adresser à la Fondation Thyssen, si toutefois le projet de recherche a, en amont de la publication, obtenu un soutien de cette fondation 46 .

    <41>

    Au-delà des aides à la publication, certains prix peuvent également être utilisés pour le refinancement d 'une publication, comme le prix annuel de la meilleure thèse de l 'Université franco-allemande 47 . À une autre échelle, on retiendra le prix NDR-Kultur-Sachbuchpreis du Norddeutscher Rundfunk, financé entre autres par la Fondation Volkswagen 48 : chaque maison d 'édition de l 'espace germanophone peut proposer jusqu 'à trois titres de son programme. Attribué pour la première fois en 2009, le prix a récompensé l 'ouvrage de Jürgen Osterhammel Die Verwandlung der Welt ; en 2010, il alla aux éditeurs des Tagebücher du comte Harry Kessler, Ulrich Ott et Roland S. Kamzelak.

    <42>

    Au moins six portails répertorient les fondations : d 'une part, le site du Stifterverband 49 , où il est possible, en ciblant l 'onglet « Stiftungen & Stifter », puis entre autres le menu « Förderung », de limiter sa recherche aux aides à la publication dans le domaine des sciences humaines en sélectionnant les critères « Geisteswissenschaften » et « Druckkostenzuschuß », d 'autre part, le portail kulturportal-deutschland.de, rubrique « Einrichtungen » 50 . Le ministère fédéral de l 'Éducation et de la Recherche pourvoit lui aussi un répertoire de fondations, le Stipendienlotse 51 . Le Deutsches Informationszentrum Kulturförderung (DIZK) propose également un répertoire en ligne d 'environ 700 fondations, le Stiftungsindex 52 . En partenariat avec l 'hebdomadaire Die Zeit, le DIZK a aussi développé un Stipendienführer en ligne 53 . On peut se reporter finalement au portail forschen-foerdern.org 54 , qui regroupe également quelques suggestions pour les sciences humaines.

    Rémunération en aval de la publication : VG Wort et les dividendes du droit de copie

    <43>

    La plupart des aides à la publication sont attribuées en amont. La société allemande de gestion des droits d 'auteurs, Verwertungsgesellschaft Wort (VG Wort) 55 , prélève quant à elle des taxes, notamment dans le cadre de la reprographie et du prêt des bibliothèques, qu 'elle redistribue ensuite annuellement aux auteurs qui lui ont signalé leurs nouvelles publications. Ces dividendes varient selon le nombre d 'auteurs revendiquant leurs publications, mais constitue une compensation non négligeable à l 'absence d 'un honoraire pour les auteurs. La VG Wort investit également, par le biais de son fonds Förderungs- und Beihilfefonds Wissenschaft, une partie de ses entrées d 'argent dans une aide à la publication scientifique avant impression 56 . Il n 'est d 'ailleurs pas limité aux chercheurs de nationalité allemande de participer à la répartition des redevances : un chercheur étranger ayant publié dans une revue, un ouvrage collectif, etc. dont le siège de la maison d 'édition est situé en Allemagne, peut également demander à être pris en considération lors de la répartition des redevances (Ausschüttungen). Les modalités d 'inscription sont expliquées sur le site de la VG Wort.

    Chaînes de la valorisation et de la reconnaissance

    <44>

    De manière générale, l 'obtention d 'une très bonne mention est une des conditions essentielles pour l 'attribution d 'une aide à la publication d 'une thèse de doctorat. Ces aides sont réservées aux travaux les plus méritants. Par conséquent, la nécessité d 'avoir recours à une subvention pour financer la publication de sa thèse permet secondairement, en renforcement du choix du comité éditorial, de garantir aux maisons d 'édition que seules les meilleures thèses bénéficieront d 'une publication dans une collection reconnue. Avec l 'éventail des aides à la publication qui s 'est développé autour de l 'existence du Druckkostenzuschuß, on peut reconnaître l 'effet sélectif et le maintien d 'un label qualité par distinction. D 'un phénomène a priori inégalitaire, sélectionnant par l 'argent, s 'est développé un moyen d 'assurer des bons standards de qualité. Pour la publication et son auteur, le signet et l 'aura d 'une maison d 'édition ainsi que l 'acceptation dans une collection établie, représentent une valeur ajoutée. Cette valorisation induit celle qui lui a précédé avec l 'obtention d 'une mention honorifique décernée par le jury de la thèse. Dans cette spirale de la reconnaissance s 'inscrit également celle des évaluateurs scientifiques des fondations et organismes qui ont décidé, en amont de la publication, d 'en financer ou cofinancer l 'impression. Les aides à la publication n 'ont pas seulement une valeur monétaire, elles ont, au même titre que les maisons d 'édition et leurs collections, une valeur symbolique non négligeable.

    <45>

    Sous l 'effet des restrictions budgétaires, on constate cependant qu 'il faut de plus en plus cumuler les aides financières à la publication de plusieurs sources différentes pour parvenir à financer complètement la publication d 'une thèse ou d 'un autre type de publication. La quête d 'aides à la publication a de tout temps eu un aspect laborieux, qui a tendance à s 'intensifier, et comme l 'attribution de ces aides doit généralement survenir avant impression, il n 'est pas impossible que dans un cas ou un autre, cette structure un peu lourde ait l 'effet néfaste et regrettable de retarder la parution, voire de signifier une perte de « fraîcheur » des résultats de la recherche.

    Changements en vue ?

    Archives ouvertes : une option pour les sciences humaines ?

    <46>

    Dans ces conditions, il peut paraître surprenant que la publication en ligne de thèses de doctorat, à moindre coût, ne soit pas plus répandue. La Deutsche Bibliothek propose un portail dissonline 57 qui facilite la publication en ligne en répondant aux questions les plus fréquentes sur ce sujet et en répertoriant les archives ouvertes à caractère institutionnel des universités susceptibles d 'accueillir des thèses de doctorat et des habilitations. Mais il faut reconnaître que ces repositories ont généralement l 'ambition et le défaut de servir toutes les disciplines à la fois : les thèses de doctorat en sciences humaines et en histoire sombrent dans la masse des thèses de doctorat des sciences « dures », pour lesquelles ce mode de publication est plus répandu et plus accepté. De plus, les pratiques de citation des chercheurs sont telles que les thèses de doctorat en ligne sont plus rarement citées. Les grandes bibliographies telles que la Historische Bibliographie ou les Jahresberichte für deutsche Geschichte accentuent d 'ailleurs le manque d 'acceptation des publications scientifiques en ligne en ne mentionnant pas les thèses en ligne.

    Impression à la demande

    <47>

    Un autre mode de publication qui constitue un intermédiaire entre le numérique et l 'impression papier est l 'impression à la demande (Print on Demand) : ainsi pour les ouvrages scientifiques rarement demandés, ce type de publication permet d 'adapter le tirage exactement à la hauteur de la demande et de réduire ainsi le coût de production en supprimant toute planification à l 'avance et tout frais de stockage. L 'impression est déclenchée uniquement sur demande d 'une personne intéressée par l 'ouvrage.

    La voie numérique ou comment sortir des voies consacrées de la publication

    <48>

    Ces possibilités d 'adaptation du marché du livre scientifique en histoire peuvent paraître séduisantes vu qu 'elles permettent un gain de temps entre le moment de la soutenance et celui de la parution. Mais concrètement la publication exclusivement numérique et le dépôt d 'une thèse de doctorat dans des archives ouvertes restent un phénomène minoritaire et mal accepté. Pour les sciences humaines, ce choix est essentiellement limité aux doctorants percevant leur thèse de doctorat comme l 'aboutissement de leurs études, avant le transfert vers un autre champ professionnel que le milieu universitaire et de la recherche. Le doctorant qui souhaite poursuivre une carrière scientifique dédiera sa thèse à une publication dans une maison d 'édition qui lui promet renom et visibilité.

    <49>

    Mais même pour ceux qui ne souhaitent pas nécessairement persévérer et poursuivre une carrière universitaire et scientifique, l 'idéal du Bildungsbürger allemand est encore bien ancré dans les esprits : écrire un livre et le tenir en main recèle un prestige social indéniable auquel tout un chacun n 'est pas forcément prêt à renoncer.

    <50>

    Malgré l 'insatisfaction croissante sur le développement des dernières années et les maisons d 'édition qui continuent à exiger des Druckkostenzuschüsse écrasants, alors qu 'elles se dégagent aussi de plus en plus de leurs responsabilités traditionnelles (lectorat, travail de composition et de mise en page), la publication d 'une thèse dans une maison d 'édition cotée continue à dégager une fascination magique sur la gente des historiens.

    Trois niveaux de financement de l 'édition scientifique par le denier public

    <51>

    Les partisans et sympathisants du libre accès soulignent volontiers le cercle vicieux dans lequel l 'édition scientifique s 'est engagée : les résultats de la recherche sont permis à la base par le financement public des institutions universitaires et de recherche. Le fruit de la recherche est ensuite diffusé par les maisons d 'édition, sous garantie qu 'une aide souvent publique finance en partie la parution, ce dont se chargent les fondations qui attribuent des aides à la publication aux jeunes chercheurs et aux chercheurs plus établis. Ces publications sont ensuite revendues assez souvent à fort prix à la clientèle des bibliothèques publiques et de recherche : l 'investissement public est donc triple.

    Cofinancement tacite garant d 'une certaine diversité scientifique ?

    <52>

    Les maisons d 'édition sont de plus en plus souvent perçues, toute concession faite à leur valeur symbolique et à leur engagement pour la diffusion des ouvrages qu 'elles encadrent, comme profiteuses de la production scientifique. Pour atténuer cette critique, il est permis d 'avancer une vérité non dite et difficilement évocable de la part des maisons d 'édition : une collection ou une revue reconnue et diffusée à coût élevé, voire surélevé, tirant à soi des Druckkostenzuschüsse exagérés, permet au sein du catalogue de publication d 'une maison d 'édition de cofinancer indirectement une autre partie du programme moins réputée et moins sujette à obtenir des aides à la publication. Cette économie de répartition des budgets alloués à la publication des résultats de la recherche permettrait ainsi d 'assurer une certaine diversité scientifique.

    Remodelage des pratiques éditoriales par les organismes de financement de la recherche

    <53>

    Il n 'est pas encore certain que les institutions allemandes, bailleuses de fonds dans le domaine de la recherche, comme la DFG (Agence allemande pour la recherche) ou le BMBF (ministère fédéral de l 'Éducation et de la Recherche) et qui œuvrent activement en faveur du libre accès, parviendront à modifier les modes de diffusion des résultats de la recherche. Ces institutions s 'efforcent en tous les cas d 'enrayer ce qui est décrié en Allemagne comme la Publikationsflut, la spirale inflationniste des publications scientifiques. Pour ce faire, elles ont redéfini leurs lignes directrices de subvention et s 'impliquent en faveur de la diffusion en libre accès : les publications de thèses de doctorat ne sont pas directement touchées, mais il est devenu difficile de trouver une aide à la publication pour les publications « parallèles » des chercheurs, telles que les actes de colloques et de conférences ou les mélanges offerts à une notabilité de la recherche à l 'occasion d 'un anniversaire par exemple.

    <54>

    Ces institutions subventionnant la recherche ne s 'emploient d 'ailleurs pas seulement à contraindre et réduire le nombre toujours croissant des publications scientifiques, elles tentent aussi d 'inciter durablement les chercheurs à modifier leur comportement éditorial 58 . Ainsi, par exemple, dans son communiqué de presse du 23 février 2010, intitulé « 'Qualität statt Quantität ' – DFG setzt Regeln gegen Publikationsflut in der Wissenschaft », la DFG énonce une nouvelle règle pour les chercheurs qui souhaiteraient déposer un dossier de demande d 'allocation pour un projet de recherche 59 : il ne s 'agit plus de livrer une liste complète de ses propres publications mais de se limiter aux cinq les plus importantes ou les plus pertinentes pour le projet en question. Pour les chercheurs « engrangeant » et multipliant les publications dans l 'esprit que la propre importance scientifique se mesure à la longueur de la liste de publications qu 'on est à même de fournir et dont la propre survie professionnelle en dépend, cette nouvelle recommandation de la DFG tente de modifier un fonctionnement de base.

    Du numérique (payant) en complément des parutions papier ?

    <55>

    Si, selon toute prévisibilité, la valeur symbolique des maisons d 'édition pour les historiens se maintient, la publication numérique ne supplantera vraisemblablement pas de si tôt la publication imprimée. Tout laisse à penser, pourtant, qu 'elle complétera de plus en plus la publication papier traditionnelle. Ainsi, Anke Becker, représentante de la maison d 'édition De Gruyter, invoquait, lors d 'une table ronde dans le cadre du lancement de la semaine du « Libre accès », en octobre 2009, à la Bayerische Staatsbibliothek de Munich, les efforts engagés par sa maison d 'édition pour développer une offre numérique payante complémentaire de l 'offre imprimée 60 . Que cela se produise dans le huis clos d 'une offre payante ou dans le cadre d 'une initiative open access, grand nombre de monographies basées sur des thèses de doctorat ou des habilitations auraient beaucoup à gagner si les sources sur lesquelles les chercheurs élaborent leur propos étaient complémentairement diffusées en ligne 61 . En se positionnant en complémentarité des parutions traditionnelles plutôt qu 'en s 'y substituant, le numérique gagnera peut-être peu à peu la confiance des chercheurs.

    Un terrain de prédilection pour le numérique : la réception en ligne

    <56>

    Sur un point incontesté cependant, les bienfaits du numérique sont reconnus de tous : l 'Internet peut permettre d 'intensifier la réception des ouvrages scientifiques en histoire à travers la diffusion de recensions en ligne. Pour la littérature scientifique en histoire, on consultera pour l 'Allemagne les recensions de la liste de diffusion H-Soz-u-Kult 62 , les comptes-rendus du journal en ligne Sehepunkte 63 et, depuis 2011, le portail recensio.net 64 .

    <57>

    Pour poursuivre la description et approfondir l 'analyse des particularités de la publication scientifique allemande en histoire développée ici, l 'invitation est lancée à venir commenter, critiquer, compléter ce texte sur scribd.com afin qu 'une version collective revue et augmentée soit constituée si nécessaire 65 .

    Auteur

    Claudie Paye
    Membre de la rédaction de l
    'Institut historique allemand Paris (IHA), chargée des projets de numérisation de l 'IHA dans le cadre du partenariat avec la Bayerische Staatsbibliothek de Munich
    cpaye@dhi-paris.fr

    1 Mireille Mousnier, L 'abbaye cistercienne de Grandselve et sa place dans l 'économie et la société méridionales (XII e –XIV e siècles), Toulouse 2006, p. 9.

    2 Olaf Blaschke, Reputation durch Publikation – Wie finden deutsche Historiker ihre Verlage? Eine Umfrage, in : Geschichte in Wissenschaft und Unterricht 55 (2004) 10, p. 598–620.

    3 Cela vient vraisemblablement aussi du fait que le cours magistral basé sur la lecture de plusieurs ouvrages phares est un mode d 'enseignement plus répandu en France, tandis que le séminaire de discussion de travaux de la recherche focalisé de séance en séance sur un sujet bien délimité est plus courant en Allemagne et demande de sélectionner des articles dans un plus large éventail de littérature spécialisée.

    4 Cf. Étienne François, Die Einstellung zur Geschichte, in : Robert Picht, Vincent Hoffmann-Martinot et al. (dir.), Fremde Freunde. Deutsche und Franzosen vor dem 21. Jahrhundert, Munich 1997, p. 15–21. Certes, l 'intérêt pour l 'Histoire et le débat sur des sujets historiques n 'est pas non plus négligeable en Allemagne, mais est plutôt le fait d 'une élite intellectuelle, ce dont témoigne les Feuilletons des grands journaux quotidiens et hebdomadaires par exemple.

    5 Cf. Anthony Grafton, Die tragischen Ursprünge der deutschen Fußnote, 2 e édition, Berlin 1998.

    6 Cf. Gérald Chaix, La confessionnalisation. Note critique, in : Bulletin de la Société d ' histoire du protestantisme français 148 (2002), p. 851–865. On parle communément de Gesinnungsverlage, Weltanschauungsverlage ou encore Meinungsverlage, cf. Geschichte des deutschen Buchhandels im 19. und 20. Jahrhundert. vol. 2 : Die Weimarer Republik 1918–1933, éd. par Ernst Fischer, Stephan Füssel, Munich 2007, p. 127 ; Reinhard Wittmann, Geschichte des deutschen Buchhandels. Ein Überblick, Munich 1991, p. 308–309 ; Olaf Blaschke, Geschichtspublikationen in Deutschland und Großbritannien seit 1945. Probleme des Vergleichs, Tendenzen und offene Fragen, in : Olaf Blaschke, Hagen Schulze (dir.), Geschichtswissenschaft und Buchhandel in der Krisenspirale? Eine Inspektion des Feldes in historischer, internationaler und wirtschaftlicher Perspektive, Munich 2006 (Historische Zeitschrift, cah. nouv. sér. 42), p. 97–122, ici p. 102 ; Id., Sind deutsche Verlage anders? Ein überfälliges Plädoyer für den Einzug der internationalen Komparatistik in die Buchhandelsgeschichte, in : Monika Estermann, Ute Schneider (dir.), Wissenschaftsverlage zwischen Professionalisierung und Popularisierung, Wiesbaden 2007 (Wolfenbütteler Schriften zur Geschichte des Buchwesens, 41), p. 179–197, ici p. 188–189, 191, 194.

    7 Ainsi le portail Clio-online répertorie près de 214 maisons d 'édition spécialisées en histoire ou éditant aussi dans ce secteur, http://www.clio-online.de/site/lang__de/40208112/Default.aspx (19/4/2011). Y consulter aussi le Online-Guide de Jörg Meidenbauer, Wissenschaftliches Publizieren, in : Clio-online [3/2005], http://www.clio-online.de/portal/tabid__40208143/default.aspx (19/4/2011).

    8 Verlag Klaus Wagenbach, http://www.wagenbach.de/ (19/4/2011).

    9 Verlag De Gruyter, http://www.degruyter.de/ (19/4/2011).

    10 Duncker & Humblot – Berlin, http://www.duncker-humblot.de/ (19/4/2011).

    11 Notice de la Zeitschrift für Historische Forschung sur le site de la maison d ' édition Duncker & Humblot Berlin, http://www.duncker-humblot.de/?mnu=1000&cmd=1002&tid=48&pid=7 (19/4/2011) .

    12 Verlag Ferdinand Schöningh, http://www.schoeningh.de/ (19/4/2011).

    13 Verlag Vandenhoeck & Ruprecht, http://www.v-r.de/en/ (19/4/2011) ; notice de la revue Geschichte und Gesellschaft sur le site de la maison d 'édition Vandenhoeck & Ruprecht, http://www.v-r.de/de/redirect/z/500007/ (19/4/2011).

    14 Wallstein Verlag, http://www.wallstein-verlag.de/ (19/4/2011).

    15 Böhlau Verlag, http://www.boehlau.at/ (19/4/2011) ; notice de la Zeitschrift der Savigny-Stiftung für Rechtsgeschichte. Germanistische Abteilung, sur le site de la maison d 'édition Böhlau, http://www.boehlau.at/0323-4045.html (19/4/2011).

    16 Présentation de la revue Historische Anthropologie sur le site de l ' université de Zurich (UZH), http://www.historische-anthropologie.uzh.ch/zeitschrift.html (19/4/2011) ; site de la revue L 'Homme – Europäische Zeitschrift für feministische Geschichtswissenschaft, http://www.univie.ac.at/Geschichte/LHOMME/ (19/4/2011) .

    17 Peter Lang Verlagsgruppe, http://www.peterlang.com/ (19/4/2011).

    18 Campus Verlag, http://www.campus.de/home (19/4/2011).

    19 Nicole Reinhardt, Zwischen Blockade und Voluntarismus. Der französische Übersetzungsmarkt in den Geistes- und Sozialwissenschaften, in : Blaschke, Schulze (dir.), Geschichtswissenschaft und Buchhandel (voir n. 6), p. 139–156, ici p. 146, 148–150.

    20 Notice de la revue Vierteljahrschrift für Sozial- und Wirtschaftsgeschichte sur le site Franz Steiner Verlag, http://www.steiner-verlag.de/programm/zeitschriften/zeitschriften-alphabetisch/view/titel/51619.html (19/4/2011) .

    21 Franz Steiner Verlag, http://www.steiner-verlag.de/ (19/4/2011).

    22 Cf. Geschichte des deutschen Buchhandels im 19. und 20. Jahrhundert, vol. 2 (voir n. 6), p. 410 ; Verlag Kohlhammer, http://www.kohlhammer.de/verlag/Kohlhammer_Verlage/ (19/4/2011).

    23 Cf. Geschichte des deutschen Buchhandels im 19. und 20. Jahrhundert, vol. 2 (voir n. 6), p. 412.

    24 Oldenbourg Verlag, http://www.oldenbourg-verlag.de/wissenschaftsverlag (19/4/2011) ; notice de la revue Historische Zeitschrift sur le site d ' Oldenbourg Verlag, http://www.oldenbourg-verlag.de/wissenschaftsverlag/historische-zeitschrift/00182613 (19/4/2011) ; Historische Bibliographie, http://www.oldenbourg.de/verlag/ahf/ (19/4/2011).

    28 Universitätsverlag Konstanz, http://www.uvk.de/ (19/4/2011).

    29 Christoph Links Verlag, http://www.christoph-links-verlag.de/ (19/4/2011).

    30 Leipziger Universitätsverlag/Akademische Verlagsanstalt, http://www.univerlag-leipzig.de (19/4/2011).

    31 Présentation de la revue Comparativ – Zeitschrift für Globalgeschichte und vergleichende Gesellschaftsforschung, http://www.uni-leipzig.de/comparativ/index.php (19/4/2011) ; présentation de la revue Grenzgänge – Beiträge zu einer modernen Romanistik, http://www.uni-leipzig.de/~frz/grenzgaenge/ (19/4/2011).

    32 Lukas-Verlag, http://www.lukasverlag.com (19/4/2011).

    33 Ainsi il est assez courant que la chaire professorale vacante d 'une sommité échoue « en héritage » à l 'un de ses élèves ou « dauphins » disciplinaires, après que ce dernier a d 'ailleurs fait ses preuves extra muros. Un assez fort sentiment de cohésion au sein d 'un courant ou d 'une école historique fait que, communément, les Doktorväter s 'enquièrent du devenir de leurs doctorants qui pour leur part sont enclins, en reconnaissance, à reproduire certains traits propres aux contextes dont ils sont issus. À l 'origine, un certain paternalisme pourrait être mis en cause, qui se voit cependant de plus en plus corrigé par les nouveaux procédés d 'évaluation. Le paysage universitaire allemand est actuellement en pleine mutation en ce qui concerne les fonctionnements précédemment décrits.

    34 Les origines de la suppression des honoraires pour la cession des droits d 'auteur sur leurs ouvrages et de l 'introduction des Druckkostenzuschüsse sont à chercher sous la République de Weimar, au temps de la Bücherkrise, sur fonds d 'inflation et de crise économique. Cf. Wittmann, Geschichte des Buchhandels (voir n. 6), p. 316–318 ; Geschichte des deutschen Buchhandels im 19. und 20. Jahrhundert, vol. 2 (voir n. 6), p. 380.

    35 Deutsche Forschungsgemeinschaft : Einzelförderung / Sachbeilage (mit Publikationsförderung), http://www.dfg.de/foerderung/programme/einzelfoerderung/einzelfoerderung_sachbeihilfe/index.html (19/4/2011).

    36 Geschwister-Boehringer-Ingelheim-Stiftung, http://www.boehringer-geisteswissenschaften.de/antrag.htm (19/4/2011).

    38 Fazit-Stiftung, http://www.faz.net/fazit/index.htm (19/4/2011).

    39 Franz-Steiner-Preis für deutsch-amerikanische Studien, http://www.steiner-verlag.de/verlag/forschungspreis/franz-steiner-preis.html (19/4/2011).

    41 Gesellschaft von Freunden und Förderern der Ernst-Moritz-Arndt-Universität Greifswald e.V. : Promotionspreise – Philosophische Fakultät, http://www.uni-greifswald-foerdern.de/index.php?id=47 (19/4/2011).

    42 Verein für hessische Geschichte und Landeskunde Kassel 1834 e.V., voir rubrique « Fördermöglichkeiten », http://www.vhghessen.de/ (19/4/2011).

    43 M.C.A.-Böckler – Mare-Balticum-Stiftung, http://www.martin-carl-adolf-boeckler-stiftung.de/Foerderungen.htm (19/4/2011).

    44 Landschaftsverband Rheinland (LVR), http://www.lvr.de/ (19/4/2011) ; Arbeitsgemeinschaft der Landschaften und Landesverbände in Niedersachsen (ALLviN), http://www.allvin.de/ (19/4/2011).

    45 RheinEnergie Stiftung, http://www.rheinenergiestiftung.de/ (19/4/2011).

    47 Université franco-allemande : Dissertationspreis, http://www.dfh-ufa.org/de/unternehmen/dissertationspreis-2010/ (19/4/2011).

    48 Présentation du NDR Kultur-Sachbuchpreis sur le site de NDR, http://www.ndr.de/ndrkultur/sachbuchpreis/preis/index.html (19/4/2011).

    49 Stifterverband für die deutsche Wissenschaft, http://www.stifterverband.de (19/4/2011).

    50 Portail Kulturportal-Deutschland : Einrichtungen, http://www.kulturportal-deutschland.de/kp/Einrichtungen.html (19/4/2011).

    51 Stipendienlotse, Stipendien-Datenbank des BMBF, http://www.stipendienlotse.de/ (19/4/2011) .

    52 Stiftungindex, http://www.stiftungsindex.de/ (19/4/2011). Une recherche dans ce répertoire peut s 'avérer peu fructueuse car les fondations ne détaillent pas l 'ensemble de leurs champs d 'action, si bien que seules leurs lignes directives sont recherchables en ligne. Ne pas oublier de cocher l 'option « Volltextsuche ».

    54 Portail Forschen-Fördern.org, Preise, Stipendien, Projekte, http://www.forschen-foerdern.org/ (19/4/2011).

    55 Verwertungsgesellschaft Wort, http://www.vgwort.de/ (19/4/2011).

    56 Verwertungsgesellschaft Wort : Förderungs- und Beihilfefonds Wissenschaft, http://www.vgwort.de/index.php?id=21 (19/4/2011).

    57 Dissonline.de, Digitale Dissertationen im Internet, http://www.dissonline.de (19/4/2011).

    58 Cf. Martin Jehne, Publikationsverhalten in den Geschichtswissenschaften, in : Publikationsverhalten in unterschiedlichen wissenschaftlichen Disziplinen. Beiträge zur Beurteilung von Forschungsleistungen, Diskussionspapiere der Alexander-von-Humboldt-Stiftung, 2 e édition, Bonn 12/2009, p. 59–61, http://www.humboldt-foundation.de/pls/web/docs/F13905/12_disk_papier_publikationsverhalten2_kompr.pdf (19/4/2011).

    60 Schwerpunktinitiative « Digitale Information » der Allianz der deutschen Wissenschaftsorganisationen : Videoaufziechnungen der Auftaktveranstaltung zur internationalen Open-Access-Woche am 19. Oktober 2009 in der Bayerischen Staatsbibliothek [22/10/2009], http://www.allianzinitiative.de/de/aktuelles_und_presse/22102009/ (19/4/2011).

    61 L 'atelier « Le chercheur et la diffusion de ses sources : nécessités, risques, contraintes, reconnaissances ? », dirigé par Marin Dacos et qui s 'est tenu dans le cadre de l 'événement THATCamp sur les digital humanities le 28 mai 2010 à Paris, a notamment questionné les réticences des chercheurs à diffuser leurs sources, http://tcp.hypotheses.org/382 (19/4/2011).

    62 H-Soz-u-Kult – Kommunikation und Information für die Geschichtswissenschaft, http://hsozkult.geschichte.hu-berlin.de/ (19/4/2011).

    63 Sehepunkte – Rezensionsjournal für Geschichtswissenschaften, http://www.sehepunkte.de/ (19/4/2011).

    65 http://www.scribd.com/ (19/4/2011). Prière de me contacter pour accéder au manuscrit : cpaye@dhi-paris.fr.

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    PSJ Metadata
    Claudie Paye
    Publier sa thèse ou de l'importance de « bien » la publier
    Acteurs, réseaux et spécificités de la publication historique scientifique en Allemagne
    L'article fait d'abord état de quelques différences substantielles, culturelles mais aussi en partie structurelles, que l'on rencontre entre l'édition en sciences historiques en France et en Allemagne –. Le paysage des maisons d'édition spécialisées en histoire y est ensuite restitué dans ses grandes lignes –. Les différents modes de financement du livre scientifique en histoire y sont représentés, et l'article livre à cette occasion quelques recommandations pratiques aux doctorants et jeunes chercheurs en quête d'une opportunité de publication en Allemagne –. Pour finir, il se penche sur quelques facteurs de la crise actuelle du monde de l'édition et envisage son développement à venir, en particulier dans le domaine du numérique et de l'offre en libre accès –. Dans son ensemble, l'article tente de décrypter la complexité des rapports entre auteurs/chercheurs, éditeurs, maisons d'édition et organismes de financement de la recherche.
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Neuere Zeitgeschichte (1945-heute)
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein, Frankreich und Monaco
    Theorie und Methode der Geschichtswissenschaften
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    C. Paye, Publier sa thèse ou de l'importance de «bien» la publier
    In: Claudie Paye: Publier sa thèse ou de l'importance de « bien » la publier. Acteurs, réseaux et spécificités de la publication historique scientifique en Allemagne.
    URL: http://www.perspectivia.net/publikationen/scholar-guide/histoire-en-allemagne/paye_publier/index_html
    Veröffentlicht am: 26.05.2011 15:02
    Zugriff vom: 29.05.2017 21:08
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