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    F. Bretschneider, B. Klesmann, R. Markovits, Les structures de la recherche historique en Allemagne

    Scholar Guide – Faire de l’histoire en Allemagne


    Falk Bretschneider, Bernd Klesmann, Rahul Markovits

    Les structures de la recherche historique en Allemagne : universités, instituts de recherche extra-universitaires et associations


    Résumé

    En Allemagne, la recherche historique, ancrée dans une longue histoire marquée par le credo humboldtien de l 'unité de l 'enseignement et de la recherche, se développe en grande partie autour des différentes universités qui relèvent de la compétence et du financement des gouvernements régionaux. Ses cadres structurels ne se limitent cependant pas aux seules universités. Soutenue par un certain nombre d 'organismes à vocation scientifique au niveau national, ainsi que par différentes fondations publiques ou privées, la recherche se base également sur une multitude d 'instituts extra-universitaires et d 'associations de chercheurs. Participant sans aucun doute à la vivacité de la recherche historique outre-Rhin, ce riche tissu d 'acteurs institutionnels peut pourtant parfois dérouter l 'observateur extérieur. C 'est pourquoi l 'article propose un aperçu des structures dans lesquelles évolue la recherche historique en Allemagne, en présentant notamment le monde universitaire, mais également les cadres extra-universitaires qui le complètent.

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    L 'organisation de la recherche historique en Allemagne reflète l 'organisation de la recherche et de l 'enseignement supérieur dans un état fédéral où les différents acteurs (les régions : länder et le gouvernement fédéral : Bund ) ont des compétences et des responsabilités spécifiques. Constitutionnellement, l 'enseignement supérieur et la recherche relèvent de la compétence des länder, le Bund ne peut contribuer qu 'au soutien de la recherche. Ce partage a été accentué encore par la dernière réforme constitutionnelle clarifiant le partage des compétences entre la fédération et les états fédérés ( Föderalismusreform 2006). Les origines de cette situation remontent au Saint Empire romain germanique où, d 'une part, la création d 'une université supposait dès le Moyen Âge l 'attribution de privilèges impériaux (et pontificaux, avant l 'ère de la Réforme), mais où, d 'autre part, la volonté des pouvoirs territoriaux, à l 'époque moderne, de s 'affirmer – notamment par rapport au niveau impérial – et le développement des différentes confessions passaient également par un grand nombre de fondations d 'universités régionales (Landesuniversitäten) dédiées à la formation d 'une fonction publique territoriale (on pourrait ainsi citer les exemples de Wittenberg, fondée en 1502, de Marbourg, fondée en 1527, ou de Kiel, fondée en 1665). Ces racines historiques du monde universitaire allemand expliquent d 'ailleurs aussi un fait qui peut paraître bien étrange aux yeux d 'un Français : certaines universités allemandes portent encore aujourd 'hui les noms de leurs princes fondateurs (par exemple, l 'Eberhard-Karls-Universität de Tübingen, fondée en 1477).

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    Au sein des universités, la recherche historique est étroitement liée à l 'enseignement supérieur, tradition particulièrement forte dans un système qui réclame l 'unité de la recherche et de l 'enseignement selon le modèle humboldtien. Certes, les réformes actuelles du processus de Bologne renforcent également outre-Rhin une tendance à introduire un clivage plus net entre un enseignement orienté vers la transmission d 'un savoir confirmé – notamment au niveau des premiers cycles – et une formation davantage tournée vers la recherche au niveau du master et du doctorat. L 'idéal d 'un enseignement qui puise son essence dans l 'actualité de la recherche reste cependant très fort, comme en attestent les plaintes répétées de nombreux collègues allemands à l 'encontre d 'études qui seraient devenues trop « scolaires » (Verschulung).

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    Un deuxième événement vient actuellement bouleverser le paysage académique allemand. Il s 'agit de l 'Exzellenzinitiative, une action concertée entre le Bund et les länder qui, à l 'aide d 'investissements très conséquents, tend à concentrer le soutien à la recherche sur quelques pôles privilégiés 1 . Destiné notamment à améliorer la compétitivité internationale du paysage universitaire allemand, ce vaste programme de financement mis en place pour la première fois en 2006 s 'articule autour de plusieurs axes – réseaux d 'excellence (Exzellenzcluster), écoles doctorales (Graduiertenschulen) et concepts d 'avenir (Zukunftskonzepte) – à l 'intérieur desquels les universités peuvent concourir, à l 'échelle nationale, pour l 'obtention de moyens financiers considérables. Lauréates dans plusieurs de ces sous-programmes, les universités de Berlin (Freie Universität), Göttingen, Aix-la-Chapelle (Rheinisch-Westfälische Technische Hochschule), Heidelberg, Karlsruhe, Munich (Ludwig-Maximilians-Universität ; Technische Universität), Fribourg et Constance se sont d 'ailleurs vu attribuer le titre (non officiel) d '« universités d 'élite ». Cette initiative sera renouvelée en 2011–12.

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    Si certains craignent, face à ces changements profonds, que la grande diversité thématique et institutionnelle qui caractérise traditionnellement la recherche historique allemande se rétrécisse au profit d 'une recherche qui naviguerait au gré des modes intellectuelles et qui ne se soucierait plus que de l 'utilité immédiate des savoirs accumulés (un souci pour l 'instant démenti par les choix accomplis), l 'histoire constitue toujours outre-Rhin un vaste domaine disciplinaire où se croisent les thèmes et les approches les plus divers, et qui entretient en outre des contacts étroits avec d 'autres domaines des sciences humaines et sociales, par exemple les cultural studies/Kulturwissenschaften ou les area studies. Tout essai de systématisation doit ainsi rester provisoire car, à côté des traditions bien établies et des continuités de longue durée, l 'évolution graduelle des organismes et l 'ampleur des réformes actuelles favoriseront sans aucun doute un certain dynamisme dans les années à venir.

    Les universités

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    Dans presque toutes les universités – on en compte actuellement une petite centaine – des facultés ou instituts et séminaires de recherche historique sont présents, de Flensbourg, au nord, à Constance, au sud, d 'Aix-la-Chapelle, à l 'ouest, à Francfort/O., à l 'est. Héritiers en grande partie, comme nous l 'avons vu, d 'une tradition d 'autonomie régionale de l 'organisation académique, les dispositifs universitaires sont non seulement les centres de gravité de la discipline, mais également les dépositaires de bibliothèques parfois très riches, comprenant des collections souvent remarquables en ce qui concerne leur utilité pour la recherche historique 2 . Puisque les universités relèvent des compétences et du financement des länder, la recherche historique en dépend également pour son financement de base. Pour des projets de recherche ponctuels, l 'aide d 'organismes financés à parité entre le Bund et les länder est cependant possible ; c 'est notamment le cas de la Deutsche Forschungsgemeinschaft, DFG – nous y reviendrons.

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    Pour l 'évolution de la science historique, certaines universités ont joué un rôle plus important que d 'autres 3 . Lieu matriciel de l 'historiographie moderne allemande, l 'Université Humboldt Berlin a ainsi longtemps dominé le champ historique ; c 'est ici qu 'ont enseigné, au XIX e siècle, Leopold von Ranke ou Johann Gustav Droysen, « pères fondateurs » de la discipline et « inventeurs » du principe du « séminaire » (Seminar), haut lieu d 'une formation à et par la recherche, rassemblant étudiants et professeurs autour d 'un travail fondé notamment sur le dépouillement scrupuleux des sources. De l 'université de Leipzig a surgi ultérieurement l 'un des débats les plus vifs de la recherche historique allemande : celui qui a éclaté vers 1900 autour des thèses controversées de Karl Lamprecht et qui a marqué, outre-Rhin, une première confrontation de l 'historiographie avec les sciences sociales. L 'ouverture définitive des historiens allemands à l 'histoire sociale dans les années 1970 et 1980 s 'est cependant produite à partir de Bielefeld – université récente fondée en 1969 – d 'où l '« école » du même nom a prôné, autour d 'un groupe dominé par la figure emblématique de Hans-Ulrich Wehler, une analyse structurelle de la société.

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    À côté de ces trois lieux historiques de la recherche allemande, nombre d 'autres universités mériteraient pourtant d 'être citées ici pour leur importance dans le champ disciplinaire. Un bref regard sur l 'édition actuelle du CHE-Hochschulranking fait en outre vite comprendre que l 'importance historique d 'une université ne rime pas forcément avec sa perception actuelle. Ainsi, les universités de Heidelberg, Munich (Ludwig-Maximilians-Universität), Fribourg et Constance sont aujourd 'hui considérées comme les meilleures universités allemandes en histoire 4 . En outre, malgré une importance grandissante des structures collectives de la recherche (collèges doctoraux, Sonderforschungsbereiche, Exzellenzcluster, etc.), le travail universitaire gravite d 'abord autour des chaires, qui elles-mêmes ressemblent souvent à de véritables petites entreprises scientifiques réunissant parfois autour du professeur titulaire une bonne dizaine d 'autres collaborateurs (assistants, doctorants, studentische Hilfskräfte, etc.) et vibrant au rythme des projets de recherche, principalement financés par des subsides extérieurs.

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    Dans la majorité des cas, ces chaires universitaires sont réparties en fonction d 'un système d 'ordre chronologique, lui-même en évolution permanente : l 'histoire ancienne (Alte Geschichte), l 'histoire médiévale ( mittelalterliche Geschichte, souvent répartie en trois secteurs chronologiques : Früh-, Hoch- et Spätmittelalter – un découpage chronologique différent de celui pratiqué dans l 'historiographie française), l 'histoire moderne ( Frühe Neuzeit, env. 1500–1800), l 'histoire du XIX e siècle et l 'histoire contemporaine (Zeitgeschichte) constituent des domaines plus ou moins perméables qui structurent néanmoins l 'organisation de l 'enseignement et de la recherche. Par rapport au système universitaire en France, ces sectorisations chronologiques apparaissent, en général, plus variables et moins cohérentes à l 'intérieur des universités comme à l 'échelle nationale.

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    Dans ce système traditionnel, une place à part est attribuée aux « sciences auxiliaires » (Hilfswissenschaften) englobant la diplomatique, la cartographie historique, la numismatique, etc. De même, quelques sous-disciplines ont depuis longtemps réussi à se forger une place dans les départements d 'histoire, en formant souvent des entités indépendantes en leur sein : la plus ancienne est certainement la Landesgeschichte (ou parfois aussi Landeskunde ), une histoire régionale fortement imprégnée, comme l 'indique son nom, par l 'idée d 'une identité historique et culturelle particulière des différentes régions allemandes. De nombreux départements comptent également des chaires d 'histoire économique et sociale ou d 'histoire de l 'Europe de l 'Est (Osteuropäische Geschichte). Les évolutions plus récentes de la discipline se reflètent en revanche dans des chaires consacrées à l 'histoire du genre (gender studies/Geschlechtergeschichte), à l 'histoire des régions du monde (histoire de l 'Amérique latine, histoire de l 'Europe occidentale, etc.) ou à l 'histoire extra-européenne en général (Außereuropäische Geschichte). Ces nouvelles structures ne répondent pas seulement à une volonté de créer un ensemble plus varié ou à une nécessité de se forger un profil correspondant aux exigences de la recherche actuelle, elles résultent également du fait qu 'un grand nombre d 'universités s 'engagent désormais dans des filières innovatrices.

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    Généralement, les départements d 'histoire font partie des facultés de philosophie ou de sciences sociales ; par conséquent, les historiens entretiennent des contacts plus ou moins réguliers avec leurs collègues philologues, philosophes, sociologues, anthropologues, historien(ne)s de l 'art, etc. En revanche, en dehors peut-être de la Landesgeschichte, les affinités avec la géographie sont beaucoup moins marquées qu 'en France (ce qui explique en partie la propension des historiens allemands à ne pas adjoindre à leurs études des cartes ou d 'autres instruments visuels rendant intelligible leur dimension spatiale – même lorsque ces études traitent de l 'espace ou des frontières). Les rapports avec d 'autres collègues sont parfois caractérisés par des tensions résultant des logiques propres aux disciplines. Ainsi, les facultés de médecine et de droit disposent-elles souvent de chaires également consacrées à l 'histoire. Si les représentants de ces champs disciplinaires reprochent parfois aux historiens généralistes travaillant dans le même domaine de ne pas avoir une connaissance suffisante de ses spécificités, ces derniers ne manquent généralement pas de regretter l 'orientation trop étroite des recherches des premiers. Enfin, dans le domaine du religieux, un net clivage a longtemps séparé une histoire religieuse, produite par des historiens généralistes, et une histoire de l 'Église (Kirchengeschichte) faite par des titulaires de chaires au sein des facultés de théologie protestante ou catholique.

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    Pour remplir leurs nombreuses tâches d 'enseignement, de recherche et d 'administration universitaire, les professeurs allemands titulaires de leur chaire disposent, à l 'intérieur des universités, de moyens propres et d 'une certaine autonomie de gestion. Sans pouvoir donner ici plus de détails, rappelons au moins que l 'accession à une chaire est pratiquement le seul moyen pour un historien allemand d 'obtenir un poste fixe permettant d '« exister » vraiment au sein de la corporation (ou Zunft comme l 'on dit outre-Rhin) 5 . Les assistants, de statuts divers, sont donc tous recrutés pour une durée limitée. Ils assurent une part importante de l 'enseignement, participent aux projets de recherche entrepris au sein de la chaire et doivent en outre accomplir leurs travaux personnels, généralement liés à la préparation d 'une thèse de doctorat ou d 'habilitation. Contrairement à la France, où les titulaires d 'un poste de maître de conférences ne sont pas affectés à une chaire (ce qui les rend plus indépendants par rapport aux professeurs), la position hiérarchique d 'un jeune collègue allemand est bien plus encadrée. C 'est entre autres pour remédier à une situation dont les esprits chagrins disent parfois qu 'elle confine à la féodalité, que le poste de Juniorprofessor a été introduit en 2002, poste qui offre à de jeunes chercheurs de haut niveau une position proche du titulaire d 'une chaire, mais pour un temps là aussi restreint (aujourd 'hui, on compte une trentaine de ces contrats en histoire). Enfin, pour renforcer les capacités dans l 'enseignement, d 'autres types de postes existent (Lehrprofessuren, Akademische Räte, Lecturers/Lektoren ou Lehrkräfte für besondere Aufgaben) dont les statuts et les conditions concrètes (rémunération, durée) varient fortement au niveau régional voire local.

    <12>

    Outre les professeurs, assistants et divers enseignants, les universités hébergent un nombre considérable de chercheurs (auxquels on attribue ou non des tâches d 'enseignement). Ils travaillent soit dans des projets acquis par les chaires, soit dans des structures collectives de la recherche. Les plus importantes de ces dernières sont certainement les Sonderforschungsbereiche (SFB) qui offrent la possibilité d 'établir des coopérations durables (jusqu 'à douze ans) entre différents secteurs et pôles de compétences d 'une même université. La liberté de ces laboratoires de recherche interdisciplinaires trouve son expression dans les séries de publications et les nombreuses manifestations (colloques, séminaires) qui en émanent. Actuellement, la DFG finance 241 SFB, dont une dizaine ont une dominante historique 6 . Dans le cadre d 'un Graduiertenkolleg, en revanche, un groupe de doctorants venus de différentes universités et de différentes disciplines se lance dans une coopération de quatre à cinq années, dans le but d 'approfondir les approches communes et les discussions méthodologiques autour d 'un champ de recherche précis. L 'échange continuel ainsi que la possibilité de participer à des séminaires organisés en commun sont censés contribuer à structurer le travail, élargir les horizons, enrichir les connaissances et stimuler la rédaction des thèses. Contrairement aux écoles doctorales françaises, une partie seulement des doctorants est organisée dans les Graduiertenkolleg s 7 .

    Un système de financement aux origines plurielles

    <13>

    Ce n 'est guère à leurs dotations propres que les universités allemandes ont recours pour financer ces nombreuses structures temporaires dont le coût peut atteindre plusieurs centaines de milliers, voire des millions d 'euros (correspondant en grande partie à la subvention de postes à durée déterminée). Ces structures reposent au contraire presque exclusivement sur des subsides extérieurs fournis par un certain nombre d 'organismes publics ou privés. La place la plus importante dans ce système de financement aux origines plurielles revient à la DFG, déjà mentionnée à plusieurs reprises 8 . Financée parallèlement par le gouvernement fédéral et les länder, la DFG est une organisation de droit privé, fondée sur le principe de l 'autogestion de la recherche dans tous les domaines de la science. En histoire et en sciences humaines et sociales, les activités de la DFG sont de première importance dans la coordination de la recherche au niveau national, le financement, le suivi et l 'évaluation de projets souvent interuniversitaires centrés sur un champ de problématiques communes (projets d 'éditions critiques de textes, de numérisation, de création de bases de données, etc.). Cet organisme s 'engage également dans le domaine des Sonderforschungsbereiche ou dans la mise en place de l 'Exzellenzinitiative.

    <14>

    La DFG intervient également avec d 'autres dispositifs. On pourrait ainsi citer le prix Gottfried-Wilhelm-Leibniz attribué depuis 1986 9 . Doté d 'une somme pouvant atteindre 2,5 millions d 'euros, ce prix a pour objectif de récompenser annuellement jusqu 'à dix personnalités éminentes de la recherche scientifique et de favoriser ainsi la création et la réalisation de projets de recherche. Parmi les lauréats, on trouve également des historiens, par exemple Barbara Stollberg-Rilinger (2005), Bernhard Jussen (2007) et Jürgen Osterhammel (2010). En outre, une coopération étroite a été mise en place entre la DFG et l 'Agence nationale de la recherche (ANR) en France, qui permet de développer des programmes cofinancés par les deux organismes 10 .

    <15>

    De manière plus ponctuelle, d 'autres organismes publics fournissent des aides à la recherche. Ainsi, le Deutscher Akademischer Austauschdienst (DAAD) 11 apporte son soutien aux échanges de chercheurs et d'enseignants entre l'Allemagne et la France (entre autres), alors que l 'Université franco-allemande participe largement au financement de manifestations scientifiques et de collèges doctoraux franco-allemands 12 . Dans ce contexte, il convient également de mentionner que, au-delà des coopérations internationales au sens large, les relations avec les universités des autres pays de langue allemande sont plutôt importantes – tendance intensifiée dans le cadre politique de l 'Union européenne (UE) en ce qui concerne l 'Autriche, et les accords bilatéraux entre l 'UE et la Suisse, facilitant la migration des employés et donc aussi des enseignants-chercheurs.

    <16>

    Une des grandes différences avec le système français est le rôle que jouent en Allemagne les fondations, à la fois publiques et privées 13 , pour le soutien à la recherche. La fondation de droit public Alexander-von-Humboldt-Stiftung (AvH) 14 favorise les travaux de chercheurs étrangers en Allemagne dans tous les domaines de la science et, plus globalement, les coopérations entre les chercheurs allemands et étrangers. Depuis 2008, par le moyen de l 'attribution d 'une chaire Alexander-von-Humboldt à durée déterminée (Alexander-von-Humboldt-Professur), la fondation vise à stimuler la mise en place de groupes de recherche particulièrement performants. La mise en réseau des chercheurs, la réalisation de projets de recherche collectifs, l 'attribution de prix et de bourses figurent parmi les activités principales de la fondation.

    <17>

    Un nombre considérable de fondations privées (entre autres Fritz-Thyssen-Stiftung 15 , Gerda-Henkel-Stiftung 16 , Volkswagen-Stiftung 17 , Robert-Bosch-Stiftung 18 ) s 'engagent également dans le financement de la recherche ; ces organismes ont développé un ensemble diversifié et structuré de programmes scientifiques qu 'il n 'est pas possible de présenter ici en détail. La particularité du système allemand la plus étrange pour un observateur extérieur est pourtant l 'existence d 'une multitude de fondations issues de la vie politique, économique, culturelle ou religieuse et qui – en complément de leurs programmes de bourses destinés aux étudiants et doctorants – soutiennent également des recherches en sciences humaines et sociales. Certaines d 'entre elles sont liées aux partis politiques, aux syndicats ou au patronat, d 'autres aux Églises et à diverses associations religieuses 19 . La Studienstiftung des deutschen Volkes 20 s 'engage, quant à elle d 'une manière indépendante, dans l 'encadrement financier et intellectuel des étudiants et des doctorants au niveau national.

    Instituts de recherche extra-universitaires

    <18>

    Mais revenons aux structures de la recherche elles-mêmes. À côté des universités, le paysage académique allemand est marqué par un riche tissu d 'instituts de recherche extra-universitaires qui s 'engagent dans le travail scientifique selon des perspectives très diverses 21 . Indépendants au niveau de l 'organisation et souvent cofinancés par le gouvernement fédéral, ces instituts ne sont cependant pas coupés du monde universitaire. De nombreux chercheurs qui y travaillent enseignent également dans les universités locales, et souvent la direction d 'un institut de recherche est associée à une chaire universitaire. Enfin, des professeurs d 'histoire sont rarement absents des diverses instances de direction. Toutefois, la recherche joue un rôle plus exclusif dans le travail quotidien de ces instituts qui, dans leur ensemble, représentent une large gamme de dispositifs très différents selon les traditions, les priorités scientifiques et les moyens financiers. Pour ne donner que quelques exemples, on pourrait ainsi citer l 'Institut für Europäische Geschichte (IEG) 22 à Mayence, l 'Institut für Europäische Kulturgeschichte (IEK) 23 à Augsbourg, l 'institut Monumenta Germaniae Historica (MGH, histoire médiévale) 24 à Munich, ou bien le très récent Institut für angewandte Geschichte 25 à Francfort/O.

    <19>

    Un certain nombre d 'instituts de recherche extra-universitaires font partie des réseaux académiques, dont la Max-Planck-Gesellschaft (MPG) est au centre 26 . Avec ses instituts Max-Planck (Max-Planck-Institute, MPI), elle soutient – même si l 'Institut Max-Planck d 'histoire à Göttingen a dû fermer ses portes fin 2007 – plusieurs institutions dont le programme scientifique porte plus particulièrement sur l 'histoire : le MPI für Europäische Rechtsgeschichte 27 à Francfort/M., le MPI für Bildungsforschung 28 et le MPI für Wissenschaftsgeschichte 29 , tous les deux basés à Berlin, ou la Bibliotheca Hertziana/MPI für Kunstgeschichte 30 à Rome. Autre organisme important, la Leibniz-Gemeinschaft regroupe également un certain nombre d 'institutions vouées à l 'histoire : entre autres, l 'Institut für Zeitgeschichte (IfZ) 31 à Munich et Berlin, le Zentrum für Zeithistorische Forschung (ZZF) 32 à Potsdam, le Herder-Institut 33 à Marbourg, actif dans la recherche en histoire de l 'Europe de l 'Est, le Germanisches Nationalmuseum 34 à Nuremberg ou bien, en tant que membre associé, le Georg-Eckert-Institut für internationale Schulbuchforschung 35 à Brunswick. D 'autres instituts sont financés majoritairement par des fonds privés, comme par exemple l 'Institut für Geschichte der Medizin der Robert Bosch Stiftung 36 à Stuttgart.

    <20>

    Pour se rendre vraiment compte de la richesse de la recherche extra-universitaire, il suffit de visiter le site web de la Communauté des institutions extra-universitaires de recherche historique en Allemagne (Arbeitsgemeinschaft außeruniversitärer Forschungseinrichtungen in der Bundesrepublik Deutschland, AHF) 37 , association qui regroupe près de 900 institutions non universitaires et diffuse depuis plusieurs années deux instruments de travail indispensables à la bonne connaissance de la recherche historique allemande (le Jahrbuch der historischen Forschung qui signale chaque année des milliers de projets de recherche, et la Historische Bibliographie qui fait régulièrement le point sur les parutions récentes dans le domaine historique). Évidemment, la quantité considérable d 'institutions aux statuts et financements très variables correspond à une grande hétérogénéité des activités. Si certains instituts se consacrent plus particulièrement à des projets de longue haleine (l 'édition de sources par exemple), d 'autres – et notamment les plus importants d 'entre eux – poursuivent des objectifs plus diversifiés, qui incluent l 'attribution de bourses, l 'organisation de cycles de colloques et de conférences, ainsi que la gestion de séries de publications ou de revues scientifiques.

    <21>

    Souvent, les instituts se situent au croisement de plusieurs missions : assurer un rôle de passerelle entre travail identitaire et recherche scientifique, concilier histoire et mémoire, participer à la conservation du patrimoine culturel et documentaire… Les instituts dédiés à l 'identité historique régionale – comme par exemple l 'Institut für Sächsische Geschichte und Volkskunde (ISGV) 38 à Dresde – occupent ainsi une place éminente. Les initiatives en recherche d 'histoire régionale sont également liées au monde des académies scientifiques dont l 'influence est particulièrement forte en Allemagne. Héritières d 'institutions dont les origines remontent parfois au XVIII e siècle (Berlin 1700, Göttingen 1751, Munich 1759, Heidelberg 1763), mais dont la création est parfois beaucoup plus récente (Leipzig 1846, Mayence 1949, Düsseldorf 1970, Hambourg 2005), les Akademien der Wissenschaften comprennent presque partout des départements et commissions qui favorisent les recherches historiques. Souvent, les travaux des académies dépassent cependant le cadre régional et s 'inscrivent dans des programmes d 'activités très vastes, ancrés dans tous les domaines des sciences humaines et sociales.

    <22>

    Un bon nombre d 'instituts cultivent une synergie très étroite avec des institutions culturelles comme les fondations du patrimoine et les grandes bibliothèques ou les musées et collections, par exemple la Stiftung Preußischer Kulturbesitz (SPK) 39 , la Stiftung Preußische Schlösser und Gärten (SPSG) 40 et le Deutsches Historisches Museum (DHM) 41 à Berlin, les Landschaftsverbände des différentes régions, la Herzog-August-Bibliothek (HAB) 42 à Wolfenbüttel, l 'Institut für Zeitungsforschung 43 à Dortmund, issu d 'archives de journaux allemands, ou bien le Forschungsinstitut für Technik- und Wissenschaftsgeschichte des Deutschen Museums 44 à Munich. Enfin, puisqu 'une partie essentielle des sources pour la recherche historique se trouve rassemblée dans les archives (fédérales, régionales, municipales et communales), ces services constituent eux-mêmes d 'importants lieux de renseignements, de rencontres et de discussion pour beaucoup de chercheurs d 'horizons très divers. Au-delà de leur vocation primaire de centres de documentation, d 'information et de recherche, les archives offrent donc aussi une multitude d 'activités scientifiques (notamment dans le domaine des recherches en histoire régionale).

    <23>

    Parmi les éléments les plus importants de la recherche extra-universitaire allemande comptent également les six instituts historiques allemands à l 'étranger (Deutsche Historische Institute, DHI), créés par le gouvernement fédéral dans un souci d 'assurer une coopération permanente dans le domaine de la recherche historique au niveau international et basés à Rome, Paris, Londres, Washington, Varsovie et Moscou. Outre un travail de recherche proprement dit, ces instituts s 'engagent notamment dans la mise en relation des chercheurs allemands avec leurs homologues des pays concernés, dans l 'organisation de colloques et la publication de monographies, d 'ouvrages collectifs et de revues ; ils attribuent également des bourses d 'étude aux chercheurs. En lien avec d 'autres instituts de recherche dans le domaine de l 'histoire et des civilisations orientales (basés à Tokyo, Beyrouth, Istanbul) et le Deutsches Forum für Kunstgeschichte (DFK) à Paris, les DHI se trouvent réunis sous l 'égide de la fondation Deutsche Geisteswissenschaftliche Institute im Ausland (DGIA) 45 située à Bonn-Bad Godesberg.

    Associations et Arbeitskreise

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    Enfin, le paysage de la recherche historique en Allemagne se démarque par un réseau très riche d 'associations (souvent adossées à des instituts de recherche extra-universitaires) et d 'autres initiatives plus souples comme les nombreux Arbeitskreise (groupes de travail aux structures flexibles, qui peuvent avoir un poids non négligeable, notamment dans des champs de recherche très récents et pas encore institutionnalisés). La majorité des historiens allemands, qu 'ils travaillent dans le domaine universitaire ou à l 'extérieur de celui-ci, est organisée au sein de l 'Union des historiens et historiennes d 'Allemagne (Verband der Historiker und Historikerinnen Deutschlands, VHD – communément appelé Historikerverband et basé à Francfort/M. 46 ). Au-delà de l 'organisation des Historikertage (de grands colloques bisannuels réunissant toute la profession et d 'une grande importance pour la discussion des tendances actuelles de la recherche), l 'association a pour vocation de représenter l 'ensemble des historiens dans la vie publique et politique, de favoriser les échanges et les coopérations internationales parmi les jeunes chercheurs et d 'offrir un relais de communication aux départements d 'histoire des différentes universités allemandes.

    <25>

    À côté de cette grande association à caractère corporatiste, la recherche historique s 'appuie en Allemagne, de manière moins officielle, sur un ensemble d 'initiatives parfois très pointues : les Arbeitskreise, groupes de coopération interuniversitaires et centrés sur un champ de recherche commun. Ainsi, pour ne donner que quelques exemples, le Konstanzer Arbeitskreis für mittelalterliche Geschichte 47 réunit des chercheurs en histoire médiévale et offre un forum de discussions bisannuel tenu à l 'île de Reichenau. On pourrait également évoquer, dans un rapide survol, le Brackweder Arbeitskreis für Mittelalterforschung 48 ou le Arbeitskreis für moderne Sozialgeschichte 49 à Bochum, puis, en tant que sociétés savantes, la Karl-Lamprecht-Gesellschaft 50 à Leipzig, le Verein für Reformationsgeschichte 51 à Iéna, la Vereinigung zur Erforschung der Neueren Geschichte 52 à Bonn, la Gesellschaft für historische Migrationsforschung 53 à Bonn, le Südwestdeutscher Arbeitskreis für Stadtgeschichtsforschung 54 à Pforzheim, la Sektion historische Bildungsforschung in der Deutschen Gesellschaft für Erziehungswissenschaft 55 à Schwäbisch Gmünd, la Kommission für Alte Geschichte und Epigraphik 56 à Munich, la Historische Kommission zu Berlin 57 , la Kommission für Geschichte des Parlamentarismus und der politischen Parteien 58 à Berlin, la Deutsche Gesellschaft für die Erforschung des 18. Jahrhunderts 59 à Wolfenbüttel ou l 'Institut für vergleichende Städtegeschichte 60 à Münster. Ce petit échantillon – qui ne représente que la partie émergée de l 'iceberg – fait comprendre à quel point le monde des associations d 'histoire en Allemagne constitue un univers diversifié dont il est impossible ici de donner davantage qu 'un aperçu. Une liste plus détaillée de diverses initiatives, incluant une description de leurs activités et les coordonnées nécessaires, est disponible sur le site de l 'AHF, dans la rubrique « Mitgliedsinstitutionen » 61 .

    Conclusion

    <26>

    À la lumière de ces quelques remarques, le lecteur aura certainement compris que la recherche historique ne se réduit pas, en Allemagne, au monde des universités – même si celles-ci occupent une place puissante et une fonction éminente dans le champ disciplinaire. La recherche s 'y effectue également dans un nombre important d 'instituts de recherche extra-universitaires et dans les maillages d 'un réseau presque insaisissable d 'initiatives situées au niveau associatif. Cette richesse des structures institutionnelles est la parfaite illustration de trois originalités majeures de la recherche historique outre-Rhin : son caractère décentralisé, qui résulte de l 'architecture fédérale du pays, les origines plurielles de ses financements, qui mélangent sources publiques et sources privées mais engendrent une puissance financière globale considérable, enfin son enracinement dans une culture historique générale, qui dépasse largement les milieux universitaires et s 'inscrit dans un riche passé où cohabitent depuis très longtemps ambitions nationales et identités historiques régionales et locales.

    Auteurs

    Falk Bretschneider
    Maître de conférences à l
    'École des hautes études en sciences sociales Paris (EHESS)
    Falk.Bretschneider@ehess.fr

    Bernd Klesmann
    Chargé de recherche à l
    'Institut historique allemand Paris (IHA)
    bklesmann@dhi-paris.fr

    Rahul Markovits
    ATER à l
    'École normale supérieure (ENS-Ulm)
    rahul.markovits@gmail.com

    1 DFG – Exzellenzinitiative des Bundes und der Länder, http://www.dfg.de/foerderung/programme/exzellenzinitiative (19/4/2011).

    2 Voir également à ce sujet l 'article « Les bibliothèques en Allemagne » de ce guide http://www.perspectivia.net/content/publikationen/scholar-guide/histoire-en-allemagne/koenig_bibliotheques .

    3 Pour un bref aperçu de l 'histoire de l 'historiographie allemande, nous renvoyons le lecteur à Georg G. Iggers, Geschichtswissenschaft im 20. Jahrhundert, Göttingen 1993 ; pour une orientation plus profonde Jörn Rüsen, Konfigurationen des Historismus. Studien zur deutschen Wissenschaftskultur, Francfort/M. 1993.

    4 Hochschulranking auf Zeit Online, http://ranking.zeit.de/che2011/de (19/4/2011).

    5 Pour des informations plus complètes, cf. Christophe Duhamelle, La carrière des historiens allemands, in : Bulletin d 'information de la Mission historique française en Allemagne 40 (2004), p. 116–119, également disponible sur Internet : http://www.ifha.fr/allemagne/Struct_carriere.pdf (19/4/2011).

    7 Voir également à ce sujet l 'article « La thèse de doctorat en histoire et la cotutelle en Allemagne » de ce guide http://www.perspectivia.net/content/publikationen/scholar-guide/histoire-en-allemagne/bretschneider-duhamelle_these-de-doctorat .

    8 Deutsche Forschungsgemeinschaft (DFG), http://www.dfg.de (19/4/2011).

    9 DFG – Gottfried-Wilhelm-Leibniz-Preis, http://www.dfg.de/foerderung/programme/preise/leibniz-preis/index.html (19/4/2011).

    11 Deutscher Akademischer Austauschdienst (DAAD), http://www.daad.de (19/4/2011).

    12 DFH – UFA, http://www.dfh-ufa.org (19/4/2011).

    13 Voir également à ce sujet l 'article « Comment financer un séjour de recherche en Allemagne » de ce guide http://www.perspectivia.net/content/publikationen/scholar-guide/histoire-en-allemagne/rolland-vital_fondations .

    14 Alexander-von-Humboldt-Stiftung, http://www.humboldt-foundation.de (19/4/2011).

    15 Fritz-Thyssen-Stiftung, http://www.fritz-thyssen-stiftung.de (19/4/2011).

    16 Gerda-Henkel-Stiftung, http://www.gerda-henkel-stiftung.de (19/4/2011).

    17 Volkswagen-Stiftung, http://www.volkswagenstiftung.de (19/4/2011).

    18 Robert-Bosch-Stiftung, http://www.bosch-stiftung.de (19/4/2011).

    19 Pour une liste des fondations, voir l 'article « Comment financer un séjour de recherche en Allemagne » de ce guide http://www.perspectivia.net/content/publikationen/scholar-guide/histoire-en-allemagne/rolland-vital_fondations .

    20 Studienstiftung des deutschen Volkes, http://www.studienstiftung.de/ (19/4/2011).

    21 Pour des informations plus détaillées sur certains des instituts présentés ici, nous renvoyons le lecteur au site de l 'Institut français d 'histoire en Allemagne qui, dans la rubrique « Liens et infos/Institutions », propose des présentations plus complètes : http://www.ifha.fr/spip.php?rubrique13 (19/4/2011).

    22 Institut für Europäische Geschichte (IEG), http://www.ieg-mainz.de (19/4/2011).

    23 Institut für Europäische Kulturgeschichte (IEK), http://www.uni-augsburg.de/institute/iek (19/4/2011).

    24 Monumenta Germaniae Historica (MGH), http://www.mgh.de/ (19/4/2011).

    25 Institut für angewandte Geschichte, http://www.instytut.net (19/4/2011).

    26 Max-Planck-Gesellschaft (MPG), http://www.mpg.de (19/4/2011). Voir également la présentation de la MPG par Denis Laborde, La Société Max-Planck (Max-Planck-Gesellschaft), in : Bulletin d 'information de la Mission historique française en Allemagne 39 (2003), p. 124–136, également disponible sur Internet : http://www.ifha.fr/allemagne/Struct_Max-Planck.pdf (19/4/2011).

    27 MPI für europäische Rechtsgeschichte, http://www.rg.mpg.de/ (19/4/2011).

    28 MPI für Bildungsforschung, http://www.mpib-berlin.mpg.de (19/4/2011).

    29 MPI für Wissenschaftsgeschichte, http://www.mpiwg-berlin.mpg.de (19/4/2011).

    30 Bibliotheca Hertziana – MPI für Kunstgeschichte, http://www.mpg.de/152805/bibliotheca_hertziana?section=all (19/4/2011).

    31 Institut für Zeitgeschichte (IfZ), http://www.ifz-muenchen.de (19/4/2011).

    32 Zentrum für Zeithistorische Forschung (ZZF), http://www.zzf-pdm.de (19/4/2011).

    33 Herder-Institut, http://www.herder-institut.de (19/4/2011).

    34 Germanisches Nationalmuseum (GNM), http://www.gnm.de (19/4/2011).

    35 Georg-Eckert-Institut für internationale Schulbuchforschung (GEI), http://www.gei.de (19/4/2011).

    36 Institut für Geschichte der Medizin der Robert-Bosch-Stiftung (IGM), http://www.igm-bosch.de (19/4/2011).

    37 Arbeitsgemeinschaft historischer Forschungseinrichtungen in der Bundesrepublik Deutschland (AHF), http://www.ahf-muenchen.de/ (19/4/2011).

    38 Institut für Sächsische Geschichte und Volkskunde (ISGV), http://www.isgv.de (19/4/2011).

    39 Stiftung Preußischer Kulturbesitz (SPK), http://hv.spk-berlin.de/deutsch/index.php (19/4/2011).

    40 Stiftung Preußische Schlösser und Gärten (SPSG), http://www.spsg.de (19/4/2011).

    41 Deutsches Historisches Museum (DHM), http://www.dhm.de (19/4/2011).

    42 Herzog-August-Bibliothek (HAB), http://www.hab.de/ (19/4/2011).

    43 Institut für Zeitungsforschung, http://www.zeitungsforschung.de (19/4/2011).

    44 Forschungsinstitut für Technik- und Wissenschaftsgeschichte des Deutschen Museums, http://www.deutsches-museum.de/forschung/das-forschungsinstitut/ (19/4/2011).

    45 Stiftung Deutsche Geisteswissenschaftliche Institute im Ausland (DGIA), http://www.stiftung-dgia.de (19/4/2011).

    46 Historikerverband, http://www.historikerverband.de (19/4/2011).

    47 Konstanzer Arbeitskreis für mittelalterliche Geschichte, http://www.konstanzer-arbeitskreis.de (19/4/2011).

    48 Brackweder Arbeitskreis für Mittelalterforschung, http://www.brackweder-ak.de (19/4/2011).

    50 Karl-Lamprecht-Gesellschaft, http://www.lamprecht-gesellschaft.de (19/4/2011).

    51 Verein für Reformationsgeschichte, http://www.reformationsgeschichte.de (19/4/2011).

    52 Vereinigung zur Erforschung der Neueren Geschichte, http://www.pax-westphalica.de (19/4/2011).

    53 Gesellschaft für historische Migrationsforschung, http://www.wiso.rwth-aachen.de/ghm (19/4/2011).

    54 Südwestdeutscher Arbeitskreis für Stadtgeschichtsforschung, http://www.stadtgeschichtsforschung.de (19/4/2011).

    55 Sektion Historische Bildungsforschung der Deutschen Gesellschaft für Erziehungswissenschaft, http://www.bbf.dipf.de/hk/aktiv.htm (19/4/2011).

    56 Kommission für Alte Geschichte und Epigraphik, http://www.dainst.org/muenchen (19/4/2011).

    57 Historische Kommission zu Berlin (HiKo Berlin), http://www.hiko-berlin.de (19/4/2011).

    58 Kommission für Geschichte des Parlamentarismus und der politischen Parteien (KGParl), http://www.kgparl.de (19/4/2011).

    59 Deutsche Gesellschaft für die Erforschung des 18. Jahrhunderts (DGEJ), http://dgej.hab.de (19/4/2011).

    60 Institut für vergleichende Städtegeschichte (IStG), http://www.uni-muenster.de/Staedtegeschichte (19/4/2011).

    Lizenzhinweis: Dieser Beitrag unterliegt der Creative-Commons-Lizenz Namensnennung-Keine kommerzielle Nutzung-Keine Bearbeitung (CC-BY-NC-ND), darf also unter diesen Bedingungen elektronisch benutzt, übermittelt, ausgedruckt und zum Download bereitgestellt werden. Den Text der Lizenz erreichen Sie hier: http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/de

    PSJ Metadata
    Falk Bretschneider, Bernd Klesmann, Rahul Markovits
    Les structures de la recherche historique en Allemagne : universités, instituts de recherche extra-universitaires et associations
    En Allemagne, la recherche historique, ancrée dans une longue histoire marquée par le credo humboldtien de l 'unité de l 'enseignement et de la recherche, se développe en grande partie autour des différentes universités qui relèvent de la compétence et du financement des gouvernements régionaux. Ses cadres structurels ne se limitent cependant pas aux seules universités. Soutenue par un certain nombre d 'organismes à vocation scientifique au niveau national, ainsi que par différentes fondations publiques ou privées, la recherche se base également sur une multitude d 'instituts extra-universitaires et d 'associations de chercheurs. Participant sans aucun doute à la vivacité de la recherche historique outre-Rhin, ce riche tissu d 'acteurs institutionnels peut pourtant parfois dérouter l 'observateur extérieur. C 'est pourquoi l 'article propose un aperçu des structures dans lesquelles évolue la recherche historique en Allemagne, en présentant notamment le monde universitaire, mais également les cadres extra-universitaires qui le complètent.
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Neuere Zeitgeschichte (1945-heute)
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein
    Theorie und Methode der Geschichtswissenschaften
    2000 - 2019
    Allemagne recherche historique école doctorale organisme de recherche fondation Deutschland Geschichtsforschung Graduiertenkolleg Forschungseinrichtung Stiftung
    F. Bretschneider, B. Klesmann, R. Markovits, Les structures de la recherche historique en Allemagne
    In: Falk Bretschneider, Bernd Klesmann, Rahul Markovits: Les structures de la recherche historique en Allemagne: universités, instituts de recherche extra-universitaires et associations.
    URL: http://www.perspectivia.net/publikationen/scholar-guide/histoire-en-allemagne/bretschneider-klesmann-markovits_structures/index_html
    Veröffentlicht am: 02.05.2011 16:20
    Zugriff vom: 28.03.2017 17:49
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