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    N. F. Shead (ed.), Scottish Episcopal Acta (Benoît-Michel Tock)

    Francia-Recensio 2017/2 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    Norman F. Shead (ed.), Scottish Episcopal Acta. Volume I: The Twelfth Century, Woodbridge (The Boydell Press) 2016, LXXXV–409 p. (Scottish History Society. Sixth Series, 10), ISBN 978-0-90624-540-8, GBP 40,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Benoît-Michel Tock, Strasbourg

    L’histoire de l’Église écossaise au XIIe siècle est difficile à écrire, en bonne partie faute de sources. Mais aussi parce que cette histoire pose des problèmes particuliers: il faut plusieurs décennies, précisément au XIIesiècle, pour que les évêques d’Écosse obtiennent leur indépendance par rapport à l’archevêque d’York. Cependant, indépendants d’York ou pas, les évêques écossais, comme leurs homologues anglais ou continentaux, délivrent des actes, et ceux-ci sont une source capitale pour l’historien. C’est tout l’intérêt de ce volume que de réunir le texte des quelque 259 actes délivrés au XIIesiècle par des évêques écossais; auxquels il faut ajouter 136 actes aujourd’hui seulement connus par une mention. L’Écosse doit d’ailleurs être prise ici dans son sens actuel, y compris le Galloway, dont la sujétion à l’égard de York n’a pas été mise en cause à l’époque. La richesse documentaire est évidemment variable selon les diocèses: Saint Andrews compte 145 actes, Glasgow 42, mais on n’en recense que 18 pour Dunkeld, 16 pour Brechin,12 pour Galloway, 11 pour Aberdeen, 10 pour Dunblane, 7 pour Moray et un seul pour Caithness.

    La dense introduction de N. S. fait le point tout d’abord sur l’histoire même de l’épiscopat écossais à cette période. Cela concerne les démêlés avec la papauté si lointaine et qui soutient longtemps les revendications d’York. Mais aussi l’histoire des chapitres cathédraux, très obscure elle aussi. Ces chapitres se sont constitués progressivement, lentement. Celui de Glasgow, le mieux connu, a suivi les coutumes de Salisbury; à la fin du siècle, il ne compte que sept prébendes sûres, ce qui est très peu puisqu’il compte aussi quatre dignitaires. L’évêque dispose d’archidiacres, là du moins où on peut les observer, tandis que les doyens de chapitres émergent peu à peu. Globalement, les évêques accordent de nombreux bienfaits aux monastères (mais le plus souvent ils se contentent de notifier les donations faites par des tiers), veillent à entretenir de bonnes relations avec le roi d’Écosse, dont ils dépendent et qui les protège contre les prétentions anglaises, ainsi qu’avec la haute aristocratie: leur politique ne diffère donc guère de celle de leurs homologues continentaux ou anglais. Il en va de même pour la diplomatique des actes épiscopaux écossais. Dépourvus d’invocation, ils donnent avant, ou souvent après, une adresse très générale le nom et la titulature de l’évêque. Celle-ci est exprimée de manière généralement très simple, mais des formules d’humilité comme minister humilisapparaissent dès le milieu du siècle. Le préambule est rare (une vingtaine de cas seulement), et porte toujours sur la fonction épiscopale et ses obligations. La clause comminatoire est plus rare encore (18 cas), et trahit une très forte influence pontificale, peut-être indirecte (influence de Salisbury aussi?) mais c’est loin d’être sûr. Tous les actes sont pourvus d’une liste de témoins, omise cependant dans certaines copies. Très rares, en revanche, sont les actes datés (on n’en compte que 18), mais c’est normal outre-Manche.

    L’édition est organisée d’abord par évêché, et pour chacun de ceux-ci par épiscopat. À l’intérieur de ceux-ci, l’ordre chronologique étant difficile à respecter puisque presque aucun acte ne peut être daté avec précision, l’ordre est thématique: professions d’obéissance, donations et confirmations de biens, affaires diocésaines, accords et notifications d’accords, interventions comme juge délégué par le pape, lettre aux papes ou à d’autres prélats, actes en faveur de laïc. Sans surprise, on constate que la majorité des actes concernent des donations de biens à des monastères ou des chapitres, ou plus fréquemment d’ailleurs des confirmations de donations de biens. Ces biens sont souvent des églises et des droits paroissiaux, mais on trouve aussi des terres bien sûr, fréquemment exprimées en charruées. Plusieurs actes mentionnent des salines. Deux actes mentionnent un cens annuel d’une livre de poivre à payer à l’évêque, à Dunkeld et à Saint Andrews, et chacun de ces actes concerne des laïcs: un particulier et une communauté d’habitants. Quelques actes sortent du lot, comme celui donné entre 1200 et 1210 par Jonathan, évêque de Dunblane, pour le prieuré d’Inchaffray; acte très long et solennel, qui rappelle en détail la fondation du prieuré (no 38). Un acte de l’évêque de Glasgow Jocelin permet aux chanoines du chapitre cathédral de disposer librement des revenus de leur prébende un an après leur mort, mais prévoit que, sauf disposition contraire, leurs livres et vêtements liturgiques iront à la cathédrale (no 85). À Glasgow toujours, un acte datable de 1175–1186 mentionne un nouvel oratoire dédicacé à saint Thomas martyr, donc Thomas Becket (no 96). Le no 106 est une longue lettre adressée au pape Lucius III par l’évêque de Glasgow Jocelin, avec les abbés de Melrose et de Newminster, pour l’informer de l’issue d’un procès entre les moines de Durham et l’évêque de Saint Andrews. Un acte de Robert, évêque de Saint Andrews, atteste que vers 1140–1150 l’abbaye de Dumferline possédait des écoles à Perth et Stirling (no 121). Le même évêque dote entre 1152 et 1156 l’abbaye de Loch Leven et cite notamment tous les livres que ce nouveau monastère reçoit (no 132).

    Ce beau volume, indispensable désormais aux historiens de l’Écosse comme à ceux de l’Église ainsi qu’aux diplomatistes, donne un texte clair, des analyses détaillées et se termine par un index des noms propres et un index des matières. Il contient aussi une liste des voyages d’évêques écossais hors d’Écosse, et un glossaire.

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    PSJ Metadata
    Benoît-Michel Tock
    Scottish Episcopal Acta
    Volume I: The Twelfth Century
    fr
    CC-BY 4.0
    Hohes Mittelalter (1050-1350)
    Großbritannien
    Kirchen- und Religionsgeschichte
    6. - 12. Jh.
    1100-1200
    Schottland (4053233-1), Kirchengeschichte (4030720-7)
    PDF document shead_tock.doc.pdf — PDF document, 325 KB
    N. F. Shead (ed.), Scottish Episcopal Acta (Benoît-Michel Tock)
    In:
    URL: http://www.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2017-2/ma/shead_tock
    Veröffentlicht am: 13.06.2017 15:18
    Zugriff vom: 20.08.2017 00:28
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