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    Die Schriften des Alexander von Roes und des Engelbert von Admont. Teil 3: Engelbert von Admont, De ortu et fine Romani imperii (Mireille Chazan)

    Francia-Recensio 2017/2 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    Die Schriften des Alexander von Roes und des Engelbert von Admont. Teil 3: Engelbert von Admont, De ortu et fine Romani imperii, hg. von Herbert Schneider, aufgrund der Vorarbeiten von George B. Fowler und Helga Zinsmeyer, Wiesbaden (Harrassowitz Verlag) 2016, XXXVIII–262 S. (Monumenta Germaniae Historica. Staatsschriften des späteren Mittelalters, I/3), ISBN 978-3-447-10082-3, EUR 60,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Mireille Chazan, Metz

    Dans la collection des »Staatsschriften des späteren Mittelalters« des Monumenta Germaniae Historica est parue en 2016 l’édition du traité d’Engelbert d’Admont, »De ortu et fine Romani imperii« par Herbert Schneider sur la base des travaux préparatoires de Georg B. Fowler et de Helga Zinsmeyer. L’édition est précédée d’une introduction où sont étudiés la vie d’Engelbert, le contenu du traité, sa datation, ses sources, les manuscrits, les éditions, enfin la réception.

    La vie d’Engelbert est relativement bien connue puisqu’il a retracé lui-même les grandes étapes de sa vie dans une lettre adressée à Ulrich, écolâtre de Saint-Étienne de Vienne. Né vers 1250, il est entré à Admont, en Styrie dans la vallée de l’Enns, puis a été envoyé aux écoles à Prague. Il poursuit de longues études à Padoue, d’abord à l’université puis au studium generale des dominicains de la même ville. À son retour en Autriche, il devient abbé de Saint-Pierre de Salzbourg, puis abbé d’Admont de 1297 à 1327. Il démissionne de cette charge en 1327, peut être en raison de l’opposition suscitée par son administration négligente du temporel de l’abbaye. Il meurt le 31 mai 1331.

    Engelbert d’Admont est l’auteur d’une quarantaine d’œuvres, relevant de la théologie, la philosophie naturelle, et la philosophie morale selon sa propre classification. Trois textes relevant de la philosophie morale ou pratique sont à rapprocher: le »De regimine principis« écrit vers 1290 et dédié à Albert de Habsbourg, alors duc d’Autriche et de Styrie, le »Speculum virtutum« en 1309, dédié aux fils d’Albert de Habsbourg et le »De ortu et fine Romani imperii«. Ce dernier a dû être écrit lors du Romzugd’Henri VII, avant l’annonce de sa mort à Admont, en août 1313 et, comme l’avance Herbert Schneider, pour donner à la vision de l’Empire d’Henri VII des fondements théoriques renouvelés. On aurait aimé un développement sur les contacts d’Engelbert avec des milieux dirigeants et avec les milieux universitaires. H. Schneider, après G. B. Fowler, rappelle que le traité »De corpore Domini«d’Engelbert était une réplique aux thèses du dominicain Jean de Paris, vivement controversées à l’université de Paris en 1305. Ne pourrait-on pas penser que le »De ortu et fine Romani imperii« n’est pas sans rapports avec le »Tractatus de regia potestate et papali« du même Jean de Paris qui, en 1303, avait remis en cause l’existence et la nécessité de l’Empire universel?

    En revanche, H. Schneider démontre que, malgré des points d’accord qui tiennent au contexte intellectuel du début du XIVe siècle, le »De monarchia« de Dante a été écrit indépendamment du traité d’Engelbert.

    Ce dernier fait partie des auteurs qui s’efforcent de justifier la nécessité de la monarchie universelle, menacée après le Grand Interrègne tant par la revendication à l’indépendance des royaumes nationaux que par la théocratie pontificale telle que Boniface VIII venait de la définir. Après le »Tractatus super Romano imperio«de Jordan d’Osnabrück, composé pendant l’Interrègne, après le »Memoriale de prerogativa Romani imperii« d’Alexandre de Roes composé en 1288, le traité d’Engelbert d’Admont vient contribuer à la défense de l’idéologie impériale, tandis que, à la fin du XIIIsiècle la »Determinatio compendiosa« de Tolomée de Lucques et en 1308 le »De origine ac translacione et statu Romani imperii« sans doute du même Tolomée, démontrent l’excellence du pouvoir pontifical, sacerdotal et royal à la fois.

    L’originalité du traité d’Engelbert est qu’il se détache du cadre théologique traditionnel et justifie la monarchie universelle de l’Empire allemand à partir de la philosophie d’Aristote. Engelbert pose les fondements naturels de l’État, puis décrit l’évolution naturelle qui a conduit la formation des regna jusqu’à l’Empire romain, la dernière et la plus vaste des monarchies. À partir de là, Engelbert s’interroge sur le bonheur, la justice et la grandeur des États, pour conclure qu’il vaut mieux vivre dans une monarchie universelle plus à même d’assurer la justice, le bonheur et la paix. Par ailleurs, le principe d’ordre demande que les activités particulières soient subordonnées aux fins générales. La défense de la chrétienté est mieux assurée par un monarque universel. Certes des royaumes chrétiens ont obtenu l’indépendance vis-à-vis de l’Empire romain, mais, dit-il, privilegia paucorum non faciunt legem communem. La naissance du Christ sous Octave Auguste a consacré l’accomplissement de l’Empire. Ce qui ne signifie pas que cet Empire est éternel, non seulement parce que le temps corrompt toute chose et que les hommes sont instables, mais aussi parce que les prophètes et l’apôtre Paul ont annoncé la venue de l’Antéchrist; celle-ci sera provoquée par une triple discessio, séparation des royaumes d’avec l’Empire, séparation des Églises d’avec la papauté et en conséquence séparation des fidèles d’avec la foi.

    Pour les sources du traité, H. Schneider établit qu’en premier lieu Engelbert reprend ses deux précédents traités de philosophie morale, le »De regimine principum«et le »Speculum virtutis«. Ensuite, comme l’indique le prologue, il s’appuie sur des auctoritates, c’est-à-dire la Bible dans une version glosée, et sur des raciones,à savoir avant tout Aristote, le plus souvent l’»Éthique à Nicomaque«, la »Politique«, directement ou par l’intermédiaire d’un florilège aristotélicien. »La cité de Dieu« de saint Augustin est également une source importante, et c’est par son intermédiaire qu’Engelbert cite le plus souvent les auteurs classiques. Pour sa vision de l’histoire universelle, il fait appel à Otton de Freising et pour la fin des temps au commentaire de Jérôme sur le livre de Daniel et au Pseudo-Méthode.

    Les manuscrits du »De ortu«recensés par H. Schneider sont au nombre de 19, sans compter des extraits dans trois manuscrits et deux manuscrits perdus, ce qui est du même ordre de grandeur que les 20 manuscrits du »De potestate regia et papali« de Jean de Paris, mais évidemment bien inférieur aux 66 manuscrits, voir plus, du »Memoriale« d’Alexandre de Roes. Ce sont essentiellement les abbayes autrichiennes et bavaroises au XVe siècle qui ont assuré la réception du traité d’Engelbert. Plusieurs manuscrits montrent que les derniers chapitres du traité, ceux qui traitent de la fin de l’Empire et de la venue de l’Antéchrist, ont particulièrement retenu l’attention; ils ont été aussi plus souvent utilisés que ceux consacrés à la théorie de la monarchie universelle.

    Il n’y a rien à redire à l’apparat critique. Les notes offrent une très large bibliographie; elles sont complétées par quatre indices, ceux des citations bibliques, des sources, des noms propres et noms de lieux, enfin des concepts. L’édition de Herbert Schneider constitue une excellente base de travail pour toute recherche sur les théories politiques médiévales.

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    PSJ Metadata
    Mireille Chazan
    Die Schriften des Alexander von Roes und des Engelbert von Admont
    Teil 3: Engelbert von Admont, De ortu et fine Romani imperii
    fr
    CC-BY-NC-ND 4.0
    Hohes Mittelalter (1050-1350)
    Europa
    Politikgeschichte
    14. Jh.
    1313
    Alexander de Roes (118501895), Engelbertus Admontensis (118530321), Römisches Reich (4076778-4), Staatslehre (4077784-4)
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    Die Schriften des Alexander von Roes und des Engelbert von Admont. Teil 3: Engelbert von Admont, De ortu et fine Romani imperii (Mireille Chazan)
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    Veröffentlicht am: 13.06.2017 15:18
    Zugriff vom: 20.08.2017 00:31
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