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    A. Beck, A. Berndt (Hg.), Sakralität und Sakralisierung (Klaus Krönert)

    Francia-Recensio 2016/1 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    Andrea Beck, Andreas Berndt (Hg.), Sakralität und Sakralisierung. Perspektiven des Heiligen, Stuttgart (Franz Steiner Verlag) 2013, 210 S., 22 z. T. farb. Abb., Kart. (Beiträge zur Hagiographie, 13), ISBN 978-3-515-10624-5, EUR 44,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Klaus Krönert, Lille

    Depuis quelques années, la série »Beiträge zur Hagiographie«s’enrichit constamment de volumes de grande qualité qui ont considérablement fait progresser notre connaissance sur les saints et les textes qui leur sont consacrés. Le treizième volume ne déroge pas à la règle: il est dédié à »la sacralité et la sacralisation«et reproduit, à peu d’exceptions près, les communications d’une série de conférences qui se sont tenues durant l’été 2012 à l’université d’Erlangen-Nürnberg. L’objectif était de s’interroger sur la signification de la »sacralité«à différentes époques dans différentes cultures. Le volume réunit ainsi dix articles qui couvrent la période de l’Antiquité tardive à l’époque moderne, et qui concernent autant l’Europe que le Proche-Orient et l’Asie. Rédigé avec des approches méthodiques diverses, les auteurs ont généralement conservé un style qui, s’il n’est pas oral, est tout au moins très fluide et facile à lire.

    Dans l’introduction, Klaus Herbers évoque le problème du sacré à travers quelques exemples actuels qui permettent de saisir à quel point le champ sémantique du terme »saint«est vaste. Il en conclut que la sacralité est rarement définie de manière claire ou précise. Franz-Reiner Erkens se concentre sur l’évolution de la sacralité des souverains depuis l’Antiquité tardive jusqu’à l’époque moderne, arrivant ainsi à préciser l’image qu’ils se faisaient eux-mêmes de leurs pouvoir. Andrea Beck et Michele Camillo Ferrari montrent à travers une analyse du culte de Félix et Régula, saints patrons de Zurich, que la Réforme est loin d’avoir mis un terme à leur culte: en effet, celui-ci connut une longue vie jusqu’à l’époque moderne, mais sous une forme modifiée. Zurich joue également un rôle important dans l’article de Carola Jäggi: grâce à une approche comparative, elle met en parallèle la ville suisse avec celle de Nuremberg pour mieux comprendre de quelle façon l’espace sacré urbain fut remodelé suite à la Réforme.

    Avec le cinquième article, nous quittons l’Europe occidentale: Sebastian Watta consacre sa contribution à l’»église des prêtres Wa’il«, située dans l’actuelle Jordanie. L’analyse des mosaïques du VIe siècle fait comprendre de quelle façon son espace était hiérarchisé. Klaus Herbers et Christian Saßenscheidt analysent les calendriers ibériques de saints du haut Moyen Âge et montrent comment le temps a pu être sacralisé et désacralisé à un moment où l’islam et le christianisme se sont mutuellement influencés. Florian Ebeling met en lumière comment l’image des croyances de l’ancienne Égypte pouvait varier dans notre société moderne. Matthias Ahlborn dirige son regard vers l’Inde médiévale et ses croyances en la réincarnation. L’étude d’Andreas Berndt, elle aussi, porte sur l’Asie: elle contient une analyse des représentations des »rois-dragons«décrits dans des œuvres littéraires des dynasties Ming et Qing.

    Enfin, la dernière étude nous plonge dans l’histoire philologique et linguistique: en présentant l’œuvre de Max Müller, grand savant du XIXesiècle, Roger Thiel montre comment l’homme semble avoir développé sa capacité à parler, processus qui a en même temps mené à l’invention de la religion. En effet, selon la théorie ici présentée, l’homme commença à nommer des phénomènes perceptibles par les sens, comme le »ciel«, terme qui contient la même racine que »Zeus«. Les phénomènes naturels – notamment ceux qui se répètent – pouvaient ainsi être interprétés comme des forces particulières. C’est ce qui a entrainé une sorte de mélange, voire une confusion entre les mots (nomina) et des divinités (numina), comme le montre l’exemple suivant: »›Zeus/le ciel fait la pluie.« En oubliant l’origine étymologique, l’homme avait ainsi inventé des dieux, ou, pour reprendre l’expression de Max Müller, une mythologie. Celle-ci représente un pas important vers l’abstraction, qui, au fur et à mesure que les racines sémantiques des mots tombaient dans l’oubli, obscurcissait le sens initial des mots. La dernière étape de cette évolution mena vers l’idée d’un seul dieu. Il y a là, semble-t-il, l’une des racines du monothéisme.

    Grâce notamment à son approche très large, la lecture de ce livre s’avère particulièrement stimulante. Il est une véritable invitation aux chercheurs à sortir de l’étroitesse de leur propre discipline pour s’inspirer d’autres branches des sciences humaines.

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    PSJ Metadata
    Klaus Krönert
    Sakralität und Sakralisierung
    Perspektiven des Heiligen
    fr
    CC-BY-NC-ND 4.0
    ohne zeitliche Zuordnung
    Europa nördlich und westlich der Italienischen Halbinsel / Alte Welt
    Kirchen- und Religionsgeschichte
    ohne zeitliche Zuordnung
    Heiligkeit (4159400-9), Heiligenverehrung (4024052-6), Sakralisierung (4479722-9)
    PDF document beck_kroenert.doc.pdf — PDF document, 326 KB
    A. Beck, A. Berndt (Hg.), Sakralität und Sakralisierung (Klaus Krönert)
    In: Francia-Recensio 2016/1 | Mittelalter – Moyen Âge (500–1500) | ISSN: 2425-3510
    URL: http://www.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2016-1/ma/beck_kroenert
    Veröffentlicht am: 12.04.2016 13:00
    Zugriff vom: 19.09.2017 15:35
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