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    G. Braun, A. Strohmeyer (Hg.), Frieden und Friedenssicherung in der Frühen Neuzeit (Jean Bérenger)

    Francia-Recensio 2014/4 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

    Guido Braun, Arno Strohmeyer (Hg.), Frieden und Friedenssicherung in der Frühen Neuzeit. Das Heilige Römische Reich und Europa. Festschrift für Maximilian Lanzinner zum 65. Geburtstag, Münster (Aschendorff) 2013, XXVIII–471 S., 9 s/w-Abb. (Schriftenreihe der Vereinigung zur Erforschung der Neueren Geschichte, 36), ISBN 978-3-402-14764-1, EUR 58,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Jean Bérenger, Paris

    Nos deux collègues Guido Braun (Bonn) et Arno Strohmeyer (Salzbourg) ont pris en charge l’édition des Mélanges qui ont été offerts à Maximilien Lanzinner à l’occasion de son 65 e anniversaire et ont réuni les contributions de 16 historiens allemands et autrichiens. Ces Mélanges sont centrés sur les relations internationales à l’époque moderne et, plus particulièrement, sur les négociations de paix, ce qui se justifie parfaitement étant donnée la carrière d’historien de Max Lanzinner qui a consacré une bonne partie de sa carrière à la publication des »Acta Pacis Westphalicae«. Si l’ouvrage comporte 14 contributions qui s’étendent de la fin du XV e siècle au début du XIX e siècle, la majorité des articles étant centrée sur le XVI e et surtout sur le XVII e siècle.

    Dans une première partie, l’ouvrage montre comment les assemblées s’efforçaient de maintenir la paix à l’intérieur du Saint-Empire. Gabriele Haug Moritz (»Frieden im Land. Die sächsisch-brandenburgisch-hessische Erbeinung [1451/57–1555]. Zur Kontinuität spätmittelalterlicher Formen der Friedewahrung im Reich des 16. Jahrhunderts«, p. 3–34) évoque un aspect de la consolidation de la paix à l’intérieur du Saint-Empire: les conventions successorales en Allemagne du Nord passées dans la première moitié du XVI e siècle entre la Saxe, le Brandebourg et la Hesse et les partages d’héritage. Au centre du débat, on trouve les traités conclus par la Saxe et le Brandebourg entre 1450 et 1550, leurs dispositions concrètes et les conséquences qu’elles peuvent avoir pour le maintien de la paix. Ces traités sont analysés, leurs signataires agissant comme vassaux de rang royal et non comme chefs de maisons souveraines ou de dynasties. Ils représentent une conception de la paix propre au Moyen Âge tardif. Dietmar Heil (»Zur Friedensproblematik auf den Reichstagen Kaiser Maximilians I. [1494– 1519]«, p. 35–78) montre que les diètes convoquées par Maximilien I er (1486–1493 et 1519) ont été confrontées à quatre types de problèmes concernant la problématique de la paix et la sécurité du Saint-Empire: la sécurité interne de l’Empire concernait en premier lieu la maison d’Autriche, mais il y avait aussi lieu de protéger les territoires périphériques. Ensuite, il y avait les efforts de certains princes d’Empire pour modifier les pouvoirs de l’empereur en matière de paix et de guerre, et ce conflit fut résolu pratiquement en 1512 en faveur des États qui gardèrent le contrôle de la politique étrangère. Puis les intérêts des Habsbourg dominèrent la politique étrangère de l’Empire, qui cessant d’être contrôlé par les États, fut de plus en plus subordonnée aux intérêts du souverain. Alfred Kohler (»Die Friedenssicherung im Heiligen Römischen Reich Mitte des 16. Jahrhunderts. Eine thematische und autobiographische Annäherung«, p. 79–92) traite de la consolidation de la paix dans le Saint-Empire au milieu du XVI e siècle dans une approche thématique et autobiographique. Après la dissolution de la ligue de Smalkalde de graves questions ont été posées, mais la tentative de Charles Quint pour donner une nouvelle orientation de la politique étrangère du Saint-Empire s’est soldée par un échec, car il n’a pas réussi à régler de nombreux problèmes posés par le Landfrieden . Alfred Kohler songe à l’édition des sources concernant la paix dans la période allant de la diète d’Augsbourg de 1530 à la paix d’Augsbourg de 1555 et plaide pour de grands projets d’éditions de textes concernant cette période. Marc von Knorring (»Der friedenssichernde Reichsdeputationstag zwischen Augsburger Religionsfrieden und Dreißigjährigem Krieg. Eine Bilanz«, p. 93–116) s’intéresse au rôle des diètes électorales (1564, 1569, 1586 et 1590) dans le maintien de la paix entre 1555 et 1618 la guerre de Trente Ans et s’efforce d’en faire le bilan. Elles avaient un rôle constitutionnel pour le maintien de la paix intérieure. Les décisions furent largement inspirées par l’électeur Auguste de Saxe et contribuèrent à la consolidation de la paix intérieure. Joseph Leeb (»Supplikationen als Konflikte auf dem Reichstag. Möglichkeiten und Grenzen der Konfliktregulierung durch Reichsversammlungen in der zweiten Hälfte des 16. Jahrhunderts«, p. 177–154) montre les limites que représentaient les »supplications« comme moyen d’apaiser les différends à l’intérieur du Saint-Empire, car les diètes en tenaient finalement peu compte dans leurs décisions finales. Les »supplications« étaient en réalité des sources de conflits supplémentaires à l’intérieur de la diète dans la seconde moitié du XVI e siècle, et l’article de Joseph Leeb fait apparaître les limites que les »supplications» offraient au règlement des conflits. Helmut Neuhaus (»Die Gesandten Zar Iwans IV. auf dem Regensburger Reichstag des Jahres 1576. Mit zwei Quellenanhängen«, p. 155–181) montre avec deux textes tirés de chroniques contemporaines, le rôle que les 28 envoyés du tsar Ivan IV ont voulu jouer à la diète de Ratisbonne en 1576.

    La seconde partie de l’ouvrage est plus spécialement consacrée au congrès de Westphalie et au rôle qu’il a joué dans le rétablissement de la paix dans le Saint-Empire et en Europe. Dans son article sur les instructions données par Madrid à ses représentants aux congrès de la paix de Cologne et de Munster de 1636,1643 et1645 (»Sicherheitkonzeptionen in den spanischen Instruktionen zu den Friedenskongressen von Köln und Münster«, p. 183–210) Michael Rohrschneider analyse les conceptions espagnoles de la sécurité face à l’adversaire français. Elles établissent le principe de la sécurité collective ainsi que les orientations des mariages dynastiques et surtout les moyens d’éviter de futurs conflits. Elles reposent en partie sur la profonde méfiance que le roi catholique nourrit à l’égard de la bonne foi de l’adversaire français, mais aussi sur la conception espagnole de l’honneur. Elles représentent une source extraordinaire pour comprendre la politique de Philippe IV durant la guerre de Trente Ans et au congrès de Westphalie.

    Konrad Repgen (»Maximilian Graf Trauttmansdorff – Chefunterhändler des Kaisers beim Prager und beim Westfälischen Frieden« , p. 211–228), spécialiste du comte Maximilien Trauttmansdorff, évoque le rôle capital que ce grand diplomate et principal ministre de l’empereur Ferdinand III, a joué comme chef de la délégation impériale dans les négociations de Prague en 1635 et de Münster en 1646–1648 – on peut à ce propos regretter une fois de plus l’absence d’une monographie consacrée à Trauttmansdorff, alors que les biographies de Richelieu ne manquent pas. Même si les compétences de Trauttmansdorff ont été parfois contestées, il n’en demeure pas moins, pendant toute cette période, le chef incontesté de la diplomatie impériale, dont le premier souci demeurait, moins que les réformes de structure du Saint-Empire que l’exécution de l’édit de Restitution de 1629. Il a pu donner toute sa mesure au congrès d’Osnabrück, alors qu’à Münster il était gêné par la présence de médiateurs (le nonce apostolique et l’ambassadeur de Venise) et il s’est acquis de grands mérites, tant aux yeux de la maison d’Autriche que du Saint-Empire, car la publication des »Acta Pacis« a mis en lumière son rôle décisif sur certains points.

    Les garanties de la paix, qui furent le thème des discussions entre les États protestants dans la phase initiale du congrès de Westphalie (»Friedenssicherung als Beratungsthema der protestantischen Reichsstände in der Anfangsphase des Westfälischen Friedenskongresses«, p.  229–258) sont l’objet de la contribution de Maria-Elisabeth Brunert. En effet, dès l’automne 1645, avant la convocation officielle des curies de la diète, princes d’Empire et villes d’Empire ont constitué une commission, qui a examiné les articles des futurs traités avec la Suède et avec la France. Le texte fut examiné et discuté par le collège des princes. Ils envisagèrent des mesures qui pouvaient éliminer des conflits futurs, mais aussi des propositions plus radicales, basées sur des doléances traditionnelles comme le bannissement des Jésuites, qui étaient considérés comme de potentiels fauteurs de troubles. Mais seules des propositions réalistes furent retenues à l’automne 1645. Dorothée Goetze (»Kaiserliche und bayerische Bündnispraxis in der Schlussphase des Westfälischen Friedenskongresses«, p. 259–291), constatant que l’étude de l’année 1648 a été plutôt négligée, revient sur l’alliance entre l’empereur et la Bavière dans la phase ultime des négociations de Westphalie, entre février et octobre. Toute collaboration entre Vienne et Munich cessa, même si la dénonciation de l’armistice d’Ulm par Maximilien avait replacé momentanément la Bavière aux côtés de l’empereur. Or Ferdinand III manquait de moyens pour poursuivre les hostilités et Maximilien de Bavière avait atteint son principal but de guerre, la confirmation de la dignité électorale.

    Enfin la troisième et dernière partie du livre est consacrée aux idées directrices qui ont inspiré les diplomates dans la conclusion de la paix aux XVI° et XVII° siècles. Guido Braun (»Frieden und Gleichgewicht bei Leibniz«, p. 293–322) étudie la place que la notion d’équilibre européen a jouée dans la conception de la paix chez Leibniz. L’équilibre européen n’était pas pour lui une fin en soi, mais seulement un moyen de consolider la paix, qui ne pouvait être acquise que par un »État raisonnable«. Christoph Kampmann (»Völkerrechtsbruch als politische Strategie? Ein bekannter Fall und ein unbekannter Plan der Diplomatenentführung unter Kaiser Leopold I.«, p. 323–348) étudie la violation du droit des gens comme stratégie diplomatique chez Léopold I er en évoquant deux cas révélateurs: le cas connu de l’arrestation arbitraire de Guillaume de Furstenberg en 1674 pendant le congrès de Cologne et le plan, resté inconnu, car non exécuté de l’enlèvement du représentant français à Ratisbonne en 1701.

    Peter Rauscher (»Zwischen Krieg und Frieden. Kaiserliche Finanzkrise und Friedenspolitik im Vorfeld des Dreißigjährigen Kriegs [1612–1615]«, p. 349–346) montre que le manque de ressources financières ont contraint l’empereur Mathias à mener une politique pacifique dans le domaine confessionnel à la veille de la guerre de Trente Ans (1612–1615): ni la diète d’Empire ni les diètes de la monarchie autrichienne n’ont accepté la levée et l’entretien de soldats. Peter Arnold Heuser (» Kaspar Schetz von Grobbendonk oder Pedro Ximénez? Studien zum historischen Ort des Dialogus de pace «, p. 387–412) étudie la localisation historique du »Dialogus de pace« de 1579: Cologne ou Anvers? Arno Strohmeyer (»Die Theatralität interkulturellen Friedens«, p. 413–438) relate les temps forts de l’ambassade extraordinaire à Constantinople de Damian Hugo von Virmont. En 1719, ce gentilhomme originaire du Rhin inférieur fut placé à la tête de l’ambassade extraordinaire à la Porte qui était chargée de ratifier le traité de Passarowitz. Sa tâche primordiale était de mettre en scène le rétablissement de la paix entre Habsbourg et Ottomans selon un cérémonial qui s’était élaboré peu à peu au cours du XVII e siècle. La délégation impériale était nombreuse (500 personnes) la mission était temporaire et le protocole rigide car il était chargé de symboles, tandis que la partie adverse envoyait de son côté une ambassade extraordinaire. L’auteur se demande comment on franchissait les différences culturelles et il prend pour exemple l’échange des délégations qui se sont croisées à Paracin, non loin de Passarowitz. Le but était d’effacer toute différence hiérarchique entre Habsbourg et Ottomans alors que le sultan venait enfin de reconnaître le titre d’empereur à Charles VI. On évita d’autre part toute provocation dans le domaine religieux et l’on célébra l’amitié politique qui venait d’être rétablie par des repas pris en commun, des embrassades et l’échange de cadeaux.

    Pour finir sur une note plus concrète, Heinz Duchhardt (»Fernwirkungen: zur Rezeptiongeschichte von Ter Borchs Friedensgemälde« , p. 439–446) a mis en parallèle des représentations de la signature de la paix de Westphalie en 1648 et celle des traités de Vienne en 1815, parce que les peintures de Ter Borch ont servi de modèle au peintre parisien Isabey qui s’était rendu à Vienne en 1814.

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    PSJ Metadata
    Jean Bérenger
    G. Braun, A. Strohmeyer (Hg.), Frieden und Friedenssicherung in der Frühen Neuzeit (Jean Bérenger)
    CC-BY 3.0
    Frühe Neuzeit (1500-1789), Spätes Mittelalter (1350-1500)
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein, Europa, Osteuropa
    Militär- und Kriegsgeschichte, Politikgeschichte
    Neuzeit bis 1900
    4011882-4 4019411-5
    1400-1800
    Deutschland (4011882-4), Friedenssicherung (4019411-5)
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    G. Braun, A. Strohmeyer (Hg.), Frieden und Friedenssicherung in der Frühen Neuzeit (Jean Bérenger)
    In: Francia-Recensio 2014/4 | Frühe Neuzeit - Revolution - Empire (1500-1815) | ISSN: 2425-3510
    URL: http://www.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2014-4/FN/braun-strohmeyer_berenger
    Veröffentlicht am: 05.12.2014 13:15
    Zugriff vom: 29.05.2017 21:10
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