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    E. Bünz, G. Fouquet, Die Pfarrei im späten Mittelalter (Bernard Delmaire)

    Francia-Recensio 2014/3 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    Enno Bünz, Gerhard Fouquet, Die Pfarrei im späten Mittelalter, Ostfildern (Jan Thorbecke Verlag) 2013, 439 S., 49 großteils farb. Abb. (Vorträge und Forschungen, 77), ISBN 978-3-7995-6877-7, EUR 64,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Bernard Delmaire, Lille

    La 77 e rencontre du Cercle de recherches historiques médiévales de Constance avait choisi de traiter en 2009 un sujet vaste et inépuisable, la paroisse, en se limitant à l’Empire et au bas Moyen Âge jusqu’à la Réforme. Une autre rencontre avait déjà abordé ce sujet en 1988, sous un angle un peu différent (»Probleme des Niederkirchenwesens im Mittelalter«), mais les actes n’en avaient pas été publiés dans un livre (quelques articles ont paru en ordre dispersé). Comme le souligne Enno Bünz dans son introduction, l’histoire de la paroisse en Allemagne a surtout été abordée de deux manières: d’abord l’histoire de l’ Eigenkirche et du système bénéficial lancée jadis par Ulrich Stutz et ses émules, puis de très nombreuses études locales dans le cadre d’une province, d’un diocèse, d’une localité. Aucun historien allemand ne s’est risqué à écrire une histoire de la paroisse en Allemagne, comme l’a fait Michel Aubrun pour la France, même si celui-ci a traité surtout la paroisse au sud de la Loire. Les onze articles de ce volume tentent donc de dresser un tableau des principaux aspects de la paroisse médiévale en Allemagne.

    Les deux premiers textes, qui portent sur le haut Moyen Âge, sont en quelque sorte le socle de tout le reste du livre. Wolfgang Petke (»Die Pfarrei in Mitteleuropa im Wandel vom Früh- zum Hochmittelalter«, p. 21–60) fait un long et solide exposé, nourri de citations bien choisies, sur l’histoire de la paroisse jusqu’à Latran IV, en insistant sur l’importance de l’héritage carolingien et sur l’ancienneté des paroisses territoriales. Plus qu’à la Mitteleuropa , l’auteur, qui connaît bien les travaux des historiens français et italiens, s’attache surtout à l’empire carolingien et aux principautés qui en sont sorties. Harald Müller (»Die Pfarrei im Normengefüge der mittelalterlichen Kirche«, p. 61–96) fait la synthèse des textes législatifs et normatifs sur la paroisse, très dispersés jusqu’au XIII e siècle, quand Hostiensis définit pour la première fois la paroisse. Il montre comment les problèmes concrets ont suscité de nouveaux textes des papes, des canonistes, des évêques (l’auteur renvoie beaucoup aux statuts synodaux); la paroisse est plus complexe et plus souple que le laisseraient penser les codes de droit canonique.

    Cette diversité explique que Felicitas Schmieder (»Die Pfarrei in der deutschen städtischen Kirchenlandschaft. Kirchliche, herrschaftliche, bürgerliche Gestaltung«, p. 131–156) trouve impossible de faire une typologie des paroisses urbaines, tant leur situation varie, ne serait-ce que par le nombre de paroisses pour des villes de même importance, de 0 à 26, le chiffre 0 étant celui de villes tardives dont l’église paroissiale est restée hors les murs dans le village sur le territoire duquel la ville a été fondée; les villes épiscopales ont davantage de paroisses. Christoph Volkmar (»Die Pfarrei im Blickfeld der Obrigkeit. Aufsicht und Reform durch Bischöfe, Landesherren und Städte«, p. 97–130) étudie le rôle des évêques, à la fois pasteurs d’âmes et princes temporels, par les synodes diocésains, les visites pastorales et les cours spirituelles, les patrons laïques et ecclésiastiques (fondateurs et possesseurs d’églises paroissiales) et même certaines villes (v. g. Erfurt); les princes territoriaux peuvent posséder jusqu’au tiers des églises de leur principauté, comme les ducs de Wurtemberg: une part aussi grande du patronage laïque se retrouve en Normandie et en Angleterre.

    Deux articles sont consacrés en tout ou en partie à la liturgie. Andreas Odenthal (»Pfarrlicher Gottesdienst vom Mittelalter zur Frühen Neuzeit. Eine Problemskizze aus liturgiewissenschaftlicher Perspektive«, p. 157–212) retrace l’évolution de la liturgie, ou des liturgies, paroissiale depuis la réforme »bonifatienne-carolingienne« en passant par la romanisation du milieu du Moyen Âge. Il distingue la liturgie ordinaire qui procède en principe de celle de la cathédrale et la liturgie des paroisses liées à une abbaye ou à un chapitre séculier ou régulier qui suit plutôt la liturgie de ces institutions (v. g. à Cologne). L’un des mérites de ce riche article est de décrire les sources de cette liturgie: livres liturgiques divers, Pfarrbücher , calendriers, visites pastorales, actes judiciaires ( Sendgericht ou synodes paroissiaux) et même les notes liturgiques de journaux de bourgeois ( Memorienbücher ), mais pas les sources de la prédication. Quant à Gabriela Signori (» baptismus est ianua omnium et fundamentum. Die Taufe in Dogmatik, Liturgie, Tafelmalerei und Kleinarchitektur in der zweiten Hälfte des 15. und zu Beginn des 16. Jahrhunderts«, p. 232–256, 29 ill., 1 graph.), elle traite du baptême, non seulement sous l’aspect doctrinal et sous la forme liturgique qui l’emporte alors, mais aussi dans ses représentations artistiques et dans la construction de centaines de fonts baptismaux en Autriche et en Allemagne (graphique p. 234), avec une riche illustration; l’auteur note un net essor de la construction religieuse, pas seulement des fonts baptismaux, vers 1500.

    Les autres articles traitent de l’action des paroissiens sous plusieurs aspects. Le Bauboom relevé par G. Signori est également mis en valeur par Marc Carel Schurr (»Architektur als politisches Argument. Die Pfarrkirche als Bauaufgabe der mittelalterlichen Städte im Südwesten des Reiches«, p. 259–278, 10 ill.) montre que les conseils de ville interviennent activement dans la construction des églises paroissiales, sans faire le rapprochement avec la »religion civique«, objet de recherches actives chez les historiens italiens et français. Arnd Reitemeier (»Die Pfarrgemeinde im späten Mittelalter«, p. 341–373) rappelle à grands traits les diverses facettes de la communauté paysanne: paroisse, communauté d’habitants, unité économique en s’appuyant surtout sur les records de droits ( Weistümer ) et les synodes paroissiaux. Franz Fuchs (»Spätmittelalterliche Pfarrbücher als Quellen für die dörfliche Alltagsgeschichte«, p. 213–323) est le seul à se pencher sur un seul type de source, le Pfarrbuch bavarois et franconien, »registre de curé« et non »registre de paroisse«, qui peut être à la fois censier, petit cartulaire, liste de mobilier (dont les reliques), aide-mémoire liturgique, voire journal, mais pas livre de comptes; c’est une source importante de la vie religieuse et civile des communautés rurales. Werner Freitag (»Dorfkirchhöfe in Westfalen im Spätmittelalter: Polyfunktionalität und Gemeindebildung«, p. 377–400) étudie les rôles multiples du cimetière de village, parfois fortifié, souvent parsemé de bâtisses: ossuaire (rares allusions), calvaire, grange, etc., lieu de la procession avant la messe dominicale, de fêtes religieuses et profanes (on y boit et mange), parfois facteur de colonisation rurale (il existe des Kirchenburger ).

    Dans un article riche, qui touche aussi à l’histoire de la liturgie, Heinrich Dormeier (»Das laikale Stiftungswesen in spätmittelalterlichen Kirchen: Kaufleute, Korporationen und Marienverehrung in Lübeck«, p. 279–340, 8 ill., 1 graphique, 3 annexes) part du cas du marchand et conseiller lübeckois Albert Bisschop, mort et enterré à Bruges en 1468, bienfaiteur de la Frauenkirche qui possède encore deux œuvres provenant de son testament (édité en annexe), pour étudier les fondations pieuses de l’élite de la ville d’après un corpus de 1000 testaments (sur les 6000 testaments conservés). Les testateurs ne sont qu’une minorité à léguer quelque chose à une ou plusieurs églises paroissiales, ils préfèrent les couvents mendiants et les hôpitaux (mais les testaments, conservés surtout en analyses, sont-ils complets?). Il étend son enquête aux fondations d’offices de la Vierge chantés par des »horistes« (on a la même chose à Lille), aux confréries mariales, à l’introduction des fêtes de la Présentation et des Sept-Douleurs. Ici encore se retrouve l’effervescence des années 1500, nullement la décadence religieuse qu’on prêtait jadis à cette période de la Vorreformation , à moins de prendre pour de la décadence cette Marieneuphorie, comme dit joliment l’auteur.

    Le livre se clôt par deux index des noms propres, mais n’a pas d’index thématique, qui aurait été bien utile, ni d’index des illustrations . Mais le lecteur appréciera la richesse de la bibliographie en notes. Il restera un peu sur sa faim pour les sources si diverses (Odenthal parle de leur »Disparatheit«), souvent citées, mais peu détaillées, sauf pour les Pfarrbücher; je pense par exemple aux comptes de fabrique, source importante de l’histoire des paroisses dès cette époque.

    Le sujet est si riche que l’on ne pouvait tout aborder; peu de chose par exemple sur deux thèmes très prisés actuellement par les historiens français: les conflits entre le clergé paroissial et les ordres mendiants, les aspects spatiaux et territoriaux de la paroisse (le livre n’a d’ailleurs ni plan ni carte). Dans sa conclusion, Enno Bünz en est très conscient; ainsi, pour le nombre des paroisses, il avance de 50 à 60 000 paroisses dans l’Empire, mais pour quelle superficie? Si l’on sait que le minuscule diocèse de Lübeck comptait 53 paroisses, on ne peut qu’estimer le nombre de celles de l’immense diocèse de Mayence à 2700.

    Les paroisses étudiées dans ce beau livre ont des traits originaux, mais le fond commun à l’Europe latine l’emporte largement. La paroisse fut, écrit Enno Bünz, un »Baustein Europas« (mais quid de l’Europe orthodoxe?). Concluons donc avec lui:»Es lohnt sich, an diesem Bauwerk weiter zu arbeiten.«

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    PSJ Metadata
    Bernard Delmaire
    E. Bünz, G. Fouquet, Die Pfarrei im späten Mittelalter (Bernard Delmaire)
    urn:nbn:de:bvb:12-per-0000005107
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Spätes Mittelalter (1350-1500)
    Europa
    Kirchen- und Religionsgeschichte
    Mittelalter
    4015701-5 4129108-6 4115544-0
    1150-1500
    Europa (4015701-5), Mittelalter (4129108-6), Pfarrei (4115544-0)
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    E. Bünz, G. Fouquet, Die Pfarrei im späten Mittelalter (Bernard Delmaire)
    In: Francia-Recensio 2014/3 | Mittelalter - Moyen Âge (500-1500) | ISSN: 2425-3510
    URL: http://www.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2014-3/MA/buenz_delmaire
    Veröffentlicht am: 25.09.2014 13:25
    Zugriff vom: 21.11.2017 11:04
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