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    B. Walter, Informationen, Wissen und Macht (Christoph Mauntel)

    Francia-Recensio 2013/4 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    Bastian Walter, Informationen, Wissen und Macht. Akteure und Techniken städtischer Außenpolitik: Bern, Straßburg und Basel im Kontext der Burgunderkriege (1468–1477), Stuttgart (Franz Steiner) 2012, 352 S. (Vierteljahrschrift für Sozial- und Wirtschaftsgeschichte. Beihefte, 218), ISBN 978-3-515-10132-5, EUR 62,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Christoph Mauntel, Heidelberg

    La thèse de Bastian Walter s’inscrit dans le cadre d’un champ d’étude qui a connu un bel essor dans les dernières années, c’est-à-dire des questions de communication urbaine et des messagers comme acteurs de la politique d’information. On pourrait citer le recueil édité par Rainer Christoph Schwinges et Klaus Wriedt, rassemblant des communications sur les envoyés et messagers au bas Moyen Âge autant que les thèses de Michael Jucker ( » La communication politique sur les diètes fédérales « ) et Klara Hübner ( » L’organisation des messagers et des messages dans les villes suisses-allemandes du Sud « ), pour n’en nommer que quelques-uns 1 . Ce n’est pas par hasard que la majorité de ces études portent sur les villes de Suisse ou d’Allemagne du Sud-Ouest, puisqu’il y existait une forte tradition de production de sources municipales. Alors que Jucker et Hübner prennent plutôt le quotidien et l’organisation des messagers urbains pour sujets, Bastian Walter nous présente les villes de Berne, Strasbourg et Bâle en temps de crise, à savoir pendant les guerres de Bourgogne entre 1468 et 1477, quand la vitesse, la fiabilité et l’efficacité de la transmission d’informations étaient d’une importance particulière.

    Au centre de l’étude se trouve l’analyse de la politique extérieure des villes et plus précisément les acteurs et techniques de cette politique. L’auteur part de l’hypothèse que le rôle dominant des villes dans les guerres de Bourgogne résulte du niveau élevé de leur savoir et connaissances (dont le titre du livre: information, savoir et pouvoir). Ainsi, l’étude se focalise sur les techniques appliquées afin de recueillir des informations, de les échanger et les transmettre, ce qui inclut également la question de leur traitement et gestion. L’étude se fonde sur un vaste corpus de matériaux d’archives qui inclut des lettres, des instructions, des livres de comptes, etc. Grâce à cette richesse documentaire, elle donne une image détaillée du travail des chancelleries urbaines, de la communication entre les villes et du fonctionnement de leur politique extérieure.

    Après une brève introduction (p. 11–25), dans laquelle l’auteur définit les mots-clés du titre et introduit le concept de la » confiance « comme instrument heuristique, il aborde son sujet à partir de six approches différentes. Il commence avec l’analyse des envoyés des villes, tout en présentant individuellement les personnages principaux pour chaque ville après avoir dressé un tableau des différentes constitutions municipales (p. 27–150). Ainsi, Walter peut montrer de manière convaincante, que les élites urbaines ont été composées par des personnages fortement influencés par leurs intérêts commerciaux – un trait caractéristique qui marque profondément les actions politiques des villes. En outre, les envoyés appartenaient au même milieu social que les membres des conseils urbains. Ainsi, » la politique extérieure municipale devient une politique familiale et commerciale de quelques entrepreneurs politiques ‹« (p. 147). L’instrument principal de cette politique consistait en un échange intensifié d’informations, particulièrement en temps de crise.

    Le deuxième axe d’analyse de Walter présente sur les pages 151–184 les chancelleries urbaines comme des » dépositaires du savoir urbain « ( » Wissensspeicher « , p. 184). Sous cet angle, les clercs municipaux devenaient les acteurs les plus importants de cette conservation du savoir, qui jouissaient de la confiance des élites et qui assuraient la continuité politique grâce à la longue durée de leurs mandats. L’amalgame entre la fonction du clerc et la politique municipale peut être montrée grâce à l’exemple du Bernois Thüring Fricker: fils du clerc Nikolaus Fricker, Thüring devint clerc (et plus tard représentant) au cours des décennies décisives de 1470 à 1492. Ce n’était qu’à la fin de sa carrière qu’il se consacra complètement à la politique en tant que membre du » Petit Conseil « bernois. En effet, Walter souligne l’importance des liens personnels et de la confiance entre les fonctionnaires dans une ville (mais aussi entre les villes alliées). Même si l’on accepte donc que la chancellerie était le lieu où toutes les informations étaient rassemblées, systématisées et exploitées (Walter présente plusieurs techniques de l’administration des connaissances appliquées dans les chancelleries), le clerc municipal restait finalement la personne centrale qui incarnait les connaissances dont disposait une ville (p. 184).

    Le troisième axe d’analyse est consacré au sujet des contacts officieux entre les conseils, les clercs – et même des étudiants qui ont parfois acquit le statut de représentants de leur ville natale en terres étrangères (p. 185–212). Dans ce contexte, Walter montre que les élites urbaines entretenaient des relations tant officielles qu’officieuses ou même personnelles, incluant des lettres privées ou des fraternités à l’instar de la corporation du Distelzwang à Berne. Walter reconnaît que des contacts officieux sont difficiles à déceler pour l’historien, mais il arrive cependant à montrer de manière convaincante que le bas Moyen Âge ne connaissait pas de stricte séparation entre la fonction quasiment » officielle « et la personne de l’individu.

    Deux autres chapitres abordent la transmission et le contrôle des informations (p. 213–243) et ensuite leur collecte (p. 245–281) – une tâche qui pourrait être accomplie par des moyens officieux (par le biais de commerçants, taverniers ou pèlerins loquaces) ou professionnels (en employant des éclaireurs [ Kundschafter ] ). Dans ces parties, Walter décrit de manière détaillée des méthodes par lesquelles le transport sécurisé des informations devait être assuré: les autorités ont non seulement fait prêter serment aux messagers, mais elles ont également contrôlé leur vitesse et parfois même cousu des lettres secrètes dans leurs vêtements. Or, le système des messagers urbains avait parfois pour résultat des situations épineuses: ainsi, il posait un problème grave aux conseils municipaux, quand une femme apprenait des nouvelles de la guerre plus vite par la poste de campagne (les Nebengeschriften ) que par les conseils eux-mêmes.

    Finalement, l’auteur interprète dans un dernier chapitre les informations en tant qu’instruments de propagande (p. 283–303). Walter se concentre sur les cedulae inclusae , des petits bouts de papier sans date ni signature, qu’on insérait dans les lettres officielles afin d’envoyer de manière anonyme des informations secrètes aux alliés. Puisque la crédibilité des cedulae inclusae dépendait avant tout d’un haut niveau de familiarité entre auteur, messager et destinataire, la » confiance « , une fois de plus, s’avère être le concept de base de l’étude et des réflexions théorétiques approfondies auraient ici été utiles. Toutefois, Walter interprète les informations secrètes partagées comme la » base d’une identité collective « (p. 302), étant donné qu’un groupe de personnes qui disposaient de ces informations se constituait autour de ce savoir.

    Pour conclure, Walter montre de manière convaincante que les villes ont occupé une position centrale dans la lutte contre la Bourgogne, puisqu’elles étaient bien renseignées – et parce qu’elles développaient un système sophistiqué de l’acquisition, transmission et traitement des informations. Déjà au XVI e siècle, le chroniquer bernois Diebold Schilling utilisait les archives de sa ville natale comme source pour son récit des guerres de Bourgogne. Sa description pro-bernoise domine jusqu’à ce jour l’image négative de la domination bourguignonne. Le grand mérite de l’ouvrage de Bastian Walter réside ainsi sans doute dans l’emploi qu’il fait des documents d’archives de Bâle, Berne et Strasbourg à l’aide desquels il arrive à montrer que la politique extérieure des villes était motivée avant tout par des intérêts commerciaux des élites urbaines.

    1 Rainer C. Schwinges, Klaus Wriedt (dir.), Gesandtschafts- und Botenwesen im spätmittelalterlichen Europa, Ostfildern 2003 (Vorträge und Forschungen, 60); Michael Jucker, Gesandte, Schreiber, Akten. Politische Kommunikation auf eidgenössischen Tagsatzungen im Spätmittelalter, Zurich 2004 ; Klara Hübner, Im Dienste ihrer Stadt. Boten- und Nachrichtenorganisationen in den schweizerisch-oberdeutschen Städten des späten Mittelalters, Ostfildern 2012 (Mittelalter-Forschungen, 30).

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    PSJ Metadata
    Christoph Mauntel
    B. Walter, Informationen, Wissen und Macht (Christoph Mauntel)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Spätes Mittelalter (1350-1500)
    Frankreich und Monaco, Schweiz
    Politikgeschichte
    15. Jh.
    4004617-5 4005762-8 4057878-1 4003846-4 4131899-7
    1468-1477
    Basel (4004617-5), Bern (4005762-8), Straßburg (4057878-1), Außenpolitik (4003846-4), Burgunderkriege (4131899-7)
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    B. Walter, Informationen, Wissen und Macht (Christoph Mauntel)
    In: Francia-Recensio 2013/4 | Mittelalter - Moyen Âge (500-1500)
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    Veröffentlicht am: 09.12.2013 17:10
    Zugriff vom: 17.10.2017 22:17