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    J. Angster, Die Bundesrepublik Deutschland 1963–1982 (Françoise Berger)

    Francia-Recensio 2013/2 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine

    Julia Angster, Die Bundesrepublik Deutschland 1963–1982, Darmstadt (Wissenschaftliche Buchgesellschaft) 2012, VII–144 S. (Geschichte kompakt), ISBN 978-3-534-18457-6, EUR 14,90.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Françoise Berger, Grenoble

    Ce manuel universitaire – destiné tant au niveau licence que master ‑ est consacré à la période 1963–1982, soit les deux décennies qui suivent la fin d’une première étape importante de l’histoire de la RFA et son premier changement de chancelier depuis 1949. Konrad Adenauer a été le père fondateur de la République fédérale. Son départ marque véritablement la fin de l’après-guerre qui a conduit l’Allemagne à une rupture avec son passé et à une profonde démocratisation de son système politique et de sa société. Ludwig Erhard apporte une orientation plus libérale que celle d’Adenauer, mais l’arrivée de Willy Brandt en 1969 marque une nouvelle étape, avec pour la première fois une coalition centrée sur le SPD et une ère de grandes réformes.

    Cette double décennie a été riche en événements politiques, économiques et sociaux que l’auteur aborde de manière thématique, en quatre grandes parties qui sont chacune structurées par les principales questions de la recherche historique, à savoir la question du poids de l’influence des facteurs intérieurs et extérieurs sur la société allemande, et la question de la réalité (ou pas) de la césure des années 1970 (soit l’éternelle et toujours pertinente question de la part des continuités et des ruptures). C’est en tout cas le moment du passage au » post-moderne « . L’auteur prend position – comme d’autres – sur une rupture » douce « plutôt qu’une fracture brutale, avec certains éléments qui penchent en faveur d’évolutions plutôt » occidentales « que spécifiques à l’après-guerre allemand. Ceci peut sembler évident vu l´évolution d’autres pays européens, mais le format de l’ouvrage ne permet pas des comparaisons qui seraient évidemment utiles.

    Le premier chapitre ( » La fin de l’après-guerre « ) analyse d’abord les changements intervenus dans l’environnement international et les évolutions générales de l’économie allemande (de » l’âge d’or « à la crise), tout comme les transformations de la politique intérieure et de la société allemande. La politique de détente Est-Ouest et la protection nucléaire apportée par l’alliance américaine ont permis à la RFA de se consacrer sereinement à sa politique intérieure et à la poursuite de l’intégration européenne, dans une période faste de forte croissance économique.

    Le second chapitre ( » Réforme et révolte « ) s’attache à décrire les évolutions politiques à travers les changements des personnalités dirigeantes et des partis au pouvoir. L’Ostpolitik de Willy Brand y est étudiée en détail, tout comme les troubles produits par les nouvelles générations étudiantes. S’il s’agit bien ici d’une histoire ouest-allemande, la normalisation concrète et pragmatique des relations germano-allemandes est y présentée à la fois dans les préoccupations et l’action du gouvernement, mais aussi dans ses implications pour la société. L’entrée simultanée des deux Allemagnes à l’ONU, en 1973, représente une étape importante dans cette normalisation à l’échelle internationale.

    Le troisième chapitre ( » Changements structurels et crise « ) aborde les changements structurels intervenus avec la crise de 1973, qui eux-mêmes engendrent la fin de la foi presque absolue dans un progrès illimité et une croissance sans fin. Alors que les réformes mises en œuvre de l’intérieur avaient profondément modifié les comportements et ouvert de grands espoirs, la crise, venue de l’extérieur, entraîna la fin de l’exceptionnel boom économique de l’après-guerre et apporta des menaces sur les acquis antérieurs. Ceci accrut le scepticisme sur la modernisation, en général, et les craintes sur le futur, en particulier dans le domaine des ressources énergétiques et de l’environnement. Le sentiment de vivre désormais dans une » société du risque « avec une plus grande insécurité se développa et il s’accompagna d’une conscience profonde des changements structurels et de ceux de la pensée, dans tous les domaines. À la confiance dans le progrès économique et social continu et dans la rationalité technologique, se substituent progressivement d’autres valeurs et d’autres conceptions qui sont toujours d’actualité.

    Le quatrième et dernier chapitre ( » Sécurité intérieure et extérieure « ) est consacré aux problèmes de la sécurité, intérieure d’abord avec les menaces de la Fraction armée rouge (RAF) et extérieure, dans le cadre de l’OTAN et la fin de la détente, avec des craintes qui resurgissent d’une possible guerre nucléaire, ce qui suscite de nombreuses manifestations pacifistes.

    Il s’agit donc là d’une période de transformation profonde à la fois de la politique et de la société allemande, et des structures mêmes du pays, à tel point que l’on a évoqué une » réorganisation « ou une » nouvelle création « de la république fédérale. Si les aspects politiques sont ici bien expliqués, les interconnexions des événements politiques et économiques intérieurs et extérieurs avec tous les aspects de la société sont également largement développés.

    Ce manuel, qui insiste en particulier sur les évolutions sociales et culturelles, ne se veut qu’une introduction (collection Geschichte kompakt) – déjà fort détaillée – à l’histoire allemande de la période. Le texte est très utilement entremêlé de 35 extraits de sources (ex.: loi du 8 juin 1967 relative à la promotion de la stabilité et de la croissance économique ; article de Milton Friedman de 1974 sur l’école de Chicago; discours du chancelier Schmidt du 28 oct. 1977 sur les aspects politiques et économiques de la sécurité occidentale, etc.) et de 27 encadrés de courtes mises au point (ex.: OTAN; programme de Düsseldorf du DGB; Nouvelle Gauche etc.). Ceci en fait à la fois un ouvrage de référence, mais aussi un manuel pratique tant pour le travail de groupe que pour les cours magistraux.

    Le livre s’achève sur une bibliographie classée et riche, qui permettra de poursuivre des recherches après ce premier contact. On regrettera de ne pas disposer d’une chronologie complète, même si chacun des quatre chapitres est introduit par une courte chronologie, mais insuffisante sur la politique intérieure allemande.

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    PSJ Metadata
    Françoise Berger
    J. Angster, Die Bundesrepublik Deutschland 1963–1982 (Françoise Berger)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Neuere Zeitgeschichte (1945-heute)
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein
    Geschichte allgemein
    1960 - 1969, 1970 - 1979
    4011889-7 4020517-4
    1963-1982
    Deutschland Bundesrepublik (4011889-7), Geschichte (4020517-4)
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    J. Angster, Die Bundesrepublik Deutschland 1963–1982 (Françoise Berger)
    In: Francia-Recensio 2013/2 | 19./20. Jahrhundert - Histoire contemporaine
    URL: http://www.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2013-2/ZG/angster_berger
    Veröffentlicht am: 21.06.2013 14:45
    Zugriff vom: 18.02.2018 06:19
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