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    C. Kampmann, M. Lanzinner, G. Braun, M. Rohrschneider, L’art de la paix (Jean Bérenger)


    Francia-Recensio 2012/3 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

    Christoph Kampmann, Maximilian Lanzinner, Guido Braun, Michael Rohrschneider (Hg.), L’art de la paix. Kongresswesen und Friedensstiftung im Zeitalter des Westfälischen Friedens, Münster (Aschendorff ) 2011, 656 S. (Schriftenreihe der Vereinigung zur Erforschung der Neueren Geschichte, 34), ISBN 978-3-402-14762-7, EUR 69,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Jean Bérenger, Paris

    Les quatre éditeurs de l’ouvrage, les collègues Kampmann, Lanzinner, Braun et Rohrschneider, ont entrepris une réflexion sur l’art de négocier la paix à partir du moment où celui-ci prend avec le congrès de Westphalie une place prépondérante dans la vie européenne et où il peut être considéré comme une conséquence directe de l’interminable guerre allemande qui a marqué la première moitié du XVII e siècle. Trois faits s’étaient alors imposés: la normalité de la guerre, alors que la paix demeurait l’idéal chrétien et la situation normale qu’il fallait rétablir coûte que coûte. Ce » siècle de fer « a en conséquence contribué à développer les techniques de négociations en multipliant les efforts pour maintenir ou rétablir » la situation normale « , la paix entre nations chrétiennes, de sorte que le congrès de Westphalie est devenu un atelier de l’art de la paix. Cet aspect de l’histoire européenne qui avait été négligé depuis le début du XIX e siècle est redevenu une préoccupation majeure des historiens durant ces trente dernières années. Il s’est également révélé que les préséances et le cérémonial avaient une importance non négligeable dans les relations internationales. Les publications se sont multipliées et sont dominées en particulier par les travaux concernant les négociations de Westphalie, alors que nos connaissances demeurent fragmentaires pour le reste de l’époque moderne. Six points ont été abordés dans cette rencontre.

    1) Les idées politiques et les concepts sur lesquels sont fondées concrètement les décisions politiques. C’est un des points forts des Acta Pacis Westphalicæ , une des grandes publications de la seconde moitié du XX e siècle.

    2) L’histoire des négociations de Westphalie a ouvert des perspectives comparatives sur les autres congrès diplomatiques. Elles sont nécessaires pour éclairer certains points demeurés obscurs du congrès de 1648; les nouvelles orientations d’histoire culturelle posent d’autres questions sur ce même congrès et comme il ne faut pas s’en tenir au feu d’artifice de la commémoration de 1998, de nouvelles recherches ont été entreprises.

    3) Dans cette optique un nouveau regard est jeté sur la publication des documents et les problématiques d’histoire culturelle fournissent un nouvel éclairage sur l’histoire politique classique, même si cette dernière a été contestée dans les années 1990. La publication de l’ouvrage monumental que constituent les Acta Pacis Westphalicæ est malheureusement inachevée et l’importance de ceux-ci n’est pas reconnue en Allemagne, alors qu’ils bénéficient d’un grand prestige sur le plan international

    4) Les autres congrès diplomatiques n’ont pas bénéficié jusqu’à présent du même intérêt ni des mêmes publications de sources, en dépit des efforts déployés naguère par le regretté Bruno Neveu pour le congrès de Nimègue.

    5) Les historiens se sont néanmoins intéressés aux réseaux constitués par les diplomates. En dépit de l’intérêt manifesté au XIX e siècle pour l’histoire diplomatique de l’époque moderne, on a jusqu’à présent négligé d’étudier la politique de la paix, ce que ce volume essaie de combler.

    6) Les historiens voudraient montrer qu’il existait une culture commune dans le domaine de la politique étrangère.

    Les 15 contributions, qui traduisent un intérêt international pour le sujet, sont le résultat d’une journée d’études qui s’était tenue à Bonn le 29 mars 2009 sur » l’art de la paix « . Elles ont été regroupées en six rubriques.

    1) Les communications de Maximilian Lanzinner et d’Isabelle Richefort font le point sur la publication des Acta Pacis Westphalicæ.

    Maximilian Lanzinner (Die Acta Pacis Westphalicæ und die Geschichtswissenschaft) montre l’apport des Acta Pacis Westphalicæ à la recherche historique depuis 1957. La première commission, à laquelle appartenait Max Braubach, insista sur le fait qu’il n’y avait aucune édition internationale des grands traités de paix qui avaient marqué l’histoire de l’Europe. L’étude des traités fut concentrée sur la publication des documents. Elle fut confiée à une association de droit privé qui réunit des archivistes européens (Stockholm, Vienne, Paris, Simancas); elle concentra ses activités sur les traités de Westphalie. Les buts et les méthodes ont été précisées en 1963, en particulier dans le projet défini par Konrad Repgen, qui recommandait de se limiter à l’essentiel. La méthode d’édition adoptée était » historique et critique « , le plan d’édition fut modulaire, selon le type de source et leur provenance (la correspondance espagnole se révéla trop abondante). Peu à peu, les textes furent assortis d’abondants commentaires et la publication se limita de moins en moins à la production brute de documents diplomatiques. L’édition fut progressivement améliorée grâce aux compte rendus critiques que les éditions ont suscitées.

    Isabelle Richefort, (L’apport des Acta Pacis Westphalicæ à la science historique française) estime justifiée la part faite au congrès de Westphalie dans une étude plus générale sur la paix, par la durée des négociations, le nombre des participants et l’enjeu majeur qu’il représentait, le rétablissement de la paix en Allemagne. Elle rappelle l’aspect réducteur qui lui fut attribué en France jusqu’à la fin du XX e siècle: le rattachement de l’Alsace au territoire national. Les historiens français, qui ne disposaient que des travaux du R. P. Bougeant datant des années 1740, avaient pour excuse l’absence d’édition critique des sources et Mme Richefort nous rappelle la riche bibliographie dont ils disposent désormais, qui se situe dans la lignée des grands travaux d’érudition du XIX e siècle.

    2) Les négociations de paix dans leurs formes et avec leurs acteurs ont été étudiées par Franz Bosbach, par Lucien Bély, par Michael Rohrschneider et par Sonia Schultheiss-Heinz.

    Franz Bosbach (Verfahrensordnungen und Verhandlungsabläufe auf den Friedenskongressen des 17. Jahrhunderts. Überlegungen zu einer vergleichenden Untersuchung der äußeren Formen frühneuzeitlicher Friedensverhandlungen) esquisse une recherche comparative sur les différentes formes que revêtent les négociations diplomatiques au XVII e siècle.

    Lucien Bély (Du monde du secret au congrès public: le profil des négociateurs au temps de la guerre de la Ligue d’Augsbourg cherche à repérer les négociateurs discrets, qui tout au long de la ligue d’Augsbourg préparent la réunion d’un congrès de la paix, forme désormais consacrée de l’institutions destinée à rétablir la paix européenne.

    Michael Rohrschneider, (Friedensvermittlung und Kongresswesen: Strukturen – Träger – Perzeption [1643–1697]) s’attache au même sujet sur une période plus étendue, couvrant les trois grands conflits européens du XVII e siècle, tandis que Sonia Schultheiss-Heinz, (Zur öffentlichen Wahrnehmung von Friedensverhandlungen und Friedenskongressen: Eine Studie anhand der Zeitungsberichterstattung des 17. Jahrhunderts) montre quel rôle ont joué trois gazettes: » Deutsche Kriegskurier « , » London Gazette « et » Gazette de France « ) dans l’information du public lors des congrès de Cologne et de Nimègue.

    3) Guido Braun, ( La doctrine classique de la diplomatie française ? Zur rechtlichen Legitimation der Verhandlungssprachen durch die französischen Delegationen in Münster, Nimwegen, Frankfurt und Riijwijk 1644–1697), Niels F. May, (Zeremoniell in vergleichender Perspektive: die Verhandlungen in Münster, Nimwegen und Riijwijk [1649–1697]), Maria-Elisabeth Brunert (Nonverbale Kommunikation als Faktor frühneuzeitlicher Friedensverhandlungen. Eine Untersuchung am Beispiel des Westfälischen Friedenskongresses) et Regina Dauser (Kein König ohne Titel. Titulaturen als Verhandlungsgegenstand auf dem Westfälischen Kongress und in nachwestfälischer Zeit) se sont attachés aux problèmes de communication – en particulier à celui de la langue réellement utilisée dans les négociations et aux questions alors si importantes de cérémonial.

    4) Christophe Kampmann, Erik Thomson, Arno Strohmeyer, Anuschka Tischer et Mathias Schnettger essaient de trouver des fils conducteurs politiques et économiques.

    Christophe Kampmann, dans sa contribution sur l’égalité et l’équilibre la place des dynasties (Gleichheit – Gleichgewicht – Dynastie: Leitvorstellungen europäischer Friedensverträge im Wandel), rappelle l’importance du traité des Pyrénées de 1659, trop souvent négligé par les historiens.

    Erik Thomson (Commerces’s changing place in French and Swedish foreign affairs, 1648–1660) considère que les historiens des relations internationales ont beaucoup trop négligé les relations commerciales au profit des aspects dynastiques, territoriaux ou religieux des relations internationales. Il prend l’exemple des relations franco-suédoises pour montrer les profondes transformations du système d’alliance de la Suède après 1648, qui se rapproche des Habsbourg de Madrid et de Vienne, au détriment de ses anciennes alliances. Alors que les guerres anglo-hollandaises, en diminuant les recettes des péages, affaiblissaient la puissance financière suédoise, Mazarin et Fouquet taxaient lourdement les importations par voie maritime, préfigurant la politique de Colbert.

    Arno Strohmeyer (Politische Leitvorstellungen in der diplomatischen Kommunikation: Kaiserliche Gesandte an der Hohen Pforte im Zeitalter des Dreißigjährigen Krieges) décrit les relations entre Vienne et Constantinople dans la première moitié du XVII e siècle qui sont dominées par la figure du résident Johann Rudolf Schmid. Bien que les relations soient marquées par un effort de paix entre les deux capitales, elles sont dominées par le sentiment permanent d’hostilité à l’égard de » l’ennemi du nom chrétien « , même si Schmid pense que les Grecs orthodoxes sont, pour la chrétienté latine des ennemis, bien pire que les Turcs et s’il manifeste des sentiments d’amitié à l’égard des hauts dignitaires de la Porte. Si Schmid juge tyrannique le gouvernement des sultans, il en nuance l’image dans la pratique. Il est convaincu de la supériorité de la civilisation chrétienne, mais se heurte quotidiennement au sentiment de supériorité des Ottomans et n’arrive pas à obtenir la parité protocolaire. Anuschka Tischer, (Der Wandel der Geschichte und die Kunst des Friedens. Geschichtsbilder und Historische Argumentationen im Kontext des Westfälischen Friedens) rappelle que l’usage de l’histoire pour fonder l’argumentation des diplomates dans leurs négociations a été paradoxalement modeste – sauf à Osnabrück, où il fallait justifier par rapport à la » Bulle d’or « de 1356 la création d’un huitième électorat. En revanche, ni la France ni la Suède n’ont fondé leurs déclarations de guerre aux Habsbourg sur un long contentieux historique, et la paix de Münster a été conclue par Mazarin en omettant soigneusement d’évoquer le traité du Cateau-Cambrésis, peu avantageux pour la France.

    Mathias Schnettger, (Möglichkeiten und Grenzen mindermächtiger Interessenpolitik. Oberitalienische Fürsten auf den Friedenskongressen des 17. Jahrhunderts) montre que pour l’Italie du Nord le XVII e siècle n’est pas en dépit des idées reçues un siècle sans histoire et que la Pax Hispanica est une illusion, car depuis la mainmise de la France sur Pignerol en 1631, la France n’a cessé d’exercer des pressions sur l’Italie du Nord. À côté de la France et de l’Espagne, l’empereur est un élément important du jeu diplomatique et militaire qui est cristallisé autour de la succession de Mantoue, réglée une première fois par le traité de Cherasco. Elle a peu préoccupé les négociateurs français et impériaux à Münster, mais la question de Mantoue refait surface en 1680, avec la mainmise de Louis XIV sur Casal/Montferrat. La paix des Pyrénées a réglé le conflit entre Madrid et la Savoie au profit de cette dernière, alors que le duc de Guastalla n’obtint pas la restitution de Reggiolo annexé par Mantoue. Les princes italiens ont tenté de compenser la faiblesse de leurs ressources par des alliances avec la France, l’Espagne ou l’empereur, qui, consolidées par les alliances matrimoniales, les protégeaient de la ruine totale, mais ne pouvaient leur procurer d’agrandissements et contribuaient à maintenir le statu quo sans pour autant préserver la paix.

    5) Bernard Barbiche, Sven Externbrink, Olivier Chaline et Thomas Brockmann étudient la place de la religion dans les négociations de paix.

    Bernard Barbiche montre dans sa contribution (Les instructions de deux papes florentins aux légats et aux nonces: des témoignages sur l’l’évolution de la diplomatie pontificale du traité de Vervins à la paix de Westphalie) que l’action diplomatique du Saint-Siège a pris des formes nouvelles dans les années 1640 par rapport aux négociations menées sous l’égide de Clément VIII entre 1596 et 1600, qui avaient abouti aux traités de Vervins et de Lyon. Ceux-ci constituèrent en effet les dernières paix catholiques signées sous l’égide du Saint-Siège. Mais si Urbain VIII, lorsqu’il envoya son légat, le cardinal Ginetti, au congrès de Cologne en 1636, comptait bien réconcilier rapidement les monarchies catholiques en procédant de la même manière qu’à Vervins, il fut bien vite déçu. Il dut remplacer son légat a latere par un nonce et admettre que l’ambassadeur de Venise fût adjoint à ce dernier comme médiateur à Münster. Cette innovation sanctionnait une perte de prestige et d’autorité morale dans un congrès où il fallait tenir compte des puissances protestantes (Suède et États allemands), malgré la méfiance que leur témoignait le nonce Chigi. On sait que ses efforts n’ont eu qu’un succès mitigé.

    Sven Externbrink replace le Saint-Siège dans le système européen qui se met en place après la guerre de Hollande (Vom Frieden zum Krieg. Die päpstliche Diplomatie, Ludwig XIV. und das europäische Staatensystem vor dem Ausbruch des Neunjährigen Krieges [ca. [1685–1689]). Si Innocent XI a contribué à la conclusion de la paix de Nimègue, il s’est ensuite opposé à Louis XIV. Le conflit devint aigu à la fin de son pontificat pour trois raisons: l’affaire de la régale, l’élection du cardinal Guillaume de Fürstenberg comme coadjuteur de Cologne, et surtout l’affaire de la franchise des ambassades à Rome. La mort du pontife permit de retrouver rapidement la voie des négociations et des compromis avant le début du conflit armé.

    Olivier Chaline montre dans son étude ( Le facteur religieux dans la politique française des congrès, de Westphalie à Ryswick) la position difficile du Roi Très Chrétien par rapport au Saint-Siège qui est tiraillé entre ses intérêts nationaux et sa position de » meilleur défenseur « du catholicisme. Cette ambiguïté s’est manifestée dès le congrès de Münster où elle fut symbolisée par les graves différends entre le comte d’Avaux, soucieux de ménager les intérêts de l’Église catholique, même au détriment des alliés protestants de la France, et Abel Servien, qui, soutenu par Mazarin, considérait avant tout les intérêts du roi. Par la suite, Louis XIV soutint les princes allemands catholiques, à commencer par l’électeur palatin, qui, après 1685, régnait sur des sujets protestants. Les Réunions ont permis à Louis XIV de faire progresser le catholicisme dans les territoires rhénans momentanément annexés, tout comme la mainmise définitive sur l’Alsace et Strasbourg en 1697 ont bien servi les intérêts du catholicisme.

    Dans sa contribution Die frühneuzeitlichen Religionsfrieden – Normhorizont, Instrumentarium und Probleme in vergleichender Perspektive , Thomas Brockmann rappelle que les églises chrétiennes ont toujours prétendu à l’exclusivité et qu’elles ont considéré les paix de religion comme un moindre mal, tandis que les hommes politiques estimaient que l’unité confessionnelle était le meilleur garant de l’autorité princière et de la paix civile. Il rappelle qu’en 1781 la patente de tolérance de Joseph II ne plaçait pas les différentes confessions sur un pied d‘égalité. Comme partout en Europe – à l’exception de la péninsule ibérique et de l’Italie - l’église catholique a été obligée de composer avec la réforme protestante, l’auteur ne limite pas son étude à la paix de Westphalie, mais envisage par exemple les cas français ou hongrois. Il montre bien le caractère limité de l’édit de Nantes, qui rétablit le catholicisme comme religion d’Etat et n’accorde que des privilèges limités aux églises réformées. Cette ambitieuse étude étayée sur une abondante bibliographie et des sources imprimées fournit donc un programme de travail au niveau européen et élargit considérablement l’aspect confessionnel des traités de Munster et d’Osnabrück, qui n’en demeurent pas moins fondamentaux pour l’histoire allemande. En outre cette législation a contribué à faire de la religion une affaire personnelle, concernant avant tout l’individu.

    Enfin, les rapports de l’art avec la paix sont évoqués par une seule contribution, celle de Wolfgang Augustyn ( L’art de la paix ? Bilder zum Kongresswesen).

    D’une manière générale, ce volume sur » l’art de la paix « est centrée sur les pratiques diplomatiques au XVII e siècle, où les négociations de Westphalie se taillent la part du lion. La paix de Westphalie est un exemple de la manière très diverse avec laquelle un événement historique a été perçu selon les époques et pour simplifier les choses de 1648 à 1800, de 1800 à 1945 et depuis 1945 avec la commémoration de 1998. Elle indique des pistes de recherches neuves et, grâce aux rubriques bibliographiques, fournies par chaque contribution donne un aperçu significatif des travaux, anciens ou récents, qui existaient en 2009.

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    PSJ Metadata
    Jean Bérenger
    C. Kampmann, M. Lanzinner, G. Braun, M. Rohrschneider, L’art de la paix (Jean Bérenger)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Frühe Neuzeit (1500-1789)
    Europa
    Politikgeschichte
    17. Jh.
    4015701-5 4155440-1 4155444-9 4164964-3
    1643-1697
    Europa (4015701-5), Friedenskongress (4155440-1), Friedensverhandlung (4155444-9), Konfliktvermeidung (4164964-3)
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    C. Kampmann, M. Lanzinner, G. Braun, M. Rohrschneider, L’art de la paix (Jean Bérenger)
    In: Francia-Recensio 2012/3 | Frühe Neuzeit - Revolution - Empire (1500-1815)
    URL: http://www.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2012-3/FN/kampmann_berenger
    Veröffentlicht am: 13.09.2012 09:30
    Zugriff vom: 17.10.2017 22:33
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