Direkt zum Inhalt | Direkt zur Navigation

    J. Arndt, E. Körber, Das Mediensystem im Alten Reich der Frühen Neuzeit 1600–1750 (Jean Schillinger)

    Francia-Recensio 2010/4 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

    Johannes Arndt, Esther-Beate Körber (Hg.), Das Mediensystem im Alten Reich der Frühen Neuzeit 1600–1750, Göttingen (Vandenhoeck & Ruprecht) 2010, 248 S. (Veröffentlichungen des Instituts für Europäische Geschichte Mainz. Beihefte, 75), ISBN 978-3-525-10093-6, EUR 44,90.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Jean Schillinger, Nancy

    Il est vrai, comme l’affirment les directeurs de publication au début de l’introduction, que » l’histoire des médias et de la communication a le vent en poupe « , et l’ouvrage en apporte une preuve supplémentaire. Ces actes de colloque réunissent onze communications consacrées essentiellement aux médias politiques imprimés ( »gedruckte politische Publizistik« ), c’est-à-dire aux brochures, gazettes, revues et ouvrages historiques, envisagés en premier lieu par rapport à leur interaction dans la circulation de l’information. L’étude de cette interaction se situe sur un arrière-plan constitué par la théorie des systèmes de Niklas Luhmann. L’intérêt va prioritairement à la dynamique avec laquelle le système des médias se constitue et se régénère.

    L’examen des bases matérielles du système met en évidence la diversité des rôles tenus par les métiers impliqués dans les processus de communication ainsi que la signification de certaines infrastructures. Les éditeurs, imprimeurs, relieurs et libraires se partageaient un marché sur lequel ils intervenaient de manière différenciée, notamment en fonction du capital dont ils disposaient: le faible capital généralement mobilisable par les imprimeurs (et plus encore par les relieurs) les empêchait de participer aux foires de Leipzig et de Francfort et restreignait leur activité au plan local. De même, ce sont des données économiques (impossibilité d’investir des sommes importantes) qui amenèrent les imprimeurs à rechercher une source de gains dans la publication de feuilles volantes, de libelles et de gazettes. Les nouvelles étaient livrées par la poste, dont le développement aux XVI e et XVII e siècles est reconnu comme un facteur essentiel de l’intensification de la communication. Et ce n’est pas un hasard si la première gazette fut publiée à Strasbourg en 1605, après l’inclusion de la cité alsacienne dans le réseau de la poste impériale. La poste livrait les nouvelles qui figuraient dans les gazettes (déterminant d’ailleurs la périodicité de l’arrivage), puis diffusait les périodiques sur un large espace.

    La relation entre la gazette et les nouvelles à la main est prise en compte: cette relation est faite de concurrence, mais aussi de complémentarité. Avant de publier la première gazette en 1605, le Strasbourgeois Johann Carolus avait été nouvelliste, et les périodiques imprimés tiraient souvent l’information de lettres manuscrites. La diffusion de l’information par voie manuscrite ne fut d’ailleurs pas éliminée par l’invention de la gazette et elle resta active dans certains domaines (l’information économique et scientifique, les relations entre les cours).

    L’étude du processus de différenciation des médias permet de déterminer les fonctions spécifiques remplies par les divers supports imprimés, notamment par les feuilles volantes ( Flugblätter ), les libelles ( Flugschriften ), les gazettes et les revues. La communication de la période de la Réforme est marquée par un très remarquable développement de la feuille volante (souvent illustrée) et du libelle, supports qui existaient déjà au XV e siècle, mais auxquels les confrontations religieuses donnèrent une efficacité nouvelle. Ces médias, non périodiques, étaient caractérisés par leur lien à l’actualité: ils informaient et commentaient, tentant d’influencer les attitudes en matière religieuse. Les feuilles volantes et les pamphlets sont des médias assez proches, mais leur forme matérielle les rend aptes à assumer des fonctions différentes, qui peuvent être mises en évidence à travers les spécificités de la feuille volante. Illustrée, elle est à même de toucher aussi un public illettré; l’espace disponible pour le texte est réduit, ce qui contraint les auteurs à privilégier une argumentation brève et incisive; le texte est souvent versifié, donc facile à mémoriser, se prêtant à être chanté. Le libelle, en principe non illustré, mais plus volumineux, permet des développements plus complexes et plus ambitieux.

    Le XVII e siècle voit l’émergence des publications périodiques, la gazette et la revue. Dans ce contexte, le cas de Wolf Eberhard Felsecker (l’éditeur de Grimmelshausen) est particulièrement intéressant: de ses presses sortirent des libelles, une gazette et une revue. La publication de périodiques était liée à des problèmes particuliers, constitués par l’accès à l’information, mais aussi par les relations avec l’autorité politique (pour Felsecker, le magistrat de Nuremberg et la cour impériale). Alors que le libelle prend ouvertement parti, la gazette informe et la revue commente; dans ces deux cas, les auteurs affirment qu’ils s’expriment en toute impartialité, mais une étude attentive de textes publiés en Allemagne au cours de conflits révèle un parti-pris pro-impérial et anti-français.

    L’apparition de la revue historique et politique à la fin du XVII e siècle s’inscrit dans un processus de différenciation des médias qui se poursuit jusqu’à nos jours. Il n’est pas fortuit que les premières revues allemandes aient été publiées par des éditeurs qui faisaient paraître également des gazettes: le commentaire de l’information, caractéristique de la revue, présuppose la collecte de celle-ci, c’est-à-dire une activité indispensable à la publication d’une gazette.

    L’étude des milieux auxquels appartenaient les auteurs et les lecteurs montre la spécificité sociale de certaines formes de communication (notamment celle qui visait la cour), mais souligne aussi la force d’une tendance amenant les éditeurs à élargir sans cesse l’éventail du public visé. On a pu établir qu’au début du XVII e siècle, les groupes sociaux et intellectuels où se recrutaient les auteurs et les lecteurs de libelles politiques tendaient à être identiques: ne pouvaient en principe lire ces publications que ceux qui partageaient la culture politique des auteurs. Cette donnée vaut également pour les premières gazettes, qui n’étaient pas destinées au public populaire que l’on souhaitait tenir à l’écart des arcanes du pouvoir. Des impératifs économiques contribuèrent largement à une remarquable évolution en cette matière. Le marché des publications destinées aux classes aisées et instruites fut rapidement saturé, une possibilité de participer à une activité reconnue comme profitable imposait de prendre en compte les classes populaires et de leur proposer des publications adaptées à leurs possibilités intellectuelles et à leurs capacités linguistiques. Une conjonction remarquable s’établit de ce fait entre la quête d’un profit financier et l’instruction de larges couches de la population.

    Lizenzhinweis: Dieser Beitrag unterliegt der Creative-Commons-Lizenz Namensnennung-Keine kommerzielle Nutzung-Keine Bearbeitung (CC-BY-NC-ND), darf also unter diesen Bedingungen elektronisch benutzt, übermittelt, ausgedruckt und zum Download bereitgestellt werden. Den Text der Lizenz erreichen Sie hier: http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/de

    PSJ Metadata
    Jean Schillinger
    J. Arndt, E. Körber, Das Mediensystem im Alten Reich der Frühen Neuzeit 1600–1750 (Jean Schillinger)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Frühe Neuzeit (1500-1789)
    Deutschland / Mitteleuropa allgemein
    Geschichte des Journalismus (Zeitungen etc. und Personen), der Medien und der Kommunikation
    17. Jh., 18. Jh.
    4011882-4 4193179-8 4031883-7 4171041-1 4226099-1
    1600-1750
    Deutschland (4011882-4), Druckmedien (4193179-8), Kommunikation (4031883-7), Nachrichtenwesen (4171041-1), Politische Publizistik (4226099-1)
    PDF document arndt_koerber_schillinger.doc.pdf — PDF document, 107 KB
    J. Arndt, E. Körber, Das Mediensystem im Alten Reich der Frühen Neuzeit 1600–1750 (Jean Schillinger)
    In: Francia-Recensio 2010/4 | Frühe Neuzeit - Revolution - Empire (1500-1815)
    URL: http://www.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2010-4/FN/arndt_schillinger
    Veröffentlicht am: 19.11.2010 14:15
    Zugriff vom: 07.05.2018 20:46
    abgelegt unter: