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    K. Herbst, S. Kratochwil, Kommunikation in der Frühen Neuzeit (Jean Schillinger)

    Francia-Recensio 2010/2 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

    Klaus-Dieter Herbst, Stefan Kratochwil (Hg.), Kommunikation in der Frühen Neuzeit, Frankfurt a. M., Berlin, Bern et al. (Peter Lang) 2009, 278 S., 5 ill., 8 tab., ISBN 978-3-631-58255-8, EUR 39,00.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Jean Schillinger, Nancy

    L’ouvrage réunit quatorze communications présentées lors d’un colloque organisé par l’université d’Iéna les 15 et 16 décembre 2006, et qui s’insère dans une série de colloques centrés sur la personnalité d’Erhard Weigel (1625–1699). La préface rédigée par les directeurs de publication apporte des précisions sur les orientations générales du colloque: il s’agissait, tout en maintenant le lien avec Erhard Weigel, de mettre l’accent sur une problématique étroitement liée au groupe de »savants« (au sens que ce terme avait en français aux XVII e et XVIII e siècles) dont Weigel est représentatif: d’où le choix du thème de la communication dans la »République des Lettres«. Le titre choisi par les éditeurs correspond médiocrement à l’orientation de l’ouvrage, lequel n’est en aucune manière ce que son titre, très général, semble annoncer: un manuel sur la communication à l’époque de la première modernité. Il y est question, presque exclusivement, des formes de communication entre les membres de la République des Lettres, et notamment de la diffusion et de l’échange de l’information scientifique. Le cadre général est celui de l’Europe de la »première modernité«, caractérisée par une intensification remarquable de certains processus de communication: il y eut d’une part, bien entendu, les progrès en termes de diffusion et de coûts rendus possibles par l’invention de l’imprimerie à caractères mobiles (un article rappelle d’ailleurs que cette invention ne fut pas uniquement mise au service du livre, mais aussi d’affiches et de placards, supports d’une communication active dans les domaines de l’administration et de l’économie); d’autre part, on insiste régulièrement sur l’importance considérable de la mise en place de services postaux réguliers, transportant les personnes, mais aussi les lettres et les livres, contribuant de ce fait à la diffusion des idées et des savoirs. Comme l’indiquent les directeurs de publication dans la préface, trois formes de communication ont retenu l’attention de manière prioritaire: la correspondance, les périodiques, les rencontres personnelles. L’étude des relations épistolaires entre représentants de la République de Lettres (ou éventuellement avec des souverains ou des princes) tient une place prépondérante dans l’ouvrage. L’examen de différents cas de figure apporte des éclairages intéressants sur le rôle de la correspondance épistolaire à l’époque, mais aussi sur la manière dont certaines personnalités exploitaient et structuraient leurs réseaux épistolaires. La chose peut être observée chez Leibniz (qui, on le rappelle, publia peu de son vivant et fonda sa position tant sur la scène intellectuelle européenne qu’à la cour de Hanovre sur sa correspondance, outil de discussion, remarquablement mise au service de la diffusion de ses idées), mais également à propos d’une personnalité moins connue en France, le Zurichois Johann Jacob Scheuchzer, médecin et naturaliste, pionnier dans le domaine des recherches portant sur la montagne. Les deux personnalités jouèrent un rôle de plaque tournante, collectant et diffusant l’information, organisant différents réseaux de correspondants, l’un local, l’autre européen. D’autres réseaux ne sont pas moins remarquables, tels ceux mis en place par les piétistes radicaux, novateurs religieux, mais aussi communicateurs efficaces. Traditionnellement, l’Église catholique et les universités avaient constitué un maillage serré, mettant les individus en relation les uns avec les autres, assurant des rencontres personnelles. La Réforme protestante fut éloignée de constituer une rupture en ce domaine. La communication à l’époque de la première modernité ne connaît pas de barrières confessionnelles, et, dans certains cas, les oppositions religieuses, sources de controverses et de discussions, furent un facteur d’activation. Leibniz possède à cet égard une signification paradigmatique, mais le fait apparaît corroboré par d’autres exemples. On voit ainsi un orientaliste danois luthérien correspondre avec un cardinal de l’Église catholique, ce qui suggère aussi des pratiques de communication dépassant les barrières sociales (à condition de respecter certaines conventions); de même, au sein du mouvement piétiste, des processus de communication, par le biais de correspondances, s’établirent entre des gens possédant un niveau de formation très hétérogène. L’effet de décloisonnement induit par des processus de communication dans le domaine confessionnel, social, culturel et national est patent. Le rôle de la correspondance est aussi essentiel dans son rapport avec les premiers périodiques: les textes publiés étaient, pour une part importante, des lettres. Il y a là une illustration remarquable d’un principe fréquemment observé: le rapport entre les médias est celui d’une concurrence, mais aussi d’une interaction, et il est fréquent que le »nouveau« média commence par offrir à l’»ancien« une activation inattendue. La correspondance, initialement privée (bien qu’il ait été fréquent, par exemple dans les milieux piétistes, de publier des lettres jugées remarquables), bénéficie d’un effet démultiplicateur et accède au domaine de l’espace public. Les revues, que l’on voit apparaître en Allemagne vers la fin du XVII e siècle, sont un forum de discussion, mais surtout un remarquable outil de transfert de l’information scientifique, éventuellement par le biais de la vulgarisation, vers des groupes étrangers à la »République des Lettres«. L’intérêt présenté par les différentes communications est inégal, mais l’ouvrage a le mérite de corroborer l’image de la première modernité en tant que moment d’activation des processus de communication et de rappeler tant leur signification et leur diversité que les phénomènes d’interaction qui les caractérisaient.

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    PSJ Metadata
    Jean Schillinger
    K. Herbst, S. Kratochwil, Kommunikation in der Frühen Neuzeit (Jean Schillinger)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Frühe Neuzeit (1500-1789)
    Europa
    Bildungs-, Wissenschafts-, Schul- und Universitätsgeschichte, Geschichte des Journalismus (Zeitungen etc. und Personen), der Medien und der Kommunikation
    17. Jh.
    4015701-5 4156443-1 4170211-6
    1600-1700
    Europa (4015701-5), Gelehrter (4156443-1), Mittelbare Kommunikation (4170211-6)
    PDF document herbst_kratochwil.doc.pdf — PDF document, 90 KB
    K. Herbst, S. Kratochwil, Kommunikation in der Frühen Neuzeit (Jean Schillinger)
    In: Francia-Recensio 2010/2 | Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)
    URL: http://www.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2010-2/FN/herbst_schillinger
    Veröffentlicht am: 02.06.2010 15:25
    Zugriff vom: 25.04.2017 00:49
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