Direkt zum Inhalt | Direkt zur Navigation

G. Scheibelreiter, Heraldik (Christian de Mérindol)

Francia-Recensio 2009/1 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

Georg Scheibelreiter, Heraldik, München (Oldenbourg) 2006, 222 p., 372 ill., ISBN 3-486-57751-4, EUR 29,80.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

Christian de Mérindol

Deux possibilités s’offrent pour rédiger un traité d’héraldique, un développement essentiellement fondé sur les règles et le vocabulaire du blason, privilégiant ainsi la partie technique, l’autre, plus dynamique, mettant l’accent sur la méthodologie, fournissant des outils de recherche et soulignant les problématiques. C’est la première qui a été choisie, révélant ainsi, par son aspect statique, certaines limites.

L’ouvrage compte 222 pages. Il est divisé en onze chapitres et s’achève par une bibliographie, un glossaire, des exemples de blasonnement et un index. Le chapitre le plus important, le quatrième, le blason, occupe l’essentiel de l’ouvrage, 85 pages, les dix autres chapitres, 76. Dans ce chapitre IV, la partie concernant l’écu est de loin la plus importante, 73 pages, laissant ainsi quelques 10 pages aux autres parties. Dans les chapitres suivants, le plus développé porte sur les origines de l’héraldique, en 12 pages. Les figures ont été étudiées en 57 pages dans le chapitre IV, la topographie de l’écu, le heaume et les ornements extérieurs les quelques 20 pages restantes. La présentation des figures les plus communes ne reflète pas la fréquence dans l’héraldique réelle: après les pièces et les partitions, ce ne sont pas les animaux, de loin les premières figures, puis les végétaux, les petits meubles et autres figures, mais les êtres humains, qui sont rares, les animaux, les végétaux et, d’un emploi également limité, les représentations de la nature et les objets célestes, ainsi que les figures d’art. La croix, une des pièces d’un emploi fréquent, a droit à un développement particulier. Cette partie s’achève par des représentations exceptionnelles. Dans le détail, certains points sont discutables. Ainsi l’évolution de la forme du lion, l’animal le plus fréquent, au XIII e et au XIV e siècle est trop imprécise pour être valable (p. 48, fig.). La présentation des couronnes est d’un intérêt limité, leur forme et leur signification sont essentiellement livresques (p. 110–111).

La bibliographie réunit 597 numéros. Elle est divisée en 14 chapitres, eux-mêmes subdivisés en 36 parties. Les travaux récents, parus depuis 2000, sont en bonne place, la Russie (20), l’Afrique du Sud (29), le Collège des cardinaux (1800–2000) (122), ainsi que l’ordre de Saint-Michel par Michel Popoff (318), l’armorial Bellenville par Michel Pastoureau et Michel Popoff (507), ou la symbolique royale française par Hervé Pinoteau (566). Des travaux importants antérieurs ne sont pas négligés comme ceux de J. Dielitz sur les devises (312), et de A. Henkel et A. Schoene sur les badges et les livres d’emblèmes (317). Les limites de l’usage de cette bibliographie sont créées par l’absence de table et de mentions d’ouvrages, cités ailleurs, à l’aide d’un renvoi. Ainsi, par exemple, l’ouvrage de Rémy Mathieu sur le système héraldique français est placé dans la partie concernant l’aspect national (63) alors qu’il devrait être aussi cité parmi les ouvrages concernant le droit (337–359). Des manques auraient pu être ainsi comblés. Parmi les armoriaux, l’armorial Wijnbergen par Adam-Even et Léon Jéquier, l’armorial de Guillaume Revel par Emmanuel de Boos, l’armorial de la Toison d’or par Michel Pastoureau et Michel Popoff. D’autres ouvrages concernant des parties malheureusement peu développées sont absents, comme l’ouvrage de P. E. Schramm sur les emblèmes et les insignes de la souveraineté au Moyen Âge, les travaux de P. Grierson en numismatique, de W. Smith et O. Neubecker en vexillologie, de G. Saffroy en généalogie. Cette dernière omission reflète l’absence de propositions d’outils de recherche, outre cette bibliographie, la bibliographie de la sigillographie française de René Gandilhon et Michel Pastoureau, le manuel de Donald Lindsay Galbreath, complété ensuite par Léon Jéquier, ou les précieuses tables héraldiques de dix-neuf armoriaux par le même Léon Jéquier. La sigillographie est par trop négligée. Elle est pourtant, pour l’époque médiévale, un élément déterminant. Les travaux, déjà anciens, de W. De Gray Birch, de M. Tourneur-Nicomède et de J. T. De Raadt, et, plus récents, de E. Kittel, de R. Laurent, de F. Menendez-Pidal et de J.-M. Chassel ne sont pas cités. Dans le domaine des supports, les monuments sont présents, mais le corpus des décors peints et armoriés de la France à l’époque médiévale, qui réunit près de quatre cents décors et propose un index héraldique de près de mille entrées, dont je suis l’auteur, n’a pas été consulté. Les vitraux, les carreaux de pavement sont également négligés. Il en est de même d’un bel exemple pour l’étude des pratiques emblématiques de la fin du Moyen Âge, qu’est l’ouvrage sur le roi René et la seconde maison d’Anjou, dont je suis également l’auteur. Dans le domaine de l’emblématique, on peut regretter l’absence des premiers travaux, parus, il est vrai, récemment, de Laurent Hablot. Enfin les recherches de Claire Boudreau sur les traités de blason auraient méritées davantage d’attention.

Un glossaire allemand-français, et l’inverse, présente également quelques limites quant à son emploi. Les noms propres sont séparés des adjectifs. Les termes retenus pourraient être complétés, ainsi, pour la lettre A, Agley ou Akelei (ancolie), Andreaskreuz (sautoir), Ansager ou Ausrufer (héraut), ou, pour la lettre B, Bandmesser (doloire), Bannerschild (écu en bannière), Bischofsmütze (mitre) – ici Beutelstand, est retenu -, ou Befleckt (tacheté), etc. Le dictionnaire du blason d’Emmanuel de Boos est exemplaire en ce domaine comme en d’autres, notamment en celui de l’illustration.

L’ouvrage s’achève par le blasonnement de 96 illustrations en couleur. Les exemples choisis ne sont pas des documents originaux, des armoiries existant véritablement, réelles ou imaginaires. Ce sont des figures composées qui donnent de l’héraldique une vision théorique, figée. Cette observation peut être étendue à l’ensemble de l’ouvrage, où les figures héraldiques »en situation« sont rares. L’illustration d’une même figure par plusieurs exemples d’armoiries véritables permet d’en saisir notamment les problématiques. Parmi celles-ci, peu développées ou absentes, citons celle du cimier, que le 6 e colloque international d’héraldique qui s’est tenu à la Petite-Pierre, en 1981, a fort bien présentée, ou, celles, plus générales, de la recherche des armoiries, de l’identification d’armoiries anonymes, de l’aspect parfois ornemental des armoiries qui ne demandent pas une attribution précise, de la liberté avec l’exactitude et la rigueur de la composition héraldique ou du recensement des armoiries. Malgré ces limites, ce manuel rendra d’utiles services aux amateurs et aux chercheurs.

Lizenzhinweis: Dieser Beitrag unterliegt der Creative-Commons-Lizenz Namensnennung-Keine kommerzielle Nutzung-Keine Bearbeitung (CC-BY-NC-ND), darf also unter diesen Bedingungen elektronisch benutzt, übermittelt, ausgedruckt und zum Download bereitgestellt werden. Den Text der Lizenz erreichen Sie hier: http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/de

PSJ Metadata
Christian de Mérindol
G. Scheibelreiter, Heraldik (Christian de Mérindol)
CC-BY-NC-ND 3.0
Frühes Mittelalter (600-1050), Hohes Mittelalter (1050-1350), Spätes Mittelalter (1350-1500)
Familiengeschichte, Genealogie, Biographien
4072428-1
Heraldik (4072428-1)
PDF document Scheibelreiter_Merindol.doc.pdf — PDF document, 84 KB
G. Scheibelreiter, Heraldik (Christian de Mérindol)
In: Francia-Recensio 2009/1 | Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)
URL: http://www.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2009-1/MA/Scheibelreiter_Merindol
Veröffentlicht am: 08.04.2009 18:25
Zugriff vom: 29.03.2017 19:10
abgelegt unter: