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    D. Waßenhoven: Skandinavier unterwegs in Europa (1000-1250) (Liliane Irlenbusch-Reynard)

    Francia-Recensio 2008/3 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

    Dominik Waßenhoven, Skandinavier unterwegs in Europa (1000–1250). Untersuchungen zu Mobilität und Kulturtransfer auf prosopographischer Grundlage, Berlin (Akademie Verlag) 2006, 460 p. (Europa im Mittelalter, 8), ISBN 3-05-004285-0, EUR 79,80.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Liliane & Michael Irlenbusch-Reynard, Stavanger

    L’impact culturel de l’Europe de l’Ouest et du Sud sur l’avènement et l’épanouissement de la littérature et l’évolution des mentalités en Scandinavie a été l’objet depuis plusieurs décennies déjà d’un nombre relativement important d’études, à caractère philologique et littéraire, ou historique. Cela dit, ces études se sont au premier chef intéressées aux conséquences et résultats de cet impact sur la culture scandinave, laissant dans l’ombre les acteurs directs de ce transfert culturel, ceux qui n’ont pas seulement rapporté de leurs voyages une religion et des marchandises, mais aussi des connaissances et des idées nouvelles, d’où l’intérêt tout particulier du travail de recherche de Dominik Waßenhoven lors de son doctorat et de la publication aujourd’hui de sa thèse. L’ouvrage se présente en deux parties: la première étant l’étude elle-même du phénomème de »mobilité« et du transfert culturel vers la Scandinavie qui en résulte; et la seconde reprenant, pour chacun des Scandinaves mentionnés comme ayant participé à ces déplacements, diverses informations les concernant, informations que l’auteur a déduites des sources.

    Suite à un chapitre introductif qui définit clairement sujet et méthode d’analyse, D. Waßenhoven examine dans un premier temps ses sources, des textes fort divers qu’il utilise pour leur intérêt prosopographique. Ce sont des œuvres historiographiques et hagiographiques, des annales, des guides de voyages, des diplômes, et des inscriptions runiques, ainsi que quelques sources non-scandinaves. L’étude est bien conduite et l’argumentation convaincante même si l’on aurait souhaité une réflexion plus approfondie accordée aux Íslendingasögur ( Sagas des Islandais ) et en particulier à leur statut entre fiction et historicité, et qui conduit d’ailleurs fort justement D. Waßenhoven à ne considérer leurs personnages qu’en tant que »voyageurs possibles«. Dans un deuxième temps, l’auteur s’intéresse aux aspects pratiques de la mobilité croissante à savoir les motivations des voyageurs, les lieux dont ils sont originaires et leurs destinations. Ce chapitre illustre parfaitement l’intérêt de la méthode prosopographique: elle permet à l’auteur de retracer les trajets privilégiés, de saisir les variations de l’intensité des flux dans le temps et d’en appréhender les raisons, et de mettre à jour quelques spécificités »nationales« en matière de mobilité. Ses conclusions nous donnent une image convaincante des liens établis et qui conduisent à ce que l’on peut nommer l’européanisation progressive du domaine nordique, un processus de transfert culturel auquel ses habitants ont participé activement.

    À cette analyse, D. Waßenhoven ajoute l’étude d’un cas en particulier, celui de l’archevêque norvégien Øystein Erlendsson, nous offrant ainsi la possibilité d’appréhender les différents aspects de ce transfert culturel. L’exemple d’Øystein Erlendsson est bien choisi. En effet, l’archevêque a beaucoup voyagé et son rôle en Norvège fut de premier plan, s’étendant à la fois au domaine politique, religieux et culturel. Or, si l’archevêque applique volontiers au contexte local ce qu’il a vu et appris à l’étranger, ce n’est qu’en adaptant qu’il reprend, en tenant toujours compte des particularités de son pays et sa culture, une manière de faire qui n’est pas sans rappeler celle des traducteurs à la cour du roi Hákon Hákonarson, un siècle plus tard, qui offrirent à la postérité plusieurs adaptations norroises d’œuvres de la littérature courtoise du domaine français et anglo-normand. L’étude de D. Waßenhoven est décidément fort intéressante.

    La deuxième partie de l’ouvrage est consacrée à l’ensemble des données prosopographiques élaboré par l’auteur à partir des sources scandinaves sollicitées. Cet ensemble est non seulement la base solide d’informations sur laquelle l’auteur a pu construire son travail, mais donne en outre aux lecteurs la possibilité de juger par eux-mêmes voire d’utiliser ces sources pour de nouvelles recherches. Les informations sont présentées sous la forme de listes de voyageurs pour chacun desquels il est donné quelques renseignements biographiques (dans la mesure où ceux-ci peuvent être appréhendés) comme la date et le lieu de sa naissance et de son décès, et sa position sociale, auxquels s’ajoute une courte biographie reprenant notamment ce que l’on peut savoir de son ou de ses voyages, le tout suivi des références aux sources et à la bibliographie secondaire le concernant. La première liste est celle des »voyageurs avérés« soit 572 personnes. Puis vient celle des »voyageurs possibles« soit 307 personnes. Cette seconde liste présente un ensemble d’informations plus limité et surtout dont l’historicité est incertaine. Cela dit, considérée séparément, cette documentation s’avère dès lors intéressante aussi. Soulignons en outre, qu’à cet ensemble foisonnant d’informations, D. Waßenhoven ajoute un tableau reprenant chronologiquement (à partir de la date à laquelle le voyage commence) tous les voyages enregistrés avec le nom de la personne entreprenant ledit voyage.

    En ce qui concerne la forme, la variation dans la transcription des noms des personnes en fonction des sources demandait une systématisation logique. L’auteur a choisi leur transcription moderne et celle du pays dont la personne est originaire, tout en essayant de rester près des sources et tout en soulignant les variations majeures. Il aurait été plus habile, à notre avis, de s’en tenir à la transcription originale la plus commune (tout en soulignant les éventuelles variations). Cela aurait notamment évité à l’auteur d’écrire »Pjetur« (B 131) au lieu du norrois »Pétr« lorsque la transcription moderne est »Pétur« (»Pjetur« étant aujourd’hui une transcription bien dépassée) et en outre d’omettre de mentionner que dans le manuscrit il est écrit »Pettr«. De surcroît, n’est-il pas quelque peu illogique de présenter certains personnages avec leur surnom en allemand, tandis que d’autres ne voient leur surnom que traduit ultérieurement dans la courte biographie qui leur est accordée? Cela dit, ne sombrons pas dans le détail, et soulignons pour finir l’essentiel: l’étude de D. Waßenhoven est singulièrement intéressante, précise et pertinente, et qui plus est, fort bienvenue.

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    PSJ Metadata
    Liliane Irlenbusch-Reynard
    D. Waßenhoven: Skandinavier unterwegs in Europa (1000-1250) (Liliane Irlenbusch-Reynard)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Skandinavien, Nordeuropa, Europa
    Historische Geographie, Kultur- und Mentalitätsgeschichte
    6. - 12. Jh., 13. Jh.
    4239491-0 4015701-5 4049275-8 4033569-0 4127369-2
    1000-1255
    Skandinavier (4239491-0), Europa (4015701-5), Reise (4049275-8), Kulturkontakt (4033569-0), Prosopografie (4127369-2)
    PDF document 37_Wassenhoven_Irlenbusch.doc.pdf — PDF document, 103 KB
    D. Waßenhoven: Skandinavier unterwegs in Europa (1000-1250) (Liliane Irlenbusch-Reynard)
    In: Francia-Recensio 2008/3 | Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)
    URL: http://www.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2008-3/MA/Wassenhoven_Irlenbusch
    Veröffentlicht am: 26.10.2008 23:56
    Zugriff vom: 30.05.2017 05:35
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