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    S. Neitzel (Hg.): Taping Hitler's Generals (Olivier Wieviorka)

    Francia-Recensio 2008/1 19./20. Jahrhundert - Histoire contemporaine

    Taping Hitler’s Generals. Transcripts of Secret Conversations, 1942–45. Ed. by Sönke Neitzel. Translated by Geoffrey Brooks. Introduction by Ian Kershaw, Barnsley, St. Paul (Frontline Books, MBI Publishing) 2007, 416 p., ISBN 978-1-84415-705-1, USD 49,95.

    rezensiert von/compte rendu rédigé par

    Olivier Wieviorka, Paris

    Durant la Seconde Guerre mondiale, la Grande-Bretagne, fidèle à sa haute réputation en matière d’espionnage créa un camp de prisonniers dans les environs de Londres. Situé à Trent Park, ce camp destiné à interner d’éminents prisonniers de guerre allemands, était littéralement truffé de micros. Par ce procédé déloyal (mais instructif), les services de sa Gracieuse Majesté entendaient recueillir de précieux renseignements militaires tout en espérant se forger une image fidèle de la mentalité de l’ennemi.

    L’ouvrage que pilote Sönke Neitzel, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Mayence, présente donc une sélection des enregistrements réalisés entre 1942 et 1945 auprès de ces captifs de choix. Certes, les très grands noms manquent à l’appel – à l’instar de Rundstedt, Manstein, ou Kesselring; mais les seconds couteaux sont de qualité puisque se retrouvent quelques figures du théâtre ouest européen – Arnim, Choltitz, ou Eberbach pour ne citer qu’eux – , arrêtés surtout en Afrique du nord puis sur le front de Normandie.

    Les 167 documents retenus ont été répartis entre trois grandes rubriques. La première se consacre à l’examen des grandes questions stratégiques, la seconde porte sur les crimes commis par la Wehrmacht, la troisième se penche sur l’attentat du 20 juillet 1944. Le lecteur avide de scoops portant par exemple sur la conduite de la guerre sera déçu par la faible valeur informative des entretiens qui, au total, dévoilent peu de renseignements sensibles ou ignorés. En revanche, il pénètrera dans l’univers mental des cadres de l’armée et à ce titre, le parcours se révèle pour le moins instructif.

    Car une curieuse ambivalence marque ces officiers supérieurs ou généraux. Hormis quelques nazis fanatiques, tous reconnaissent l’ampleur des crimes commis par le III e Reich à l’encontre des populations occupées – Juifs, Slaves et partisans au premier chef. Agissant souvent sur le front de l’Est avant d’être mutés à l’Ouest, ils racontent – et leur récit est terrible – les massacres auxquels ils ont assisté, quand ils ne les ont pas eux-mêmes perpétrés. Beaucoup, au demeurant, les déplorent, notant que l’honneur de leur uniforme et de l’Allemagne a été irrémédiablement souillé par ces comportements barbares. Dans le même temps, toutefois, ces militaires sont littéralement imbibés par l’idéologie nazie. La quasi-totalité considère ainsi qu’il fallait agir contre les juifs (tout en déplorant la brutalité inutile des mesures adoptées par le régime nazi) et tient les Russes pour des sous-hommes. Tout en admettant l’essence criminelle du régime nazi, ils s’exonèrent de leurs responsabilités individuelles, craignant d’ailleurs d’encourir les foudres de la justice alliée. Ces officiers rôdent d’ailleurs leur défense ultérieure, s’accordant pour affirmer qu’ils n’avaient fait qu’obéir aux ordres. On ne s’étonnera pas, dès lors, de l’attitude qu’ils observent à l’égard de Stauffenberg. Saluant son courage, ils ne se posent jamais la question de savoir s’ils auraient pu aider les conjurés, se contentant de commenter, en spectateurs désengagés, le sacrifice des hommes du 20 juillet. Certes, quelques débats de conscience agitent ces cadres. Mais ils se cantonnent à leur pratique, portant, par exemple, sur le fait de savoir s’il fallait se battre jusqu’à la dernière cartouche, comme l’ordonnait Adolf Hitler, ou s’il convenait de se rendre pour abréger une résistance inutile.

    Les entretiens publiés par Sönke Neitzel aident ainsi à pénétrer dans la mentalité des officiers de la Wehrmacht. À leur manière, ils confirment que ces hommes servirent bien dans l’armée de Hitler, comme l’avait jadis suggéré Bartov, signe que la frontière séparant l’armée régulière de la SS était pour le moins ténue.

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    PSJ Metadata
    Olivier Wieviorka
    S. Neitzel (Hg.): Taping Hitler's Generals (Olivier Wieviorka)
    CC-BY-NC-ND 3.0
    Zeitgeschichte (1918-1945)
    Großbritannien
    Militär
    1940 - 1949
    4011882-4
    1942-1946
    Deutschland (4011882-4)
    PDF document 20_Neitzel_Wieviorka.doc.pdf — PDF document, 83 KB
    S. Neitzel (Hg.): Taping Hitler's Generals (Olivier Wieviorka)
    In: Francia-Recensio 2008/1 | 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine
    URL: http://www.perspectivia.net/publikationen/francia/francia-recensio/2008-1/ZG/Neitzel_Wieviorka
    Veröffentlicht am: 26.10.2008 23:40
    Zugriff vom: 19.01.2017 13:52
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