H. Müller, Die Franzosen, Frankreich und das Basler Konzil (1431-1449), 2 tomes, 1990 (H. Millet)
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Rezension
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Autor / Rezensent Millet, H.
Titel Untertitel Institut BSB digitale Bibliothek http://francia.digitale-sammlungen.de/Blatt_bsb00016296,00352.html Seiten 342-344 BSB Band-ID bsb00016296 BSB Seiten Anfang 00352 BSB Seiten Ende 00354 Lizenz DDC-BSB Geo-SW DDC-BSB Sach-SW DDC-BSB Zeit-SW Zeit-SW Geo-SW (GKD) Sachschlagwort (SWD) Personenschlagwort (PND) Fachgebiet OCR-Text 342 Rezensionen Überdies ist, von den erwähnten Autographen und einigen bisher unbekannten Werken abgesehen, die Masse der Überlieferung in St. Viktor von geringerem Wert und halten sich die Herausgeber mit philologischen Bewertungen der Handschriften bewußt zurück. Indessen faßt der Katalog für die Gersonforschung die Ergebnisse verstreut erschienener Untersuchungen über Manuskripte von der Hand und aus dem Besitz des Kanzlers knapp zusammen und erschließt zugleich erstmals die gesamte frühe Überlieferung dieses Autors in St. Viktor. Damit bietet der Katalog ein authentisches Beispiel für die Verbreitung der Schriften Gersons im 15. Jh. Nicht zuletzt liefern die detaillierten und sorgfältigen Handschriftenbeschreibungen aber auch Informationen über die Geschichte der Bibliothek von St. Viktor selbst und über das mittelalterliche Buchwesen allgemein. Deshalb wäre zu wünschen, daß bei der Herausgabe des gesamten Bibliothekskatalogs, wenn dieser auch aufgrund der Masse des Materials weniger ausführlich in den Handschriftenbeschreibungen sein wird, wenigstens in lohnenden Fällen das vorgelegte Modell fortgeführt würde. Gunnar Teske, Marburg Heribert Müller, Die Franzosen, Frankreich und das Basler Konzil (1431-1449), 2 tomes, Paderborn (Ferdinand Schöningh), 1990, VI-1015 p. (Konziliengeschichte, Reihe B: Untersu¬ chungen). Les deux superbes volumes que nous devons à Heribert Müller et qui paraissent dans la collection de l'histoire des conciles que dirige Walter Brandmüller sont tout autant consacrés à l'histoire de la France qu'à celle du concile de Bâle. Pour sa thèse d'habilitation en effet, l'auteur a délaissé l'habituelle grille de lecture de l'aventure bâloise - la lutte contre le pape - et il s'est attaché à situer le concile dans la vie politique française. Pour comprendre les événements, il a aussi choisi de s'intéresser aux acteurs et c'est en chaussant successivement les lunettes de 61 prélats que nous sommes conviés à examiner l'enchaînement des faits. Quoiqu'il ait méthodiquement interrogé des données biographiques patiemment recueillies, H. Müller ne nous livre pas un travail de prosopographie au sens strict. Il s'est en effet refusé à fonder son étude sur tous les Français - et eux seuls - ayant pris part au concile (1200 environ) et il n'a pas davantage cherché à circonscrire exactement le »milieu« qu'il entendait explorer. Nous devons dès lors le croire sur parole lorsqu'il nous dit que ses 61 prélats sont »représentatifs«, et sa thèse d'une assemblée moins »populaire« qu'on ne l'a dit aurait sans doute gagné à être étayée par quelques chiffres. Les individus qu'il nous présente sont en revanche bien plus que des silhouettes sans épaisseur humaine et il faut saluer son habileté à situer les hommes au sein de leurs divers réseaux de relations. Il a en outre pris le parti du genre biographique de ne point s'attarder en présentations avant d'immerger le lecteur dans la complexité de la situation. Ces choix de méthode, dont nous sommes prévenus dans l'introduction, auraient pu se traduire par la publication de compléments destinés à venir en aide au lecteur. Même sans ordinateur, H. Müller aurait aisément pu nous donner des listes où les personnages présentés auraient été classés en trois catégories selon qu'ils avaient, ou non, été incorporés au concile ou qu'ils s'y étaient faits représenter par procureur. La connaissance que nous avons du concile de Bâle s'en serait trouvée d'autant améliorée. Sans doute H. Müller nous fait-il d'ailleurs trop crédit sur ce plan et un tableau chronologique des événements qui font la trame de son récit n'aurait pas été superflu. Avec un travail de la qualité de celui-ci, on se sent autorisé à se montrer exigeant. La structure du livre s'apparente à une suite de cercles concentriques tracés autour de la figure centrale qu'est Amédée de Talaru, principal ambassadeur de Charles VII. Sur les huit parties que comporte le livre, la première, la plus volumineuse, lui est entièrement consacrée. En toile de fond se trouve Lyon et la structure nobiliaire de l'Eglise lyonnaise. La famille Talaru était ici chez Müller: Basler Konzil (1431-1449) 343 elle, à la frontière d'un royaume de France alors replié vers le sud, au contact de la Bourgogne, de la Savoie, et de la Provence angevine. Amédée n'avait guère plus de 10 ans quand il devint chanoine de la cathédrale et, lorsqu'en 1415 le siège primatial devint vacant, le choix du chapitre se porta tout naturellement sur celui qu'il avait »nourri« et dont il avait déjà fait son doyen. Socialement »programmé« dès sa naissance, le nouvel archevêque s'était en outre constitué une riche expérience ecclésiale au cours des différentes phases de la fin du schisme: il avait appris le droit et les usages de la cour pontificale à Avignon, la diplomatie et la collégialité gallicane dans les assemblées parisiennes, les théories conciliaires à Constance. Terre d'asile pour ceux qui fuyaient la »France anglaise«, l'archevêché accueillit Gerson et Gérard Machet. Ainsi, le futur confesseur du roi avait pu voir le futur ambassadeur à l'uvre dans son diocèse. Deux autres parties occupent le premier volume et sont successivement dévolues aux compagnons d'ambassade de Talaru et aux prélats influents demeurés à la cour. Dans le second volume, on s'éloigne davantage du centre de décision sans pour autant quitter les sphères où évoluait Talaru: Avignon, ville alternative, surveillée par deux vicaires, l'un représentant le concile, l'autre le pape; la vallée du Rhône, riche en prélats qui jouèrent les premiers rôles à Bâle (Jean Mauroux, Aymar de Roussillon ...); la principauté de Jean d'Armagnac, avec laquelle on découvre quelques figures de réguliers (les abbés de Bonneval et de Conques); la Provence angevine et le Languedoc enfin où les conflits que suscitèrent la vacance de quatre sièges épiscopaux (Albi, Saint-Pons, Marseille et Antibes) donnent à l'auteur l'occasion de retoucher la traditionnelle image d'un Midi uniformément papaliste. Dans une huitième et dernière partie, H.Müller passe en revue les caractéristiques des différents lieux qui ont permis aux personnalités de s'épanouir puis il dégage les traits de la politique française à l'égard du concile. Un concile dont on nous a surtout retracé la première période, celle où l'appui qu'il a reçu de Charles VII a finalement tourné au plus grand profit de ce dernier. Ce n'est certes pas un hasard si H. Müller ne s'est pas arrêté à la personnalité du cardinal Aleman, pourtant si proche de Talaru par ses origines et sa formation: après 1439, le saint homme a suivi une voie divergente de celle de la France. La thèse s'achève donc là, sans autre conclusion, ainsi que l'a voulu l'auteur (»Ein Wort zum Schluß, aber kein Schlußwort«), si ce n'est en forme d'épilogue ouvert sur l'avenir. Une très copieuse bibliographie (que ce soit pour préciser un point d'histoire locale ou pour étayer une assertion d'ordre plus général, H. Müller s'est efforcé de puiser à toutes les sources d'information disponibles) et un volumineux index de cent pages complètent le second volume. Même non versés dans les problèmes de l'histoire ecclésiastique, les médiévistes français feront bien de jeter un coup d'il sur ce précieux instrument de travail. Il rassemble non seulement tous les noms de lieux et de personnes cités dans le livre (y compris ceux des historiens, donnés en italiques) mais il joue en outre le rôle de catalogue prosopographique. Les principaux éléments biographiques y sont rappelés à l'aide d'abréviations aisément déchiffrables et selon un plan constant, matérialisé par des points virgules. Après l'énumération des membres de la famille viennent les données concernant la formation, puis la description de la carrière (civile aussi bien qu'ecclésiastique), les relations entretenues avec le concile de Bâle enfin. Avec l'aide de cet instrument, pour les prélats qui sont l'objet d'un chapitre ou d'une digression (H.Müller en fait un usage systématique: ces petites esquisses lui fournissent souvent l'occasion de mises au point fort utiles), on circule aisément dans le texte et les notes fournissent généralement toutes les indications biographiques non directement utiles à l'ex¬ posé. Pour les autres personnages, l'auteur n'a en revanche pas livré toutes les informations qu'il avait recueillies: il estime n'avoir présenté qu'un tiers de la documentation dont il disposait. Cet aveu permet de mesurer l'étendue de la recherche menée par H. Müller; nous avons certes besoin et envie de lire les autres publications qui nous sont annoncées, mais d'ores et déjà, ces deux volumes nous offrent une »tranche« de société extraordinairement vivante parce que façonnée dans une matière parfaitement explorée. Hélène Millet, Paris Abstract

