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M. Brunert, M. Lanzinner, Diplomatie, Medien, Rezeption (Jean Bérenger)

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Maria-Elisabeth Brunert, Maximilian Lanzinner (Hg.) Diplomatie, Medien, Rezeption. Aus der editorischen Arbeit an den Acta Pacis Westphalicæ

Francia-Recensio 2011/4 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

Maria-Elisabeth Brunert, Maximilian Lanzinner (Hg.), Diplomatie, Medien, Rezeption. Aus der editorischen Arbeit an den Acta Pacis Westphalicæ, Münster (Aschendorff), 2010 XIV–336 S. (Schriftenreihe der Vereinigung zur Erforschung der Neueren Geschichte, 32), ISBN 978-3-402-14760-3, EUR 47,00.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

Jean Bérenger, Paris

Maria Elisabeth Brunert et Maximilian Lanzinner publient une série de neuf études basées sur leurs publications récentes dans les Acta Pacis Westphalicæ, ce qui leur confère une incontestable autorité. En effet, ces articles apportent à propos des négociations des éclairages neufs sur des problèmes classiques.

Anuschka Tischer (Kriegstyp »Dreißigjähriger Krieg«? Ein Krieg und seine unterschiedlichen Typologisierungen von 1648 bis zur Gegenwart, p. 1–20) nous rappelle que ce gigantesque conflit européen ne peut être réduit à un simple affrontement militaire, politique ou confessionnel. Même si sa complexité et son caractère catastrophique pour la société du XVIIe siècle suggèrent évidemment des comparaisons avec des guerres plus proches de nous, la guerre de Trente Ans n’en reste pas moins un phénomène propre à l’époque moderne, qui doit être étudié dans son contexte. La guerre de Trente Ans demeure, pour l’auteur, un conflit constitutionnel propre au monde germanique que l’on a d’ailleurs appelé à l’origine »guerre allemande«, parce que le cadre légal fourni par le Saint-Empire offrait en 1618 la possibilité d’interprétations contradictoires. Comme pour les plénipotentiaires allemands à Osnabrück, il était, d’autre part, essentiel d’empêcher une reprise rapide des hostilités, il convenait de régler sérieusement les problèmes, ce qui fut fait, puisque les traités furent respectés jusqu’à la fin du Saint-Empire en 1806.

La question de l’interprétation du conflit ne fut vraiment posée qu’après la dissolution du Saint-Empire, car la guerre de Trente Ans était désormais considérée comme une manifestation de l’expansionnisme français; ce point de vue a culminé au cours de la Seconde Guerre mondiale, quand la propagande nazie chercha à démontrer que l’Allemagne avait enfin pris sa revanche. Lorsqu’après 1945 la paix fut à nouveau reconnue comme une valeur primordiale, on réexamina la Guerre de Trente ans, tandis que le processus d’intégration européenne suscitait de nouvelles interprétations du conflit et des traités. Il n’y a pas d’interprétation simpliste et la Guerre de Trente ans demeure un phénomène historique fondamental pour l’histoire de l’Allemagne et de l’Europe continentale.

Ulrich Rosseaux (Friedensverhandlungen und Öffentlichkeit. Der Westfälische Friedenskongress in den zeitgenössischen gedruckten Zeitungen, p. 21–54) montre qu’outre son importance politique et diplomatique, le congrès de Westphalie a représenté un immense événement médiatique en Europe, tant durant les négociations qu’à l’occasion de la signature des traités eux-mêmes. La couverture journalistique du congrès offre un grand intérêt dans la mesure où elle a constitué un travail pionnier dans l’histoire de l’Europe moderne. Un examen approfondi des journaux qui ont rendu compte des négociations montre qu’une étape décisive a été franchie à cette occasion dans l’histoire de la presse, qui ne se contente plus de brefs compte rendus des événements militaires ou politiques.

Dans cette perspective, Peter Arnold Heuser apporte une contribution neuve (Französische Korrespondenzen beim Westfälischen Friedenskongress als Quellen zur politischen Publizistik,
p. 55–140) en montrant que les correspondances diplomatiques françaises sont une source de grande valeur pour la presse périodique à l’époque moderne: les premiers journaux et les pamphlets occasionnels. Dans ce cas particulier, la »Gazette« de Théophraste Renaudot a valeur d’organe officieux du gouvernement français. Par ses informations orientées et par ses silences, l’étude de la »Gazette« donne une vue précise de la propagande officielle et de l’influence que Mazarin voulait exercer sur une opinion publique naissante. L’auteur montre ensuite l’importance de la correspondance diplomatique pour une meilleure compréhension des pamphlets à caractère politique.

Guido Braun s’interroge (Y avait-il une politique d’Avaux au congrès de Westphalie?, p. 141–182) pour savoir s’il y a eu une politique personnelle du comte d’Avaux à Münster. Diplomate chevronné, créature de Richelieu, Claude de Mesmes appartenait à une puissante famille de la noblesse de robe parisienne. En l’absence de véritable personnel diplomatique, il était probablement le personnage le plus compétent pour représenter la France au début des négociations, mais il ne tarda pas à entrer en conflit avec Abel Servien, créature de Mazarin, ce qui affaiblit l’autorité de la délégation française. Influencé par son aumônier François Ogier, pour qui une paix durable consistait dans la réconciliation et l’union des trois monarques catholiques (empereur, rois de France et d’Espagne), le comte d’Avaux, en s’opposant à Servien, mécontenta les alliés protestants de la France. En 1647, il se sentit même très proche de Trauttmansdorff, le principal plénipotentiaire de Ferdinand III. Il tenta de mener une politique plus favorable aux princes catholiques dans le Saint-Empire et Servien obtint finalement son rappel au début de 1648. Devenu le seul négociateur français dans les derniers mois du congrès, Servien laissa agir librement les alliés protestants de Louis XIV. On peut donc répondre positivement à la question initiale, mais le comte d’Avaux n’agissait pas seul et traduisait les sentiments d’une partie de la cour et du gouvernement français.

Michael Rohrschneider (Die beargwöhnte Republik. Die politische Kultur der Vereinigten Niederlande in den Gesandtschaftsberichten des französischen Diplomaten Abel Servien, p. 183–209) étudie la délicate question des rapports franco-néerlandais à la fin de la guerre et plus particulièrement la mission (manquée) d’Abel Servien à La Haye en 1647. Il est clair qu’il existe une incompréhension profonde entre le diplomate français et les politiciens hollandais, dont les intérêts divergent maintenant de ceux de Louis XIV. Pour la première fois, la rupture entre les deux alliés est bien documentée par la publication des Acta Pacis Westphalicæ. Servien n’a pas une haute opinion de ses interlocuteurs, la machine politique qui régit les Provinces-Unies l’agace; en fait il s’agit d’une incompréhension totale de la part de Servien et plus largement du personnel politique français. Le premier résultat de cet échec fut la paix séparée hispano-hollandaise du 30 janvier 1648.

Autre signe d’une profonde transformation du paysage diplomatique dans la phase finale de la guerre de Trente Ans: le projet d’alliance entre l’empereur et les Provinces-Unies en marge du congrès de Westphalie qu’étudie Stefanie Fraedrich-Nowag (Kaiserlich-niederländische Bündnisverhandlungen am Rande des Westfälischen Friedenskongresses, p. 211–230). La signature du traité de paix entre l’Espagne et les Provinces-Unies ne mit pas seulement fin à la guerre de 80 ans entre le roi d’Espagne et ses sujets néerlandais, elle offrit de nouvelles possibilités sur le plan des relations internationales. C’est pourquoi, à la lumière d’une situation militaire défavorable, Ferdinand III envisagea sérieusement une alliance avec les États généraux. L’ambassadeur impérial, le comte de Nassau-Hadamar, entreprit en marge de la négociation principale, des pourparlers avec les plénipotentiaires hollandais. En dépit des avantages qu’auraient pu en retirer les deux parties, les négociations n’aboutirent pas. L’auteur montre bien les avantages et les inconvénients d’un tel rapprochement et les raisons de son échec; il faudra attendre la guerre de Hollande pour que Léopold 1er conclut une alliance avec les Provinces-Unies.

Magnus Ulrich Ferber compare (Graf Maximilian von Trauttmansdorff und Dr. Isaak Volmar. Handlungsmöglichkeiten adliger und bürgerlicher Diplomaten im Vergleich, p. 231–251) les capacités des deux principaux représentants du même Ferdinand III à Münster, l’aristocrate de cour, Maximilien Trauttmansdorff, et le juriste, Isaac Volmar. Il établit un parallèle entre leurs carrières et leurs positions respectives au congrès de Westphalie, grâce à l’utilisation de leur correspondance privée. En effet, celle-ci est bien plus riche que les dépêches officielles, qui, conservées à Vienne au Haus-, Hof- und Staatsarchiv, ont été éditées dans le cadre des Acta Pacis Wesphalicæ. L’accès aux postes importants était plus facile pour les représentants des grandes familles que pour les juristes bourgeois, qui ne s’imposaient à l’occasion que grâce à des talents exceptionnels.

Enfin Maria Elisabeth Brunert (Reichsständische Protokolle beim Westfälischen Friedenskongress. Form, Inhalt und Möglichkeiten ihrer Auswertung, p. 253–313) revient sur les procès-verbaux des délibérations des États de l’Empire qui ont participé au congrès de Westphalie dans des réunions de cinq collèges: outre le collège des Électeurs, collège des Princes et le collège des villes, il y eut aussi participation du Corpus Catholicorum et du Corpus Evangelicorum. Ils ont été invités à donner leur avis sur les négociations que l’empereur menait avec la France et avec la Suède. En 1648, les membres des États interviennent personnellement dans les négociations et contribuent par leurs interventions à les faire progresser. Les différents corps accompagnaient leurs réunions de procès-verbaux qui ont été publiés dans les Acta Pacis Westphalicæ, mais aussi de rapports exposant leurs points de vue. Depuis 1970, neuf volumes (dont six depuis l’an 2000 concernant le collège des princes qui siégeait à Osnabrück) ont été édités. L’auteur pose la question de l’intérêt de ces procès-verbaux, non seulement pour l’histoire diplomatique mais aussi pour d’autres thèmes de recherche historique. Finalement la diversité de cette documentation, est analysée par l’auteur. Il montre d’abord l’originalité de cette documentation. Les procès-verbaux comprennent la proposition du directeur du collège, les avis des membres et la conclusion du directeur du collège. Il en montre aussi l’intérêt pour l’histoire générale.

En résumé c’est un ouvrage bien présenté, accessible à un vaste public, puisque, outre la contribution de Guido Braun rédigée en français, les huit autres sont complétées par un résumé (abstract) en anglais. Ce livre s’inscrit parfaitement dans le propos de la collection de la Schriftenreihe der Vereinigung zur Erforschung der Neueren Geschichte qui à partir des publications des Acta Pacis Westphalicæ renouvelle nos connaissances concernant la guerre de Trente Ans et les négociations de Westphalie. Et plus particulièrement de nombreuses contributions de cet ouvrage donnent envie au lecteur de se plonger dans les documents eux-mêmes.

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: Rezension von: Maria-Elisabeth Brunert, Maximilian Lanzinner (Hg.), Diplomatie, Medien, Rezeption. Aus der editorischen Arbeit an den Acta Pacis Westphalicæ, Münster (Aschendorff), 2010 XIV–336 S. (Schriftenreihe der Vereinigung zur Erforschung der Neueren Geschichte, 32), ISBN 978-3-402-14760-3, EUR 47,00.
In: Francia-Recensio 2011/4 | Frühe Neuzeit - Revolution - Empire (1500-1815)
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Veröffentlicht am: Jun 19, 2013
Zugriff vom: Jun 19, 2013
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