J. Böhmer, Regesta Imperii: III. Salisches Haus 1024–1125 (Olivier Guyotjeannin)
J. F. Böhmer, Regesta Imperii: III.
Salisches Haus 1024–1125. 3. Abt.: Die Regesten des Kaiserreichs
unter Heinrich IV. 1056 (1050)–1106, 2. Lfg.: 1065–1075,
neubearbeitet von Tilman Struve, unter Mitarbeit von Gerhard Lubich
und Dirk Jäckel, Köln, Weimar, Wien (Böhlau) 2010, 202 S., ISBN
978-3-412-20531-7, EUR 59,90.
rezensiert von/compte rendu rédigé par
Olivier Guyotjeannin
Poursuivant son double projet, encyclopédique de saisie de toutes les traces du passé, et leibnizien de mise en ordre chronologique raisonnée, le grand œuvre de réfection des Regesta Imperii progresse avec une hardie détermination dans de multiples directions et à un rythme soutenu, après avoir capitalisé de longues décennies de recherche bibliographique, archivistique, critique. La deuxième livraison de la sous-série consacrée au long règne d’Henri IV paraît ainsi, avec le soutien de diverses autorités académiques, un quart de siècle après le premier fascicule, qui couvrait la période de la minorité du jeune souverain.
La décennie concernée, encadrée par la proclamation de la majorité du roi et les préludes de la déposition de Grégoire VII en janvier 1076, met au menu des orages guerriers et politiques, ou encore des comètes au sinistre présage (no 439), qui traversent le quotidien des expéditions de diplômes – dont on voit bien comment elles sont en bonne part déterminées par la proximité du souverain –, des déplacements et des fêtes: expéditions contre les Slaves, pression sur la Hongrie, interventions diplomatiques jusqu’à Kiev, guerres en Thuringe et plus graves encore dans la Saxe où le roi ressaisit ses droits et multiplie les châteaux; si l’on ajoute les projets de voyage de Rome et le guêpier milanais, on comprend que les relations avec les royaumes de l’Ouest, France en tête, soit réduites au minimum, au niveau du roi à tout le moins, en dehors d’une tentative d’agression de l’Anglo-normand Guillaume en 1074 (no 705), ou passent au second plan chez les chroniqueurs.
Les drames à venir se nouent ainsi sous nos yeux, brodés sur la trame du gouvernement, que saisissent, au plus près de la texture, diplômes, lettres, récits plus ou moins détachés des historiens: tout cela en quatre cent vingt notices, dont l’érudition et l’acribie répondent aux normes exigeantes de la collection, et qui font beaucoup plus progresser les connaissances par reprise et élucidation de sources déjà connues que par découvertes et mises à jour: le volume apporte toutefois son lot, escompté, de trouvailles: nouvelles éditions, élargissement de la tradition à des copies modernes, plus ponctuels encore destruction de documents à Liège ou surgissement d’un original à Trévise (no 435).
La table est donc dressée d’un festin érudit, qui appelle de chaudes félicitations et de chauds encouragements.
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