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J. Knödler, M. Wagendorfer, E.S. Piccolomini, Historia Austrialis (Mathieu Olivier)

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Julia Knödler, Martin Wagendorfer (Hg.), Eneas Silvius Piccolomini, Historia Austrialis. Teil 1–2.

Francia-Recensio 2011/1 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

Julia Knödler, Martin Wagendorfer (Hg.), Eneas Silvius Piccolomini, Historia Austrialis. Teil 12, Hannover (Verlag Hahnsche Buchhandlung) 2009, CCVI–987 S. (Monumenta Germaniae Historica. Scriptores rerum Germanicarum. Nova series, 24), ISBN 978-3-7752-0224-4, EUR 115,00.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

Mathieu Olivier, Toulon

Dans sa dissertation publiée en 20031, M. Wagendorfer avait annoncé vouloir s’atteler dans les meilleurs délais à une nouvelle édition critique de l’Historia Austrialis, seconde contribution d’importance du futur Pie II au genre de la Landesgeschichte humaniste à côté de son Historia Bohemica, mieux connue. Six ans plus tard, il tient parole et, avec la collaboration de J. Knödler, offre au lecteur, sur deux épais volumes et plus de 1000 pages, le fruit d’un patient labeur éditorial; un délai effectivement très raisonnable, eu égard à l’ampleur de la tâche, ce dont l’on pourra se convaincre aisément en lisant les quelque 200 pages d’introduction et en parcourant l’apparat critique et les très érudites notes adjointes aux différentes rédactions.

Dans une introduction très fouillée, M. Wagendorfer récapitule avec précision près de dix ans de recherches sur le texte et son auteur. Sur le point, crucial, de la distinction des trois rédactions, le lecteur retrouvera les thèses exposées dès 2003, et unanimement acceptées. Pour d’autres aspects également, de la langue piccolominienne à l’histoire éditoriale de l’œuvre, en passant par différentes nouvelles découvertes documentaires, l’éditeur en chef résume ici à grands traits les conclusions exposées plus longuement dans différentes études parues depuis 2005. On appréciera le souci, manifeste, de pousser toujours plus loin les investigations; c’est ainsi que put être intégré in extremis au tableau de la tradition un témoin bisontin de l’Historia Austrialis ayant échappé jusque-là à l’attention des chercheurs (Besançon, Bibliothèque municipale, Collection Chifflet ms. 192; cf. p. XCI–XCIII; on mettra sur le compte de la précipitation quelques petites confusions d’ordre biographique sur les Chifflet, p. XCIII).

Si les travaux de M. Wagendorfer et de quelques autres, dont J. Knödler, dans son sillage, représentent sans conteste un bond en avant, des questions restent en suspens, à commencer par la ou les causae scribendi précises des trois rédactions ainsi isolées, qui se succédèrent à intervalles rapprochés dans le temps (entre 1453 et 1458, pour l’essentiel); il faut en tout cas renoncer sans doute à la thèse ancienne, qui faisait de l’Historia Austrialis un travail de commande au bénéfice de Frédéric III. De la première rédaction aux ultimes corrections apportées au début des années 1460 au texte de la troisième rédaction, c’est bien à une mutation profonde du projet d’écriture initial que l’on assiste. On approuvera donc pleinement le parti ici retenu, qui consiste à procurer séparément l’édition de la rédaction primitive, histoire de la guerre civile autrichienne dans le goût des bella de Salluste beaucoup plus que chronique d’Autriche, confiée aux soins de J. Knödler (vol. 1), avant de donner le texte des rédactions 2 et 3 (vol. 2). Dans un cas comme dans l’autre, l’admiration gagne le lecteur à la découverte de l’apparat critique, qui va jusqu’à répertorier les moindres repentirs, ainsi que des notes historiques, qui ne laissent rien dans l’ombre, mobilisant à cet effet une historiographie riche et polyglotte (allemande et italienne, mais aussi tchèque et hongroise), dans la plus grande et meilleure tradition de la médiévistique autrichienne.

L’expérience de ces dernières décennies a montré que les éditions dites définitives ne le sont jamais vraiment, même lorsqu’elles sont accueillies dans les Monumenta Germaniae Historica. Alors que les dernières éditions critiques en date de l’Historia Bohemica, pendant bohémien de l’Historia Austrialis (1998, 2005), n’avaient pas fait l’unanimité, ce même adjectif vient pourtant à l’esprit pour qualifier d’un mot les deux volumes donnés ici par J. Knödler et M. Wagendorfer. Par ce travail, les deux éditeurs apportent une contribution considérable à la connaissance de l’œuvre d’un homme qui passionne les historiens depuis quelque temps.

1 Martin Wagendorfer, Studien zur Historia Austrialis des Aeneas Silvius de Piccolominibus, Wien, München 2003 (Mitteilungen des Instituts für Österreichische Geschichtsforschung. Ergänzungsband, 43).

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J. Knödler, M. Wagendorfer, E.S. Piccolomini, Historia Austrialis (Mathieu Olivier)
In: Francia-Recensio, 2011-1, Mittelalter - Moyen Âge (500-1500)
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Dokument zuletzt verändert am: Apr 07, 2011 01:38 PM
Zugriff vom: May 25, 2012