F. J. Felten, P. Monnet, A. Saint-Denis (Hg.), Robert Folz (Mathieu Olivier)
Franz J. Felten, Pierre
Monnet, Alain Saint-Denis (Hg.),
Robert Folz (1910–1996). Mittler zwischen Frankreich und
Deutschland. Actes du colloque »Idée
d’empire et royauté au Moyen Âge: un regard franco-allemand sur
l’œuvre
de Robert Folz«,
Dijon 2001, Mainz (Institut für Geschichtliche Landeskunde an der
Universität Mainz e. V.) 2006, XIII–152 S. (Geschichtliche
Landeskunde, 60), ISBN 978-3-515-08935-7, EUR 26,00.
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Pour qui s’intéresse de près à l’histoire du Saint-Empire au Moyen Âge, l’œuvre de Robert Folz, disparu en 1996, demeure une lecture incontournable. Il revenait tout naturellement à l’université de Bourgogne, où cet élève de Marc Bloch effectua toute sa carrière universitaire, de célébrer la mémoire du grand médiéviste et du grand professeur. Ce fut chose faite le 23 mars 2001, à l’occasion d’une journée d’étude placée sous le patronage posthume de Robert Folz; une manifestation éminemment bienvenue dont la présente publication bilingue, à quelques années de distance, livre les actes.
Disciples et anciens collègues se succèdent et s’essayent, cinq ans après le décès de l’historien, à remettre en perspective une œuvre vaste et variée. À l’ancien élève Alain Saint-Denis incomba ici la charge d’une double notice biographique et bibliographique en guise d’entrée en matière (p. 15–26) – un premier portrait en deux temps avantageusement complété par les deux contributions allemandes d’Alfons Becker et de Michael Kißener, éloges du passeur que fut Robert Folz entre France et Allemagne (p. 2–14).
Patrick Corbet et Francis Rapp, en une tentative de bilan, s’attardent sur les deux lignes de force évidentes des recherches de Robert Folz. Le premier nommé restitue à Robert Folz la place fondatrice qui lui revient après son maître Marc Bloch dans l’émergence d’un domaine d’investigations dont le dynamisme ne se dément pas: celui de la sainteté royale (p. 27–34). C’est à l’historien de l’Empire que va plus loin dans le volume l’attention de Francis Rapp (p. 131–140).
Enfin, quatre études plus longues et plus pointues, diverses par leur objet et leur amplitude chronologique, se rejoignent pourtant en ce qu’elles manifestent de la meilleure des façons, par l'exemple, la fécondité inentamée des pistes jadis explorées par Robert Folz. De la Spire salienne de Caspar Ehlers (Ein Erinnerungsort im 12. Jahrhundert? Das Speyerer Domkapitel und Heinrich V, p. 35–50) à l’Aix ottonienne de Knut Görich (Erinnerung und ihre Aktualisierung: Otto III, Aachen und die Karlstradition: p. 97–116), en passant par le Francfort de Pierre Monnet (Charlemagne à Francfort: VIIIe–XVe siècles. Mémoire et espace urbain) et de la Mayence de l’étude très fouillée de Franz Felten (Mainz und das frühmittelalterliche Königtum. Spuren − Erinnerungen − Fiktionen und ihre Nutzanwendung, p. 51–96), c’est bien le thème de l’enracinement des mémoires royales dans le terreau local qui se trouve décliné en autant de variations autour de l’une des questions qui anima le travail de Robert Folz depuis sa thèse.
»Nous nous félicitons de voir que les chemins qu’il a ouverts continuent désormais à nous attirer« (p. 143), écrit Jean Richard en point d’orgue de ses conclusions. C’est assurément tout l’intérêt de ce petit ouvrage d’actes en forme d’hommage productif que d’attester la vigueur d’une réflexion historienne toujours actuelle.
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