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G. Stedman, M. Zimmermann, Höfe - Salons - Akademien (Alice Perrin-Marsol)

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Gesa Stedman, Margarete Zimmermann (Hg.), Höfe – Salons – Akademien. Kulturtransfer und Gender im Europa der Frühen Neuzeit

Francia-Recensio 2010/2 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

Gesa Stedman, Margarete Zimmermann (Hg.), Höfe – Salons – Akademien. Kulturtransfer und Gender im Europa der Frühen Neuzeit, Hildesheim (Olms) 2007, 372 p., 19 ill., ISBN 978-3-487-13268-6, EUR 48,00.

rezensiert von/compte rendu rédígé par

Alice Perrin-Marsol, Valence

La recrudescence récente des recherches sur le genre se trouve illustrée dans cet ouvrage collectif qui allie avec succès les gender studies aux transferts culturels. Sa première force tient d'abord dans l'exploration d'une période de l'histoire toujours trop peu exploitée par les chercheurs s'intéressant aux transferts culturels principalement aux XIXe et XXe siècles. Il a, d'autre part, le mérite de faire le lien entre deux axes de recherche qui jusque là s'ignoraient. Le rôle des figures féminines dans la question de la transmission y prend alors une plus grande acuité.

L'ouvrage – qui est en grande partie le résultat d'un colloque tenu en septembre 2003 au Frankreichzentrum de la Technische Universität de Berlin – se compose d'une introduction et de quinze contributions. L'introduction des éditrices, après qu'elles aient pris l'exemple de Catherine puis Marie de Médicis pour illustrer le rôle des princesses dans les relations franco-italiennes, établit néanmoins les cadres de la réflexion commune. Ses auteurs élargissent le champ d'étude traditionnel des transferts culturels, qui s'entend habituellement entre deux espaces nationaux, à un espace qui n'est plus entendu strictement en terme national. Elles éclairent des zones d'ombre dans le rôle des femmes comme médiatrices culturelles, les lieux comme les modalités de cette médiation.

Certaines contributions présentent ainsi des exemples de femmes faisant actes de médiation culturelle, certaines peu connues, d'autres étant devenues des figures emblématiques. Parmi ces dernières Marguerite de Navarre (Andrea Grewe) dont la cour de Nérac était un lieu ouvert, notamment aux œuvres des protestants, et dont l'action ne fut pas uniquement la protection des »mal-sentants de la foi«, mais la traduction de certains de leurs ouvrages. Le rôle de Christine de Suède (Otto Gerhard Oexle) dans la révolution des sciences au XVIIe siècle est abordé et illustré par sa présence (virtuelle) aux côtés des Descartes dans le tableau de Louis-Michel Dumesnil. La compagne de Voltaire, Émilie Du Châtelet (Ursula Winter), se trouve étudiée pour elle-même dans un réseau culturel européen auquel elle fait connaître à la fois la philosophie de Leibniz et les thèses de Newton. Dans ses récits de voyage Marie-Catherine d'Aulnoy (Roswitha Böhm) transmet directement à ses lecteurs sa vision d'une Espagne en pleine crise ainsi que les ressorts de la politique extérieure espagnole. Enfin, Maria Leti Leclerc (Fiammetta Palladini), l'épouse du théologien Jean Leclerc, étudiée au sein d'un réseau intellectuel se révèle également comme figure médiatrice du savoir et de la connaissance. La vie des femmes constitue donc, notamment lorsqu'elle fait l'objet d'une écriture autobiographique (Renate Kroll), en elle-même un moment comme un lieu de médiation culturelle.

D'autres contributions s'intéressent spécifiquement aux lieux de ces transferts. Les cours, les salons et les académies constituent des espaces de médiation et de transmission traditionnels pour les figures féminines. La rencontre des cours et de leurs cultures lors des mariages princiers, comme ceux qui allient Espagne et Portugal (Tobias Brandenberger), proposent un premier lieu de transfert dans lequel les femmes jouent un rôle essentiel. Ce rôle atteint son paroxysme dans les salons qui apparaissent à Paris dès le XVIe siècle (Margarete Zimmermann). Les femmes – comme la duchesse de Retz, ou encore de Madeleine et Catherine Des Roches –, parce qu'elles y attirent des érudits, y traduisent des ouvrages et entretiennent une correspondance avec des savants, jouent un rôle indéniable de médiation. Le lieu clos qu'est la chambre des dames constitue un espace réel et imaginé de transferts. Ainsi apparaît-il dans la traduction du roman »Tirant le blanc« de Martorell (Dominique De Courcelles). Les Académies, quand elles accueillent des femmes, offrent à celles-ci la possibilité de se révéler dans un espace public. C'est le cas dans l'Arcadia au XVIIIe siècle (Tatiana Crivelli), envisagée comme un lieu où les femmes de spectatrices et inspiratrices de la littérature peuvent en devenir de véritables actrices. Au sein de cette même Académie, la poésie d'Ossian (Francesca Broggi-Wüthrich) est étudiée dans son rapport ambigu au genre (masculin/féminin).

Enfin, un dernier axe rassemble plusieurs contributions autour des pratiques de la médiation culturelle exercée par les femmes. Le cas de la lecture à haute voix à la cour des Médicis au début du XVIIe siècle (Xenia von Tippelskirch) est ainsi envisagé, dans l'appropriation (et l'enrichissement) plus aisée qu'elle propose des textes ainsi divulgués. Une des pratiques les plus connues reste la traduction – notamment au moment de la Renaissance – de l'italien vers le français pour lesquelles les femmes jouent un rôle prépondérant, à l'image de la poétesse Jeanne de la Font (Catherine M. Müller). Toujours dans l'écriture, l'étude – déjà largement entamée – des récits de voyage comme celui de Marie Sophie la Roche, ou encore celui de Thérèse Huber (Bernhard Struck) constitue un espace d'observation privilégié des transferts culturels. Enfin, la question de la mode (Gertrud Lehnert) comme média des transferts culturels, est abordée sous l'angle de la théâtralisation de la femme que le costume permet.

L'ensemble de l'ouvrage est de qualité même si l'on peut regretter un certain flou dans ses contours et dans ses définitions: ainsi dans l'utilisation même de la notion de culture et l'espace de son application. De même il est dommage que les articles ne soient pas organisés selon des axes et un plan, ce qui aurait permis une plus grande cohérence interne.

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G. Stedman, M. Zimmermann, Höfe - Salons - Akademien (Alice Perrin-Marsol)
In: Francia-Recensio, 2010-2, Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)
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Dokument zuletzt verändert am: 01.07.2010 16:50
Zugriff vom: 08.02.2012