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S. Kroll, Soldaten im 18. Jahrhundert zwischen Friedensalltag und Kriegserfahrung (René Pillorget)

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Stefan Kroll, Soldaten im 18. Jahrhundert zwischen Friedensalltag und Kriegserfahrung. Lebenswelten und Kultur in der kursächsischen Armee 1728–1796

Francia-Recensio 2010/2 Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)

Stefan Kroll, Soldaten im 18. Jahrhundert zwischen Friedensalltag und Kriegserfahrung. Lebenswelten und Kultur in der kursächsischen Armee 1728–1796, Paderborn (Ferdinand Schöningh) 2006, 650 pS. (Krieg in der Geschichte, 26), ISBN 978-3-506-72922-4, EUR 88,00.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

René Pillorget, Paris

Cet ouvrage de 650 pages (l’équivalent d’une thèse française de doctorat d’État d’autrefois) traite d’un vaste sujet: la vie des simples soldats et des sous-officiers de l’armée saxonne durant trois quarts de siècle entre 1728 et 1795, au temps des princes électeurs de Saxe, généralement connus des lecteurs français sous les noms de Fréderic Auguste Ier le Fort (1670–1733), de Frédéric Auguste II le Juste (1696–1763), Frédéric Auguste III (1763 – roi de Saxe en 1806). Le territoire de la Saxe électorale est, en dépit de sa complexité, délimité avec précision par une carte mentionnant, avec toute la clarté possible, la division en baillages et les deux margraviats de Haute et Basse Lusace. Présenter tous les aspects de la vie des »obscurs«, des »sans grade«, (ou des titulaires des grades inférieurs) constituait une œuvre considérable, que M. Kroll a menée à bien. Il a d’une part opéré de considérables dépouillements d’archives dans tous les grands dépôts d’Allemagne, et dans ceux de nombreuses municipalités (dont celles de Dresde et de Potsdam …). Il a eu recours également à de vastes sources imprimées. Sa bibliographie pourrait constituer un véritable guide pour de jeunes chercheurs. Il n’a pas manqué de faire mention des travaux de d’André Corvisier et de Jean Chagniot. Son livre pourrait s’intituler«.Tout sur l’armée saxonne au XVIIIe siècle«. De plus, trait de notre temps, les sources tant manuscrites qu’imprimées ont été travaillées sur ordinateur. Stefan Kroll, professeur l’université de Rostock, indépendamment de ses fonctions d’enseignant, y a la responsabilité de que l’on peut appeler le département des multi média et d’informatique. Après un chapitre introductif sur l’électorat de Saxe au point de vue économique et social (p. 53–62). M. Kroll traite de la question du recrutement et de l’évolution de l’armée saxonne au XVIIIe siècle, en comparaison des autres puissances allemandes et européennes (p. 71–73). Ne sont pas enrôlés, en particulier, les apprentis et les travailleurs de l’industrie, les étudiants. Le lecteur peut faire des découvertes. Curieusement, sont considérés comme étrangers les soldats allemands ne relevant pas juridiquement de l’électorat de Saxe. On relève aussi le problème linguistique que représentaient les »soldats sorabes« originaires des deux Lusaces, et dont certains d’entre eux étaient appelés »Hajak« (p. 171–172). On y découvre la présence de gardes suisses encore nombreux au cours du premier tiers du siècle, et, d'autre part, que les uhlans étaient en grande partie d’origine polonaise, mais pas exclusivement. Des tableaux montrent que la cavalerie et l’infanterie recrutent presque à égalité au cours de la période 1730–1792, que l’artillerie présente de bons chiffres de 1730 à 1776, mais rien entre 1782 et 1792 (p. 158). L’ouvrage traite également des soldats mariés dans l’infanterie et la cavalerie (de 1766 à 1792), qui, en gros représentent un pourcentage moyen de 25% (p. 224). Un intéressant chapitre traite des symboles: le drapeau, l’uniforme, la musique, le rituel. Aux archives de Dresde figure (p. 414) la déposition de 26 soldats saxons après la bataille de Hohenfriedberg, le 4 janvier 1745, dont le témoigne peut être discutable en raison des éloges prodigués à Frédéric II, prince exemplaire. D’autres textes témoignent de la bravoure ou de la peur au combat, véritable expérience de bataille vécue: l’Erfahrung. Un soldat prussien, Bräker raconte une autre bataille, celle de Lobovitz, où il a eu très peur (p.421). Comme dans toutes les armées de l’époque, la désertion (Fahnenflucht) existe en temps de guerre comme en temps de paix. Mais beaucoup de déserteurs rejoignent leurs corps respectifs. Est évoqué, à ce sujet, le cas du fourrier Frédéric Christian Sohr (p. 541–548); cette autobiographie est un document de première main. L’ébauche d’un service de santé pour les malades, les blessés, les invalides apparaît (p. 453–460). La religion accompagne le soldat. On lit dans une brochure: est-il permis à un soldat chrétien de pleurer? Non, quand on est au service de son prince, il faut subir les maux de la guerre. Les pasteurs poussent le soldat à mourir pour son prince. Les soldats punis font des travaux de terrassement pour la construction de forteresses, par exemple à Königstein. Les soldats congédiés (ou remerciés) ont en général de la difficulté à trouver du travail dans les villes. Dans un autre registre apparaît la vie quotidienne d’un pays en guerre, celle des femmes de soldats, restées dans la terre natale (Heimat), dans leur région d’origine, et comment on collecte de l’argent pour elles. Une chanson évoque le départ du soldat, ses adieux: »Ma chérie, pourquoi es-tu si triste …« (p. 244), On évoque les couples séparés et également (cas très rare) des femmes habillées en hommes, allant au combat (p. 426–427). Quant aux prisonniers de guerre, dès qu’il y a un arrêt des combats, on échange souvent les captifs (p. 435–453). Quels étaient les adversaires des troupes saxonnes? En 1617, l’Électeur a envoyé un corps supplétif auprès des forces impériales pour se battre contre les Turcs (p. 465). À la fin du siècle, au cours du conflit contre la France révolutionnaire, un contingent saxon apparaît sur le Rhin de 1793 à 1796. Les statistiques déclarent 360 morts (1793–1794), 198 (1794–1795), et 240 en 1795. Les journaux, celui de Leipzig en particulier (p. 368–369), font appel au patriotisme saxon, à l’amour de la patrie, à la crainte de Dieu. En 1792, avait paru un poème (p. 369–370), »Le mousquetaire saxon«, qui dresse contre le loup français, sa force et sa colère, et ne faiblit pas devant le bonnet rouge (rothe Kappe), coiffure d’esclave de l’adversaire. Après 1793, se multiplient les livres patriotiques contre la France et se dessine un patriotisme allemand. Dans ce tableau très érudit et très vivant de l’armée saxonne au XVIIIe siècle, l’auteur a multiplié les nuances comme les références à des cas concrets et son œuvre n’en est que plus remarquable.

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S. Kroll, Soldaten im 18. Jahrhundert zwischen Friedensalltag und Kriegserfahrung (René Pillorget)
In: Francia-Recensio, 2010-2, Frühe Neuzeit – Revolution – Empire (1500–1815)
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Dokument zuletzt verändert am: Jul 01, 2010 05:48 PM
Zugriff vom: May 25, 2012