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W. Mühlhausen, Friedrich Ebert 1871-1925 (Johann Chapoutot)

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Walter Mühlhausen, Friedrich Ebert 1871–1925

Francia-Recensio 2009/3 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine

Walter Mühlhausen, Friedrich Ebert 1871–1925, Bonn (Dietz J. H. W. Nachf.) 2006, 1064 p., ISBN 3-8012-4164-5, EUR 48,00. 

rezensiert von/compte rendu rédigé par

Johann Chapoutot, Paris

Friedrich Ebert, président de la République allemande de 1919 à 1925, n’a pas légué à la postérité un souvenir épique ou flamboyant: orateur réservé, il n’avait rien d’un démagogue ou d’un poseur, et cultivait une conception exigeante de son office, toute de devoir et d’humilité. Placé, dans la succession des chefs d’État, entre Guillaume II le baroque et Hindenburg le glorieux, Ebert a certes suscité quelques biographies, mais étonnamment peu au regard de son rôle historique.

Qu’on en juge: fils d’un artisan de Heidelberg, lui-même sellier de formation, Ebert est chef du premier parti d’Allemagne, le parti social-démocrate, à partir de 1913. Il vit tous les dilemmes et les drames de la période: le vote des crédits de guerre en 1914, la motion de paix blanche en 1917, la scission de l’USPD, avant de devenir, le 9 novembre 1918, chancelier du Reich, puis chef du Conseil des Commissaires du peuple. Confronté à la révolution spartakiste, il s’allie à la Reichswehr et parvient à organiser l’élection démocratique d’une constituante qui, à Weimar, le fait président de la République, la première en Allemagne. Et que dire de la suite? Ebert est confronté au diktat de Versailles, à la campagne d’attentats d’extrême droite qui culmine avec l’assassinat de son ministre des affaires étrangères, Walther Rathenau, en 1922. C’est dans ces temps troublés que Friedrich Ebert fait usage de l’article 48 de la constitution de Weimar, qui attribue au Président des pouvoirs exceptionnels face aux dangers qui menacent la nation et l’État: cet homme résolu pare à tous les dangers, du putsch de Kapp en 1920 à celui d’Hitler en 1923 en passant par les tentatives de subversion communiste en Saxe ou dans la Ruhr. Calomnié par une campagne de presse odieuse, qui en fait l’organisateur obscur et malfaisant de la révolution de 1918, le Hagen du »coup de poignard dans le dos«, il est débouté par les tribunaux devant lesquels il avait intenté une action en diffamation, un affront qui l’affecte particulièrement et le fait songer à une retraite de la vie politique, alors que son parti le pousse à se représenter en 1925. Ebert n’en a pas le loisir, qui meurt épuisé d’une appendicite tard diagnostiquée, à l’âge de 54 ans.

Un tel destin politique a trouvé son historien: Walter Mühlhausen, directeur adjoint du mémorial Reichspräsident-Friedrich-Ebert de Heidelberg, a pu mener des recherches approfondies grâce au soutien de la fondation qui l’emploie, la Friedrich-Ebert-Stiftung, proche du SPD. Le résultat en est cet imposant ouvrage de plus de mille pages, dont près de 800 sont consacrées au mandat présidentiel d’Ebert. Les chapitres, tantôt chronologiques, tantôt thématiques, explorent les différentes phases et les différents aspects de l’action du président: son rapport à l’armée, son rôle diplomatique, ses rapports aux gouvernements de gauche, de droite, et de grande coalition, son rôle au cours de l’annus horribilis de 1923, sa pratique constitutionnelle…

Le texte est nourri par un impressionnant dépouillement d’archives (Berlin, Coblence, Hambourg, mais aussi Berne, Moscou, Vienne, Washington), de titres de presse et de papiers personnels. L’auteur n’omet pas d’aborder finement le statut d’Ebert dans les mémoires de la République fédérale, du SPD, et de la RDA, mémoires différenciées et complexes d’un homme qui fut voué aux gémonies par la droite et l’extrême gauche, avant d’être relégué dans les limbes d’un condescendant oubli, ou d’être anachroniquement identifié aux faiblesses et à l’échec de la république de Weimar.

Ebert attendait son biographe, et un travail qui prît toute la mesure de sa dimension. Ce livre abondant et fouillé rend justice à une figure majeure de l’histoire allemande contemporaine, non sans un léger parti pris de sympathie bien compréhensible par un lecteur qui, au fond, ne se fait guère violence pour y souscrire.

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Zitation
 
: Rezension von: Walter Mühlhausen, Friedrich Ebert 1871–1925, Bonn (Dietz J. H. W. Nachf.) 2006, 1064 p., ISBN 3-8012-4164-5, EUR 48,00.
In: Francia-Recensio 2009/3 | 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine
URL: http://www.perspectivia.net/content/publikationen/francia/francia-recensio/2009-3/ZG/muehlhausen_chapoutot
Veröffentlicht am: Nov 12, 2009
Zugriff vom: Dec 22, 2014
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