K. Nass, Die Reichschronik des Annalista Saxo (Mathieu Olivier)
Klaus Nass (Hg.), Die Reichschronik des
Annalista Saxo, Hannover (Verlag Hahnsche Buchhandlung) 2006,
XXIX–752 p. (Monumenta Germaniae Historica. Scriptores, 37), ISBN
3-7752-5537-0, EUR 125,00.
rezensiert von/compte rendu rédigé par
Mathieu Olivier, Toulon
Couronnement de recherches entamées par Klaus Nass il y a plus de dix ans, la nouvelle édition de l’Annalista Saxo voit enfin le jour dans les »Monumenta Germaniae Historica«. L’introduction, délibérément maintenue dans des proportions restreintes (13 pages), reprend à très grands traits les conclusions de la volumineuse monographie que Klaus Nass avait consacrée, en 1996, à cette œuvre, très positivement accueillie à sa sortie. Malgré les prouesses d’érudition déployées par l’éditeur, l’auteur demeure anonyme, et le lieu de rédaction incertain, même si l’intuition de l’historiographie ancienne qui le localisait en Saxe ressort plutôt confortée du long examen de Klaus Nass. La principale nouveauté, brièvement exposée ici à la faveur de la présentation du manuscrit »original« de l’œuvre, réside dans la distinction de trois phases de rédaction, auxquelles participent à des titres divers cinq mains différentes.
Le texte se veut au plus près du manuscrit de Paris en lequel il n’est pas exagéré de voir l’un des tout premiers manuscrits originaux de chroniques à nous être parvenus. L’éditeur conserve donc les graphies du codex, à l’exception des fautes d’inattention les plus évidentes, et s’aligne sur le découpage proposé par le jeu des initiales. L’apparat critique signale les moindres particularités du manuscrit, depuis les lettres corrigées jusqu’aux tildes abréviatifs raturés. L’appareil de notes identifie page après page les modèles de l’Annaliste, et explicite lieux et noms propres. La rigueur impeccable de l’érudition force l’admiration. La seule petite réserve – s’il faut absolument en formuler une – concernerait la décision d’opter pour un index global, long de près de 130 pages (p. 620–752). Au vu de la richesse de la matière indexée, peut-être eût-il été plus commode de pouvoir disposer à tout le moins de deux index distincts, l’un pour lieux et noms propres, et l’autre pour les noms communs.
Les médiévistes peuvent désormais se réjouir de disposer, grâce au patient travail de Klaus Nass, d’un texte parfaitement sûr, si fidèle au manuscrit qu’il pourra se prêter à une analyse linguistique approfondie.
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