You are here: Home content Publikationen Francia-Online Francia-Recensio 2009-3 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500) T. Licht (Hg.), Sigebert von Gembloux: Acta Sanctae Luciae (Klaus Krönert)
Personal tools
Navigation
 

T. Licht (Hg.), Sigebert von Gembloux: Acta Sanctae Luciae (Klaus Krönert)

— filed under:
Tino Licht (éd.), Sigebert von Gembloux. Acta Sanctae Luciae

Francia-Recensio 2009/3 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

Tino Licht (éd.), Sigebert von Gembloux. Acta Sanctae Luciae, Heidelberg (Universitätsverlag Winter) 2007, LXII–142 p., 5 ill. (Editiones Heidelbergenses, 35), ISBN 978-3-8253-5368-1, EUR 44,00.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

Klaus Krönert, Lille

Tout au long de l’époque moderne, les éditeurs des sources latines du Moyen Âge ont favorisé les textes narratifs en prose – les chroniques, les Gesta et les Vies –, les diplômes, les actes et les lettres: leur apport historique semblait plus grand que celui des œuvres poétiques. S’agit-il d’un héritage du topos médiéval disant que »les poètes sont des narrateurs de mensonges«? Pourtant, il a, depuis longtemps, été montré que l’étude des textes versifiés enrichi considérablement notre savoir sur le Moyen Âge, et, heureusement, certains chercheurs – pour l’essentiel des médio-latinistes – se lancent régulièrement dans la difficile tâche d’étudier, de commenter et de traduire des œuvres qui sont pour les non-spécialistes difficilement accessibles.

La nouvelle édition des écrits hagiographiques de Sigebert de Gembloux († 1112), portant sur la sainte martyre sicilienne Lucie, que Tino Licht nous présente dans une édition bilingue, fait partie de ces nouvelles sources dont l’historien doit désormais tenir compte. Ce sont précisément une Passio metrica (BHL 4995), une Epistola ou Excerptum de passione S. Luciae (BHL vacat) et un Sermo et relatio passionis et translationis (BHL 4999) regroupés, ici, sous le titre factice d’Acta sanctae Luciae. Les éditions et les traductions sont précédées d’une introduction, longue de 56 pages, dont la première partie est consacrée à la datation des textes: en tenant compte des données biographiques de l’auteur, T. Licht montre que Sigebert est arrivé à Metz, en 1048, où il a d’abord écrit une Vie de l’évêque Thierry. Suivent les travaux de la Passio metrica, l’exemplum et la Translatio qui furent, en partie à la demande des moines de Limburg, retravaillées un peu plus tard. L’essentiel de cette campagne littéraire semble avoir été terminé en 1056, l’année de la mort d’Henri III.

Ensuite, T. Licht réalise des analyses littéraires des trois œuvres: composée en vers alcaïques et longue de 370 strophes (!), la Passio metrica a été un exercice scolaire d’une qualité rare. Sigebert est ici arrivé à intégrer, dans un seul texte, trois traditions poétiques différentes: la poésie en l’honneur des martyrs telle qu’elle a été pratiquée par Prudence, le mètre d’Alcée repris des œuvres d’Horace et les rimes de plus en plus à la mode au XIe siècle. Deux passages de la Passio metrica s’avèrent particulièrement intéressants pour l’historien: une description des paysages siciliens et une digression sur une théorie littéraire appelée Integumentum. L’Excerptum, écrit en prose, attire l’attention des historiens par un problème chronologique que Sigebert cherche à résoudre: comment peut-on considérer Lucie, martyrisée en 311, comme victime des persécutions de Dioclétien qui ont cessé en 305? Enfin, la Translatio, également écrite en prose, se révèle comme un véritable »vol sacré«, dont le modèle absolu est la Translatio sancti Metronis de Rathier de Vérone. L’introduction se termine par des descriptions détaillées des manuscrits et des anciennes éditions des trois textes, ainsi que par une bibliographie.

L’édition elle-même suit des critères essentiellement philologiques: étant donné que les trois à quatre manuscrits de base sont proches les uns des autres, dans l’espace et dans le temps – ils datent du XIe au XIIIe siècle –, T. Licht n’a pas hésité à noter toutes les variantes, même celles qui sont orthographiques. Le livre se termine par deux appendices: dans le premier, nous trouvons une lettre des moines de Limburg, importante pour la datation des œuvres de Sigebert, dans le deuxième on peut lire la Passio sanctae Luciae (BHL 4992) qui a servi de modèle principal pour Sigebert. Espérons que ces nouvelles éditions susciteront maintenant d’autres recherches avec des problématiques plus historiques concernant, par exemple, les lecteurs ou les utilisateurs de ces œuvres.

Lizenzhinweis: Dieser Beitrag unterliegt der Creative-Commons-Lizenz Namensnennung-Keine kommerzielle Nutzung-Keine Bearbeitung (CC-BY-NC-ND), darf also unter diesen Bedingungen elektronisch benutzt, übermittelt, ausgedruckt und zum Download bereitgestellt werden. Den Text der Lizenz erreichen Sie hier: http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/de

Document Actions
Zitierhinweis
Empfohlene Zitierhinweise:
T. Licht (Hg.), Sigebert von Gembloux: Acta Sanctae Luciae (Klaus Krönert)
In: Francia-Recensio, 2009-3, Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)
URL: http://www.perspectivia.net/content/publikationen/francia/francia-recensio/2009-3/MA/licht_kroenert
Dokument zuletzt verändert am: Feb 28, 2012 01:35 PM
Zugriff vom: May 24, 2012