H. Seibert, Gertrud Thoma (dir.), Von Sachsen bis Jerusalem (Jean Meyers)
Hubertus Seibert, Gertrud Thoma (dir.), Von
Sachsen bis Jerusalem. Menschen und Institutionen im Wandel der Zeit.
Festschrift für Wolfgang Giese zum 65. Geburtstag, München (Herbert
Utz Verlag), 2004, 399 p., ISBN 3-8316-0260-3, EUR 48,00.
rezensiert von/compte rendu rédigé par
Jean Meyers, Tressan
Wolfgang Giese est bien connu pour ses travaux sur l’œuvre historique de Richer de St-Rémi (Reims), sur le rôle de la Saxe et les problèmes de succession au pouvoir dans l’empire médiéval, ainsi que sur l’histoire de Venise et des Croisades. Ces différents thèmes de recherche expliquent le titre de ce volume d’hommages que ses collègues et disciples ont voulu offrir au maître: »Von Sachsen bis Jerusalem«. Il faut cependant reconnaître que ce beau titre est quelque peu trompeur et correspond peut-être mieux aux travaux du savant honoré par ces mélanges que par la matière même de ceux-ci, car si la Saxe est en effet au cœur de plusieurs articles, Jérusalem est en réalité bien peu présente parmi les 23 études qui composent ce volume: un simple coup d’œil sur l’index et sur les différentes entrées à »Jerusalem« (p. 387) et à »Saxe« (p. 393) suffirait à le prouver. Heureusement le sous-titre précise avec plus de justesse les thèmes principaux des contributions offertes à G. M. pour son 65e anniversaire et dont voici un aperçu nécessairement rapide. M. Kintzinger s’interroge sur les spécificités de l’érudition au Moyen Âge (De magistro. Vom Lehrer des Mittelalters, p. 1–12) ; J. Seibert se demande s’il faut voir en Alexandre le Grand un profanateur des tombes des rois perses (Alexander der Große an den Gräbern der Perserkönige, p. 13–30 avec 3 illustrations); T. S. Scheer montre que la nature du pèlerinage chrétien n’a pas ses racines à l’époque païenne (Von Pausanias zu Egeria. »Pilger« in griechisch-römischer Antike und christlicher Spätantike?, p. 31–50); V. Bierbrauer réfute la thèse souvent avancée d’une discontinuité dans le peuplement romain de la Hongrie occidentale entre le Ve et le VIIIe siècle (Die Keszthely-Kultur und die romanische Kontinuität in Westungarn [5.–8. Jh.]. Neue Überlegungen zu einem alten Problem, p. 51–72 avec 6 illustrations); H.-W. Goetz étudie la manière dont les Saxons ont été perçus par les historiens francs et ottoniens et fournit d’intéressants tableaux comparatifs des mentions des Saxons et des contextes d’emploi dans dix-sept textes différents, de Grégoire de Tours à Thietmar de Mersebourg (»Sachsen« in der Wahrnehmung fränkischer und ottonischer Geschichtsschreiber, p. 73–94); G. Reichlmayr relativise l’importance d’Othon III et des symboles de sa puissance dans la formation médiévale de l’idée théocratique du pouvoir (Herrscher zwischen Himmel und Erde. Zur Aussagekraft kaiserlicher Darstellungsformen am Hof Ottos III, p. 95–109); R. Schieffer donne, à partir de la mort naturelle d’Othon III transformée en assassinat dans certaines sources, en particulier chez Sigebert de Gembloux, un exemple de la dynamique de l’imagination historique (Über die Ehe, die Kinder und die Ermordung Kaiser Ottos III. Ein Beispiel für die Dynamik historischer Phantasie, p. 111–121); H. Seibert éclaire les fondements et les représentations du pouvoir ducal en Bavière de Henri le Querelleur (Bavvarica regna gubernans. Heinrich der Zänker und das Herzogtum Bayern [955–995], p. 123–142); W. Störmer apprécie l’impact qu’ont pu avoir ses partisans et ses opposants en Bavière sur la politique d’Henri IV dans la Querelle des Investitures (Beobachtungen zur Politik Heinrichs IV. im Investiturstreit, p. 143–161); C. Zey révèle tous les obstacles poltiques et moraux, mais aussi les dispositions du droit matrimonial qui s’opposaient au projet de rupture d’Henri IV d’avec sa femme Bertha (»Scheidung« zu Recht? Die Trennungsabsicht Heinrichs IV. Im Jahr 1069, p. 163–183); E. Hlawitschka passe en revue les sources sur la carrière d’Édouard l’exilé et démêle les obscurités de sa descendance (Der Lebensweg des englischen Prinzen Eduard des Exilierten und die Ahnen der Hl. Margarete von Schottland, p. 185–206); L. Hammermayer apporte des compléments et corrections à l’étude importante de H. Flackenecker sur les monasteria Scotorum dans l’Allemagne du haut Moyen Âge (Zwischen Irland, Deutschland und Rom. Die Schottenklöster im Reich vom 11. bis 14. Jahrhundert, p. 207–220); F. Tinnenfeld confronte les différentes sources attestant l’alliance en 1074 entre l’Empereur byzantin Michel VII Doukas et le duc normand Robert Guiscard (Ein byzantinisch-normannisches Heiratsbündnis im Jahr 1074, p. 221–236); W. Jahn montre que depuis la conquête normande, le plus gros de la production du sel en Calabre et en Sicile, du milieu du XIe au milieu du XIIIe siècle, était dans les mains des États (Normannisches und staufisches Salz in Süditalien, p. 237–250); K. Görich revient sur la paix de Venise en 1177 entre Frédéric Ier et Alexandre III (Vtpote vir catholicus – tanquam orthodoxus princeps. Zur Einholdung Friedrich Barbarossas nach Venedig im Juli 1177, p. 251–264); W. Koch recherche les usages techniques repérables dans les premiers diplômes de Frédéric II (Gewohnheit, Diktat, Formular. Zur Arbeitstechnik in den frühen Diplomen Friedrichs II. [1198–1212], p. 265–278); M. Menzel corrige la fausse impression que l’inscription sur la façade de l’hôtel de ville de Dießen donne des libertés accordées en 1326 à ses habitants par le futur empereur Louis le Bavarois (Dießens zwei Gesichter – Markt und Stift, p. 279–291); G. Thoma détaille les pratiques de levées d’impôts pour le financement des Croisades au XIIIe et XIVe siècles en Allemagne (Papstzehnte zur Finanzierung von Kreuzzügen, p. 293–309); à partir d’une lettre perdue de Clément V à Henri VII en l’an 1312, dont le contenu peut être reconstitué d’après la réponse, R. Pauler réfléchit au conflit entre pape et empereur au XIVe siècle (Wenn zwei das Gleiche sagen, p. 311–323); C. Märtl étudie et édite le texte réglant la succession du trésorier du pape Pie II, Giliforte de’ Buonconti, mort le 21 août 1462 (Wohnen in Pienza. Der Nachlass des Thesaurars Giliforte de’ Buonconti, p. 325–344); M. Giese dresse la liste des manuscrits possédés et copiés par le curé Sebastian Ranck, mort en 1528 (Sebastian Ranck als Besitzer und Schreiber von Handschriften, p. 345–358); U. Lindgren explique les raisons d’un conflit entre le corps médical de Munich et une caisse de maladie au début du siècle dernier (Die Auseinandersetzung der Münchener Ärzteschaft mit einer Ortskrankenkasse in den Jahren 1900/1901, p. 359–366) et, enfin, à partir de la grande exposition sur l’empereur Henri II à Bamberg en 2002, J. Kirmeier s’interroge sur la dimension culturelle et politique que peut avoir aujourd’hui l’histoire médiévale (Vermittlungstrategien mittelalterlicher Geschichte am Beispiel der Austellung »Kaiser Heinrich II.« 2002 in Bamberg, p. 367–377).
Un index des noms propres et une liste des travaux de W. Giese complètent ces mélanges, qui, comme on l’aura compris, devrait retenir avant tout l’attention des historiens travaillant sur la période médiévale allant du IXe au XIIIe siècle, celle sur laquelle portent quatorze des vingt-trois contributions du volume.
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