B. Schneidmüller, S. Weinfurter (Hg.), Ordnungskonfigurationen im hohen Mittelalter (Olivier Bruand)
Bernd Schneidmüller, Stefan Weinfurter
(Hg.), Ordnungskonfigurationen im hohen Mittelalter, Ostfildern
(Thorbecke) 2006, 444 p., ISBN 3-7995-6864-6, EUR 59,00.
rezensiert von/compte rendu rédigé par
Olivier Bruand, Clermont-Ferrand
Les nécessités de la recherche conduisent à la tenue de colloques qui regroupent des contributions hétérogènes autour d’un thème fédérateur mais assez flou et dès lors les actes imprimés de ces réunions sont souvent constitués de contributions disparates qui tout en ayant leur propre valeur sont assez mal reliées les unes aux autres. C’est à ce genre qu’appartient cet ouvrage dirigé par B. Schneidmüller et S. Weinfurter, à qui on ne jettera pas la pierre, d’une part parce que nous sommes tous un jour ou l’autre sollicités pour figurer dans ces réunions, d’autre part car ils ont au moins évité l’écueil pluridisciplinaire, en se concentrant sur l’histoire médiévale des XIIe et XIIIe siècles.
Le thème choisi lors des journées de Constance de 2003 est explicité par le titre »Ordnungskonfigurationen« et tente de présenter divers aspects de l’ordre du monde médiéval, au fil de onze contributions, précédées d’une introduction qui définit le concept général et suivies d’une conclusion qui essaye de synthétiser l’apport des divers auteurs. Faire le compte-rendu de ce type d’ouvrages tourne vite à la gageure car les auteurs ont traité aussi bien de l’histoire intellectuelle que sociale, politique ou culturelle, voire d’histoire de l’art, aussi plutôt que de rechercher une cohérence artificielle, le travail du recenseur doit plutôt s’attacher à faire connaître des articles qui risquent d’être omis par les chercheurs qui n’ont pas toujours l’idée de consulter les actes de ce type de colloques.
Que retenir donc de ce volume? Les contributions qui valent pour elles-mêmes et qui se regroupent tout de même selon une certaine logique thématique, avec plusieurs articles sur l’histoire des idées, des conceptions intellectuelles et des représentations, trois autres qui ressortent plutôt de l’histoire politico-sociale et une de l’histoire de l’art.
Le premier thème retient 6 contributions. Georg Wieland (p. 19–36) traite de l’ordre du cosmos et du désordre du monde en suivant la pensée de Thierry de Chartres, de Guillaume d’Auxerre et de Thomas d’Aquin. Joachim Ehlers (p. 37–57) s’intéresse à la conception générale de l’histoire en vigueur en ce temps, non sans repartir du bagage antique pour arriver aux auteurs des XIIe et XIIIe siècles. Jürgen Miethke (p. 128–151) étudie les structures de l’Église et les théories de l’État au temps de la scholastique. Christina Lutters (p. 193–225) tente de retrouver les catégories et les représentations de l’ordre qui sont présentes dans les mouvements de réforme religieuse du XIIe siècle. Bernhard Jussen (p. 227–256) analyse le mot même d’ordo pour essayer d’en donner toutes les acceptions. Hagen Keller (p. 257–278) étudie les représentations de l’ordre et la conception du monde dans la culture de l’époque. Enfin pour clore ce thème et la liste des contributions, on trouve un très gros article (p. 303–411) de Christoph H. F. Meyer sur l’»Ordnung« dans le droit canon
Le thème de l’histoire politico-sociale inspire Knut Görich (p. 59–92) qui s’intéresse à la conception de l’honneur comme facteur de reconnaissance et de stabilisation du pouvoir sous Frédéric Barberousse et Frédéric II. Dans la même veine, Klaus van Eickels (p. 93–125) s’attache aux liens personnels entre les hommes, avec la parenté, l’amitié, la vassalité. Alfred Haverkamp (p. 153–192) se lance dans l’étude des confréries des XIIe et XIIIe siècles, en tentant de faire comprendre ce que les hommes mettaient derrière ces concepts.
Enfin en matière d’histoire de l’art, Peter Kurmann (p. 279–302) se demande s’il n’y a pas lieu de voir dans la cathédrale gothique une représentation par excellence de l’ordre.
L’ouvrage se clôt par une conclusion de Martin Kitzinger qui respecte les règles de l’exercice en résumant les apports des divers intervenants, mais pour l’essentiel, ce qu’il faut retenir de ces actes de colloque se trouve dans les contributions individuelles. Souhaitons dès lors que celles-ci soient bien répertoriées dans les bases de données bibliographiques des articles que dressent différentes bibliothèques et institutions, car c’est ainsi seulement que le lecteur spécialisé pourra tirer pleinement profit de ce type d’ouvrages.
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