You are here: Home content Publikationen Francia-Online Francia-Recensio 2009-2 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500) B. Kannowski, Die Umgestaltung des Sachsenspiegels durch die Buch’sche Glosse (Nathalie Kalnoky)
Personal tools
Navigation
 

B. Kannowski, Die Umgestaltung des Sachsenspiegels durch die Buch’sche Glosse (Nathalie Kalnoky)

— filed under:
Bernd Kannowski, Die Umgestaltung des Sachsenspiegels durch die Buch’sche Glosse

Francia-Recensio 2009/2 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

Bernd Kannowski, Die Umgestaltung des Sachsenspiegels durch die Buch’sche Glosse, Hannover (Verlag Hahnsche Buchhandlung) 2008, XLVI–655 p. (Monumenta Germaniae Historica. Schriften, 56), ISBN 978-37752-5756-5, EUR 75,00.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

Nathalie Kalnoky, Nanterre

Bernd Kannowski, professeur d’histoire du droit à l’université de Freiburg1, propose dans une thèse érudite d’analyser comment la glose de Johann von Buch au XIVe siècle a interprété et transformé le droit coutumier saxon rédigé par Eike von Repgow au siècle précédent, recueil connu sous le nom de »miroir des Saxons« (Sachsenspiegel). L’intention de l’auteur est d’entrée clairement présentée: la glose de Buch est trop souvent considérée par les historiens médiévistes comme une relecture à la lumière du droit savant d’un système de droit »authentique« dont l’esprit aurait été trahi par Buch. Cette vision trop »germano-nationaliste«, parfois dans le plus mauvais sens du terme, fut entre autres celle de l’historien Karl Schilling dans l’entre-deux-guerres dont l’auteur s’emploie de façon convaincante à réfuter les excès de sa lecture. À partir d’un corpus de manuscrits soigneusement scruté, et principalement de la récente édition établie par Frank-Michael Kaufmann, »Glossen zum Sachsenspiegel-Landrecht. Busch’sche Glosse«, MGH Fontes iuris Germanici N.S. 7, Hannover, 2002, l’auteur entend démontrer la cohérence de la pensée juridique du glossateur et, en s’appuyant sur plusieurs points juridiques essentiels: procès, royauté, liberté vs servage, droit pénal et droit des obligations, mettre en évidence l’ampleur du travail de construction juridique de Buch dans ses efforts conceptuels d’harmonisation de la pensée chrétienne médiévale, de la redécouverte du droit romain (et de la modernité de l’École des glossateurs de Bologne) ainsi que de la vision politique du glossateur à l’égard du Sachsenspiegel que Buch présente comme un privilège (p. 87) accordé par l’empereur et roi, l’inscrivant ainsi dans la logique d’une »hiérarchie des normes« à laquelle Eike von Repgow ne faisait aucune référence.

Non sans humour, l’auteur termine son très long chapitre introductif non pas en annonçant les points de droit à partir desquels il souhaiterait illustrer son analyse de la ›pensée juridique‹ du glossateur ou encore en présentant les étapes de son approche qu’il entendrait ainsi éclairer mais par un reproche à »l’édition Kaufmann«: l’absence de glossaire contraindrait le lecteur à parcourir l’intégralité des 1500 pages pour savoir si un point de droit spécifique est – ou non – traité dans la glose (p. 106). Paradoxalement, alors que l’ouvrage de l’auteur est très bien indexé (noms, thème et sources, p. 597–655), sa structure et sa respiration interne en feraient un ouvrage de référence plus qu’une thèse académique allègrement démonstrative. Suivent des analyses pointues des articles qui ont retenu l’attention du glossateur comme celle de l’auteur. Ce dernier poursuivant toujours sa recherche d’une compréhension intrinsèque du glossateur en s’attachant toujours à une sourcilleuse étude textuelle. Après ces chapitres thématiques (procès, royauté, liberté vs servage, droit pénal et droit des obligations), l’auteur ferme son étude en revenant sur la pensée du glossateur. Prenant un peu de distance à l’égard de la glose et des articles précédemment étudiés, il élargit le spectre de son analyse et introduit de nouveaux concepts à la fois plus proches de la théologie et plus abstraits avant de revenir dans une brève conclusion à des considérations plus abruptement concrètes. Dans une ultime référence à Accursius, modèle de Johann von Buch, l’auteur reprend dans les écrits d’Ernst Landsberg une élégante image à propos du travail du glossateur italien et que l’auteur adopte pour l’œuvre de Buch, métaphore décrivant les charmes du détail des mosaïques byzantines et leur perfection intérieure malgré la rigidité et l’étroitesse anguleuse de leurs contours. Image à laquelle sa propre étude fait parfois également songer.

Cette étude très précisément cadrée et soigneuse – l’auteur ne prétend pas à l’exhaustivité (p. 49) mais à une lecture des articles essentiels – des manuscrits montre un travail immense de paléographie. La précision du questionnement sémantique/lexical entre l’allemand médiéval (bas-allemand, Niederdeutsch p. 71) des manuscrits, les transpositions du latin par J. von Buch et la terminologie juridique en allemand moderne tout comme l’honnêteté intellectuelle de l’auteur qui le conduit souvent à laisser ces questions ouvertes, rendent difficile un résumé en français des points abordés, compte-rendu qui dans sa brièveté et par une nouvelle traduction ne pourrait que trahir les précautions méthodologiques de l’auteur. Nous ne pouvons en conséquence qu’insister sur ce soin perceptible tout au long de l’ouvrage et regretter l’absence de synthèse, nécessairement moins pointilleuse mais ouvrant sur un questionnement juridique qui dépasserait le cas spécifique de la glose du Sachsenspiegel par J. von Buch. On souhaite que de comparables travaux voient le jour sur cette première »Renaissance juridique«  d’une Europe qui doit aujourd’hui encore beaucoup au droit romain et que des synthèses comparatives puissent ainsi tirer tout le profit de cette »glose de la glose«.

L’ouvrage contient une bibliographie p. XIV–XLVI), un index nominarum (p. 599–604) et un index rerum (p. 605–616) ainsi qu’un index complet des sources citées (p. 617–655).

Lizenzhinweis: Dieser Beitrag unterliegt der Creative-Commons-Lizenz Namensnennung-Keine kommerzielle Nutzung-Keine Bearbeitung (CC-BY-NC-ND), darf also unter diesen Bedingungen elektronisch benutzt, übermittelt, ausgedruckt und zum Download bereitgestellt werden. Den Text der Lizenz erreichen Sie hier:
http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/de

Document Actions
Zitierhinweis
Empfohlene Zitierhinweise:
B. Kannowski, Die Umgestaltung des Sachsenspiegels durch die Buch’sche Glosse (Nathalie Kalnoky)
In: Francia-Recensio, 2009-2, Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)
URL: http://www.perspectivia.net/content/publikationen/francia/francia-recensio/2009-2/MA/Kannowski_Kalnoky
Dokument zuletzt verändert am: Feb 09, 2012 03:59 PM
Zugriff vom: May 24, 2012