U. Hager (Bearb.), Urkundenbuch des Klosters Wülfinghausen (Benoît-Michel Tock)
Urkundenbuch des Klosters Wülfinghausen.
Zweiter Band: 1401–1730 (Calenberger Urkundenbuch, 11. Abteilung).
Bearbeitet von Uwe Hager, Hannover (Verlag Hahnsche Buchhandlung
Hannover) 2005, 559 p. (Veröffentlichungen der Historischen
Kommission für Niedersachsen und Bremen, 230), ISBN
978-3-7752-6030-5, EUR 45,00.
rezensiert von/compte rendu rédigé par
Benoît-Michel Tock, Strasbourg
Quinze ans après la publication du premier volume des chartes de l’abbaye de Wülfinghausen paraît le second, consacré à la période 1400–1730. L’abbaye féminine de Wülfinghausen connut à cette époque une histoire difficile. En 1402 Boniface IX suspendait les privilèges par lesquels ses prédécesseurs incorporaient à l’abbaye des églises. Les efforts de l’abbaye permirent cependant assez rapidement la reconquête de cet élément essentiel du patrimoine. Mais à peine cette crise était-elle passée que l’abbaye devint un enjeu dans les relations difficiles entre l’évêque d’Hildesheim et les ducs de Brunswick. Ce furent ces derniers qui l’emportèrent, même si le premier, évidemment, conserva son autorité spirituelle. L’abbaye fut rapidement soumise par les ducs au paiement de sommes diversement justifiées, mais toujours élevées. Les archives de l’abbaye gardent évidemment avant tout la trace de ces difficultés financières.
L’édition repose très largement sur le fonds d’archives de l’abbaye, conservé au Niedersächsisches Landesarchiv-Hauptstaatsarchiv de Hanovre. Différents autres fonds et manuscrits sont cependant aussi mis à contribution, dans la mesure où le but de l’ouvrage est d’éditer tous les actes relatifs à Wülfinghausen, et pas seulement ceux du fonds d’archives de l’abbaye.
Certes, le monastère ne connut pas que de mauvaises nouvelles. En 1479 par exemple, l’évêque d’Hildesheim lui accordait des droits de pêche pour renforcer la réforme (n° 612) et les ducs de Brunswick pouvaient prendre l’abbaye sous leur protection, même en période de conflit avec l’évêque (n° 613). Quelques années plus tard, en 1483, une veuve léguait tous ses biens à l’abbaye (n° 624). D’ailleurs, le monastère avait encore les moyens d’acheter des biens, comme les trois manses et demi qu’il acheta en 1420 pour la somme de 70 marks d’Hildesheim ou la demi-dîme acquise pour 50 marks deux ans plus tard (n° 422 et 423). D’une manière générale, les quittances données par ou au monastère, pour des cens ou des emprunts, sont nombreuses durant toute la période.
Du point de vue diplomatique, on notera l’intérêt que représente le brouillon d’une charte donnée en 1482 par le bourgmestre et les conseillers d’Eldagsen (n° 619), accompagné de sa version définitive (n° 620). De nombreux actes originaux sont établis sur papier, le plus ancien, sauf erreur, datant de 1427 et émanant de quelques particuliers (n° 446). Mais dès 1436 l’évêque d’Hildesheim promulguait lui aussi une charte sur papier (n° 460). Il serait intéressant aussi d’étudier les actes, assez nombreux, du fonds d’archives qui ne concernent pas l’abbaye. En ce qui concerne la langue, la majorité des actes sont en allemand; il n’y a guère que les actes donnés par des ecclésiastiques (et encore, pas tous), qui soient en latin. Un acte est étonnant: il s’agit d’une quittance datée de 1517, écrite en allemand sauf la date (l’exception n’est pas rare) et surtout les premiers mots du préambule (Quicquid poterit fungi) suivis, dans l’original, de et cetera.
Mais ce sont aussi de nombreux éléments de la vie quotidienne qui sont mentionnés dans les actes. En voici quelques exemples: en 1427 le monastère affranchit quelques serfs (n° 447). En 1497 l’évêque d’Hildesheim autorisait l’abbaye à envoyer deux religieuses pendant un trimestre à l’abbaye d’Obernkirchen, où on avait besoin de leur aide pour soigner des maladies oculaires (n° 1497). En 1519 (et on ne sait pourquoi l’acte figure dans les archives de l’abbaye) l’écolâtre d’Elze s’engageait à reconnaître le conseil municipal de cette ville comme seule instance juridictionnelle habilitée à trancher les litiges qu’il pourrait avoir avec clercs et laïcs. On trouve même, entre 1511 et 1523, une invitation adressée au prévôt de Wülfinghausen pour qu’il vienne »m’aider à boire un tonneau de bière« (n° 677)!
Cependant, si les éléments économiques et juridiques prédominent largement, ce qui ne peut étonner dans un ensemble de textes diplomatiques, ils ne sont pas seuls. On peut ainsi noter qu’en 1426 le prieur de la chartreuse et les définiteurs du chapitre général prennent l’abbaye de Wülfinghausen dans leur communauté de prières (n° 439). La communauté connut plusieurs réformes au cours de cette période, ainsi que des visites d’inspection, comme celle qui fut menée en 1505 par le prieur de Wittenburg (n° 660).
On le voit, la richesse des archives de Wülfinghausen est considérable, et si l’abbaye connut bien des problèmes à la fin du Moyen Âge et aux Temps modernes, elle resta jusqu’au bout un centre de vie monastique et un enjeu dans les relations politiques, économiques et religieuses en Saxe.
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