M. Embach, Trierer Literaturgeschichte (Florence Bayard)
Michael Embach, Trierer Literaturgeschichte.
Das Mittelalter, Trier (Kliomedia) 2007, 704 p., 25 ill. (GKTL,
8), ISBN 978-3-89890-112-3, EUR 59,90.
rezensiert von/compte rendu rédigé par
Après avoir exposé l’objet de son livre et la méthode qu’il adoptera pour traiter de la littérature tréviroise au Moyen Âge (ca. VIIIe–XVe s.), Michael Embach propose 15 chapitres ordonnés selon les genres et destinés à donner un aperçu représentatif de la littérature médiévale de l’espace trévirois, puis une bibliographie suivie de deux index: l’un des personnes, l’autre des manuscrits. Signalant qu’il n’existait pas de langue littéraire unifiée dans l’archevêché trévirois, il accorde à la littérature de langue latine et à celle en langue vulgaire le même intérêt et les place dans une relation de complémentarité.
Il commence son propos avec les écrits insulaires et continentaux, les gloses et les runes, soulignant ainsi l’influence des moines missionnaires irlando-écossais des VIIe et VIIIe siècles sur la première littérature de cet espace. Parmi les témoignages les plus anciens, sont ensuite abordées les formules magiques et les bénédictions en ancien haut allemand, puis la réception des écrits de l’Antiquité en langue latine et grecque via les copistes, ce qui nous amène au chapitre 5 qui est consacré à la littérature en médio-latin dans laquelle M. Embach recense essentiellement des fables animalières, mais aussi des exemples cisterciens et des recueils de textes poétiques.
Le passage de la langue latine à la langue française dans la littérature de l’espace lorrain met en lumière les villes de Metz, Toul et Verdun comme terres où s’épanouit la littérature en langue vulgaire (ancien français) alors encore en émergence. Cette évolution va de pair avec le renforcement de la présence de textes profanes (littérature courtoise essentiellement) issus des mondes bourgeois et courtois, mais aussi des domaines de l’économie, de l’administration et de la transmission du savoir. Les centres de production sont donc autant les écoles, les abbayes et les monastères que les chancelleries ou autres lieux d’exercice du pouvoir temporel.
Le septième chapitre s’attache à décrire les vies de saints et récits de miracles qui laissent une faible part à la langue vulgaire et se distinguent du domaine liturgique: le but de ces textes n’est pas l’édification, mais la vénération d’un(e) saint(e), même si » l’épopée sainte « peut elle aussi se révéler édifiante et obéir ainsi au principe du prodesse et delectare.
M. Embach présente ensuite les chroniques, annales, autobiographies et » gestes « qui sont souvent utilisées à des fins politiques ou » publicitaires «. Présentant des formes hybrides mêlant des éléments réels et purement de représentation, elles sont au service d’institutions ou de personnes. Puis suivent deux brefs chapitres: l’un abordant les traductions de la Bible en langue vulgaire (à partir des XIIe–XIIIe siècles), et l’autre les Visions, avec essentiellement les écrits de Hildegarde de Bingen et d’Élisabeth de Schönau. L’auteur se consacre ensuite plus longuement aux œuvres paraliturgiques, particulièrement celles du XVe siècle, avec surtout les jeux liturgiques (fête de Pâques, passions, drames religieux).
Dans son douzième chapitre, M. Embach montre – en s’intéressant aux auteurs d’écrits réformateurs – que l’archevêché de Trèves participait aux évolutions de son époque, de la renaissance carolingienne aux prémices de l’humanisme. Nous retrouvons ensuite H. de Bingen et É. de Schönau dans une partie consacrée aux livres de prières, témoins du développement de la piété individuelle, avec deux grandes périodes: les XIIe–XIIIe siècles et le XVe, et l’auteur s’intéresse également aux nombreuses illustrations qui accompagnent ces textes. Puis il présente les auteurs de la littérature pré-humaniste qui se développe à Trèves, avant de s’attacher aux œuvres de langue allemande (romans, épopées, littérature courtoise, littérature de voyage par exemple), mais aussi aux centres de production de cette littérature et aux mécènes qui la rendent possible et participent ainsi à l’émancipation de la littérature de langue allemande de la littérature latine et à l’établissement d’une littérature non cléricale.
Enfin, M. Embach termine par quelques lignes consacrées aux écrits relevant de la science médicale et naturelle avec notamment H. de Bingen.
Cet ensemble pratique qui contribue bien à l’histoire de la littérature nous donne un bon aperçu des textes produits dans l’espace trévirois du Moyen Âge, d’autant plus que l’auteur s’attache chaque fois à préciser où le manuscrit a été écrit, quels étaient les commanditaires, les publics visés, les buts recherchés, etc.: c’est à une vision » concrète « des œuvres que nous convie M. Embach. Chaque chapitre se clôt sur un résumé des propos développés en son sein, et 25 reproductions en noir et blanc ponctuent la lecture. La diversité des œuvres et des auteurs et la richesse de cet inventaire sont à souligner, ainsi que la clarté de la présentation qui fait de cet ouvrage un bon outil de référence.
Lizenzhinweis:
Dieser Beitrag unterliegt der Creative-Commons-Lizenz
Namensnennung-Keine kommerzielle Nutzung-Keine Bearbeitung
(CC-BY-NC-ND), darf also unter diesen Bedingungen elektronisch
benutzt, übermittelt, ausgedruckt und zum Download bereitgestellt
werden. Den Text der Lizenz erreichen Sie hier:
http://creativecommons.org/licenses/by-nc-nd/3.0/de

