J. F. Böhmer, Regesta Imperii, VI (Benoît-Michel Tock)
J. F.
Böhmer, Regesta Imperii. VI.
Die Regesten des Kaiserreichs unter Rudolf, Adolf, Albrecht, Heinrich
VII. 1273–1313. Vierte Abteilung: Heinrich VII. 1288/1308–1313.
1. Lieferung: 1288/1308 – August 1309, in Nutzung der
Sammeltätigkeit vieler Helfer bearbeitet von Kurt-Ulrich Jäschke
und Peter Thorau, Köln, Weimar, Wien (Böhlau) 2006, 369 p., ISBN
3-412-01906-2, EUR 96,00.
rezensiert von/compte rendu rédigé par
Benoît-Michel
Tock, Strasbourg
Si l’évolution des conditions de travail amène les érudits à s’interroger sur l’opportunité des éditions de textes et la manière de les réaliser, le problème se pose bien plus encore pour les regestes. Avec une admirable constance, la Regestenkommission poursuit ses publications. Mais plus l’entreprise avance dans le temps, plus les principes mis au point pour les regestes des souverains carolingiens paraissent obsolètes. La Regestenkommission en est d’ailleurs la première convaincue. Abordant le règne d’Henri VII (1308–1313), elle était confrontée à la place de l’Italie dans le règne de ce souverain, la plus importante depuis plus d’un demi-siècle, et la mort de Conrad IV en 1254, voire plus: après tout, le couronnement impérial d’Henri en 1312 était le premier du genre depuis celui de Frédéric II en 1220. Mais au début du XIVe siècle la place de l’écrit dans la société italienne était encore beaucoup plus étendue qu’un demi-siècle ou un siècle plus tôt, de sorte que recenser tous les documents signalant des actions, des faits, des voyages et des séjours du souverain devient une gageure. La Regestenkommission a décidé de publier déjà un premier fascicule, qui court jusqu’à la fin août 1309. Non sans débat: les auteurs du volume ne cachent pas, en introduction, s’être opposés à cette décision et avoir préféré une consultation des principaux dépôts d’archives. La question de la publication de la période italienne d’Henri VII reste d’ailleurs entière. La prise en compte de cette période posera des problèmes d’autant plus insurmontables que les règles des »Regesta Imperii« depuis Böhmer sont de prendre en compte non seulement les actes émanant de l’intéressé ou les textes narratifs le concernant, mais aussi tous les actes le concernant. Par exemple, une décision du Grand Conseil de Venise d’envoyer un représentant au roi Henri est-elle dûment mentionnée. Mais comment trouver, dans le fouillis de la documentation italienne (et même allemande) au XIVe siècle, tout ce qui concerne le souverain germanique? Une solution pourrait venir d’une publication électronique intégrant progressivement les dépouillements réalisés dans les différents dépôts d’archives.
Quoi qu’il en soit, les 190 regestes que Böhmer consacrait à Henri VII jusqu’à la fin août 1309 sont devenus 42 pré-regestes (Vorregesten) couvrant la période antérieure à l’élection royale, et 276 regestes pour la période suivante. Né à une date inconnue (selon diverses chroniques, il avait 51 ans en 1313, ou 40 en 1308, ou 37 en 1311) à Valenciennes, Henri perdit son père dès 1288 à la bataille de Worringen, et devint dès lors comte de Luxembourg, de La Roche (et non Laroche) et marquis d’Arlon. Vingt ans après, le 27 novembre 1308, il était élu roi des Romains. Au cours de sa première année de règne, Henri VII parcourut allègrement l’Allemagne occidentale et méridionale. Les premières étapes sont imposées: Francfort pour l’élection, Aix-la-Chapelle pour le sacre. Ensuite, il part en Suisse via l’Alsace. Après avoir séjourné ainsi au sud-ouest du royaume de Germanie, ou dans le royaume de Bourgogne (Bâle, Berne, Payerne, Fribourg, Zurich), il remonte par la Bavière vers Augsbourg et Nuremberg et revient à Spire. Au total, en neuf mois, il parcourut pas loin de 2000 kilomètres. Il ne séjourna que rarement, pour autant qu’on puisse le voir, longtemps au même endroit. Il y a quelques exceptions: Cologne du 11 janvier au 2 février, Spire du 28 février au 15 mars, Nuremberg du 24 juin au 14 juillet. À en juger par cette seule première année (incomplète, rappelons-le), le roi est surtout présent au sud et à l’ouest du royaume. Dans leur sécheresse cependant, les regestes ne nous permettent pas de connaître les raisons des voyages du roi. Pourquoi cette descente vers Fribourg? Pourquoi, après être remonté en Franconie, oblique-t-il vers le Rhin? Quant aux activités d’Henri VII telles qu’elles transparaissent dans ces regestes, elles n’ont rien pour surprendre: le roi confirme un certain nombre d’actes, il mène des négociations, y compris financières, prend sous sa protection, nomme aux évêchés …
Comme on l’a déjà dit, la poursuite des »Regesta Imperii« pose des problèmes délicats. Il serait cependant injuste de ne pas souligner la qualité du travail accompli, et de ne pas rappeler les grands services que les volumes parus, y compris et surtout les plus récents, rendent aux historiens.
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- Zitation
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: Rezension von: In: Francia-Recensio 2009/1 | Mittelalter – Moyen Âge (500–1500) URL: http://www.perspectivia.net/content/publikationen/francia/francia-recensio/2009-1/MA/Regesta-Imperii_Tock Veröffentlicht am: May 20, 2013 Zugriff vom: May 20, 2013

