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A. Schaser: Frauenbewegung in Deutschland 1815-1933 (Marianne Walle)

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Angelika Schaser, Frauenbewegung in Deutschland 1815–1933

Francia-Recensio 2008/4 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine

Angelika Schaser, Frauenbewegung in Deutschland 1815–1933, Darmstadt (Wissenschaftliche Buchgesellschaft) 2006, 152 p. (Geschichte Kompakt), ISBN 978-3-534-15210-0, EUR 14,90.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

Marianne Walle, Châlons-en-Champagne

Depuis le début des années 1980, depuis plus de vingt-cinq ans déjà, l’histoire des femmes est l’objet de nombreuses publications en Allemagne: des monographies, les réseaux associatifs régionaux, puis nationaux, la division sexuelle du travail, les luttes pour l’accès des filles à un système éducatif digne de ce nom, les lentes avancées professionnelles, les confrontations confessionnelles, les oppositions politiques …

Un ouvrage de plus donc et qui se limite à l’évolution du mouvement féministe bourgeois (bürgerliche Frauenbewegung) en occultant l’aspect économique et social, à savoir la lutte pour de meilleures conditions de travail des ouvrières, leur protection légale, le principe du salaire égal à travail égal, objectifs du mouvement féministe prolétaire (proletarische Frauenbewegung) et ses relations conflictuelles avec les structures patriarcales du parti social-démocrate.

L’ouvrage présente »le mouvement des femmes« sous une forme chronologique: la première phase (depuis le Vormärz jusqu’en 1848/49) où des femmes comme Fanny Lewald, Bettina von Arnim et d’autres à la recherche d’une identité, tentent de passer du moi individuel au nous social, de dépasser les prises de conscience personnelles. C’est seulement avec Louise Otto-Peters que la perception d’une identité féminine devient collective. L’année 1848 connaît une extraordinaire flambée de revendications pour les libertés fondamentales dans un régime de démocratie. Après la répression et quinze années de silence et de repli, la thématique de la deuxième phase (1865–1894) se concentre autour d’une meilleure instruction scolaire pour les filles, de revendications pour une formation professionnelle et un salaire corrects pour les femmes des classes moyennes, autour de la première association féminine suprarégionale crée par Louise Otto-Peters en 1865 jusqu’à la création, en 1894, de la plus puissante organisation féminine avant 1933, le Bund Deutscher Frauenvereine (L’Union des associations féminines allemandes). La troisième phase que l’auteur appelle la phase intense, la grande phase du mouvement des femmes (die Hoch-Zeit der Frauenbewegung) – fin du XIXe siècle jusqu’en 1914 – est celle où l’accès à la vie publique est primordiale, c’est l’ouverture à l’enseignement secondaire et universitaire, aux partis politiques, à l’intérêt des média. Les Églises prennent position, l’ouverture internationale prend forme, avec beaucoup de lenteur, contrairement aux organisations d’autres pays. La quatrième et dernière phase enfin, de 1919 à 1933, après, l’obtention des droits civils et politiques, un certain nombre de confusions et de maladresses, dues au manque d’expérience politique des femmes et surtout, aux structures et aux mentalités restées patriarcales à une époque de grande insécurité, les avancées sont de plus en plus difficiles jusqu’à la dissolution (l’auto-dissolution) des organisations féminines qui refusent de se soumettre au régime nazi.

Au début de chaque chapitre, quelques dates précisent la succession chronologique des moments importants dans l’histoire des Allemandes, des intercalaires composés d’extraits de discours de quelques responsables, de textes de lois, de statuts des organisations constituent une coupure qui allège le récit chronologique et à la fin de l’ouvrage, l’index biographique des principales féministes allemandes est une référence précieuse.

Cependant, nous reprochons à l’ouvrage son aspect catalogue, son côté inventaire. N’aurait-il pas été plus neuf d’aborder l’histoire des femmes avec un autre regard, de renouveler la perception des femmes en se basant par exemple sur leurs Mémoires, car l’autobiographie est déjà une forme d’émancipation et représente une entrée dans le monde social et culturel différente de celle des biographes. Précieuse au plus haut point paraît leur correspondance avec les proches, les amis, avec des personnes de leur monde professionnel, car c’est dans les lettres que les femmes se découvrent, qu’elles disent leurs doutes, leurs craintes, leurs faiblesses aussi. À travers quelques itinéraires de femmes1 et de leurs écrits, en relation constante avec le contexte dans lequel ils s’inscrivent, cela permet, en retour, de dégager un certain nombre d’enseignements sur la communauté nationale allemande, ses contradictions et ses mutations dans lesquelles les femmes se trouvent engagées. L’étude des mentalités, les ambiguïtés du discours des femmes elles-mêmes constituent un frein à leur avancée et maintiennent, sinon renforcent l’eugénisme social.

1 Marianne Walle, Contribution à l’histoire des femmes allemandes entre 1848 et 1933 à travers les itinéraires de Louise Otto, Helene Lange, Clara Zetkin et Lily Braun, 2 tomes, Lille 1991.

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A. Schaser: Frauenbewegung in Deutschland 1815-1933 (Marianne Walle)
In: Francia-Recensio, 2008-4, 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine
URL: http://www.perspectivia.net/content/publikationen/francia/francia-recensio/2008-4/ZG/schaser_walle
Dokument zuletzt verändert am: Jan 24, 2012 03:46 PM
Zugriff vom: May 24, 2012