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H. Hömig: Brüning. Politiker ohne Auftrag (Christian Baechler)

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Herbert Hömig, Brüning. Politiker ohne Auftrag. Zwischen Weimarer und Bonner Republik

Francia-Recensio 2008/4 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine

Herbert Hömig, Brüning. Politiker ohne Auftrag. Zwischen Weimarer und Bonner Republik, Paderborn (Ferdinand Schöningh) 2005, 848 S., ISBN 3-506-72938-1, EUR 68,00.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

Christian Baechler, Strasbourg

Avec ce second volume, Hömig achève sa monumentale biographie de Brüning, dont le premier tome, consacré à la formation, à l’ascension politique et à la chancellerie, a paru en 2000. Ce volume décrit l’activité de Brüning dans les derniers mois de la république de Weimar et au début du Troisième Reich. Il s’oppose à Mgr Kaas et se prononce contre le vote des pleins pouvoirs à Hitler, puis s’efforce, en vain, comme président du Zentrum (6 mai au 5 juillet 1933) de préserver l’existence du parti. Menacé d’emprisonnement, il s’enfuit aux Pays-Bas en mai 1934, puis en Grande-Bretagne. Déçu par Churchill et se sentant menacé par l’espionnage nazi, il se réfugie aux États-Unis où il enseigne les sciences politiques à l’université de Harvard de 1939 à 1951. Hömig décrit dans le plus grand détail ses vains efforts pour persuader Chamberlain, Churchill et Roosevelt à mener la politique dont il espère qu’elle facilitera un soulèvement de la Wehrmacht contre Hitler. Il doit à la protection de Henry L. Stimson de ne pas être interné lors de l’entrée en guerre des États-Unis. Le secrétaire d’État à la Défense le consulte à plusieurs reprises à la fin de la guerre, en particulier dans le cadre du débat sur le plan Morgenthau. Brüning est très critique à l’égard de la politique des Alliés face à Staline.

En 1951, Brüning rentre en Allemagne pour enseigner à l’université de Cologne jusqu’à sa retraite en 1955. Il tente en vain d'influencer la politique allemande et la politique européenne. Partisan d’une politique d’attente, il estime que l’Allemagne doit d’abord retrouver sa position politique en Mitteleuropa, avant de prendre toute initiative. Elle doit d’abord se renforcer moralement et économiquement pour retrouver sa souveraineté et son unité. Elle ne doit pas prendre d’initiative dans le sens d’une organisation durable de l’Europe, et laisser faire les États-Unis et l’URSS, pour n’intervenir qu’ensuite dans la discussion et imposer ses conditions. Il est fondamentalement hostile à la politique d’orientation à l’Ouest qui renforce la division de l’Allemagne. Il critique publiquement la politique d’Adenauer à Düsseldorf en juin 1954, provoquant une campagne de presse qui montre son isolement politique. C’est sans doute la raison de son retour aux États-Unis, en septembre1955, où il réside jusqu’à son décès en 1970.

Dans une conclusion de plus de cinquante pages, Hömig fait le »bilan d’une vie politique«. Il insiste sur le traumatisme de la chute de mai 1932, alors que Brüning était persuadé que ses efforts pour assainir l’économie allemande allaient bientôt être couronnés de succès. Meurtri par son échec, Brüning est obsédé par la défense de sa chancellerie et par la recherche des responsables de sa chute. Dans ses mémoires posthumes, il attribue son échec aux intrigues politiques, oubliant ses propres lacunes. Incapable de tirer les leçons de l’échec de la République de Weimar, il ne remet pas en cause, après 1945, ses conceptions de politique intérieure et extérieure. Il trouve même des vertus dans l’instabilité ministérielle de Weimar –celle de contraindre la SPD et la DNVP à prendre des responsabilités gouvernementales – et critique le vote de défiance constructif de la loi fondamentale de Bonn. À la différence d’Adenauer, il est incapable de tirer les leçons du passé et de concevoir une nouvelle politique. C’est ce qui explique, sans doute, qu’il n’ait joué aucun rôle politique dans l’après-guerre et qu’il soit de plus en plus isolé.

L’ouvrage de Hömig est d’une grande richesse et suit, pas à pas, »l’homme politique sans mandat«. Mais, est-il indispensable de lui consacrer un volume de plus de 800 pages, parfois au détriment de la clarté de la synthèse?

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H. Hömig: Brüning. Politiker ohne Auftrag (Christian Baechler)
In: Francia-Recensio, 2008-4, 19./20. Jahrhundert – Histoire contemporaine
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Dokument zuletzt verändert am: Feb 22, 2012 03:23 PM
Zugriff vom: May 24, 2012