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E. Edson, E. Savage-Smith, A.-D. von den Brincken: Der mittelalterliche Kosmos (Joris André)

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Evelyn Edson, Emilie Savage-Smith, Anna-Dorothee von den Brincken, Der mittelalterliche Kosmos. Karten der christlichen und islamischen Welt. Aus dem Englischen von Thomas Ganschow

Francia-Recensio 2008/4 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

Evelyn Edson, Emilie Savage-Smith, Anna-Dorothee von den Brincken, Der mittelalterliche Kosmos. Karten der christlichen und islamischen Welt. Aus dem Englischen von Thomas Ganschow, Darmstadt (Primus Verlag) 2005, 128 p., 90 ill., ISBN 3-89678-271-1, EUR 69,00.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

André Joris, Sart lez Spa

Les illustrations sont splendides par leur nombre, leur choix, la qualité des reproductions en pleine et double page. Elles proviennent de manuscrits soigneusement datés et identifiés et sont commentées avec précision. Ce qui procure indiscutablement au lecteur intérêt et plaisir. Il faut en savoir gré aux auteurs. Le texte lui-même présente moins d’originalité, malgré deux ou trois mises au point appréciées dues à A.-D. von den Brinken, spécialiste renommée de ces questions, en ce qui concerne les portulans et les cartes médiévales, dans le deuxième chapitre (p. 56–77). Le »fil rouge« du récit suit fidèlement le parcours habituel de l’histoire des sciences et des arts, enfantés au cœur du Croissant fertile, développés par l’Égypte et les Grecs et diffusés grâce aux conquêtes d’Alexandre, puis de Rome, sur une bonne part de l’œcoumène. Miracle hellénistique qui se produit aussi en astronomie, en médecine, en philosophie, etc., sans parler de la tradition des arts et des techniques, encore bien mal connue, ni surtout de celle des croyances. Coup d’œil, en outre, sur la conception du cosmos au Moyen Âge, à base de copies d’auteurs antiques. Il serait bien imprudent de s’imaginer qu’elle constitue une doctrine également présente partout. C’est nous qui faisons la synthèse.

»Le legs de l’Antiquité« reprend brièvement les explications des penseurs grecs depuis Héraclite jusqu’à la synthèse d’Aristote en passant par Platon. Le destin étonnant de cette théorie relayée par Thomas d’Aquin est bien mis en lumière, encore que l’on eût souhaité quelque allusion à l’exploit intellectuel d’Ératosthène calculant avec un simple bâton la circonférence terrestre. Plus tard, ni la cosmologie d’Isidore de Séville, ni celle de Bède ne brillent par l’originalité, tandis qu’à l’époque carolingienne, les réalisations (encore visibles) de Théodulfe d’Orléans à Germigny-les-Prés méritaient au moins une mention, sinon une reproduction. Ce qui est ensuite attribué à juste titre au monde islamique provient en réalité – à peu de chose près – de la période hellénistique, à commencer par l’astrolabe (p. 25) et bien entendu par l’Almageste de Ptolémée. On pourrait aussi veiller à ne pas exagérer le rôle de l’astrolabe pour la navigation maritime, cet »appareil« étant d’un fonctionnement aléatoire en pareilles circonstances. Une incursion dans les domaines très proches de l’astrologie – volontiers confondue jusqu’en pleine époque moderne avec l’astronomie – et de la cartographie, autour de l’exclusive Table de Peutinger, complète heureusement l’exposé.

»L’image du monde dans l’Occident chrétien« signale d’abord les influences de la Bible au point de vue des quatre fleuves du paradis et de la traduction dans les cartes en rouelles (TO-Karten) de la répartition de l’humanité après Noé. Partant de la carte modèle figurant sur un manuscrit d’Oxford (1110), les auteurs réfutent la fable initiée au 19e siècle d’une conception médiévale d’un monde plat et démontrent opportunément le maintien de la conception grecque d’une forme sphérique, transmise notamment dans l’œuvre du stoïcien Crates de Mallos (2e s. av. J. C. ) par l’intermédiaire de Macrobe (ca. †420) et de son commentaire du fameux »Songe de Scipion«, dû à Cicéron. Au 13e siècle apparaîtront les cartes du monde dont les plus importantes sont celles d’Ebstorf et de Hereford dont l’histoire est retracée de façon sommaire mais satisfaisante. Sans doute faudrait-il tenir compte, en ce qui concerne leur élaboration et la portée qu’on leur attribue, des recherches pénétrantes de P. Gautier Dalché (Du Yorkshire à l’Inde, Paris 2005, p. 49 et suiv.) qui en souligne l’arrière-plan intellectuel et la portée plus pratique que l’on ne l’a cru. Remarque qui vaut aussi pour les portulans – en réalité livres de mer et non cartes marines – passés au scanner par le même et brillant spécialiste. Bien des idées toute faites succombent à cette analyse approfondie. Peut-être le rôle exact (Nord) de la stella maris et de la boussole (Kompaßkarten) pourrait-il être mieux mis en évidence. Le chapitre suivant qui évoque »L’image du monde dans l’Orient islamique« en présente une vision fort neuve et très détaillée. Celle-ci souligne opportunément la signification – et la postérité – du »Livre des curiosités«, composé entre 1020 et 1050 en Égypte et récemment découvert. Al-Idrisi, le premier, et ses successeurs s’en inspirent, orientant leurs cartes vers le Sud, d’où le Nil s’échappe du toit du monde. Production très riche, enrichie de multiples données, vraies ou imaginaires, fournies par les nombreux voyageurs arabes, dont les auteurs dressent un tableau fort suggestif et très parlant, grâce aux reproductions de première qualité qui sous-tendent leur texte. Ainsi en arrive-t-on finalement à »L’élargissement de l’horizon«, un paragraphe qui ne franchit pas les limites du 14e siècle, ou à peine, et qui met en valeur, tant au Nord qu’au Sud, marchands, pèlerins et vulgarisateurs, à savoir Marco Polo, Ibn Battutah et l’énigmatique Liégeois (?) Jean de Mandeville. Les découvertes techniques, géographiques, intellectuelles des Portugais, des Espagnols et de leurs rivaux sont encore à venir…

Une conclusion sommaire, quelques notes explicatives et une bibliographie réduite terminent sobrement l’exposé. On pourrait regretter que l’accent n’y soit pas mis davantage sur les progrès parallèles de la navigation maritime ou encore que les préoccupations des clercs et celles des marins soient si profondément opposées, à propos notamment des mappae mundi. Avec P. Gautier-Dalché, l’analyse serrée est plus proche du réel et du concret.

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E. Edson, E. Savage-Smith, A.-D. von den Brincken: Der mittelalterliche Kosmos (Joris André)
In: Francia-Recensio, 2008-4, Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)
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Dokument zuletzt verändert am: Feb 21, 2012 11:30 AM
Zugriff vom: May 24, 2012