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A. Bihrer: Der Konstanzer Bischofshof im 14. Jahrhundert (Valérie Vermassen)

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Andreas Bihrer, Der Konstanzer Bischofshof im 14. Jahrhundert. Herrschaftliche, soziale und kommunikative Aspekte

Francia-Recensio 2008/4 Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)

Andreas Bihrer, Der Konstanzer Bischofshof im 14. Jahrhundert. Herrschaftliche, soziale und kommunikative Aspekte, Ostfildern (Jan Thorbecke) 2005, 679 p., ISBN 3-7995-4518-2, EUR 75,00.

rezensiert von/compte rendu rédigé par

Valérie Vermassen, Leuven

Dans son introduction A. Bihrer remarque que l’étude des cours ecclésiastiques du Moyen Âge a été fort négligée en comparaison avec les recherches dédiées aux cours temporelles. Cette publication tend à combler cette lacune. Pendant l’hiver de 2002/03, l’auteur a soutenu sa thèse de doctorat »Der Bischofshof im Spätmittelalter. Herrschaftliche, soziale und kommunikative Aspekte am Beispiel von Konstanz in der ersten Hälfte des 14. Jh.s« à la faculté de Philosophie de l’université de Fribourg en Breisgau. La présente étude nous offre une version améliorée de sa thèse, complétée de littérature récente.

L’auteur explore les formes d’interaction et de communication à la cour épiscopale de Constance pendant la première moitié du XIVe siècle. L’ouvrage s’inscrit dans les recherches précédentes sur les évêques de Constance, plus précisément celles de Helmut Maurer, Ursula-Renate Weiss, Detlev Zimpel et Ludger Beckmann. Comme dans ces études antérieures, Andreas Bihrer examine particulièrement les actions épiscopales dans le champ des pouvoirs supra-régionaux. Il s’intéresse plus spécifiquement à l’influence de l’environnement épiscopal sur la ville de Constance et à l’auto-conscience des hommes de cour. À partir d’une approche culturelle, Bihrer crée un nouveau point de vue sur la cour épiscopale de Constance dans la première moitié du XIVe siècle, en étudiant les aspects autoritatif, social et communicatif de la cour. Après une analyse méthodique des concepts utilisés, l’auteur esquisse la situation concrète. Son but final est de construire un modèle qui explique le fonctionnement d’une cour épiscopale au Moyen Âge. Les sources disponibles sont préalablement historiographiques et diplomatiques. Bien que l’accent de cette recherche repose sur le microcosme de la cour épiscopale de Constance, l’auteur examine aussi les relations avec le pape, l’archevêque, le roi, les Habsbourg et la ville de Constance elle-même. Il constate qu’au XIVe siècle l’influence papale augmente, tandis que celle d’autres groupes diminue.

L’évêque possédait l’autorité temporelle et spirituelle, mais les chanoines et les fonctionnaires qui l’aidaient dans ses devoirs administratifs, cherchaient en même temps à agrandir leur droit de décision et de possession. Pourtant, il n’y avait pas question de tensions entre l’évêque et le chapitre de Constance dans la première moitié du XIVe siècle, parce que l’évêque ainsi que le chapitre défendaient la cause du pape en Avignon. Une autre évolution qui se manifeste à la cour épiscopale de Constance depuis la fin du XIIIe siècle est la disparition graduelle de la ministérialité. Des familles auparavant chargées de fonctions exécutives, qui vivaient parfois loin de l’évêché de Constance, se voyaient écartées de la cour et remplacées par la basse noblesse et des fonctionnaires habitant dans la région de Constance. Dès 1320, il était nécessaire de disposer de connaissances professionnelles si on voulait remplir une fonction à la cour épiscopale. En ce qui concerne les aspects sociaux, il est peu étonnant que les liens de famille, le patronat et le népotisme déterminaient les courants dominants à la cour épiscopale de Constance. Des partis rivalisants – le »Gravenpartei« et le »Klingenbergpartei« – essayaient d’influencer le choix d’un évêque et n’hésitaient pas à avoir recours aux armes. Le choix récurrent de deux évêques à la fois est le résultat direct des efforts des partis concurrents. L’auteur soutient l’hypothèse que l’auto-conscience de l’évêque se manifestait particulièrement dans ses insignes de pouvoir et pendant les jours fériés, et non pas par le mécénat des beaux arts. L’auto-conscience des hommes de la cour, au contraire, s’épanouissait en pratiquant l’architecture, les beaux arts, la littérature et l’historiographie. Toutes ces formes culturelles promouvaient leur cohérence comme groupe social. Le »Gravenpartei« ainsi que le »Klingenbergpartei« accentuaient par leurs expressions artistiques leur origine noble, leur manière de vivre courtoisement et leur formation approfondie. On pourrait dire que ces traits constituaient les éléments essentiels de l’identité des hommes de la cour. L’auteur remarque que l’augmentation des images héraldiques dans la première moitié du XIVe siècle doit être vue dans ce contexte. Des fonctionnaires roturiers acquéraient leurs positions à la cour plutôt par leur imitation de la façon de vivre noble-courtois que grâce à leurs talents. À part de vivre courtoisement dans l’environnement de l’évêque, la formation en droit canonique gagnait en importance pour les fonctionnaires, comme le démontre la reconstruction de la bibliothèque de la cour.

Dans sa conclusion, Bihrer esquisse clairement la structure et le fonctionnement d’une cour épiscopale au Moyen Âge. En même temps, il compare la cour épiscopale avec la cour séculière dans la même période. Contrairement à la succession d’un souverain séculier, celle d’un évêque posait plus de problèmes: comme l’évêque était dépourvu d’un héritier, la succession engendrait des disputes souvent féroces. La cour épiscopale jouait à ces moments-là un rôle stabilisant et assurait la continuation, renforçant ainsi l’influence et l’auto-conscience des hommes de la cour. Au fond, l’auteur constate que la cour épiscopale était surtout un environnement social, où des modes de vies ecclésiastiques et séculiers s’entremêlaient. La cour servait de centre de rencontre pour les élites régionales et culturelles, ce qui explique pourquoi la mentalité des hommes de la cour ne différait pas trop de la réalité à l’extérieur de la cour. Bref, on pourrait dire que la combinaison de ces trois perspectives de recherche – les aspects autoritatif, social et communicatif – permet d’expliquer des phénomènes comme par exemple le choix de deux évêques simultanés de différents points de vue. Une bibliographie bien élaborée et un registre pragmatique concluent cette étude profonde et très méritoire.

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A. Bihrer: Der Konstanzer Bischofshof im 14. Jahrhundert (Valérie Vermassen)
In: Francia-Recensio, 2008-4, Mittelalter – Moyen Âge (500–1500)
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