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E. Schmidt: Les colons allemands en Afrique

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Les colons allemands en Afrique et leur relation à l’autre: fascination, rejet, dépendance

Discussions 1 (2008)

Elisabeth Schmidt

Les colons allemands en Afrique et leur relation à l’autre: fascination, rejet, dépendance



Résumé

La presse des colons dans les colonies allemandes en Afrique n’était pas seulement une source d’informations mais jouait également un rôle important dans le processus de formation d’une communauté de colons. Le contact avec des populations étrangères força les colons à réfléchir à ce que être allemand voulait dire pour eux. La démarcation de leur groupe par rapport à d’autres comme fait indispensable à la création d’une identité collective permettait aussi l’élaboration d’une image idéale du colon allemand. Cette démarcation s’opérait dans les journaux coloniaux à l’aide d’arguments de race, de classe sociale et de différence culturelle. Quelles étaient les modalités de la perception de l’autre qu’on peut observer dans la presse coloniale? Quels étaient les stéréotypes et images utilisés dans ce contexte? Et comment s’en servait-on en vue de l’élaboration d’une identité de groupe des colons allemands?

Zusammenfassung

Die Presse der Siedler in den deutschen Kolonien in Afrika war nicht nur Informationsquelle, sondern spielte auch eine wichtige Rolle bei der Ausbildung einer deutschen Siedlergemeinschaft. Die Konfrontation mit fremden Völkern veranlasste die Siedler zu überdenken, was Deutschsein für sie bedeutete. Die Abgrenzung der Gruppe nach außen als Voraussetzung kollektiver Identität war Grundlage der Ausarbeitung eines Idealbildes des deutschen Siedlers. Sie diente aber auch Überlegungen darüber, wer von den Kolonien ferngehalten werden sollte. Die Abgrenzung geschah in den Kolonialzeitungen anhand von Argumenten der Rasse, sozialen Klasse und der kulturellen Differenz. In diesem Aufsatz wird den folgenden Fragen nachgegangen: Welche Modalitäten der Wahrnehmung des Anderen lassen sich in der Kolonialpresse erkennen? Welche Stereotypen und Bilder wurden dabei benutzt? Und wie wurden sie für die Ausarbeitung einer deutschen Siedleridentität eingesetzt?

Introduction

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Cet article se propose d’étudier un aspect particulier d’un travail de thèse en cours qui s’intéresse à la presse coloniale allemande en Afrique intitulé "La presse dans les colonies allemandes en Afrique: son rôle dans la construction identitaire des colons et dans l’exercice du pouvoir colonial 1884-1918".

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Le travail couvre la presse dans les quatre colonies allemandes en Afrique le Togo, le Cameroun, l’Afrique orientale allemande et le Sud-Ouest africain allemand, depuis les premiers protectorats instaurés en 1884 jusqu’à la perte des territoires coloniaux au cours de la Première Guerre mondiale.

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Ce travail s'appuie sur un corpus constitué essentiellement de journaux coloniaux (publiés dans les colonies allemandes). A son apogée juste avant la Première Guerre mondiale, la presse coloniale compta douze journaux qui paraissaient pour la plupart une à deux fois par semaine. Un autre type de sources utilisées sont les dossiers des administrations coloniales, tant à Berlin que dans les colonies.

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L’étude de la presse dans les différentes colonies allemandes en Afrique doit montrer les différences et les ressemblances du statut de la presse coloniale dans les communautés de colons. Quels furent les points de vues défendus, les questions débattues? Quelles stratégies d’identification peut-on observer du côté des colons et quels renseignements donnent-elles sur la colonisation allemande dans son ensemble? Dans quelle mesure reflètent-elles la situation coloniale et les relations complexes avec les populations africaines?

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La presse coloniale n’était pas seulement un moyen d’information mais aussi un forum de discussion pour le groupe assez hétérogène des colons. Elle était aussi un moyen d’exercer le pouvoir colonial en ce qu’elle contribuait à la diffusion des informations et facilitait le travail de l’administration. Enfin, elle était un moyen d’identification par lequel une communauté se constituait et communiquait.

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C’est sur ce dernier point que j’aimerais insister dans cet article: les modalités de la construction d’une identité collective des colons allemands et notamment le rôle que jouait ‘l’autre’ dans ce processus, étant donné que la situation coloniale donne un cadre particulier à la perception de l’autre à cause de l’asymétrie profonde des rapports de force entre colons et colonisés.

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En effet, l’image (stéréotypée) de l’autre fait partie intégrante du processus d’auto-identification, elle est nécessaire pour se démarquer des autres, pour justifier sa propre position. Cela était d’autant plus important dans le contexte colonial que le groupe des colons était très hétérogène du point de vue de leurs intérêts, de leurs moyens financiers, de leur éducation etc.

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La définition d’un 'bon colon' passait aussi par la critique des autres types de colons, notamment les Boers, mais aussi les Allemands de Russie ou de Palestine, installés en Afrique orientale allemande ou encore les Indiens.

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Dans cet article, il s’agit d’analyser la perception et la représentation de l’autre dans le contexte colonial et non pas de montrer l’autre lui-même. L’accent sera donc mis sur les modes de représentation et le média qui transmet la perception, c’est-à-dire la presse. Quels sont donc les arguments utilisés, les images et les stéréotypes auxquels les colons avaient recours dans leur presse? En quoi sont-ils révélateurs des conceptions qu’avaient les colons de l’entreprise coloniale en général?

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Pour répondre à ces questions, j’aimerais commencer par quelques remarques fondamentales sur les problèmes du discours colonial et le stéréotype, l’une de ses composantes essentielles. Ensuite, j’examinerai plus en détail deux points centraux dans le rapport des colons allemands aux divers ‘autres’ dans les colonies: les relations des colons allemands avec les populations africaines et en particulier la problématique des mariages mixtes ainsi que le rapport ambivalent aux autres colons présents dans les colonies.

Le discours colonial et l’usage du stéréotype

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D’une manière générale, notre perception de l’autre est nécessairement partielle. Celui qui regarde opère une sélection dans ce qu’il voit, des associations et prises de position inconscientes sont quasiment inévitables. Dans ce contexte, le stéréotype sert à donner un sens à ce que nous voyons en l’intégrant dans le monde des choses que nous connaissons déjà, à donner une structure à notre environnement. Il est un "raccourci mental", comme le décrit Rupert Brown, qui nous évite de devoir chercher à comprendre en détail chaque individu que nous rencontrons1.

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Mais, en même temps qu’il institue cet ordre qui nous permet de nous orienter dans le monde, le stéréotype permet aussi une perception sélective des faits qui ne prend pas en compte les éléments qui ne sont pas en accord avec le contenu des stéréotypes. Ce faisant, il fige l’image de l’autre, lui refuse sa spécificité. Le discours colonial en particulier tend à fixer les positionnements mouvants de l’autre et donc à normaliser sa différence.

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Homi Bhabha le montre de manière très précise dans son ouvrage "The location of culture" où il élabore une théorie du discours colonial. Bhahba y souligne les parallèles structurels et fonctionnels entre le stéréotype et le fétichisme au sens freudien. Tous les deux consistent à nier une différence (qui met en question l’image narcissique du moi) et à tenir cette angoisse occasionnée par l’apparition de l’autre à l’écart. L’autre dérange dans sa différence; le stéréotype (comme le fétiche) permettent de ‘normaliser’ la situation et de stabiliser l’identité (toujours précaire) formée auparavant.

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Dans le discours colonial, l’autre se voit assigner une identité fixe qui nie toute autre caractéristique et l’essentialise. Ce qui est inconnu et troublant peut – grâce au stéréotype – être assimilé à ce qui est connu et familier. Le rôle du stéréotype est donc profondément défensif.

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Bhabha décrit par ailleurs le stéréotype comme une des stratégies centrales du discours colonial, qui oscille entre ce qui est déjà reconnu comme toujours 'valable' et ce qui doit être répété sans cesse. Le stéréotype revêt donc une ambivalence fondamentale, il est un mode de représentation "complexe, ambivalent et contradictoire qui est aussi anxieux qu’affirmatif"2. En effet, dans le contexte colonial allemand, les clichés sur les Africains (paresse, immoralité, fausseté, etc.) sont répétés inlassablement comme si on ne pouvait jamais vraiment les prouver – en même temps ils sont présentés comme n’ayant pas besoin de preuve, allant de soi, étant universellement vrais. La répétition du stéréotype vient du fait qu’on peut domestiquer mais jamais éradiquer l’angoisse que provoque la différence de l’autre3.

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Le but pratique du discours colonial est de produire un savoir sur les colonisés qui permette de les contrôler et qui fonde leur exploitation, leur état de dépendance politique et économique. Ce savoir repose très largement sur des stéréotypes et vise ultimement à justifier le pouvoir colonial en présentant les colonisés comme un groupe intrinsèquement inférieur.

<17>

En effet, on peut dire que c’est le discours colonial qui 'produit' l’autre, le rend visible et donc maîtrisable. Le rôle de la presse dans ce contexte était primordial: les journaux coloniaux publiaient régulièrement des études anthropologiques décrivant les coutumes des peuples africains, des récits de voyages et très généralement des témoignages de lecteurs parlant de leur expérience de 'l’Africain'. La presse contribuait par cette accumulation de savoir à 'l’élaboration' de l’autre africain par les mécanismes ambivalents de fascination/rejet et appropriation/mise à distance.

<18>

Non seulement la représentation stéréotypée de l’autre sert à domestiquer des angoisses profondes, mais l’autre permet aussi à l’individu de préserver sa subjectivité face à l’adversité de l’autre. Au niveau des collectifs, la définition, par un groupe, d’un groupe minoritaire ou défavorisé permet de renforcer les liens à l’intérieur de ce premier groupe en gommant les conflits qu’occasionnent des intérêts divergents. La solidarité est souvent renforcée face à l’adversité. Ainsi, l’identification d’un groupe a besoin d’un autre qui lui est diamétralement opposé, sur ce plan on trouve une forme de dépendance qui lie colonisés et colonisateurs. Les colons allemands construisirent, aussi à l’aide de leur presse, plusieurs de ces groupes 'autres' desquels ils se démarquaient catégoriquement.

L’autre africain

<19>

Tout d’abord, c’étaient naturellement les peuples africains autochtones colonisés qui servaient de repoussoir à l’identification des colons. Dans la presse coloniale, les Africains sont toujours présentés de manière très péjorative: ils sont paresseux, sales, fourbes, immoraux. Quelques fois, des valeurs comme la loyauté de certains domestiques sont soulignées, mais il s’agit là d’exceptions assez rares (qui posent par ailleurs une autre représentation, celle de l’Africain bon, loyal et résigné à son sort, tout aussi stéréotypée et qui nie également sa subjectivité).

<20>

Le discours colonial tend à instituer l’autre africain comme inférieur 'racialement' pour justifier la conquête de territoires et l’établissement du pouvoir colonial. L’attitude des Allemands à l’égard des Africains était surtout marquée par la prétention au pouvoir absolu des colonisateurs sur les colonisés, mais aussi par les conceptions racistes et social-darwinistes. En effet, les idées de Darwin d’une sélection naturelle furent transposées et appliquées à la société humaine4, justifiant ce faisant les inégalités et injustices car elles étaient considérées comme 'naturelles'. Ainsi le Deutsch-Ostafrikanische Zeitung pouvait affirmer: "Willenskraft und Forschungstrieb, die den nordischen Germanen zum Kulturträger gemacht haben, (…)– waren keine vom Himmel gefallenen Wesenseigenschaften unserer Urväter, sondern im Kampfe um das Dasein im ungastlichen Norden erworbene, gestärkte und vererbte"5.

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Ce sont donc des idées de pureté raciale et de supériorité d’une race sur d’autres qui sont à la base du discours colonial6. On invoquait également très largement la théorie des différents niveaux de civilisation (Kulturstufen) selon laquelle des différences fondamentales existent entre les peuples qui n’ont pas tous les mêmes capacités et qualités, mais s’intègrent dans une hiérarchie où les cultures européennes se trouvent au sommet et les cultures des peuples 'non civilisés', comme les Africains, tout en bas de l’échelle.

<22>

L’affirmation par les colons allemands de leur germanité visait en premier lieu à maintenir la cohésion interne du groupe et l’identification forte de ses membres aux valeurs nationales. Un point important était l'affirmation du pouvoir qu'ils détenaient sur les populations africaines et dans ce contexte ils ne reculaient pas, le cas échéant, devant des actes de violence. Ainsi une grande partie des employeurs allemands dans les colonies revendiquait le droit de pouvoir infliger des punitions corporelles à leurs employés comme bon il leur semblait et sans avoir à rendre des comptes.

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La mise en scène de leur germanité sur le sol africain passait aussi par la célébration de fêtes authentiquement allemandes, une vie associative très riche, la défense de la langue allemande (avec l’attribution de noms géographiques allemands) et enfin par l’élaboration d’une histoire commune. Pour cela, le rôle des journaux était très important car ils participaient à la mise en place d’une mémoire collective institutionnalisée qui avait pour élément fédérateur central les guerres coloniales contre les populations africaines.

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Mais la construction identitaire des colons se faisait également par une délimitation du groupe par rapport à des groupes extérieurs, qui étaient exclus pour permettre une meilleure identification du groupe allemand. Ce processus de définition par la négative reflète l’interdépendance de l’identité et de l’altérité dans le positionnement des colons en terre africaine.

<25>

La vie quotidienne des colons faisait cependant apparaître un certain nombre de problèmes, en rapport avec leur conception de la hiérarchie des races humaines et la condamnation du "mélange des races". Or, le manque de femmes blanches – à la veille de la Première Guerre mondiale encore, environ 70% des colons étaient célibataires ou veufs7 – favorisait les unions d’hommes allemands avec des Africaines. L'existence de ces unions montre l'ambivalence des rapports des colons à l'autre africain.

Les mariages mixtes

<26>

Il y eut quelques cas de mariages mixtes dans les colonies allemandes. Ces mariages se faisaient toujours entre un Allemand et une Africaine, l’inverse n’étant pas envisageable dans la société de l’époque vu le statut de la femme allemande, considérée comme porteuse de culture (Kulturträgerin) par excellence8.

<27>

En 1905 fut instaurée l’interdiction de célébrer des mariages civils entre Allemands et Africaines dans le Sud-Ouest africain allemand, interdiction mise en place dans les autres colonies au cours des années suivantes. La légalité de l’interdiction fut contestée par les juristes et des contournements étaient possibles si le mariage était célébré dans un pays voisin, ou si la mariée avait acquis une nationalité "non-africaine", par exemple par un précédent mariage.

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Cette interdiction suscita un grand émoi et la discussion autour des mariages mixtes prit une place importante dans la vie publique des colonies, alors qu’il n’y avait en tout que 166 couples mixtes mariés dans toutes les colonies allemandes en 1907/089.

<29>

La stigmatisation sociale qui frappait ces couples était très forte: ils étaient exclus de certains clubs et associations, leurs enfants n’avaient pas le droit de fréquenter les écoles allemandes et dans le Sud-Ouest africain le paragraphe §17f du code de l’administration autonome déniait aux Allemands ayant épousé une Africaine le droit de vote au conseil régional10.

<30>

En Allemagne, le parlement tenta d’instaurer une protection légale des couples mixtes et de leurs enfants, et vota en mai 1912 une résolution qui demandait une loi garantissant "la validité des mariages entre Blancs et indigènes dans tous les protectorats allemands" et réglant "le droit des enfants naturels (…) auxquels le Code civil ne s’appliqu[ait] pas alors"11. Cette résolution suscita un véritable tollé dans toutes les colonies et fut qualifiée d’"incroyable"12 et de "décision insensée"13. Le projet, qui visait la légitimation des mariages mixtes et le soutien financier des enfants illégitimes par leur père allemand, était cependant également contesté en Allemagne, et le Bundesrat le rejeta en juin 1912.

<31>

Dans les colonies et dans les cercles pro-coloniaux allemands, on craignait que les mariages mixtes n’encouragent une "bâtardisation" de la colonie14. Aux yeux des colons, il était avéré que les “bâtards” héritaient des traits de caractères les moins favorables des deux parents15. On parlait également de "méli-mélo de races"16 et l’on dénonçait "les chimères rousseauistes de l’égalité de tous les hommes"17. Le mariage mixte était vu comme un "danger national"18 remettant en question la fierté de la race et l’honneur du peuple allemand. Le Deutsch-Ostafrikanische Zeitung publia à ce sujet la lettre d’une femme colon blanche. Elle s’insurgeait contre le fait que les Africaines, "assimilables à des femelles de gorilles"19 selon elle, fussent par le biais du mariage mixte considérées comme les égales des Allemandes. L’homme blanc qui épousait une Africaine encourait en outre le danger imminent de "Verkafferung" (une dégénérescence causée par la vie en commun avec des individus de race inférieure) et lui ainsi que ses enfants étaient perdus pour la communauté culturelle des colons allemands.

<32>

Seuls quelques colons au Sud-Ouest africain se prononcèrent en faveur de la légalisation des mariages mixtes. Ils y voyaient un avantage pour les Allemands et faisaient remarquer que l’éducation allemande des enfants métis contribuait au rayonnement du "caractère et des coutumes allemandes"20; mais ces colons constituaient une minorité. Les journaux sud-ouest africains publièrent des lettres de lecteurs exprimant de telles positions, mais les commentèrent aussitôt en exprimant le désaccord de la rédaction21.

<33>

L’interdiction des mariages entre Allemands et Africaines ne pouvait d’ailleurs rien contre les unions libres et les naissances d’enfants illégitimes. Les relations sexuelles avec des Africaines étaient certes stigmatisées socialement mais plus ou moins tolérées – au nom de la "frustration sexuelle"22 du colon allemand. Comme le formulait un colon dans Südwest, il y avait deux réponses très différentes à la question de savoir si un colon célibataire pouvait avoir des relations avec une Africaine: "Du point de vue de la race, de l’hygiène et de la morale actuelle la réponse est: Non! La jeunesse et l’instinct naturel répondent: Oui!"23. Apparaissaient alors les contradictions internes du raisonnement de la majorité des colons, qui admettaient les relations de colons célibataires avec des Africaines mais fustigeaient la présence d’enfants métis dans la colonie, et s’opposaient à la légalisation de ces unions par le mariage, qui aurait accordé des droits substantiels à l’épouse et aux enfants. Cet exemple montre très bien l’ambivalence des rapports aux Africains, marqués en même temps par le rejet et la fascination. Il renvoie également à la morale hypocrite des colons (de sexe masculin) qui s’autorisaient des aventures érotiques mais refusaient d’en assumer les conséquences.

Qu’est-ce qu’un bon colon?

<34>

Tout au long de la période coloniale, la population allemande dans les colonies resta assez modeste. En effet, la grande majorité des émigrés allemands de l'époque quittaient l'Allemagne en direction des Amériques. Face à ce problème, il y avait deux attitudes: les uns voulaient encourager l'immigration massive d'Allemands dans les colonies (par divers avantages) mais la compléter par des colons d'autres origines européennes s'il n'y avait pas suffisamment d'Allemands. Les autres prônaient l'arrivée de colons allemands uniquement pour faire des colonies de véritables terres allemandes. Cependant, l'arrivée de colons d'extraction modeste (qui ne réussissaient pas toujours à gagner leur vie dans les colonies) changea les débats. Les débats dans les journaux coloniaux témoignent du fait que la demande des colons pour une réglementation de l'immigration s'accroissait, ils exigeaient une sélection plus stricte des nouveaux arrivants pour éviter l'arrivée de colons démunis.

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La plupart des colonies instaurèrent alors une caution à déposer à l’entrée dans la colonie pour dissuader les immigrants pauvres24. Ces dispositions légales furent complétées par une réglementation du rapatriement des 'Blancs démunis'. Ces derniers étaient rapatriés en Allemagne car ils nuisaient au prestige du groupe des colons blancs. Les journaux affirmaient qu'on ne voulait pas de "gens qui avaient raté leur vie" dans les colonies ni d'"aventuriers" non plus25.

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Ainsi un des critères les plus importants selon lesquels on jugeait les différents types de colons dans la presse coloniale était le succès économique. Un colon qui réussissait à s’implanter durablement dans le pays et à (bien) vivre de son travail ne pouvait pas être mauvais.

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D’autres critères comprenaient le fait d’être travailleur ou pas, le niveau culturel et l’éducation du colon, son patriotisme (loyauté à l’empereur, accomplissement du service militaire) et son attachement à la culture allemande (avec sa langue, ses traditions, la participation la vie associative et aux manifestations culturelles).

<38>

En élaborant ces critères d'un bon colon, les colons allemands tentaient également de se démarquer des autres communautés de colons, comme les Boers ou les "Allemands ethniques" de Russie ou de Palestine, ou encore les commerçants d’origine indienne en Afrique orientale allemande.

Les Indiens: "parasites" ou indispensables au développement de la colonie?

<39>

Le groupe des Indiens était traditionnellement implanté sur la côte de l’Afrique orientale, bien avant l’arrivée des Allemands. Cette communauté, composée de commerçants pour la plupart, était bien établie dans le pays, et ses contacts commerciaux dans la région de l’océan indien en faisaient un facteur important dans l’économie du pays. Ainsi, ils présentaient une concurrence considérable pour les commerçants allemands qui désiraient s’installer dans la colonie. Cette rivalité sur le plan économique peut expliquer en grande partie l’hostilité des colons allemands à l’encontre des Indiens.

<40>

Dans la presse coloniale, les Indiens sont construits comme un groupe homogène par les colons alors qu'ils étaient très hétérogènes du point de vue de leur origine ethnique, de leur langue, leur religion etc. Cela se traduit par l'utilisation généralisée du singulier 'l'Indien' dans les journaux, qui nie la complexité du groupe, et rend possible la stigmatisation. Ainsi, la figure de 'l’Indien' que construisent les journaux d'Afrique orientale, est une figure détestable tout au long de la période coloniale. Dès le départ les Indiens sont stigmatisés comme des "parasite[s]"26 et de la "vermine"27.

<41>

Des stéréotypes antisémites leur sont attribués également de manière constante, stéréotypes qui avaient déjà la vie dure en Europe: 'l’Indien' est "le petit Juif colporteur"28, un "usurier" qui ne cherche que le profit personnel et n’a pas de conscience. "Seuls les sacs remplis d’argent sont leur patrie.", affirme le Deutsch-Ostafrikanische Zeitung29. On reprochait notamment aux commerçants indiens d’avoir fourni des armes aux Africains qui se battaient contre les Allemands pendant la guerre de Maji-Maji (1905-1907). De plus, les journaux soutenaient que les Indiens envoyaient l’argent qu’ils gagnent chez eux en Inde pour soutenir leur famille au lieu de l’investir dans la colonie.

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Les journaux d’Afrique orientale allemande prônaient régulièrement des restrictions d’immigration indienne et un contrôle plus strict de leurs activités commerciales. Ils émettaient également le souhait que d’autres Européens comme les Grecs par exemple puissent les remplacer dans leur rôle d’intermédiaires entre les Africains et les grands commerçants sur la côte. Or, ce souhait était finalement illusoire étant donné la solide implantation des Indiens dans le système économique de la colonie. L’ambivalence du rapport aux Indiens résultait du fait qu’ils étaient des concurrents mais que les Allemands avaient besoin d’eux économiquement.

<43>

Dans le cas des Indiens, des stéréotypes antisémites furent transposés dans le contexte colonial ce qui montre que les stéréotypes sont très persistants et sont facilement adaptables à de nouvelles situations. En effet, aux yeux des colons les Indiens ne pouvaient pas être assimilés aux Africains puisqu’ils venaient d’un pays avec une longue tradition culturelle (qu'on déniait aux Africains). Ce fut alors l’application des stéréotypes antisémites qui permit tout de même de les déprécier.

Les Boers: des colons désirables?

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Les Boers étaient les descendants des colons européens (néerlandais et allemands principalement) qui s’étaient installés en Afrique du Sud à la fin du XVIIe siècle. Un certain nombre d’entre eux vivaient dans le Sud-Ouest africain allemand, surtout dans le Sud de la colonie et en Afrique orientale allemande. Dans certaines régions du Sud-Ouest africain, ils étaient même plus nombreux que les colons allemands et représentaient jusqu'à 80% de la population blanche30. Les avis sur leur présence dans les colonies divergeaient. Ils étaient d’origine allemande certes mais on y voyait tout de même un danger pour le caractère allemand des colonies et on craignait la mauvaise influence de leur mode de vie ; en effet, un petit nombre d’entre eux, les "Treckboers", étaient nomades et assez pauvres.

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La question de l’immigration de Boers dans le Sud-Ouest africain se posa en particulier au moment de la guerre des Boers. Peu de temps après le début des hostilités, des réfugiés boers commencèrent à arriver dans le Sud-Ouest africain allemand. Parmi les colons et l’administration coloniale, la peur de voir s’installer une population pauvre était très forte. Mais une majorité de colons estimait que l’installation des "rebelles du Cap"31 dans le Sud-Ouest africain allemand pouvait être profitable à la colonie, à condition de n’admettre que des Boers "compétents"32. Les Windhuker Nachrichten y virent une façon de consolider la présence germanique en Afrique du Sud33. De plus, accueillir les Boers était une occasion de prendre position contre l’Angleterre, l’ennemi héréditaire de l’Allemagne en Afrique du Sud. Contrairement aux attentes des colons, les Boers ne vinrent pas s’installer dans la colonie en grand nombre dans le contexte de la guerre, et parmi les réfugiés, beaucoup retournèrent chez eux après la fin des hostilités34.

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La situation en Afrique orientale allemande était comparable, même si le nombre de Boers installés dans ce pays était beaucoup moins important. Mais ici aussi on leur reprochait dans les journaux coloniaux leur vie de "vagabonds"35, incompatible avec l’image du pionnier vivant sur les terres qu’il a défrichées. En cela leur présence était présentée comme nuisant au prestige de la race blanche qui n’était pas nomade par définition.

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En plus, la présence de Blancs pauvres mettait en question la hiérarchie des races qui voulait que les Blancs aient forcément un niveau économique plus élevé que les Africains. Les Boers étaient également des chasseurs passionnés. On leur reprochait alors de tuer le gibier sans distinction et sans raison valable et de ne pas respecter les règles du code de conduite des chasseurs – vieille tradition en Allemagne – alors que les Allemands, eux, prétendaient respecter et protéger la nature pour pouvoir en profiter encore pendant longtemps.

<48>

Cependant, comme les journaux le soulignaient, les Boers avaient aussi contribué à la mise en valeur de la colonie en travaillant comme transporteurs de marchandises avec leurs attelages de bœufs dans des régions où il n’y avait pas de lignes de chemins de fer. Ils avaient alors aussi servi de pionniers et ils avaient pu le faire parce que, contrairement aux Allemands souvent trop 'cultivés', ils avaient gardé leurs dispositions et forces naturelles: "Warum wird der Deutsche mit Gewalt auf Staatskosten geistig so hochgeschroben, daß er das einsame Steppenleben nicht mehr verträgt?"36. En cela les Boers étaient donc supérieurs aux Allemands; dans d'autres articles on leur reprochait cependant aussi un manque de culture qui contredit ce point positif.

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Les partisans d’une immigration des Boers invoquaient l’expérience qu’avaient ces derniers de l’agriculture et de l’élevage dans l’environnement hostile de l’Afrique australe ainsi que leurs bons rapports avec les Africains, qu’ils savaient faire travailler. Ils soulignèrent également la parenté raciale qui liait les Boers et les Allemands et qui pouvait être un moyen pour surmonter la différence culturelle. De l’autre côté, ceux qui s’opposaient à une immigration forte avançaient le manque d’éducation et l’esprit indépendant des Boers qui n’allaient pas forcément s’intégrer à la société allemande et se montrer loyaux à l’égard de l’Empire allemand. Ainsi, une forte présence boer risquait à terme de submerger la culture allemande. Dans ce dernier cas la différence culturelle s'avérait donc comme insurmontable37.

Les Allemands de Russie et de Palestine

<50>

Un autre groupe de colons important (non pas par leur nombre mais du point de vue de la discussion soulevée par leur arrivée en Afrique orientale) étaient les colons d’origine allemande venus de Russie et de Palestine. Ils s’installèrent dans la région du massif du Méru, entre 1906 et 1912. Les avis à leur égard divergeaient assez fortement.

<51>

La presse souligna comme positif le fait qu’il s’agissait d’Allemands, la parenté raciale devrait garantir leur succès dans la colonie et contribuer à en faire un pays allemand en terre africaine. Ils parlaient allemand et avaient de l’expérience en ce qui concernait la préservation du Deutschtum dans un environnement étranger38. De plus, ils savaient travailler et étaient des agriculteurs et artisans capables.

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De l’autre coté cependant, on doutait que les Allemands de Russie fussent de vrais Allemands, puisqu’ils vivaient depuis si longtemps en Russie, n’avaient plus la nationalité allemande et n’avaient pas accompli leur service militaire. Du coup, il était aussi permis de douter de leur attachement à l’Empire et à l’empereur.

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Très vite, presque la moitié des familles rentraient en Russie, car leurs exploitations agricoles étaient un échec. L’Usambara-Post constate que les Allemands de Russie n’avaient finalement gardé de leur Deutschtum que la langue allemande, qu’ils étaient querelleurs et que leur retour en Russie n’était pas vraiment à regretter.

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Les Allemands de Palestine, en revanche, qui ne vivaient que depuis 30 ans en Palestine, avaient gardé des contacts plus étroits avec l’Allemagne. Ils réussirent à s’installer durablement, et étaient décrits comme de véritables pionniers allemands, "téméraires et viriles" et "endurants"39.

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Il est intéressant de noter que l’argument racial, si déterminant dans les rapports des Allemands avec les Africains, n’était pas décisif dans le débat autour du statut à accorder aux Boers pour les intégrer pleinement dans la société coloniale allemande. L’identité nationale des colons se construisit sur une différenciation du groupe des Boers qui trouvait sa justification dans l’appartenance des Boers à une culture et une langue à part.

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Mais c’est encore plus la discussion autour des colons d’extraction allemande venus de Russie et de Palestine qui frappe le lecteur de la presse coloniale: en fait, l’extrême exclusivité sur laquelle se fondait le groupe des colons allemands faisait que même des colons d’origine allemande étaient regardés avec méfiance.

Conclusion

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Dans les rapports entre colonisé et colonisateur la peur et le désir s’entremêlent. L’usage du stéréotype permit aux colons d’apprivoiser leurs peurs et consolider leur propre groupe. Cet usage des stéréotypes est évidemment lié à la situation coloniale mais nous avons vu aussi que certains stéréotypes utilisés étaient tirés d’autres contextes.

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Dans les colonies, en présence d’autres peuples et cultures, les colons allemands durent en effet re-définir ce qu’être allemand voulait dire pour eux. Se démarquer des autres apparaissait comme condition d’une identité collective qui insistait sur des valeurs comme la liberté et l’indépendance du colon qui possède la terre qu’il travaille, fonde une famille avec une femme blanche, travaille beaucoup et gagne sa vie avec le travail de ses mains. Le colon idéal était, de plus, industrieux, bien éduqué et participait aux manifestations culturelles de la communauté allemande.

<59>

Le groupe des colons allemands fit donc preuve d'un élitisme marqué, se démarquant fortement de tous les autres groupes présents dans les colonies selon des critères de race, de classe et de différence culturelle.

Auteur

Elisabeth Schmidt
elisabeth.schmidt@yahoo.fr

1 "One primary function of stereotypes is that they act as mental short-cuts to save us the trouble of having to investigate and apprehend each person we encounter in depth.", Rupert Brown, Prejudice: Its Social Psychology, Oxford 1995, p. 103.

2 Homi K. Bhabha, The location of culture, Londres 1994, p. 67.

3 Pour une explication très accessible des idées de Bhabha voir Derek Hook, The Racial Stereotype, Colonial Discourse, Fetishism, and Racism, in: Psychoanalytical Review 92 (octobre 2005), p. 701-734.

4 Développée par Herbert Spencer notamment, cette transposition (qui était par ailleurs étrangère à la pensée de Darwin) avait été largement diffusée en Allemagne par les écrits de Gobineau et Chamberlain ou encore ceux de Gumplowicz.

5 Deutsch-Ostafrikanische Zeitung 73 (1910).

6 Bhabha, Location of culture (voir n. 2), p. 74.

7 Karen Smidt, "Germania führt die deutsche Frau nach Südwest": Auswanderung, Leben und soziale Konflikte deutscher Frauen in der ehemaligen Kolonie Deutsch-Südwestafrika 1884-1920. Eine sozial- und frauengeschichtliche Studie, Münster 1995, p. 97.

8 Dans les colonies allemandes en Afrique, nous n'avons pas trouvé de trace d’un mariage d’une femme allemande avec un Africain. Il y eut cependant des mariages célébrés en métropole. Dans un cas, en 1905, un tel couple tenta de s’installer en Afrique orientale allemande d’où le mari était originaire mais les autorités allemandes leur refusèrent l’entrée dans la colonie et les renvoyaient en Allemagne aux frais du gouvernement.

9 Birthe Kundrus, Moderne Imperialisten: Das Kaiserreich im Spiegel seiner Kolonien, Cologne 2003, p. 220.

10 Le conseil régional se battit pour la reconnaissance des mariages conclus avant 1905 et obtint en partie gain de cause en 1912. Le code de l’administration autonome fut modifié et les colons ayant épousé une Africaine avant 1905 recouvraient leur droit de vote au conseil régional. Le gouverneur souligna en même temps qu’il était contre toute nouvelle tentative de conclure des mariages mixtes, position que le conseil régional appuya.

11"die Gültigkeit der Ehe zwischen Weißen und Eingeborenen in allen deutschen Schutzgebieten", "das Recht derjenigen unehelichen Kinder (…), auf welche etwa das Bürgerliche Gesetzbuch zur Zeit keine Anwendung findet", Südwest 48 (1912).

12 "unglaublich", Südwest 48 (1912).

13 "törichter Entschluss", Deutsch-Ostafrikanische Zeitung 33 (1912).

14 "Verbastardisierung", Südwest 50 (1912).

15 Lüderitzbuchter Zeitung 36 (1911).

16 "Rassenmischmasch", Südwest 63 (1912); "Rassenvermanschung", Deutsch-Ostafrikanische Zeitung 33 (1912).

17"die Rousseauschen Wahnideen von der Gleichartigkeit aller Menschen", Deutsch-Südwestafrikanische Zeitung 46 (1912).

18 "nationale Gefahr", Südwestbote 6 (1911).

19 "halbe Gorillaweibchen", Deutsch-Ostafrikanische Zeitung 51 (1912).

20 "deutsches Wesen und deutsche Sitte", Südwestbote 93 (1912).

21 Ibid.

22 "sexuelle Not", Usambara-Post 11 (1912).

23 "Der Rassenstandpunkt, die Hygiene und die derzeitige Moral antworten mit Nein! Jugend und Naturtrieb mit Ja!", Südwest 25 (1914).

24 Des décrets réglant l'immigration et le rapatriement de Blancs démunis furent promulgués dans le Sud-Ouest africain dès 1905, en Afrique orientale et au Cameroun en 1912.

25 "verkrachte Existenzen", "Abenteurernaturen", Deutsch-Ostafrikanische Zeitung 26 (1906).

26 Deutsch-Ostafrikanische Zeitung 13 (1910).

27 Deutsch-Ostafrikanische Zeitung 72 (1911).

28 "hausierender Kleinjude", Deutsch-Ostafrikanische Zeitung 13 (1910).

29 "Nur die Geldsäcke, das ist ihre Heimat." Deutsch-Ostafrikanische Zeitung 72 (1911).

30 Kundrus, Moderne Imperialisten (voir n. 9), p. 101.

31 "Kaprebellen", Deutsch-Südwestafrikanische Zeitung 7 (1903).

32 "tüchtig", ibid.

33 Windhoeker Anzeiger 13 (1900).

34 Deutsch-Südwestafrikanische Zeitung 36 (1902).

35 Usambara-Post 16 (1905).

36 Deutsch-Ostafrikanische Zeitung 32 (1907).

37 Kundrus, Moderne Imperialisten (voir n. 9), p. 102-103.

38 "mit deutscher Zähigkeit Generationen hindurch in der Fremde am Deutschtum festgehalten", Usambara-Post 57 (1906).

39 "mannhaft tapfer", "zäh", Deutsch-Ostafrikanische Zeitung 3 (1912).

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Zitation
 
: Les colons allemands en Afrique et leur relation à l’Autre: fascination, rejet, dépendance .
In: Das Andere. Theorie, Repräsentation und Erfahrung im 19. Jahrhundert (4. Sommerkurs des Deutschen Historischen Instituts, 2007) - L’autre. Théorie, représentation, vécu au XIXe siècle (4e université d’été pour jeunes chercheurs de l’Institut historique allemand, 2007), hrsg. von / éd. par Mareike König, Jörg Requate, Carole Reynaud-Paligot (discussions, 1)
URL: http://www.perspectivia.net/content/publikationen/discussions/discussions-1-2008/schmidt_colons
Veröffentlicht am: May 24, 2013
Zugriff vom: May 24, 2013
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