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B. Kuzmany: La ville de Brody au cours du long XIXe siècle

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La ville de Brody au cours du long XIXe siècle

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Börries Kuzmany

La ville de Brody au cours du long XIXe siècle:

L 'histoire d 'une contre-performance?


Résumé:

La ville de Brody en Galicie autrichienne, située aujourd 'hui en Ukraine occidentale, devint ville frontalière de l 'Empire des Habsbourg suite au Premier partage de la Pologne en 1772 et l 'est restée jusqu 'à 1918. Cet article esquisse le portrait de cette ville au cours du (très) long XIXe siècle en étudiant une période s 'étalant sur presque 150 ans, jusqu 'à la veille de la Première Guerre mondiale. A première vue, la notion de contre-performance s 'impose: des critères objectifs comme la croissance économique et démographique, tout comme la perception de contemporains connus à l 'instar de l 'écrivain Joseph Roth, qui décrit Brody comme le symbole éternel de la périphérie, invitent à un tel constat. Cette étude conteste cet avis car beaucoup de témoignages produits à partir de la seconde moitié du XIXe siècle ont ignoré l 'importance de Brody jusqu 'en 1800, et ont projeté le présent sur le passé. L 'article s 'attachera également à relativiser dans une certaine mesure cette contre-performance économique et démographique car, par rapport à la Galicie, ce déclin doit plutôt être perçu comme une normalisation ou même une intégration réussie dans les structures de la province.

Zusammenfassung:

Das heute in der Westukraine gelegene Brody wurde im Zuge der Ersten Teilung Polens 1772 Teil der Habsburgermonarchie und war rund 150 Jahre lang die nordöstlichste Grenzstadt des Landes. Der vorliegende Beitrag behandelt die gesamte österreichische Zeit exklusive des Ersten Weltkriegs. Auf den ersten Blick scheint der Begriff der Misserfolgsgeschichte auf der Hand zu liegen: Messbare Kriterien wie das Wirtschafts- oder Bevölkerungswachstum untermauern diese Ansicht genauso wie die Wahrnehmung berühmter Zeitgenossen, etwa von Joseph Roth, der Brody in seinen Werken als das Symbol für Peripherie verewigt hat. Dieser Artikel soll diese einseitige Darstellung hinterfragen, da viele der Zeugnisse zu Brodys Geschichte aus der Zeit des ökonomischen Niedergangs der Stadt in der zweiten Hälfte des 19. Jahrhunderts stammen und zu wenig Bedacht auf die immense Bedeutung Brodys bis 1800 gelegt wird. Diese Untersuchung möchte ferner die wirtschaftliche und demographische Misserfolgsgeschichte aus galizischer, also regionaler Perspektive hinterfragen. Hier zeigt sich nämlich, dass der Niedergang eher als eine Normalisierung, ja teilweise sogar als eine Notwendigkeit für eine erfolgreiche Integration in die Strukturen des Kronlands wahrgenommen wurde.

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La ville de Brody en Galicie autrichienne, située aujourd 'hui en Ukraine occidentale, devint ville frontalière de l 'Empire des Habsbourg suite au Premier partage de la Pologne en 1772 et l 'est restée jusqu 'à 1918. Cet article esquisse le portrait de cette ville au cours du (très) long XIXe siècle en étudiant une période s 'étalant sur presque 150 ans, jusqu 'à la veille de la Première Guerre mondiale. A première vue, la notion de contre-performance s 'impose: des critères objectifs comme la croissance économique et démographique, tout comme la perception des contemporains connus comme l 'écrivain Joseph Roth, qui décrit Brody comme le symbole éternel de la périphérie, invitent à un tel constat. Cette étude conteste cet avis parce que beaucoup de témoignages qui ont été produits à partir de la seconde moitié du XIXe siècle ont ignoré l 'importance de Brody jusqu 'en 1800, et ont projeté le présent sur le passé. L 'article veut aussi relativiser dans une certaine mesure cette contre-performance économique et démographique parce que, par rapport à la Galicie, ce déclin doit être perçu plutôt comme une normalisation ou même une intégration avec succès dans les structures de la province.

Grandeur et décadence économique de la ville de Brody

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A partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, Brody s 'établie successivement comme centre de commerce dépassant le cadre local et régional. Il doit son essor au soutien des différentes familles de la haute aristocratie qui ont possédé Brody pendant des siècles1. Dès le milieu du XVIIIe siècle, la ville doit être considérée comme espace de transfert économique entre l 'Ouest et l 'Est et inversement. Elle correspond donc parfaitement à la définition de Schmale d 'une région historique dans le réseau transeuropéen d 'échange économique, culturel, religieux, intellectuel et politique2. Les villes partenaires de Brody sont surtout Leipzig (Lipsk) à l 'Ouest et Berdyčiv (Berdyczów, Berdičev) à l 'Est avec leurs très importantes foires. Brody devient alors une plaque tournante pour l 'échange des matières premières orientales comme la cire, le miel, le lin, le chanvre, les fourrures et le suif avec des biens manufacturés occidentaux comme les étoffes de coton anglaises, les faux styriennes, les biens dit nurembergeois et surtout la soie lyonnaise3.

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Le Premier partage de la Pologne entre la Prusse, la Russie et l 'Autriche établit une nouvelle frontière à dix kilomètres de Brody, menaçant de couper les anciens liens économiques et de mettre fin au rôle que jouait la ville auparavant. La bureaucratie autrichienne, bien établie dans le nouveau chef-lieu du Pays de la Couronne de la Galicie à L 'viv (Léopol, Lemberg, Lwów, L 'vov), comprend très vite l 'importance de Brody, car le volume des échanges commerciaux est huit fois supérieur à celui de L 'viv et constitue la moitié de tout le commerce de la nouvelle province4. Dès le début les gouverneurs autrichiens accordent des exemptions aux réglementations commerciales afin que la nouvelle frontière douanière ne nuise pas aux échanges commerciaux de Brody. En 1779, la Cour réunit tous les règlements dans un document légal: Brody et ses alentours septentrionaux sont déclarés zone franche, ce qui garantit au commerce de transit de continuer sans perturbations5.

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Ce privilège de libre-échange constitue en soi quelque chose de nouveau. Des villes franches existent déjà au XVIe siècle, et dans l 'Empire des Habsbourg, Trieste (Triest, Trst) et Rijeka (Fiume) sont exemptes de droits de douane dès 17196. Mais jusque là, les zones franches se trouvaient dans ou autours de villes portuaires, où les marchandises de n 'importe où pouvaient circuler librement du fait de l 'accès à la haute mer. La zone franche de Brody, par contre, se trouve à l 'intérieur du continent, et représente une zone neutre d 'abord entre l 'Autriche et la Pologne; après 1795 la Russie prend la place de la Pologne. Coincé entre deux pays, Brody peut servir de plaque tournante commerciale dans la mesure où les deux Etats le permettent seulement.

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A la fin du XVIIIe siècle, Brody devient un modèle pour d 'autres villes galiciennes qui obtiennent des privilèges de libre-échange similaires pour stimuler le commerce, et ainsi augmenter la prospérité de tout le Pays de la Couronne. En 1784, Podgórze est déclaré ville franche; Biała suit en 17897. Le cas de Podgórze est particulièrement intéressant. Cette ville est l 'ancienne banlieue de Cracovie (Krakau, Kraków). Située sur la rive droite de la Vistule, elle fait partie dès 1772 de la Galicie autrichienne. C 'est à la faveur de la formation de cette nouvelle frontière entre Cracovie et Podgórze que cette dernière peut sortir de sa situation marginale et concurrencer sa voisine trop puissante. Cette situation rappelle la relation entre Brody et Radyvyliv (Radzivilov, Radzyvyliv, Radziwiłłów, Červonoarmijs 'k) mais l 'évolution se fait en sens contraire. Radyvyliv, vis-à-vis de Brody, gagne aussi en importance grâce à la frontière séparant les deux villes voisines. Parmi les arguments les plus valables des avocats du privilège de libre-échange de Brody est avancée toujours la nécessité de repousser le concurrent8.

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A l 'étranger, le privilège de Brody fait aussi école. Quand le Duché de Varsovie annexe la Galicie occidentale (à ne pas confondre avec le Pays de la Couronne de la Galicie, dont Brody fait partie) suite au traité de paix de Vienne de 1809, son gouvernement accorde à Terespol, ville frontalière avec l 'Empire russe, un privilège de libre-échange en 1810. Cela provoque immédiatement des soucis pour les autorités autrichiennes qui craignent que Terespol ne prenne la place de Brody comme plaque tournante commerciale entre l 'Europe centrale et la Russie9.

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Ces appréhensions s 'avèrent infondées. Pendant l 'époque napoléonienne, aucune ville de l 'Europe de centre-est en dehors de Brody ne connaît une telle intensité d 'échanges des biens commerciaux. L 'Empire autrichien dépend fortement des denrées coloniales importées légalement ou illégalement à Brody, surtout après que l 'Autriche a été obligée de céder son littoral (les Provinces illyriennes) à la France en 1809. Les autorités à Vienne sont si inquiètes qu 'elles exigent tous les trois mois un rapport de l 'inspectorat des douanes de Brody10.
En France on est aussi instruit des activités à Brody. Dans les bulletins quotidiens adressés à Napoléon on trouve plusieurs mentions de la vaste contrebande dans cette ville frontalière
11. Les consuls français à Leipzig et Varsovie évoquent souvent les voies de circulation des biens prohibés dans le cadre du Système continental: celles-ci mènent de Riga ou d 'Odessa (Odesa) à Brody, et au-delà en Bohème – par où les denrées illégales entrent en Saxe et dans les autres Etats allemands12. En sens inverse, la France profite aussi de Brody comme plaque tournante commerciale. Suite au Blocus britannique des ports français, l 'industrie continentale est obligée de trouver des chemins alternatifs pour importer des matières premières non-européennes, surtout le coton. Ceux-ci passent principalement par l 'Empire Ottoman d 'où le coton est transporté par la Mer noire à Odessa et de là à Brody. Le consul français dans cette ville portuaire russe, qui doit délivrer des certificats d 'origine des marchandises, souligne régulièrement le caractère indispensable de cet axe commercial13. Dans une certaine mesure la France profite aussi du commerce illégal à Brody; en 1811 la Russie introduit un système douanier prohibitif, qui menace l 'exportation de soie lyonnaise vers l 'Empire tsariste, jusqu 'ici l 'acheteur principal de ce produit précieux. Il est connu, que les commerçants de Brody achètent la soie dans les foires de Leipzig pour l 'introduire clandestinement en Russie14.

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L 'introduction du protectionnisme en Russie en 1811 est une date clé pour l 'histoire de Brody parce qu 'elle ouvre la longue période de stagnation de la ville. Coincé entre les Empires russe et autrichien, Brody dépend du bon vouloir des deux Etats. Après le congrès de Vienne, les relations commerciales entres les deux pays se développent très lentement et les commerçants sont aux prises avec de nombreux obstacles de part et d 'autre de la frontière15. Plus les Etats européens se centralisent politiquement et économiquement, en renforçant leurs systèmes douaniers, plus Brody souffre de sa position frontalière. Pourtant, il ne faut pas oublier que la ville stagne à un niveau élevé, car la plupart du commerce de transit passant par l 'Autriche continue à entrer en Russie par Brody.

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Ce n 'est qu 'à partir du milieu du XIXe siècle, avec l 'entrée dans l 'ère d 'industrialisation, que Brody perd définitivement son importance économique vis-à-vis de la province et de l 'Etat en général. L 'incendie de 1859, qui détruit deux tiers de la ville16, marque symboliquement le début de la crise, dont Brody ne sortira plus. Pour y faire face la commune prend un crédit s 'élevant à plusieurs cents milles florins, mais dès les années 1870 elle ne paye plus qu 'irrégulièrement les intérêts de sa dette. En 1883 la ville fait faillite et est placée sous séquestre de la Banque nationale jusqu 'en 188817.

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Il y a plusieurs raisons qui peuvent être avancées pour expliquer le déclin accéléré de Brody. Il y a la concurrence avec les autres villes de la région qui contestent la position singulière de Brody. Radyvyliv de l 'autre côté de la frontière cherche à attirer les commerçants de la ville voisine18. Grâce à sa position géographique moins périphérique, la ville de Ternopil ' (Tarnopol) assume de plus en plus le rôle de centre régional en Galicie orientale, surtout parce qu 'elle se trouve sur l 'axe principal de la voie de chemin de fer liant L 'viv à Odessa19. La ligne menant à Brody n 'est qu 'une voie secondaire et le premier passage ferroviaire bilatéral est ouvert à Pidvoločys 'k (Autriche) et Voločys 'k (Russie) en 1871, alors que celui entre Brody et Radyvyliv ne suit que deux ans plus tard20.

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Les contemporains ont avancé le plus souvent l 'argument du retrait du privilège de libre-échange en 1880 pour expliquer la raison principale du déclin de la ville. Par ailleurs, il faut considérer que dans un système économique moderne l 'ancienne fonction de Brody dans le commerce international s 'est avérée de plus en plus obsolète. Pendant des siècles, le rôle de la ville a été d 'exercer des prestations de services par sa fonction d 'intermédiaire entre les lieux de provenance des biens et leurs destinations. Cependant, à l 'ère ferroviaire on a beaucoup moins besoin de villes médiatrices à mi-chemin entre l 'Ouest et l 'Est. Il faut uniquement transborder les biens des wagons dont les écartements de voie diffèrent de part et d 'autre de la frontière, mais on ne négocie désormais plus ces biens de transit à Brody.

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La faute en revient sans doute également à la non prise en considération de l 'importance des investissements dans le domaine industriel, dans le nouveau contexte économique. Les élites économiques de la ville continuent à s 'orienter vers le commerce. En dehors de quelques initiatives, Brody rate totalement son industrialisation. Même avec un engagement plus fort des entrepreneurs locaux, le manque de capitaux aurait posé un grave problème. En dehors des caisses d 'épargne, il n 'y a, avant l 'installation d 'une petite banque tchèque en 1906, aucun institut de crédit21. La ville a, cinq décennies durant, demandé l 'ouverture d 'une succursale de la Banque nationale, sans succès; elle ne l 'obtient qu 'en 191222. Ce n 'est seulement qu 'au cours de la décennie précédent la Première Guerre mondiale que Brody peut enfin rejoindre les tendances modernisatrices de son temps. Des petites entreprises industrielles s 'installent, les services de santé s 'améliorent, la ville fait construire des égouts en 1903 et installe une centrale électrique en 191123. En conséquent de quoi la population de Brody recommence à croître autour de la fin de siècle, après deux décennies de régression, et atteint 18.055 habitants en 1910 (voir diagramme 1)24.

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Diagramme 1: Démographie de plusieurs villes galiciennes 1778-191025.

Une petite ville galicienne exceptionnelle

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Malgré sa perte continuelle d 'importance économique interrégionale pendant la seconde moitié du XIXe siècle, Brody n 'est pas n 'importe quelle petite ville galicienne à la périphérie nord-est de l 'Empire des Habsbourg; ou mieux encore, Brody se développe de plus en plus dans le sens d 'une ville périphérique, mais n '›atteint‹ cet état que dans les années précédant la Première Guerre mondiale, quand les grandes restructurations économiques de la ville sont terminées et que Brody recommence à se redresser.

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Brody a joué pendant des siècles un rôle exceptionnel à l 'intérieur du monde juif. Dès le début du XVIIIe siècle, la ville est un des centres religieux et culturels des Juifs de l 'Europe centrale et orientale, surtout dans le domaine du savoir rabbinique et talmudique. Des rabbins formés à Brody dirigent par la suite des communautés européennes importantes, comme par exemple Moïse Ehrenreich à Rome ou Eléazar Rokach (écrit aussi Rokeach) à Amsterdam26. Quand la Haskalah, les Lumières juives, commence à se répandre au-delà du cercle autour le philosophe Berlinois Moses Mendelssohn (1729-1786), des commerçants Brodyites actifs en Prusse et en Saxe sont parmi les premiers à adopter ces nouvelles idées. En dehors de L 'viv et Ternopil ', Brody devient vite un des rares centres de la Haskalah en Galicie et représente une ville-clé pour la diffusion des Lumières juives en Russie. L 'adoption de l 'allemand comme langue de communication parmi les élites au détriment du yiddish est étroitement lié avec la propagation des ces nouveaux courants27. Bien que le gouvernement autrichien fasse pression pour répandre la Haskalah parmi tous les sujets juifs, les classes inférieures se tournent vers le hassidisme, ce qui cause souvent des conflits à l 'intérieur de la communauté. Cependant, la ligne entre les partisans de la Haskalah, du rabbinisme classique et du hassidisme se montre souvent très floue, surtout entre les deux premiers groupes. Il y a des commerçants qui soutiennent les Lumières mais aussi des talmudistes, et tous continuent d 'adhérer à la même communauté religieuse – aucune synagogue reformée ne s 'installe à Brody28.

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Une caractéristique évidente de Brody est sa composition ethno-confessionnelle. Brody représente la ville la plus juive de l 'Empire autrichien, les Juifs représentant entre les deux tiers et les trois quarts de la population, les catholiques romains, le plus souvent polonophones, entre quinze et vingt pourcents, et les catholiques grecs (appelés aussi uniates) plutôt ukrainophones, entre cinq et dix pourcents29. Les autorités doivent tenir compte de cette prédominance juive en acceptant, ou au moins, en tolérant des règlements politiques et administratifs spécifiques. Dans aucune autre ville de l 'Empire les Juifs participent dans une telle mesure aux institutions représentatives locales et à l 'administration de la commune. Dès 1798, la moitié des députés au sein du conseil municipal sont des dignitaires juifs, ce que l 'on ne retrouve nulle part ailleurs en Autriche avant la Constitution de 1867. Ce qui est peut-être encore plus étonnant, c 'est que les députés chrétiens se déclarent plusieurs fois explicitement favorables à ce système de représentation. Sur le plan local, les relations entre les confessions se caractérisent alors par une entente pragmatique30.

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C 'est seulement vers la fin du XIXe siècle, quand les identités nationales commencent à l 'emporter sur les identifications religieuses, que les relations ethno-confessionnelles se compliquent. A la différence du reste de la Galicie, les Juifs de Brody ne se trouvent pas tant aux prises entre les mouvements nationaux polonais, ukrainiens et sionistes, qu 'avec les élites polonaises de la ville, de plus en plus sûres d 'elles, pressant les Juifs d 'abandonner leur identité austro-habsbourgeoise supranationale et d 'accepter la réalité polono-galicienne31.

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Le faible ancrage de la Galicie dans la conscience des Juifs de Brody a une longue tradition tout comme leur orientation vers l 'Etat central et vers un réseau de plusieurs villes d 'Europe centrale et orientale. Cela a pour cause premièrement que, sur les cartes mentales du monde juif, les entités administratives des Etats étaient d 'importance secondaire; deuxièmement, que le privilège de libre-échange a forcé les commerçants de Brody à chercher une bonne entente avec le gouvernement central et avec les centres commerciaux à l 'extérieur du pays; et troisièmement, que l 'adoption de la Haskalah et avec elle l 'introduction de l 'allemand à Brody, a résulté des étroites relations commerciales avec les pays germaniques.

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Les autorités autrichiennes encouragent l 'implantation de la Haskalah en Galicie surtout par l 'installation des écoles allemandes-juives (deutsch-jüdische Schulen), où les enfants juifs devaient apprendre des matières séculaires comme l 'allemand, les mathématiques ou la géographie, en complément à l 'éducation religieuse. Les Juifs orthodoxes et hassidiques sont fortement opposés à ces écoles modernes et obtiennent leur fermeture dans toute la Galicie en 180632. Les élites de Brody, surtout les commerçants, regrettent cette décision. Dès 1813, on réfléchit alors sur l 'ouverture d 'une école commerciale juive à Brody, sur le modèle de celle de Ternopil ' fondée sur l 'initiative du réformateur juif Joseph Perl. Après de longues discussions et de graves problèmes pour trouver des enseignants, cette Israelitische Realschule (école israélite des sciences appliquées) avec l 'allemand comme langue d 'instruction ouvre ses portes en 181833.

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Bien que ce soit une école juive et que le financement soit entièrement à la charge de la communauté israélite, dès le début elle attire environ vingt pourcents d 'élèves chrétiens34. Cette institution est nationalisée seulement en 1853 – deux tiers des dépenses sont désormais réglés par la province, un tiers par la municipalité – et devient la k.k. vollständige Unterrealschule (école compréhensive i.[mpériale] et r.[oyale] des sciences appliqués)35. Dans les années 1860 et 1870 elle est transformée successivement en gymnasium complet (combinaison de collège et lycée avec huit ans de scolarité menant au baccalauréat). La commune de Brody insiste sur l 'éducation en allemand, contrairement au développement dans le reste de la province, où les lycées sont polonisés. C 'est seulement vers la fin de siècle que les élites de la ville deviennent plus favorables à une éducation polonaise; c 'est pour cela que finalement après 1907, l 'école change progressivement sa langue d 'instruction36.

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Le gymnasium représente l 'établissement d 'enseignement le plus important de la région, et fait de Brody alors un centre d 'éducation. Surtout pour la population rurale ukrainienne aux environs de la ville, le lycée devient un lieu de formation des élites. Leur proportion parmi les élèves s 'accroît: de moins de dix pourcents dans les années 1870 elle passe à environ un quart des lycéens vers 1910 (voir diagramme 2). Même si les antagonismes ethno-confessionnels se renforcent à la fin du XIXe siècle, la multiculturalité du quotidien scolaire fonctionne plus ou moins sans anicroche37. Dans une certaine mesure ceci s 'explique par l 'usage de l 'allemand comme langue d 'instruction, en Galicie l 'allemand assumant plutôt un rôle neutre et pragmatique dans les clivages polono-ukrainiens38.

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Diagramme 2: Le nombre des élèves au gymnasium (et ses précurseurs) de Brody selon la répartition confessionnelle 1851-191439.

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Une autre caractéristique de Brody, contrairement à d 'autres villes galiciennes, résulte de sa fonction de ville frontalière. Elle n 'a pas eu seulement la réputation d 'une ville de commerce légal mais aussi celle d 'un centre de contrebande et de communication légale et illégale. Surtout pendant l 'époque napoléonienne, le commerce, la contrebande, l 'échange d 'informations stratégiques et l 'espionnage, sont étroitement liés40.

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Grâce à la proximité immédiate de la Russie, Brody a été la première étape pour les déserteurs fuyant le service militaire et les réfugiés se sauvant des persécutions dans l 'Empire tsariste. Ce fut le cas surtout en 1863 quand des insurgés polonais ont cherché un asile en Galicie. Après que les troupes russes sont sorties victorieusement de la bataille de Radyvyliv, à peu près 400 combattants polonais ainsi que plusieurs civils de cette ville franchissent la frontière vers l 'Autriche41.

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L 'autre cas évidant où Brody se révèle être un asile pour les persécutés c 'est pendant les pogromes des années 1881 et 1882. Quand arrivent les premiers réfugiés, plusieurs dignitaires juifs de la ville forment un comité de secours. Grâce à leurs contacts avec l 'Alliance israélite universelle, un mouvement d 'aide dans le monde entier d 'une ampleur inconnue jusqu 'alors se met en place. Le comité local, assisté par des représentants de l 'Alliance israélite universelle de Paris et celle de Vienne, gère l 'accueil et l 'entretien d 'urgence des nouveaux venus42. Ils se rassemblent d 'abord à Brody avant de continuer leur émigration vers l 'Amérique. C 'est cette même fonction qui est accordée à la ville par les autorités autrichiennes; elles préfèrent en effet envoyer les réfugiés arrivant des autres postes frontières à Brody. En les y concentrant l 'Autriche officielle espère garder un œil sur l 'afflux des citoyens étrangers en Galicie43.

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Il est difficile d 'établir le nombre total des Juifs russes qui sont passés par Brody au cours de ces deux années. Une estimation permet d 'avancer le chiffre de 20.000 personnes environ sur un total de 24.000–25.000 pour l 'Autriche en général44. En tout état de cause, on peut constater qu 'en juin et juillet 1882 Brody compte près de 15.000 réfugiés au même moment – chiffre énorme rapporté à celui de la population permanente, 20.000 habitants environ. Il est encore plus difficile d 'estimer le nombre de réfugiés qui ont continué leur migration vers l 'Amérique. En 1881, les organisations juives aux Etats-Unis se montrent encore plutôt favorables à la réception des émigrants, mais l 'année suivante, leur position a changé et elles se montrent beaucoup plus restrictives. Comme les communautés européennes sont très réservées vis-à-vis l 'immigration, deux tiers de réfugiés environ retournent en définitive en Russie après le retour à la normale45.

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Aucun de ces phénomènes décrits du »Brody exceptionnel« ne sont spécifiquement liés à cette ville, mais le fait, par exemple, que la contrebande ait pris une telle ampleur à Brody même et aux alentours manifeste le rôle crucial de cette ville dans le commerce en général. Il en est de même concernant l 'espionnage. On a engagé beaucoup d 'espions dans cette ville parce que les habitants de Brody avaient des connaissances extraordinaires de l 'Europe orientale grâce à leurs multiples contacts dans la région. La concentration des réfugiés juifs à Brody n 'est pas un pur hasard non plus. Du point de vue des migrants, cette ville est facilement joignable par train ou charrette; par ailleurs, ils connaissent Brody comme un lieu juif, ce qui inspire leur confiance. Pour les autorités autrichiennes, d 'un autre côté, la concentration à Brody est aussi avantageuse, pas seulement parce qu 'il y a une large communauté juive qui ne peut pas refuser de s 'occuper des victimes des pogromes, mais aussi parce que les interconnexions de la ville avec les autres centres juifs peuvent faciliter le développement d 'un secours à l 'échelle internationale.

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Grâce à la prédominance de la population juive, à l 'importance des contacts commerciaux avec l 'Allemagne, au rôle du gymnasium comme centre régional d 'éducation et au fait d 'être un poste frontière à l 'échelle nationale, Brody constitue pendant des décennies une sorte d 'avant-poste germano-autrichien (deutsch-österreichisch).

Les perceptions du Brody historique

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En 200 ans, Brody et la Galicie en général ont été maintes fois parcourus. Les récits de voyage donnent des impressions très diverses de cette ville. Les perceptions varient en fonction de la direction par laquelle les visiteurs arrivent (de l 'Est ou de l 'Ouest), en fonction de la date de leur venue, le milieu du siècle représentant à cet égard un moment charnière, et en fonction des convictions politiques et culturelles des voyageurs – curieusement la nationalité semble avoir joué un rôle moins important. Tous les récits analysés46 touchent d 'une façon ou d 'une autre la physionomie de la ville, la population juive, la situation économique et le poste frontière. Chez la plupart des auteurs dominent, dans les descriptions de la physionomie urbaine et des Juifs, des mots comme »boue« et »bourbe«. Ces récits reflètent alors souvent d 'abord l 'irritation des auteurs concernant l 'apparence des villes dans la partie orientale de l 'espace centre-européen, fort différente d 'une ville occidentale. Ce sont des projections de leurs visions politiques et civilisatrices, dans lesquelles l 'Europe orientale et l 'Europe de centre-est, tout comme les Juifs orthodoxes ou hassidiques, n 'ont pas leur place47. A l 'inverse, les voyageurs arrivant de l 'Est perçoivent en Brody une ville plutôt »bien balayée«48.

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Avec le déclin de Brody comme ville commerciale, l 'évaluation négative de la situation économique dans les récits se renforce. Mais même dans les descriptions datant de la Première Guerre mondiale, quand Brody est gravement détruit, les voyageurs venant de l 'Est comme An-Ski et surtout Isaak Babel ' voient, ou mieux encore, veulent voir dans les ruines des vestiges d 'une prospérité récemment passée49. Par contre, seuls les voyageurs qui franchissent la frontière entre l 'Autriche et la Russie à Brody abordent le sujet du poste frontière. Ceux qui décrivent la frontière entre les deux empires la dépeignent comme représentant une limite culturelle. Donc, même s 'ils constatent qu 'à Brody règne la »boue« et la »bourbe«, ils y remarquent – en comparaison avec Radyvyliv – au moins des indices de »civilisation«50.

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Brody est aussi dépeint dans les œuvres de Joseph Roth, qui est né à Brody en 1894 (mort à Paris 1939), et de Sholem Aleykhem (Cholem Aleikhem, 1859-1916), qui passe par ce poste frontière quand il quitte la Russie en 1905 pour s 'installer d 'abord en Suisse et puis à New York. Les deux auteurs ne pouvaient pas décrire Brody d 'une façon plus différente. Comme dans les récits de voyage, on peut remarquer que les deux écrivains arrivent des directions géographiques différentes. Chez Sholem Aleykhem dominent les impressions positives, relativisées légèrement par son style humoristique. Chez lui, Brody n 'est pas un shtetl mais une vraie ville. Dans sa nouvelle »La gare de Baranovitch«, il dépeint Brody comme un refuge pour des Juifs russes ayant des problèmes avec les autorités russes – même si la personne réfugiée est un homme rusé et peu sympathique51. Dans le roman »Motel fils du chantre« on peut très bien suivre l 'altération de la perception de Brody. Avant de passer la frontière, Motel, un garçon d 'à peine dix ans, voit Radyvyliv, la ville voisine côté russe, et la considère comme un shtetl typique. Brody par contre est déjà une grande ville, une porte vers le monde occidental. Seulement, quand Motl continue sa route vers L 'viv, Brody devient une petite ville avec des rues puantes52.

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Joseph Roth ne commence sa carrière littéraire qu 'après avoir quitté Brody, une fois obtenu son baccalauréat en 1913 pour aller étudier et travailler à Vienne et plus tard à Berlin. Il décrit Brody d 'un point de vue occidental et rétrospectif, parce que quand l 'écrivain commence à utiliser la géographie urbaine de Brody comme modèle pour des villes fictives dans ses romans écrits dans les années 1920 et 1930, la ville n 'est plus autrichienne mais polonaise. Pour Roth, Brody est l 'incarnation d 'un shtetl perdu et est synonyme de la décadence de l 'Autriche-Hongrie. Il le dépeint avec une certaine sympathie et nostalgie, mais les héros dans ses romans périrent dans les calamités psychologiques et physiques inhérentes à cette région frontalière53.

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A partir de la Perestroïka, munis des anciens récits de voyage et des œuvres littéraires, des voyageurs se sont de nouveau rendus en Galicie et à Brody. La plupart d 'entre eux sont à la recherche des vestiges de l 'ancien espace culturel commun d 'Empire austro-hongrois. Ils s 'intéressent surtout au Brody multiculturel et à ses Lebenswelten juives. Les deux ont été anéantis par la tourmente xénophobe de la première moitié du XXe siècle et après guerre par l 'amnésie soviétique, mais ils demeurent une composante importante du mythe de la Galicie54. Quelques voyageurs se sont contentés de retrouver des traces de ce passé dans la physionomie de la ville actuelle, mais la plupart ont découvert aussi la réalité du Brody postsoviétique avec ses problèmes économiques, sociaux et politiques55.

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Brody offre diverses formes de lieux de mémoire qui documentent le passé de la ville et les perceptions de celui-ci56. En dehors des lieux réels, il y a aussi des lieux mentaux qui se reflètent dans les livres de souvenir des anciens groupes ethno-confessionnels. Ces œuvres montrent le point de vue non académique des diverses narrations nationales et ouvrent en tant que telles de nouvelles perspectives pour l 'analyse et la comparaison.

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Le premier et le dernier livre dans l 'ordre chronologique représentent les narrations ayant cours sur place – le premier est publié au Brody des années 1980, quand la ville fait partie de l 'URSS, et le dernier est publié dans les années 1990 en Ukraine actuelle. Le discours communiste a essayé d 'inscrire le passé de cette ville dans le contexte de l 'histoire révolutionnaire russe et de construire une ukrainicité de Brody présumée de tout temps57. Dans la mémoire ukrainienne actuelle, le premier but n 'existe plus, le second par contre n 'a pas perdu de son importance58. La période de la domination autrichienne sur Brody était très mal perçue dans le livre soviétique, tandis que dans celui d 'aujourd 'hui cette époque est jugée d 'une manière plus neutre, mais néanmoins nullement idéalisée, comme on aurait pu peut-être s 'attendre du fait de la nostalgie pour la Galicie habsbourgeoise que l 'on trouve à L 'viv et à Vienne.

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Les narrations dans les livres de souvenir des diasporas canado-ukrainienne59, polonaise60 et juive61 divergent à tel point que l 'on a parfois l 'impression qu 'ils parlent de villes différentes. Seules les deux publications polonaises tiennent compte de la multiculturalité de Brody et consacrent des sections aux autres groupes ethno-confessionnels.

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Dans la physionomie actuelle de la ville on peut remarquer également des lieux de mémoire réels: des lieux, des bâtiments et des monuments évoquent le mémoire par leur simple présence (ou absence). Quelques lieux ont une connotation économique (comme la gare, le Rynok [marché], l 'ancienne banque de Prague ou la chambre de commerce), d 'autres sont liés à la vie sociale de Brody (comme l 'hôtel de Bristol, le palais seigneurial et la Majdan Svobody avec ses monuments dédiés au poète polonais Józef Korzeniowski, puis à Lenin et aujourd 'hui aux victimes des répressions bolcheviques) ou au pouvoir impérial (comme le siège de l 'administration du district, le tribunal et l 'ancienne frontière). Presque tous les monuments mais aussi beaucoup de bâtiments évoquent des associations nationales, c 'est pour cela qu 'on trouve aujourd 'hui dans l 'espace urbain de Brody des lieux de mémoire ukrainiens, polonais et juifs ainsi qu 'autrichiens et soviétiques. Les lieux les plus intéressants sont ceux où différents lieux de mémoire ethno-confessionnels, économiques ou administratifs se recouvrent partiellement, comme par exemple la Place Majdan Svobody, le cimetière chrétien et le lycée.

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Cet article présente seulement trois exemples de lieux de mémoire de Brody.
La
Vielle ou Grande Synagogue a été construite en 1742 et détruite en 1944. Elle témoigne de l 'ancienne importance de la communauté juive à Brody et représente aujourd 'hui certainement le lieu de mémoire juif le plus important de Brody. L 'état désastreux de l 'immeuble renforce encore la perception de la rupture que la Seconde Guerre mondiale représente pour l 'histoire de la ville.

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Ill. 1: La Grande Synagogue (Groyse shul) vers 1900. Source: Je remercie le Musée régional de Brody d 'autoriser la reproduction de cette carte postale dans cet article.

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Ill. 2: La ruine de la synagogue en 2006. Source: Börries Kuzmany.

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L 'ancienne frontière entre l 'Autriche et la Russie existe encore aujourd 'hui comme frontière administrative entre deux régions ukrainiennes (oblast ' L 'viv et oblast ' Rivne). Elle n 'a jamais constituée une ligne géographique ›naturelle‹ comme un fleuve ou des montagnes. Elle ne traverse que des champs dans la plaine et peut être remarquée aujourd 'hui uniquement par un chemin de terre et un panneau de signalisation routière, qui annonce la région de L 'viv.
La frontière est un lieu de mémoire aux contextes multiples. Pour les Autrichiens, c
 'est un endroit qui signale la grandeur passée de l 'Empire des Habsbourg, un Etat qui néanmoins fait partie de la narration nationale républicaine. En même temps, c 'est un lieu de mémoire administratif, parce qu 'une frontière est un signe pertinent d 'un territoire d 'Etat, où l 'administration exerce ses droits de souveraineté. Enfin, il faut tenir compte de la fonction économique de la frontière, si cruciale dans l 'histoire de cette ville commerciale.

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Ill. 3: L 'ancienne frontière entre la Russie (à gauche du chemin de terre) et l 'Autriche (à droite) en 2006. Source: Börries Kuzmany.

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Ill. 4: Panneau routier signalisant la frontière entre deux régions ukrainiennes. Source: Börries Kuzmany.

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Ill. 5: La frontière à Brody avant la Première Guerre mondiale. Source: Je remercie le Musée régional de Brody d 'autoriser la reproduction de cette carte postale dans cet article.

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Le lycée est vraisemblablement le lieu de mémoire le plus complexe de Brody, ce qui se manifeste à travers des connotations nationales et nationalistes ainsi que supranationales et habsbourgeoises. A l 'époque il était un des deux gymnasiums galiciens de langue d 'instruction allemande. Cette spécificité linguistique lie cette école à l 'Autriche germanophone actuelle, d 'autant plus que l 'écrivain Joseph Roth y passe son baccalauréat en 1913 – ce qu 'une plaque commémorative initiée par l 'Association autrichienne de la littérature rappelle aujourd 'hui. A l 'époque c 'étaient avant tout les élèves et les parents juifs qui favorisaient l 'allemand. Cette école est donc aussi un symbole de la symbiose judéo-allemande en Europe centrale. Sur le plan architectural, le bâtiment scolaire correspond également au style typique des immeubles administratifs autrichiens et pourrait se trouver dans n 'importe qu 'elle ville de l 'ancien espace habsbourgeois.

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Dans la mémoire polonaise domine la lutte pour renverser la langue d 'instruction du gymnasium. Le changement effectué en 1907 est le symbole de l 'achèvement du processus de la ›galicisation‹ et de la transformation de Brody en petite ville galicienne ›ordinaire‹. Après la Première Guerre mondiale, le lycée est rebaptisé Gimnazjum Korzeniowskiego, ce qui souligne d 'un côté la polonité de l 'école, mais d 'un autre côté le patriotisme local, parce que l 'écrivain Józef Korzeniowski (1797–1863) est originaire de Brody.

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Les Ukrainiens ont intégré le lycée dans leur mémoire historique bien avant l 'ukrainisation de cette institution en 1939/1945. Ce n 'est pas seulement parce que l 'ukrainien était matière facultative à partir des années 1870, mais aussi parce que le gymnasium germanophone a permis la formation des élites ukrainiennes, qui plus tard ont pris la tête dans le mouvement d 'émancipation nationale. Encore à l 'époque soviétique, la commune de Brody érige un monument avec les portraits de cinq anciens élèves ou enseignants devant le lycée – curieusement tous y ont étudié avant la Première Guerre mondiale: parmi eux quatre Ukrainiens, le cinquième est Joseph Roth. Il en ressort qu 'un écrivain judéo-autrichien peut être plus facilement intégré au discours commémoratif du Brody soviétique mais aussi actuel, qu 'un Polonais, par exemple qui n 'y figure toujours pas.

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Ill. 6: Le lycée de Brody (non datée). Source: Je remercie le Musée régional de Brody d 'autoriser la reproduction de cette carte postale dans cet article.

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Ill. 7: Le lycée de Brody, 2006. Source: Börries Kuzmany.

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Ill. 8: Monument aux anciens élèves et professeurs du lycée. Source: Börries Kuzmany.

Conclusions

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Selon les périodes, Brody a exercé des fonctions différentes. Pour comprendre ces fonctions il convient de croiser les aspects spatiaux avec différentes approches historiques dont l 'histoire urbaine et l 'histoire sociale. La clé pour comprendre la biographie de cette ville est de comprendre que Brody n 'était pas d 'abord un centre de transfert européen et après rien qu 'une ville frontalière périphérique, mais que Brody était en même temps central et périphérique en fonction de l 'angle par lequel on la regarde. Cette ville est un exemple éclatant des géographies superposantes: les cartes politiques, économiques et mentales coexistent dans le même espace réel, mais elles connaissent leurs propres centres et leurs propres périphéries. Chacune de ces géographies interagit avec les autres, et on ne peut pas comprendre l 'une sans comprendre l 'autre. Au cours des années, ces strates géographiques changent et avec elles les perceptions de centralité et de périphéricité.

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A l 'époque de la Pologne-Lituanie, Brody comptait parmi les villes de taille moyenne, mais dans le vaste sud-est de cet Etat, où Brody se trouvait, les villes étaient rares. Par ailleurs, dans la République des Deux Nations, le pouvoir ne dépendait pas d 'une centralité géographique mais de l 'influence de certaines familles aristocratiques. Brody a toujours été la possession de magnats puissants qui protégeaient leur ville et affermaient sa position exceptionnelle. Ils encourageaient l 'installation des Juifs qui à l 'Epoque moderne étaient les exécutants du commerce en Europe centrale. En tant que tels ils assuraient de bons revenus aux magnats, qui en retour leur accordaient protection. Bien intégré dans les réseaux commerciaux internationaux, Brody devient alors un lieu central dans l 'économie de la partie orientale du continent. L 'afflux de plus en plus de Juifs a eu aussi pour conséquence de consolider à partir de la fin du XVIIe siècle sa position de centre du savoir religieux.

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Le Premier partage de la Pologne pousse Brody à la périphérie politique. Il devient une ville frontalière à l 'extrême nord-est d 'une province autrichienne déjà périphérique. La plupart de décisions sont désormais prises au centre de l 'Empire à 1.000 kilomètres de Brody. Cependant, grâce au privilège de libre-échange, la ville garde son rôle crucial dans la géographie du commerce international. Dans le domaine de l 'histoire intellectuelle juive, Brody peut même étendre son autorité. Les étroites relations commerciales avec les pays germaniques ont pour conséquence un transfert des idées occidentales vers l 'Est qui font de Brody un centre de la Haskalah; de plus, ce mouvement des Lumières juives est renforcé par des investissements de l 'Etat dans le système scolaire. Dans le monde ashkénaze les frontières politiques à côté de Brody sont perçues comme un obstacle administratif gênant, mais elles ne constituent nullement une barrière pour l 'échange intellectuel.

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Pendant la période entre le Congrès de Vienne et la fin du XIXe siècle, Brody demeure à la périphérie politique. Même si on veut interpréter la contrebande florissante comme une tentative continuelle de compenser les conséquences négatives de la frontière, la ville n 'arrive pas à empêcher la périphérisation dans l 'aire économique. C 'est surtout parce que sa spécialisation sur la transmission des biens commerciaux entre l 'Est et l 'Ouest et vice versa est désormais de moins en moins demandée. A l 'ère d 'une communication améliorée grâce au télégraphe et au chemin de fer, le rôle d 'intermédiaire est devenu obsolète. La périphérisation politique et économique n 'a pourtant pas eu de conséquences négatives sur le développement de Brody dans un centre d 'éducation orienté vers l 'Etat supranational autrichien. Par ailleurs, la ville reste un point de repère sur les cartes mentales du monde ashkénaze. Grâce à son ancienne importance culturelle comme base du savoir rabbinique et de la Haskalah, et suite de la dominance des commerçants en gros juifs ainsi que la simple prépondérance démographique, naît et se maintient à Brody un mode exceptionnel de représentation politique incluant les Juifs au conseil municipal, de la même manière que les Chrétiens. Pour des siècles les frontières étatiques avaient peu d 'importance pour la géographie mentale juive. Ceci connaît une rupture radicale avec la vague d 'émigration déclenchée par les pogromes des années 1881 et 1882. Pour la première fois Brody est perçu comme une ville frontalière avec une importance pour le monde juif en tant que telle. A ce moment-là Brody est encore central dans le sens que chaque Juif connaît le nom de cette ville, mais au même temps ces événements marquent le début d 'une évolution à la fin de laquelle Brody est réduit à un simple point de transit à l 'intersection de deux empires.

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A la fin du siècle, Brody finalement devient une périphérie sur tous les plans – politiquement, économiquement et intellectuellement. Même sur le niveau régional, qui gagne en importance pendant les dernières décennies de l 'Empire des Habsbourg, la ville n 'exerce pas de position particulière: la décadence économique et démographique a pour conséquence que Brody recule comparé aux plusieurs autres villes de la province. Il ne joue pas de rôle majeur dans les disputes interethniques en Galicie, parce que ni les Polonais ni les Ukrainiens ne perçoivent Brody comme un théâtre majeur de leurs mouvements nationaux respectifs. Bien que la population juive se présente dans l 'espace publique de plus en plus souvent comme des Polonais, le mouvement national polonais reste sceptique vis-à-vis de cette ›ville juive‹. Dans le même temps, l 'auto-polonisation des élites juives signifie un détachement volontaire des réseaux nationaux (au sens austro-hongrois) et internationaux, ce qui se manifeste dans l 'abandon de l 'allemand. L 'approbation du changement de la langue d 'instruction au lycée au cours de la première décennie du XXe siècle peut être interprétée dans le sens qu 'enfin Brody est mentalement arrivé en Galicie.

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Bien que Joseph Roth dépeigne Brody et ses habitants avec une certaine sympathie, il esquisse bien l 'image d 'un shtetl morne, décalé et mystérieux. L 'écrivain projette alors sa propre perception du présent au passé et crée ainsi un mythe persistant pour l 'avenir. Tenant compte de la biographie de Roth cette projection est compréhensible: il a été élève dans l 'avant dernière classe du gymnasium de Brody où l 'on enseignait en langue allemande; il quitte sa ville natale après le baccalauréat et devient écrivain et journaliste à Vienne et Berlin. Ses points de références se trouvent alors ailleurs: pour lui les capitales des pays germanophones constituent les centres. En comparaison avec ces villes-là Brody lui apparaît certainement comme l 'incarnation d 'une ville passée à la périphérie; par ailleurs, Roth s 'est peu intéressé à l 'histoire intellectuelle juive. La projection du passé est une option narrative valable en littérature, en histoire cela a par contre pour conséquence, qu 'on ne saisie plus le passé dans le sens de son temps.

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Il dépend alors de la perspective retenue, si on veut considérer la transformation de Brody et son passage du statut de ville commerciale de classe européenne à celui de petite ville galicienne, comme une contre-performance d 'une ville frontalière. Sous l 'angle économique, le déclin est évident. Brody perd sa fonction de plaque tournante et disparaît des cartes commerciales internationales. Il ne correspond pas du tout aux discours dominants du XIXe siècle qui mettent l 'accent sur les villes marquées par la modernisation, l 'urbanisation et la croissance des populations. Sous l 'angle galicien, cette transformation économique est par contre souhaitable, parce que l 'orientation internationale antérieure de Brody a mené à une certaine auto-isolation de la ville par rapport à ses alentours galiciens. Dans une perspective régionale la conversion en une petite ville prouve donc l 'achèvement de l 'intégration de Brody dans le cadre politique et social de la région – autrement dit c 'est la preuve de la réussite de la ›galicisation‹. En 1910 Brody est tout ce qu 'une ville galicienne d 'une telle taille peut être: il constitue un centre commercial régional avec une gare sur une ligne secondaire et une succursale de la Banque Nationale, comme d 'autres villes moyennes de la province; il possède un des postes frontières importants de la Galicie, ainsi que par exemple les villes de Pidvoločys 'k et Husjatyn (Husiatyn); et il est un centre local d 'éducation, comme Ternopil ', Ivano-Frankivs 'k (Stanislau, Stanisławów, Stanislaviv) ou Kolomyja (Kolomea, Kołomyja). A la différence des décennies précédentes, l 'article indéfini a remplacé l 'article défini: jusqu 'au milieu du XIXe siècle, Brody est le centre du commerce Est-Ouest, le poste frontière entre l 'Autriche et la Russie, et il est le centre d 'éducation d 'orientation internationale en Galicie.

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Néanmoins Brody garde jusqu 'au début du XXe siècle certains traits uniques en Galicie, comme une majorité d 'habitants juifs, la prédominance de la langue allemande parmi les élites, et la domination des courants politiques russophiles parmi les Ukrainiens de la ville. Cette divergence entre le Brody exceptionnel et le Brody typiquement galicien forme, consciemment ou inconsciemment, la perception au XIXe siècle et aujourd 'hui, que l 'on trouve dans les récits de voyage, la littérature et les images actuelles. Le souvenir du Brody habsbourgeois est hétérogène. Les lieux de mémoire se délimitent le plus souvent selon des lignes nationales, mais dans certains lieux ils se recouvrent partiellement.

Auteur:

Börries Kuzmany
Universität Wien
boerries.kuzmany(arrobase)univie.ac.at

1 Sadok Barącz, Wolne miasto handlowe Brody, L 'viv 1865, p. 100, 120; Ivan Sozans 'kyj, Z mynuvšyny mista Brodiv. Pryčynky do istoriï mista v XVII v., réimprimé Brody 2003 [L 'viv 1911], p. 3–5.

2 Wolfgang Schmale, Historische Komparatistik und Kulturtransfer. Europageschichtliche Perspektiven für die Landesgeschichte. Eine Einführung unter besonderer Berücksichtigung der sächsischen Landesgeschichte, Bochum 1998, p. 1–34.

3 Katharina Middell, Brody, Leipzig, Lyon. Europäische Handelsbeziehungen und ihre Träger (1770–1820), dans: Hartmut Zwahr, Uwe Schrimer, Henning Steinführer (dir.), Leipzig, Mitteldeutschland und Europa, Beucha 2000 (Festausgabe für Manfred Straube und Manfred Unger zum 70. Geburtstag), p. 531–544, ici p. 531–544; Ernst Hasse, Geschichte der Leipziger Messe, Leipzig 1885 (Preisschriften der Fürstlich-Jablonowskischen Gesellschaft der Wissenschaften 25), p. 352; Josef Reinhold, Polen-Litauen auf den Leipziger Messen des 18. Jahrhunderts, Vienne 1971 (Abhandlungen zur Handels- und Sozialgeschichte, 10); Barącz, Wolne miasto (voir n. 1), p. 121.

4 Tadeusz Lutman, Studja nad dziejami handlu Brodów w latach 1773–1880, L 'viv 1937 (Badania z dziejów społecznych i gospodarczych 26), p. 57; Henryk Grossmann, Österreichs Handelspolitik mit Bezug auf Galizien in der Reformperiode 17721790, Vienne 1914 (Studien zur Sozial-, Wirtschafts- und Verwaltungsgeschichte, X), p. 81.

5 Pour les discussions concernant le privilège de libre-échange voir: Archives nationales autrichiennes (Österreichisches Staatsarchiv, en suite ÖStA) / HKA, Cammerale, Nr. 210, Fasc. 7, 40 ex dec. 1777, ÖStA/HKA, Cammerale, Nr. 211, Fasc. 7 Gal., 183 ex aug. 1778 et ÖStA/HKA, Cammerale, Nr. 211, Fasc. 7 Gal., 205 ex Octobri 1778; Grossmann, Österreichs Handelspolitik (voir n. 4), p. 267–274; Börries Kuzmany, Die Grenze an der Grenze. Die Entstehung des Freihandelsprivilegs der Stadt Brody, dans: Christoph Augustynowicz, Andreas Kappeler (dir.), Die Galizische Grenze. Kommunikation oder Isolation, Vienne 2007 (Europa Orientalis, 3), p. 115–126; pour la teneur du privilège voir: Continuatio edictorum et mandatorum universalium in Regnis Galiciae et Lodomeriae a die 1. januar. ad ultimam decemb. anno 1776 emanatorum. Kontynuacya wyroków y rozkazów powszechnych w Galicyi y Lodomeryi królestwach od dnia 1. stycz. aż do końca grudnia roku 1776 wypadłych, L 'viv 1779, p. 52–57.

6 Tadeusz Lutman, Wolne miasta handlowe, dans: Roczniki Dziejów społecznych i Gospodarczych 1 (1931), p. 89–98, ici p. 89–91.

7 Tomasz Kargol, Wirtschaftliche Beziehungen zwischen Galizien und den Ländern der österreichisch-ungarischen Monarchie in der ersten Hälfte des 19. Jahrhunderts, dans: Christoph Augustynowicz, Andreas Kappeler (dir.), Die Galizische Grenze. Kommunikation oder Isolation, Vienne 2007 (Europa Orientalis, 3), p. 33–50, ici p. 38–42; Grossmann, Österreichs Handelspolitik (voir n. 4), p. 404; Ewa Danowska, Nowe miasteczko zaraz za mostem cesarscy stawiają. O początkach Podgórza, dans: Podgórze w dziejach wielkiego Krakowa. Materiały sesji naukowej odbytej 17 kwietnia 1999 roku, Cracovie 2000, p. 7–28, ici p. 14, 18–19.

8 Pour les craintes concernant la concurrence voir: ÖStA/HKA, Cammerale, № 211, Fasc. 7 Gal., 183 ex aug. 1778; pour les relations entres les deux villes en général voir: Börries Kuzmany, Laurie Cohen, Paulus Adelsgruber, Kleinstädte entlang der galizisch-wolhynisch/podolischen Grenze. Ein Vergleich, dans: Jahrbücher für Geschichte Osteuropas 55, № 2 (2007), p. 232–263.

9 ÖStA/AVA, Hofkanzlei, Carton № 947, IV J, Gal. Brody, 163 ex feb. 1811; ÖStA/PHSt, Carton № 319, Zl. 914/1810.

10 ÖStA/HKA, Commerz, Ungarn Siebenbürgen Galizien, Protokoll und Index. Band 175: 1809–1812, p. 47.

11 Voir: Nicole Gotteri, La Police secrète du Premier Empire. Bulletins quotidiens adressés par Savary à l 'Empereur de juin à décembre 1810, tome 1–4 (décembre 1810 – juin 1812), Paris 1997–2000, tome 1, Bulletin 15.11.1810, p. 572; tome 2, Bulletin 21.2.1811, p. 150; 16.3.1811, p. 222; 2.4.1811, p. 272; tome 3, Bulletin 3.10.1811; tome 4, Bulletins 12.3.1812, p. 164, 13.3.1812, p. 167, 16.5.1812, p. 358.

12 Archives Nationales (en suite AN), F 12 1853, Doc. 2513, lettre du consul à Leipzig le 26.7.1812; Archives du ministère des affaires étrangères (en suite AMAE), CP Pologne, Vol. 328, lettre de Bignon à Duc de Bassano, Varsovie le 21.8.1811, p. 50; lettre de Bignon à Duc de Bassano, Varsovie le 21.9.1811, p. 172; AMAE, CCC Leipzig, Tome 1, lettre du consul à Leipzig, Thérémin le 14.4.1812, p. 45.

13 AMAE, CCC, Odessa Vol. 1, Mure au Ministère des Relation extérieures, Nr. 1, Odessa, le 1.8.1808 [doit être plutôt 31.10.1808], p. 166169; Extrait du registre des certificats d 'origine des marchandises, délivrées par M. Mure, Consul général de France à Odessa, p. 277–315.

14 AN, F 12 1853, Doc. 374, lettre du consul à Leipzig le 15.4.1812; AMAE, CCC Leipzig, Tome 1, lettre du consul à Leipzig, Thérémin le 5.3.1812, p. 30; Middell, Brody, Leipzig, Lyon (voir n. 3), p. 37-39.

15 Lutman, Studja (voir n. 4), p. 48–51, 179–181; Oleksandr Ohloblyn, Tranzytnyj torh Ukraïny za peršoï polovyny XIX storiččja, dans: Ist. Heoh. Zb. XV (1927), p. 187–191. Pour la stagnation des échanges commerciaux voir: Tafeln zur Statistik der österreichischen Monarchie, Vienne 1828–1864; Gosudarstvennaja Vněšnjaja torgovlja 1812 goda v raznych eja vidax, Saint-Pétersbourg 1813–1863.

16 Kronika, Gazeta Lwowska, 7.5.1859, p. 416.

17 Archives de la Banque nationale d ''Autriche (Oesterreichische Nationalbank, en suite OeNBArchiv), Sitzung des Generalrats vom 3.11.1882, Protokoll; OeNBArchiv, Sitzung des Generalrats vom 25.10.1883, Protokoll; OeNBArchiv, Sitzung des Generalrats vom 8.11.1883, Protokoll; Misto Brody pid sekvestorom, Dilo, 8.11.1883, p. 1.

18 ÖStA/HKA, Cammerale, № 211, Fasc. 7 Gal., 183 ex aug. 1778, Produktnr. 5; Lutman, Studja (voir n. 4), p. 89–91; Jules de Hagemeister, Mémoire sur le commerce des ports de la Nouvelle-Russie, de la Moldavie et de la Valachie, Odessa, Simferopol ' 1835, p. 173–176.

19 Gazeta Brodzka. Dwutygodnik poświęcony sprawom społeczno-ekonomicznym i przemysłowym powiatów brodzkiego i złoczowskiego. Organ brodzkiej Rady powiatowej, № 1 et 2, 15.1.1897, Sprawy miejskie, p. 2–3.

20 Pour la construction des chemins de fer à Brody et Pidvoločys 'k voir: Ihor Žaloba, Infrastrukturna polityka avstrijs 'koho urjadu na pivničnomu sxodi monarxiï v ostannij čerti XVIII – 60-x rokax XIX st. (na prykladi šljaxiv spolučennja), Černivci 2004, p. 354–369; Ignaz Konta (dir.), Geschichte der Eisenbahnen Oesterreich-Ungarns. Vom Jahre 1867 bis zur Gegenwart, tome 4, réimprimé Vienne 1999 [Vienne/Cieszyn/Leipzig 1908] (Geschichte der Eisenbahnen der oesterreichisch-ungarischen Monarchie), p. 31; Archives de la région de L 'viv (Deržavnyj arxiv l 'vivs 'koï oblasti, en suite DALO), F, 350, op. 1, spr. 2313, p. 57–58, copie du »Übereinkommen welches durch die internationale Kommission in Betreff des Anschlußes des Flügels Dubno-Radziwilow der Kiew-Brester Bahn, an den Flügel Krasne Brody der Carl-Ludwig Bahn geschlossen wurde«; Archives centrales historiques à Kiev (Central 'nyj deržavnyj istoryčnyj arxiv Ukraïny u Kyjevi, en suite CDIAK), F. 442, op. 44, spr. 667, p. 2838, 70–72.

21 Archives centrales historiques à L 'viv (Central 'nyj deržavnyj istoryčnyj arxiv Ukraïny u L 'vovi, en suite CDIAL), F. 146, op. 25, spr. 3667, Geschäftsbericht pro 1910, sans page.

22 Bericht der Handels- und Gewerbekammer in Brody an das hohe k.k. Ministerium für Handel, Gewerbe und öffentliche Bauten, L 'viv 1850–1851, p. 27–28; CDIAL, F. 146, op. 55, spr. 49, p. 1–8; OeNBArchiv, Sitzung der Bankdirektion vom 15.4.1875, Protokoll; OeNBArchiv, Sitzung des Generalrats vom 27.10.1880, Protokoll; CDIAL, F. 146, op. 4, spr. 5220, p. 50–85; Clemens Jobst, Gouverner une banque centrale décentralisée: l 'exemple austro-hongrois 1847-1914, dans: Olivier Feiertag, Michel Margairaz (dir.), Gouverner une banque centrale du XVIIIe siècle à nos jours, Paris prévu 2010.

23 Vasyl Ščurat, Cerkvy hr.-kat. paroxyï v Brodax, dans: Svit, 1–15 mars 1907, 24.2.1907, p. 80; Pavlo Dubas, Bridščyna. Vyïmky z arxivu, dans: Jaroslav Čumak (dir.), Brody i Bridščyna. Istoryčno-memuarnyj zbirnyk, Toronto 1988 (Ukraïns 'kyj arxiv, XLVII), p. 621–649, ici p. 642–643.

24 Statistisches Jahrbuch der österreichischen Monarchie, Vienne 1910.

25 Pour Brody: 1778, 1783: ÖStA/HKA, Cammerale, Nr. 218, Fasc. 7 Gal., 169 ex jan. 1785, Produktnr. 7; 1786: CDIAL, F. 146, op. 88, spr. 188, p. 36; 1805: Georg Hassel, Statistischer Umriss der sämtlichen Europäischen Staaten in Hinsicht ihrer Grösse, Bevölkerung, Kulturverhältnisse, Handlung, Finanz- und Militärverfassung und ihrer aussereuropäischen Besitzungen, Brunswick 1805, p. 45; 1810: Classification der vorzüglicheren Städte und Marktflecken des österreichischen Kaiserstaates in Ansehung ihrer Häuserzahl und Volksmenge, dans: Vaterländische Blätter für den österreichischen Kaiserstaat, 24.7.1810, p. 230; 1820: Majer Bałaban, Dzieje Żydów w Galicyi i w Rzeczypospolitej Krakowskiej 1772–1868, réimprimé Cracovie 1988 [L 'viv 1914], p. 94; 1830–1857: Tafeln (voir n. 15); 1869: Orts-Repertorium des Königreiches Galizien und Lodomerien mit dem Grossherzogthume Krakau. Auf Grundlage der Volkszählung vom Jahre 1869, Vienne 1874, p. 20; 1880: Special Orts-Repertorium der im oesterreichischen Reichsrathe vertretenen Königreiche und Länder, tome 12, Galizien, Vienne 1886; 1890–1910: Statistisches Jahrbuch (voir n. 24).

Pour Ternopil ', Przemyśl, Kolomyja et Drohobyč: 1830–1857: Tafeln (voir n. 15); 1869–1910: Statistisches Jahrbuch (voir n. 24).

Pour L 'viv: 1772–1819: Isabel Röskau-Rydel, Kultur an der Peripherie des Habsburger Reiches. Die Geschichte des Bildungswesens und der kulturellen Einrichtungen in Lemberg von 1772 bis 1848, Wiesbaden 1993 (Studien der Forschungsstelle Ostmitteleuropa an der Universität Dortmund, 15), p. 352; 1830–1857: Tafeln (voir n. 15); 1869–1910: Statistisches Jahrbuch (voir n. 24).

Pour Cracovie: 1847: Ludwik Mroczka, Krakowianie. Szkice do portretu zbiorowego w dobie industrialnej transformacji 1890–1939, Cracovie 1999, p. 12; 1857: Tafeln (voir n. 15); 1869–1910: Statistisches Jahrbuch (voir n. 24).

26 Encyclopaedia Judaica. Das Judentum in Geschichte und Gegenwart tome 4 Brody, Berlin 1929–1931, p. 451-452.

27 Jerzy Holzer, Enlightenment, Assimilation, and Modern Identity. The Jewish Élite in Galicia, dans: Israel Bartal, Antony Polonsky (dir.), Polin. Studies in Polish Jewry, tome 12 Focusing on Aspects and Experiences of Religion, Londres, Portland 1999, p. 79–86; Péter Varga, Die drei Mendelssohns. Wirkungen der deutsch-jüdischen Aufklärung in Osteuropa, Budapest 2001 (Asteriskos 2), p. 27–35; Josef Meisl, Haskalah. Geschichte der Aufklärungsbewegung unter den Juden in Rußland, Berlin 1919.

28 Raphael Mahler, The Social and Political Aspects of the Haskalah in Galicia, dans: YIVO, Annual of Jewish Social Science 1 (1946), p. 64–85; Raphael Mahler, Hasidism and the Jewish Enlightenment. Their Confrontation in Galicia and Poland in the First Half of the Nineteenth Century, Philadelphie, New York, Jérusalem 1985, p. 32–29; Haim Gertner, Rabanut wedajanut be Galicia bemachcit harišona šel hamea hatša-esre. Tipologia šel hanehaga mesortit bemešber, Jérusalem 2004, p. 111169; Dov Sadan, Broder gasn. A shpatsir iber a gevezener shtot, dans: Nekhemie Tsuker, Nokhem Lindman (dir.), Yerlekher gedenk-bukh 1, Buenos Aires 1961, p. 71–81, ici p. 76–77.

29 Encyclopaedia Judaica, tome 4 Brody (voir n. 26), p. 1.094; Nathan Michael Gelber, Toldot jehudej Brodi 1584–1943, Jérusalem 1955 (Arim wemahot beJisrael, 6), p. 258; Statistische Mitteilungen über die Verhältnisse Galiziens, L 'viv 1912; Lutman, Studja (voir n. 4), p. 125; Bohdan Wasiutyński, Ludność żydowska w Polsce w wiekach XIX i XX. Studjum statystyczne, Varsovie 1930, p. 119; Max Rosenfeld, Die jüdische Bevölkerung in den Städten Galiziens 1881–1910, dans: Zeitschrift für Demographie und Statistik der Juden 9, 2/Februar (1913), p. 17–24.

30 Archives nationales à Cracovie sur le Wawel (Archiwum Państwowe w Krakowie na Wawelu, en suite APKW), Teki Schneidera, 199, p. 64–79; APKW, Teki Schneidera, 189; ÖStA/AVA, Hofkanzlei, Carton № 947, IV J, Gal. Brody, 30 ex dec. 1826; Filip Friedmann, Die galizischen Juden im Kampfe um ihre Gleichberechtigung. 1848–1868, Francfort-sur-le-M. 1929, p. 121–125.

31 Harald Binder, Galizien in Wien. Parteien, Wahlen, Fraktionen und Abgeordnete im Übergang zur Massenpolitik, Vienne 2005 (Studien zur Geschichte der österreichisch-ungarischen Monarchie, 29), p. 237, 261–262, 290–291, 623–670; Leila P. Everett, The Rise of Jewish National Politics in Galicia, 1905–1907, dans: Andrei S. Markovits, Frank E. Sysyn (dir.), Nationbuilding and the Politics of Nationalism. Essays on Austrian Galicia, Cambridge MA 1982, p. 151–177, ici p. 173–174; Yehoshu 'a-Shiko Mandel, Aviv Meltzer, Josef Parvari-Leiner, Sarah-Samith Shmuszkin-Rubinstein (dir.), Ner tamid. Jizkor liBrodi: sefer zikaron liqehilat Brodi usevivata, Jérusalem 1994, p. 35.

32 Röskau-Rydel: Kultur an der Peripherie (voir n. 25), p. 71–72, 94–104, 107–117; Mieczyslaw-Jerzy Adamczyk, L 'éducation et les transformations de la société juive dans la Monarchie des Habsbourg 1774 à 1914, Paris 1999, p. 55.

33 Pour la discussion voir: Neue Schule für Israeliten, zu Tarnopol in Galizien, dans: Sulamith, eine Zeitschrift zur Beförderung der Kultur und Humanität unter den Israeliten, tome IV, Vol. 2; Reden bei der feierlichen Eröffnung der Israelitischen Realschule zu Brody in Gallizien, gehalten am 8ten Februar 1818, dans: Sulamith, eine Zeitschrift zur Beförderung der Kultur und Humanität unter den Israeliten, tome V, Vol. 2; CDIAL, F. 146, op. 66, spr. 32, p. 32–33, 39, 42–44; CDIAL, F. 146, op. 66, spr. 33, p. 55–67.

34 CDIAL, F. 146, op. 66, spr. 40, p. 34–36.

35 Rudolf Kustynowicz, Entstehungsgeschichte des k.k. Rudolfs-Gymnasium in Brody (1. Teil), dans: Jahresbericht des k. k. Rudolf-Gymnasiums in Brody, 26, Brody 1904, p. 3-26, ici p. 3-7.

36 CDIAL, F. 178, op. 3, spr. 936, p. 20, 26–27, 32–39, 49; CDIAL, F. 146, op. 8, spr. 602, p. 2–10.

37 Concernant la multiculturalité du quotidien dans le Rudolfsgymnasium voir: Börries Kuzmany, Les lycées galiciens – un Lebenswelt multiethnique. Le cas ce Brody, dans: Cultures d 'Europe centrale № 8 Lieux communs de la multiculturalité dans les villes centre-européennes (2009), p. 65-83.

38 Jahresbericht des K. K. Real und Ober-Gymnasiums in Brody [à partir de 1908 en polonais: Sprawozdanie c. k. Gimnazyum im. Rudolfa w Brodach], Brody 1879–1914; Svjatoslav Pacholkiv, Emanzipation durch Bildung. Entwicklung und gesellschaftliche Rolle der ukrainischen Intelligenz im habsburgischen Galizien (18901914), Vienne, Munich 2002 (Schriftenreihe des Österreichischen Ost- und Südosteuropa-Instituts, 27), surtout p. 122–129.

39 A travers l 'appartenance religieuse les trois groupes ethno-confessionnels sont plus faciles à différencier. Les catholiques grecs sont largement identiques avec les ukrainophones, parmi la rubrique des catholiques romains on peut comprendre plutôt les polonophones. En ce qui concerne la langue maternelle des Juifs il est très difficile de les classer selon la langue ou la nationalité présumée, parce que le plurilinguisme (yiddish, allemand et polonais) est répandu ainsi que le fait, que les gens ont des multiples identités nationales. Les sources pour le diagramme: 1851-1864: Tafeln (voir n. 15); 1865-1878: Statistisches Jahrbuch (voir n. 24); 1879-1914: Jahresbericht Gymnasium (voir n. 38).

40 Voir par exemple: AMAE, CP Pologne, Vol. 331, Lettre d 'Aubernon, Lemberg 9.8.1812, p. 342; AMAE, CP Pologne, Vol. 328, Extrait d 'un rapport d 'un officier envoyé en Volhinie et Podolie, 19.11.1811, p. 332; Vadym Adadurov, ›Napoleonida‹ na sxodi Jevropy. Ujavlennja, proekty ta dijal 'nist ' urjadu Franciï ščodo pivdenno-zaxidnyx okraïn Rosijs 'koï Imperiï na počatku XIX stolittja, L 'viv 2007, p. 387–390.

41 Brody, Gazeta Lwowska, 2.7.1863, p. 601; Brody, Gazeta Lwowska, 3.7.1863, p. 605; Brody, Gazeta Lwowska, 4.7.1863, p. 610.

42 Voir la correspondance entre le comité local et l 'Alliance à Paris: Archives de l 'Alliance Israélite Universelle (en suite AIU), URSS I B; AIU, URSS I C; Björn Siegel, Österreichisches Judentum Zwischen Ost und West. Die Israelitische Allianz Zu Wien 1873-1938, Francfort-sur-le-M. 2010, p. 97–109; Moritz Friedländer, Fünf Wochen in Brody unter jüdisch-russischen Emigranten, Vienne 1882; Leo Goldenstein, Brody und die russisch-jüdische Emigration. Nach eigener Beobachtung erzählt, Francfort-sur-le-M. 1882.

43 Benyamin Lukin, Olga Shraberman, Documents on the Emigration of Russian Jews via Galicia, 1881-82, in the Central Archives for the History of the Jewish People in Jerusalem, dans: Gal-Ed. On the history of the Jews in Poland 21 (2007), p. 101–117, ici p. 105–108.

44 Propre estimation selon: Bulletin de l 'Alliance Israélite Universelle, in: Bulletin de l 'Alliance Israélite Universelle, (1869–1887), 2e semestre 1881 – 1er semestre 1882, II. Israélites de Russie, p. 9–27, ici p. 11-12, 15; Zosa Szajkowski, The European Attitude to East European Jewish Immigration (1881–1893), dans: American Jewish Historical Society Journal, Sept. 1951 – Jun. 1952 (1952), p. 127–165, ici p. 38; Zoza Shaykovski, Etyudn: Tsu der geshikhte fun ayngevandertn yidishn yishuv in Frankraykh, Paris 1936, p. 15-20; Goldenstein, Brody (voir n. 42), p. 15.

45 Zosa Szajkowski, The Attitude of American Jews to East European Jewish Immigration (1881–1893), dans: American Jewish Historical Society Journal, Sept. 1950 – Jun. 1951 (1951), p. 220–280, ici p. 230–243; Szajkowski, European Attitude (voir n. 44), p. 140, 144, 147–150.

46 Chronologiquement il s 'agit des récits de: Dalerac, Les anecdotes de Pologne ou Memoires secrets du Regne de Jean Sobieski III. du Nom, tome II, Amsterdam 1699, p. 303; de l 'Empereur Joseph II: ÖStA/HHStA, Hofreisen, Carton № 4, p. 48–49; Franz Kratter, Briefe über den itzigen Zustand von Galizien. Ein Beitrag zur Staatistik und Menschenkenntnis, tome 1, Leipzig 1786; Carl Feyerabend, Cosmopolitische Wanderungen durch Preußen, Curland, Liefland, Litthauen, Vollhynien, Podolien, Gallizien und Schlesien in den Jahren 1795 bis 1798, tome IV, Dantzig 1803; Samuel Bredetzky, Reisebemerkungen über Ungern und Galizien, Vienne 1809; Julian Ursyn Niemcewicz, Podróże historyczne po ziemiach polskich między rokiem 1811 a 1828 odbyte, Paris 1858; Andrew-Alexander Bonar, Narrative of a Mission of Inquiry to the Jews from the Church of Scotland in 1839, Édimbourg 1844; Honoré de Balzac, Lettre sur Kiew. Fragment inédit, Paris 1927; Honoré de Balzac, Lettres à Madame Hanska, Paris 1990; Friedländer, Fünf Wochen (voir n. 42); Joseph Pennell, The Jew at Home. Impressions of a Summer and Autumn Spent With Him, New York 1892; An-ski [pseudonyme adopté par Shloyme Rapoport], Der yidisher khurbm in Poyln, Galitsye un Bukovine, Varsovie 1921; Isaak Babel ', Peter Urban (dir.), Tagebuch 1920, Berlin 1990; Yoel Mastboym, Galitsye, Varsovie 1929.

47 Delphine Bechtel, Xavier Galmiche, Introduction, dans: Cultures d 'Europe centrale. Le voyage dans les confins 3 (2003), p. 7–21, ici p. 19; Dietlind Hüchtker, Der ›Schmutz der Juden‹ und die ›Unsittlichkeit der Weiber‹. Ein Vergleich der Repräsentation von Armut in Stadt- und Reisebeschreibungen von Galizien und Berlin (Ende des 18./ Mitte des 19. Jahrhunderts), dans: Zeitschrift für Ostmitteleuropaforschung 51, H. 3 (2002), p. 351–369, ici p. 354; Petra Zudrell, Reisen nach Galizien. Wahrnehmungen deutschsprachiger Reiseberichte über Galizien (einschließlich der Bukowina) vom Anfang und Ende des zwanzigsten Jahrhunderts, mémoire de maîtrise non publié, Université de Vienne 1994, p. 1–5.

48 Lettre de Mme Hanska-Balzac, qui est originaire de Berdyčyv en Ukraine centrale: Balzac, Lettres à Hanska (voir n. 46), p. 1.075.

49 An-ski [Rapoport], Khurbm Galitsye (voir n. 46), p. 136; Babel ', Urban (dir.), Tagebuch (voir n. 46), p. 77.

50 Andreas Kappeler, Die galizische Grenze in den Reiseberichten von William Coxe (1778), Carl Feyerabend (1795-98) und Johann Georg Kohl (1838), dans: Christoph Augustynowicz, Andreas Kappeler (dir.), Die Galizische Grenze 1772-1867. Kommunikation oder Isolation?, Vienne 2007 (Europa Orientalis, 3), p. 213–232, surtout p. 231–232.

51 Šolem Aleichem, Bahnhof Baranowitsch, dans: Šolem Aleichem, Gernot Jonas (dir.), Eisenbahngeschichten, Francfort-sur-le-M. 1995 [1909], p. 44–60, ici p. 52, 58.

52 Scholem Alejchem, Der Sohn des Kantors, Vienne 1965 [1907], p. 146–174.

53 Voir le récit »La bourgade juive« dans: Joseph Roth, Juden auf Wanderschaft, Cologne 1985 [1927], p. 22–39, surtout p. 22–24; le chapitre IX dans: Joseph Roth, Radetzkymarsch, Cologne 1989 [1932], p. 122–133.

54 Delphine Bechtel, ›Galizien, Galicja, Galitsye, Halytchyna‹: Le mythe de la Galicie, de la disparition à la résurrection (virtuelle), dans: Cultures d 'Europe centrale, Le Mythe des confins 4 (2004), p. 56–77; Kerstin Jobst, Der Mythos des Miteinander. Galizien in Literatur und Geschichte, Hambourg 1998 (Die Ostreihe. N.F., 8); Dietlind Hüchtker, Der ›Mythos Galizien‹. Versuch einer Historisierung, dans: Michael G. Müller, Rolf Petri (dir.), Die Nationalisierung von Grenzen. Zur Konstruktion nationaler Identität in sprachlich gemischten Grenzregionen, Marbourg 2002 (Tagungen zur Ostmitteleuropa-Forschung, 16), p. 81–107; Claudio Magris, Der habsburgische Mythos in der österreichischen Literatur, Salzbourg 1966; Claudio Magris, Weit von wo. Verlorene Welt des Ostjudentums, Vienne 1971; Verena Dohrn, Mythos Galizien, dans: Verena Dohrn, Guido Baselgia (dir.), Galizien, Francfort-sur-le-M. 1993, p. 7–25.

55 Voir le chapitre »Verfallen wie in Brody« chez Martin Pollack, Nach Galizien. Von Chassiden, Huzulen, Polen und Ruthenen. Eine imaginäre Reise durch die verschwundene Welt Ostgaliziens und der Bukowina, Vienne 1984, p. 199–213; voir le chapitre »Verfallen wie in Brody« chez Verena Dohrn, Reise nach Galizien. Grenzlandschaften des alten Europa, Francfort-sur-le-M. 1991, p. 89–107; Kaspar Schnetzler, Meine galizische Sehnsucht. Geschichten einer Reise, Francfort-sur-le-M. 1991, p. 85–110.

56 Pour le concept des lieux de mémoire, voir: Pierre Nora (dir.), Les Lieux de Mémoire, Paris 1984–1992.

57 Dmytro Čobit, Brody. Krajeznavčyj narys, L 'viv 1984.

58 Bohdan Zrobok (dir.), Brody i Bridščyna. Istoryčno-memuarnyj zbirnyk. Kniha II, Brody 1998.

59 Jaroslav Čumak (dir.), Brody i Bridščyna. Istoryčno-memuarnyj zbirnyk, Toronto 1988 (Ukraïns 'kyj arxiv, XLVII).

60 Zbigniew Kościów, Brody. Przypomnienie kresowego miasta, Opole 1993; Zbigniew Kościów, Motywy Brodzkie, Wspomnienia, przyczynki historyczne, szkice biograficzne, Opole 1995.

61 Mandel, Meltzer, Parvari-Leiner, Shmuszkin-Rubinstein (dir.), Jizkor liBrodi (voir n. 31). On trouve aussi des souvenirs de Brody dans les livres commémoratifs de la Galicie publiés en yiddish en Argentine. Yakiv Margulies, Mayses fun Brod, dans: Nekhemie Tsuker (dir.), Pinkes Galitsye. Aroysgegebn tsum 20-tn aniversar zeyt der grindung fun galitsyaner farband, Buenos Aires 1945, p. 481–487; Sadan, Broder gasn (voir n. 28); Arn Langer, Brod, a barimte shtot, dans: Seyfer Galitsye – gedenk bukh, Buenos Aires 1968, p. 335–347.

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Zitation
 
: La ville de Brody au cours du long XIXe siècle . L’histoire d’une contre-performance ?
In: Raumkonzepte - Raumwahrnehmungen - Raumnutzungen (6. Sommerkurs des Deutschen Historischen Instituts Paris in Zusammenarbeit mit der Universität Paris I-Panthéon-Sorbonne, 14.-17. Juni 2009) / Espaces: concepts - perceptions - usages (6e université d’été pour jeunes chercheurs de l’Institut historique allemand Paris en coopération avec l’université Paris I-Panthéon-Sorbonne, 14 - 17 juin 2009), hg. von / éd. par Susanne Rau (discussions, 5)
URL: http://www.perspectivia.net/content/publikationen/discussions/5-2010/kuzmany_ville
Veröffentlicht am: 16/11/2010
Zugriff vom: 22/10/2014
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