G. Braun: Introduction
Introduction
La France et le problème de la sécurisation de la paix à l 'époque moderne
Les actes du colloque sur l '»Assecuratio Pacis« qui sont édités dans ce numéro des »discussions« se divisent en quatre sections. La première section aborde le problème de la naissance et de l 'essor d 'un discours sur la sécurisation de la paix chez les penseurs ainsi que chez les hommes d 'État et les diplomates en Europe, et plus particulièrement en France, jusqu 'au milieu du XVIIe siècle. Rainer Babel étudie les éléments théoriques et pratiques de ce qu 'on peut appeler l 'assecuratio pacis avant Richelieu, alors que nous-mêmes analysons l 'apport du cardinal et la politique française au congrès de Westphalie relative à la sécurisation de la paix avec l 'Espagne et avec l 'Empire. Ces deux contributions sont commentées par Klaus Malettke. Tandis que le règne personnel de Louis XIV privilégie l 'expansion territoriale à l 'objectif de la stabilisation de la paix, Léopold Ier s 'impose comme un défenseur du statu quo et de la paix dans l 'Empire. Dans le premier article de la seconde section, texte qui étudie les relations entre ces deux monarques, Jean Bérenger privilégie par conséquent la perspective de l 'empereur par rapport à celle du roi de France. La deuxième section, qui analyse l 'évolution des discours et des pratiques de la sécurisation de la paix du début du règne personnel du Roi-Soleil jusqu 'à la première moitié du XVIIIe siècle, se termine par deux articles de Lucien Bély et d 'Éric Schnakenbourg sur l 'établissement de la paix d 'Utrecht et la position de la Régence sur le maintien de cette paix. Ces trois articles sont présentés par Olivier Chaline. Une troisième section interroge les changements provoqués par le Renversement des alliances, la Révolution française et l 'effondrement de l 'empire napoléonien. Les articles de Sven Externbrink, Thierry Lentz et Emmanuel de Waresquiel sont commentés par Bernd Klesmann. La quatrième section aborde enfin les discours proprement philosophiques sur la sécurité de la paix en Europe, en particulier en France et dans le Saint-Empire. Les auteurs des trois contributions – Stefanie Buchenau, Bruno Bernardi et Gérard Laudin – prêtent une attention particulière à l 'évolution du concept d 'équilibre des puissances. La section se termine par un commentaire étoffé signé Olaf Asbach.
Comme tous les articles sont commentés par un spécialiste de la problématique, les paragraphes suivants de notre introduction ont seulement vocation à rappeler certaines évolutions fondamentales, à relever certains problèmes cruciaux qui sont abordés dans les textes des différentes sections et à montrer quelques perspectives pour les recherches à venir sur le problème de la sécurisation de la paix dans l 'Europe moderne autour de deux axes de réflexion: primo, la paix comme idéal politique aux Temps modernes, et secundo, les nouvelles stratégies pour affermir la paix qui se dégagent depuis la Renaissance. Nous conclurons par quelques observations sur le problème de la paix dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle et au début du XIXe.
I. »Pax optima rerum« – La paix comme idéal politique aux Temps modernes1
1. L 'élaboration de la conception théorique à l 'époque moderne
Dans l 'évolution du concept de la paix, les Temps modernes semblent avoir eu une importance décisive, au point qu 'on peut parler, avec M. Howard, de »l 'invention« même de la paix à cette époque2. Sur le plan théorique, cette »invention« des conceptions modernes de la paix semble être liée à l 'émergence d 'une nouvelle perspective non plus morale mais proprement politique qui porte sur l 'État comme instance différente de l 'homme, une instance individuelle et soumise à des règles d 'action propres. Certes, l 'idée moderne de la paix se fonde sur des conceptions développées par la théologie et la philosophie médiévales3. Au début de l 'époque moderne, la paix »temporelle« entre les États est encore conçue comme partie intégrante d 'une paix plus vaste fondée sur la concorde (religieuse) et la justice. Progressivement, et à mesure que la référence religieuse perd de son importance, cette paix temporelle ou politique commence à être interprétée selon de nouveaux critères. Parallèlement se fait jour une série de nouvelles distinctions entre la paix d 'une part et la concorde et la justice d 'autre part, la paix civile et la paix entre les États: tandis que jusqu 'au XVe siècle, on distingue encore mal les luttes internes et la guerre, la paix intérieure des sociétés et la paix extérieure des États, au XVIIIe siècle, le concept de »paix« finira par se référer à la paix entre les États où (en France comme en Allemagne) il devient souvent synonyme de »traité de paix«.
2. La norme de la paix et la sécurité comme nouveaux problèmes de la politique extérieure
En France et dans l 'Empire, le succès des règlements de 1306 et de 1495 qui avaient indéniablement contribué à un meilleur respect de la tranquillité publique furent sérieusement remis en cause par la Réforme et les conséquences politiques de la confessionnalisation. Cependant, avec la fin de la guerre de Trente Ans en Allemagne et l 'issue de la Fronde en France, l 'époque des guerres de religion et des guerres civiles était terminée des deux côtés du Rhin (avec quelques exceptions, comme par exemple, l 'épisode des Camisards dans le royaume et certains conflits entre les princes de l 'Empire). Alors que, pour l 'essentiel, les différentes sociétés européennes, à l 'instar de la France et du Saint-Empire, ont pu résoudre le problème de la paix intérieure sous l 'Ancien Régime, la paix extérieure est restée un problème non résolu dans les relations entre les États européens jusqu 'à la Révolution française et même jusqu 'au congrès de Vienne. Les États européens de l 'Ancien Régime, peut-on dire avec Christoph Kampmann4, étaient donc exposés à la tension fondamentale qui existait entre la norme de la paix imposée aux princes chrétiens, d 'un côté, et la réalité des relations internationales caractérisée par le bellicisme de l 'époque et l 'absence de paix durable, de l 'autre.
Sous l 'influence d 'autorités théologiques ou ecclésiastiques comme saint Augustin et d 'auteurs politiques tels que Dante, le Moyen Âge avait déjà formulé la norme selon laquelle les princes devaient assurer la paix dans le monde chrétien. À l 'aube des Temps modernes, cette conception fut reprise à leur compte par les humanistes, tels Érasme (dont la »Querela pacis«, l 'un des fondements de la littérature sur la paix à l 'époque moderne, fut publiée en 1517) et par les réformateurs. La norme de la conservation de la paix temporelle (pax temporalis en latin, zeitlicher Friede en allemand) était par exemple rappelée aux princes de la chrétienté par Martin Luther qui, en 1530, la qualifia de bien le plus précieux dont les hommes disposaient.
Cette recherche de la paix chrétienne, universelle, sûre et durable était aussi un problème fondamental de la politique du cardinal Richelieu à l 'égard des Habsbourg de Madrid et de Vienne5. Jusqu 'au XVIIIe siècle encore, ce rétablissement et la sûreté de la paix constituaient une tâche essentielle des princes chrétiens6. Selon la doctrine »iréniste« des humanistes et d 'Érasme, la guerre était bannie comme étant contraire non seulement à la doctrine chrétienne, mais aussi aux principes de la nature et de la raison, même si cette condamnation de la guerre était relativisée par le droit du prince de mener une guerre sous certaines conditions, et même si elle ne valait que pour les relations entre les souverains de la chrétienté; elle n 'avait donc aucune incidence sur leurs rapports avec des puissances non chrétiennes avec lesquelles il ne pouvait y avoir de paix sûre ni durable faute d 'unité religieuse7. Notons que cela n 'excluait pas des armistices, voire une collaboration politique ou diplomatique entre princes chrétiens et non chrétiens. D 'ailleurs, les contributions du présent volume sur l '»Assecuratio Pacis« montrent que certains projets de sécurisation de la paix incluaient bien les princes du monde non chrétien8. Or, d 'autres projets devaient aboutir à »une guerre continuelle contre les infidèles«, une fois la paix établie de manière durable à l 'intérieur de la chrétienté9.
En même temps, le règlement des conflits intérieurs (confessionnels) avait abouti à une paix civile permettant de manière provisoire (en France, de 1598/1629 jusqu 'en 1685) ou durable (dans l 'Empire, depuis 1555/1648) la coexistence pacifique de plusieurs confessions religieuses, c 'est-à-dire une paix séculière sans unité religieuse10. Sur le plan international, aux XVIIe et XVIIIe siècles, l 'existence de plusieurs confessions était une réalité à laquelle seule la papauté, semble-t-il, refusa de s 'adapter11. Bien que très tôt, au cours de la guerre de Trente Ans, la différence confessionnelle ne fût pas un obstacle à la collaboration militaire et diplomatique, elle resta une source de querelles jusqu 'au XVIIIe siècle, même si celles-ci ne prirent pas la forme de guerres de religion. Mais cette issue n 'était pas certaine pour tous les acteurs: c 'est pourquoi on voit le comte d 'Avaux, plénipotentiaire français à Münster et à Osnabrück, craindre en 1647 que la paix de Westphalie ne débouche sur de nouvelles guerres de religion12. Dans cette perspective, la paix sûre et durable était encore liée à l 'unité religieuse.
L 'on peut donc se demander à quel moment cette conception disparut définitivement dans la diplomatie française et quelles furent les étapes décisives de cette émancipation (relative) du facteur religieux ou confessionnel. Pour répondre à cette question, il convient tout d 'abord d 'inscrire ces changements dans le contexte belliqueux de l 'époque (que l 'on peut voir lui-même comme une conséquence de l 'abdication des puissances universelles qu 'avaient représentées ou prétendu représenter la papauté et l 'empereur jusqu 'au XVIe siècle): en l 'absence de juridiction supérieure, la guerre était souvent le seul moyen dont disposaient les princes pour résoudre leurs conflits. C 'est dans ce contexte belliqueux caractéristique de l 'Ancien Régime que l 'on observe un nouvel intérêt pour les conditions du bellum iustum. Même en déclarant la guerre, les princes se croyaient obligés de légitimer publiquement leurs actions à l 'égard de leurs pairs, adversaires et sujets, par le désir du rétablissement d 'une paix juste. Dans son ouvrage »De iure belli ac pacis« de 1625, Hugo Grotius commence à accorder une importance croissante aux arguments juridiques plus formels qui pouvaient légitimer la guerre, même si le rétablissement d 'une paix sûre restait la fin obligatoire de toute intervention militaire. Corrélativement on observe des changements dans le comportement des princes et de leurs conseillers. L '»invention« même et l 'institutionnalisation de la diplomatie ainsi que la constitution d 'un »art de la paix«13 ou »art de négocier« (ars tractandi) peuvent être interprétées comme une conséquence de la volonté de réaliser cet idéal de la guerre juste.
II. Les nouvelles stratégies pour affermir la paix
Afin d 'atteindre cet objectif, à savoir, rendre la paix entre les princes chrétiens plus sûre, on envisageait plusieurs solutions, comme l 'établissement d 'une instance de jugement supranationale, idée déjà attestée en France au XVIe siècle, chez Guillaume Aubert, et au début du XVIIe, dans les »Œconomies royales« de Sully 14, celui d 'un système de sécurité collective, et plus tard, le projet d 'une constitution républicaine comme garants de paix. La première solution, qu 'on pourrait qualifier d 'hégémonique, consiste en l 'établissement d 'une autorité supérieure au commun des princes, soit par une monarchie universelle15, soit à travers l 'instauration d 'un arbitre de la chrétienté16 ou d '»une sorte de conseil général chargé de régler les différends qui pourraient naître entre les États«17. La deuxième solution consiste en la constitution d 'un système de sécurité collective. À deux moments, la sécurité collective joue un rôle particulièrement important dans les conceptions politiques françaises: sous Richelieu et au lendemain de la guerre de la Succession d 'Espagne. Mais, selon Rainer Babel, le projet de Pierre Dubois qui date des années 1306/1308 peut déjà être qualifié de système de sécurité collective, et dans l 'histoire européenne, il y avait plusieurs antécédents aux idées de Richelieu concernant un ordre de paix permanent pour les princes chrétiens18. Une troisième solution peut être perçue dans l 'idéal de la balance of power, qui caractérise de plus en plus la diplomatie européenne depuis la seconde moitié du XVIIe siècle et dont il convient de mieux évaluer l 'influence sur la pratique politique, car c 'est autour de cette notion que se construit, à Utrecht, le nouvel ordre européen. Si presque toutes les contributions du présent volume évoquent le problème de l 'équilibre des puissances, les articles de Lucien Bély, d 'Éric Schnakenbourg, de Bruno Bernardi, de Stefanie Buchenau et de Gérard Laudin ainsi que le commentaire d 'Olaf Asbach s 'y consacrent d 'une manière particulière, dans le cadre des échanges franco-allemands ou dans un contexte européen19.
Des publications récentes ont également souligné les effets pacificateurs du Renversement des alliances de 1756 et contribué à une revalorisation de cette »révolution diplomatique«20. C 'est dans cette lignée que s 'inscrit l 'article de Sven Externbrink publié dans ce volume. S 'il nous paraît certain que, tout en cherchant à stabiliser un ordre de paix, la politique de Louis XV, de Louis XVI, de Choiseul et de Vergennes n 'était pas inspirée par une idée ressemblant à l 'assecuratio pacis telle que Richelieu l 'avait projetée, la particularité de cette politique (par rapport à celle de Richelieu) ne nous semble pas découler de l 'objectif de celle-ci qui consistait en la conservation de »la réputation et le souci de préserver [le] statut de grande puissance« du royaume21. En effet, de la même manière, la gloire du roi avait toujours été une préoccupation majeure du cardinal, et le système de sécurité collective qu 'il avait imaginé se fondait sur une pax gallica. Or, à la différence de Richelieu, qui imagina des ligues constituées par les princes allemands et italiens pour garantir la paix contre la maison d 'Autriche et ses prétendues aspirations à la monarchie universelle, le Renversement des alliances aboutit dans une certaine mesure à une pacification de l 'Europe par le moyen d 'une entente franco-autrichienne (du moins après la guerre de Sept Ans). Dans les années 1750, la nouvelle alliance avec l 'Autriche n 'était pas pour Versailles une décision sans alternative, mais plutôt une possibilité parmi d 'autres. Par contre, pour François Ier ou pour Richelieu, une telle option aurait été catégoriquement exclue.
Dans l 'élaboration de toutes ces stratégies pour maintenir la paix, il convient de tenir compte – les contributions de ce volume le montrent très clairement – de l 'influence des philosophes, souvent sous-estimée. S 'il est certain que toutes leurs recommandations n 'ont pas eu d 'impact sur la politique de leur temps, l 'abbé de Saint-Pierre n 'est pas entièrement ignoré des diplomates de son époque (et il est également possible que son texte français de 1712, traduit en allemand dès 1713, n 'ait pas échappé à des penseurs allemands comme Svarez22), d 'autres philosophes ont réuni entre leurs mains action diplomatique et réflexion théorique, tels Leibniz au XVIIe siècle23, ou bien, à la fin du XVIIIe siècle Adam Müller et Friedrich von Gentz dans l 'entourage de Kant24. En particulier, les apports philosophiques sont d 'une importance particulière lorsqu 'il s 'agit d 'analyser les discours et les choix politiques reposant sur l 'idée d 'un équilibre des puissances et de définir la contribution des instances supranationales à l 'établissement et à la garantie de la paix.
Inversement, les exemples étudiés dans ce volume (en particulier, Westphalie, Utrecht, Vienne) montrent qu 'il faut aussi mieux examiner les modalités concrètes de la mise en pratique de ces stratégies et le cadre institutionnel réel (les traités, les négociations et les congrès) dans lequel furent élaborés et signés les traités de paix25. Cet examen des conditions pratiques possède une signification d 'autant plus grande qu 'à l 'époque moderne la diplomatie forgea des instruments et des mécanismes pour établir et garantir la paix qui sont encore d 'actualité de nos jours, malgré des changements fondamentaux dans le système des États26.
1. Les instances d 'arbitrage supranationales
Comme cela a été déjà brièvement indiqué plus haut, la théorie politique et le droit des gens qui connut un nouvel essor au XVIIe siècle rappelèrent aux souverains leur obligation de conserver la paix et de la rendre plus sûre. Juristes et théoriciens politiques étaient encore alors marqués par l 'influence des humanistes du siècle précédent. Pour sa part, Érasme avait exhorté les souverains à renoncer à tout ce qui pouvait donner lieu à des conflits entre les princes en critiquant, par exemple, le maintien d 'une grande armée ou la conclusion de mariages dynastiques. D 'autres penseurs humanistes avaient préconisé une réforme fondamentale de l 'organisation politique de l 'Europe. Guillaume Postel et Ulrich von Hutten attendaient respectivement du roi de France et de l 'empereur qu 'ils transforment la chrétienté en une monarchie assurant à tous ses membres une paix durable. Cependant, ni Charles Quint au XVIe siècle, ni Louis XIV au grand siècle, ni même Napoléon au début du XIXe, ne réussirent à résoudre durablement le problème de la paix en imposant à l 'Europe leur ordre de roi ou d 'empereur »universel«. Si, comme le montre Thierry Lentz, la politique de Bonaparte reste »difficile à cerner«, son avènement ne modifia pas, de manière aussi profonde qu 'on a parfois tendance à le dire, la diplomatie en Europe, puisque »les ambitions, les facteurs géopolitiques et économiques étaient les mêmes que dix ou vingt ans plus tôt«, conclut cet auteur27. Et parmi ces vieux problèmes de la diplomatie européenne, nous retrouvons aussi, au lendemain du règne de Napoléon, le rétablissement d 'une paix durable, qui s 'appuie d 'ailleurs sur »un vieux principe: celui des équilibres«28.
Or, non seulement une transformation monarchique de la société des princes en Europe29, mais aussi la création d 'institutions d 'arbitrage supranationales étaient considérées (depuis le XVIe siècle) comme un moyen d 'assurer la paix dans la chrétienté. Sur ce plan cependant, les idées d 'Érasme et des autres humanistes du XVIe siècle étaient restées assez rudimentaires, et relevaient surtout de l 'éthique chrétienne. En revanche, les utopies de la paix au XVIIe siècle apparaissent très innovantes dans la définition des institutions appelées à remplacer les anciennes instances théologiques pour affermir la paix, et elles concernent parfois même des princes non chrétiens. C 'est le cas, par exemple, du »Nouveau Cynée« d 'Émeric Crucé et du »Grand Dessein« de Maximilien de Sully30. Même si les solutions qu 'elles opposent à l 'ordre international existant ne remettent pas en cause l 'existence des États souverains ni la légitimité d 'une guerre contre les Infidèles (qui reste le ciment de l 'unité des princes dans le »Consilium Aegyptiacum« de Leibniz, en 1670), elles rompent néanmoins avec l 'universalisme, voire l 'esprit de croisade qui avaient caractérisé les projets de paix entre les princes chrétiens aux siècles précédents, comme le plan projeté par Pierre Dubois pour récupérer la Terre Sainte (1306/1308).
2. Les systèmes de sécurité collective
C 'est comme système de sécurité collective que la plupart des historiens qualifient la politique du cardinal de Richelieu et ses projets pour une ligue italienne et une ligue des princes de l 'Empire31, mais on peut aussi ranger sous ce terme le système des alliances préconisé par le Sekuritätsgutachten de Leibniz, qui est étudié par Stefanie Buchenau32, et le »Corps européen«, composé des souverains d 'Europe imaginé par l 'abbé de Saint-Pierre, dans »De l 'établissement de la Diète européenne« de 171333. En ce qui concerne le XVIIIe siècle, comme le montre d 'une manière très convaincante Éric Schnakenbourg34, l 'on peut également appliquer ce terme à la stratégie diplomatique de la Régence.
3. Les réformes constitutionnelles
Au XVIIIe siècle, la vieille idée d 'une obligation du prince à établir et à conserver la paix fut développée considérablement, en particulier par les philosophes français et allemands. C 'est dans la première moitié du siècle que des penseurs comme Fénelon et surtout l 'abbé de Saint-Pierre, en 1713/1717, avec son »Projet pour rendre la paix perpétuelle en Europe« prônent une réforme de la société des princes et une réforme constitutionnelle limitant les pouvoirs du prince comme source de nombreux conflits. Les princes devaient être soumis à un pouvoir judiciaire et coercitif supérieur. Cette approche fut reprise à leur compte d 'une manière beaucoup plus radicale par les philosophes de la seconde moitié du XVIIIe siècle qui, comme Montesquieu, pensaient que la guerre était l '»esprit« même de la monarchie absolue, de sorte que cette forme de gouvernement était considérée comme l 'origine de la guerre, alors que Rousseau, dans son »Jugement du projet de paix perpétuelle de M. l 'abbé de Saint-Pierre« (vers 1760), tenait une réforme profonde des États européens pour indispensable en vue de l 'établissement d 'une paix sûre et durable35. Kant poursuivit dans cette voie en affirmant dans son œuvre »Zum ewigen Frieden« (1795) que la sûreté de la paix ne peut pas être garantie par des systèmes de sécurité ou d 'arbitrage supranationaux, mais qu 'elle dépend avant tout d 'une Constitution républicaine, fondée sur l 'égalité et la représentation politique. Or, à côté de ses projets novateurs mais qui ne furent pas mis en pratique, il ne faut pas négliger les moyens plus traditionnels (et plus performants, du point de vue pratique) qui furent développés à l 'époque moderne pour rétablir la paix et la rendre plus durable: les traités internationaux, les négociations et les congrès qui y aboutissaient ainsi que les médiations et les médiateurs qui rendaient possible la conclusion de la paix et sa sécurisation.
4. Les traités de paix
Pour la période comprise entre 1480 et 1914, l 'on peut constater que sur 311 guerres, seulement 137 se sont terminées par des négociations et des traités de paix36. Aux XIVe et XVe siècles, l 'art de conclure la paix s 'était développé notamment par les négociations entre la France et l 'Angleterre37, avant que les accords de paix conclus au XVIe siècle et les grands traités du siècle de Louis XIV ne donnent à ces documents leur forme définitive en précisant, en particulier, les stipulations pour garantir leur respect38.
En effet, la conclusion des traités de paix posait le problème de leur garantie et des mécanismes qui devaient en assurer la bonne exécution. L 'un des moyens traditionnels développés à cet effet était la ratification du traité par les souverains qui l 'avaient conclu. Conformément au droit public des différents États européens, la ratification par le prince ne suffisait pas toujours. De 1648 à 1806, les traités de paix passés par le Saint-Empire sont entérinés par un vote de la diète. En revanche, la demande des Impériaux pour faire approuver la paix de Westphalie par les États généraux du royaume de France ne s 'impose pas, alors que le traité de Cambrai de 1529 avait dû être enregistré par le parlement et ratifié par les États généraux39. À Münster, il est jugé suffisant que le traité soit ratifié par le roi et publié par les parlements. En effet, en Westphalie, les Français estiment que l 'enregistrement de la paix, en particulier par le parlement de Paris, constitue un moyen pour la rendre plus sûre, notamment en contribuant à l 'inaliénabilité des cessions territoriales. Mais il apparaît que, finalement, la paix de Münster n 'a pas été enregistrée par le parlement40. Après la Révolution, en vertu de la Constitution de 1791, l 'Assemblée nationale doit ratifier un traité de paix.
Afin d 'assurer la pérennité de la paix, on propose également leur garantie par les parties contractantes, même s 'il s 'agit de garantir les affaires intérieures du Saint-Empire (depuis 1648). En revanche, la tradition qui voulait que le souverain prête serment sur le traité se perd au XVIIe siècle. Les mariages dynastiques constituaient aussi un moyen pour affermir la paix (la paix des Pyrénées, par exemple). Mais l 'idée dynastique et la politique des mariages occupèrent-elles, dans les réflexions sur la stabilité de la paix des acteurs du XVIIe et du XVIIIe siècle, une position aussi dominante que cela avait été le cas avant ou jusqu 'en 164841?
Très certainement, le catalogue de ces instruments et de ces mécanismes est susceptible d 'être élargi, en fonction des conceptions que les acteurs ou les théoriciens se font de la sécurisation de la paix, car sur ce point il n 'y a pas de consensus au XVIIe et au XVIIIe siècle. Par exemple chez Grotius, l 'ordre international établi par les traités de paix doit être juste et légitime, leur objectif étant la stabilité de la paix, non pas la punition de la partie vaincue. Dans cette perspective, on doit donc considérer aussi l 'amnistie comme un élément de l 'assecuratio pacis42.
5. Les négociations de paix
Malgré la récurrence des conflits militaires aux XVIIe et XVIIIe siècles, on peut estimer que la diplomatie a remporté des succès assez remarquables en parvenant à établir la paix à travers des négociations diplomatiques et la conclusion des traités de paix que nous venons de considérer – même si les accords de paix débouchaient quasi régulièrement sur de nouveaux conflits, de sorte que, de toute évidence, la sûreté de la paix était, pour les diplomates, un objectif plus ambitieux que sa constitution. De ce point de vue, le XVIIe siècle peut être considéré comme le siècle de la naissance d 'une véritable assecuratio pacis. En effet, elle constituait un problème crucial des négociations au congrès de Westphalie, un problème que les plénipotentiaires tenaient pour plus épineux et plus essentiel qu 'une grande partie des pommes de discorde dont on discutait. L 'on peut même prétendre que l 'échec des pourparlers franco-espagnols, en 1648, s 'explique surtout par le manque de confiance entre les parties et leur incapacité à résoudre le problème de l 'assecuratio pacis43.
On notera également que la signature d 'un traité de paix ne se confondait pas nécessairement avec la cessation des hostilités. À quel moment fallait-il ne plus tirer sur l 'ennemi et à quel moment ne pouvait-on plus faire de conquêtes: après la signature du traité ou seulement après sa ratification? C 'est un sujet sur lequel les Français et les Espagnols ont eu du mal à trouver un accord à Münster. Le fait que la plupart des Allemands ne célèbrent la paix de 1648 que quelques années après sa signature44 s 'explique par le délai entre la conclusion des traités et la perception de la paix comme réalité politique, sociale et économique après les accords de Nuremberg (1650) et l 'abdication des troupes étrangères. Une étude très détaillée sur ce sujet a montré comment et à travers quels mécanismes la guerre s 'est transformée très lentement en une paix45. Distingue-t-on, après 1648, des continuités dans le processus de mise en œuvre de la paix, c 'est-à-dire dans la phase concrète de transition de la guerre à l 'état de paix et, si oui, à quoi ressemblent-elles en pratique? Dans l 'Empire, le problème de la sûreté de la paix était d 'autant plus crucial que la guerre franco-espagnole continua jusqu 'en 1659, et que Louis XIV intervint fréquemment dans les Pays-Bas (espagnols), puis dans l 'Empire même (guerre de Dévolution, guerre de Hollande, Réunions, guerre dite de la Ligue d 'Augsbourg). Comme au début de cette période, tous les états de l 'Empire n 'étaient pas convaincus que l 'empereur fût en mesure de garantir la défense de l 'Empire, ils créaient des associations de princes, un moyen pour assurer la paix qui est encore utilisé pendant la guerre de la Succession d 'Espagne. Mais, comme le montre Jean Bérenger dans sa contribution, Léopold Ier s 'impose face à Louis XIV comme protecteur de l 'Empire dans la deuxième moitié du XVIIe siècle. C 'est en 1672, au plus tard, que »l 'agression française contre la république des Provinces-Unies a clarifié la situation et montré que le meilleur défenseur du Saint-Empire demeurait l 'empereur Léopold«, alors que la politique expansionniste de Louis XIV ne poursuivait en aucune manière l 'objectif d 'une stabilisation de la paix ni dans l 'espace franco-allemand ni en Europe46.
6. Les congrès, la constitution et la sûreté de la paix
L 'un des moyens les plus efficaces pour rétablir la paix après les grands conflits européens était les congrès de paix multilatéraux, comme celui (déjà évoqué) de Westphalie (1648), mais aussi ceux de Nimègue (1679), de Ryswick (1697), d 'Utrecht (1713), étudié dans ce volume par Lucien Bély47, jusqu 'au congrès de Vienne (1814/1815), examiné par Emmanuel de Waresquiel et qui, à la différence des congrès de plénipotentiaires des siècles précédents, réunissait des souverains et des princes. Bien que les congrès de paix rassemblant au moins trois parties contractantes ne soient pas nés au XVIIe siècle, l 'on considère aujourd 'hui le congrès de Westphalie comme leur »archétype«48, puisque, comme le congrès de Vienne, il réunissait presque tous les pays d 'Europe et était considéré comme le fondement des traités de paix ultérieurs. Peut-on pour autant dire que les formes de l 'assecuratio pacis pratiquées au congrès de la paix de Westphalie et les résultats qui y furent obtenus servirent de modèle d 'orientation aux congrès et accords de paix suivants? C 'est une question qui mériterait d 'être étudiée à travers l 'analyse comparative des articles des différents traités internationaux concernant la sécurisation et la garantie de ces accords. Si le nombre de congrès et de traités pris en considération par les auteurs de ce volume ne permet pas encore de répondre d 'une manière définitive à cette question et si un examen plus approfondi des aspects techniques juridiques s 'avère indispensable, les exemples qui sont analysés ici apportent certains éléments qui montrent que l 'art de la paix continue de se développer et que la diplomatie européenne peut réagir d 'une manière flexible à de nouvelles situations politiques en Europe, par exemple en imposant l 'équilibre des puissances comme un leitmotiv à Utrecht.
Les fêtes et les jubilées de la paix consacraient les succès que ces congrès internationaux avaient remportés en rétablissant la paix après de graves conflits européens. Très certainement, les congrès étaient donc un élément essentiel pour l 'établissement de la paix dont la valeur et l 'efficacité (relative) n 'étaient pas seulement reconnues par le cercle étroit des princes, des hommes d 'État et des diplomates.
Il paraît donc essentiel d 'analyser l 'apport des grands congrès du siècle de Louis XIV (Westphalie, Nimègue, Ryswick et Utrecht) à l 'égard de la sûreté et la garantie de la paix. Au XVIIIe siècle, surtout au lendemain de la guerre de Succession d 'Espagne, les congrès avaient également la fonction de désamorcer les conflits internationaux49. Ils devenaient ainsi des instruments de l 'assecuratio pacis. On peut citer l 'exemple du congrès de Brunswick (1713–1721) ainsi que celui des congrès de Cambrai (1722–1725) et de Soissons (1728/1729)50, auxquels fait allusion, dans ce volume, la contribution d 'Éric Schnakenbourg51.
Or, malgré les succès indéniables qu 'elle connut en rétablissant la paix, notamment à travers les congrès et les traités de paix internationaux, la diplomatie ne parvint pas à établir en Europe un ordre de paix durable. Même après la guerre de Succession d 'Espagne et la guerre du Nord (1714/1721), l '»Europe des congrès« ne put désamorcer les conflits entre les principaux États que pendant deux décennies environ, avant que les tensions entre ces États ne débouchent de nouveau sur la guerre de Succession de Pologne, puis sur la guerre de Succession d 'Autriche et la guerre de Sept Ans. Pourtant, les principes de »balance« (ou d '»équilibre«) et de »convenance« conduisaient temporairement à un certain apaisement du système international, alors qu 'une réforme profonde de ce système paraissait toujours relever de l 'utopie52.
Malgré le nombre considérable d 'aspects relatifs à la sécurisation de la paix qui sont étudiés par les auteurs de ce volume, il est évident que certains éléments méritent une analyse plus approfondie. À titre d 'exemple, autant que nous le sachions, le rôle de la médiation et des médiateurs dans la sécurisation de la paix n 'a pas encore été suffisamment élucidé. La médiation apparaît donc comme un autre champ de recherche prometteur.
7. La médiation comme forme de la négociation et moyen pour affermir la paix
À l 'époque moderne, la conclusion d 'une paix donnait un très grand prestige à celui qui y contribuait. À côté de la négociation bilatérale, la théorie et la pratique de la diplomatie moderne développaient plusieurs formes de négociation qui impliquaient des tiers, comme l 'arbitrage ou la médiation de la paix par des médiateurs qui ne jouissaient pas d 'un pouvoir décisionnel53. D 'après Jean Bodin, c 'était un très grand honneur pour un prince de se voir accorder l 'arbitrage de la paix (1576). Jusqu 'au XVIe siècle, la médiation de la paix était considérée comme une tâche de la papauté. Tout en se voyant dorénavant confinée, du point de vue du Saint-Siège, à la paix entre les pays catholiques, la médiation resta un attribut de la diplomatie pontificale même après 1648, mais fut de plus en plus souvent confiée à des princes séculiers ou à une république comme Venise54. On peut constater qu 'au milieu du XVIIe siècle, l 'aptitude de la papauté à se montrer en padre comune des princes chrétiens et à contribuer à la paix générale dans la chrétienté était déjà remise en question en France (en particulier par Mazarin et par Abel Servien). Mais la nomination des médiateurs dans un traité, comme celle de Venise dans la paix de Münster, engageait le respect des parties contractantes envers ces médiateurs et pouvait donc contribuer à la sûreté de la paix. Dans cette perspective, la médiation et l 'arbitrage peuvent apparaître comme des formes de la négociation susceptibles, non seulement de constituer la paix, mais aussi de l 'affermir. Cette hypothèse peut-elle être confirmée? Quel rôle l 'arbitrage, la médiation et l 'interposition jouèrent-ils dans la pratique ou la théorie de la recherche d 'une paix stable? Pour l 'instant, ces questions restent posées.
III. Le problème de la paix et le monde moderne
Malgré la prédominance du discours sur la paix, il ne faut pas négliger l 'existence dans les Temps modernes de courants philosophiques et politiques qui ne considéraient la paix que comme un bien mineur, la guerre étant, selon eux, l 'instrument normal des souverains pour faire respecter leur raison d 'État. Toutefois, ces positions semblent avoir été plutôt mal acceptées jusqu 'au XVIIIe siècle, leurs auteurs se voyant taxer de machiavélisme – Machiavel avait en effet explicitement concédé aux princes le droit de rompre leurs promesses et leurs traités si cela pouvait leur être utile. Il faut dire que le maintien de la paix n 'a pas toujours été un objectif de la diplomatie française à l 'époque étudiée. En particulier, la première partie du règne personnel de Louis XIV apparaît comme un moment fort de l 'expansion territoriale, une expansion que poursuivront d 'une manière encore plus accentuée (et sous d 'autres auspices idéologiques) la France révolutionnaire et napoléonienne. À cet égard, il convient de s 'interroger sur l 'impact que les grandes césures de 1756/1763, 1789/1793 et 1814/1815 ont eu sur la valeur de la paix et sur les conceptions relatives à sa stabilité dans le monde moderne. Les contributions de Sven Externbrink et d 'Emmanuel de Waresquiel suggèrent une relativisation de ces tournants.
Cependant, une certaine négation de la paix semble se manifester après la guerre de Sept Ans, quand la »dénonciation de la paix« par certains publicistes érige la guerre en une espèce d 'institution servant à l 'éducation morale (»moralische Anstalt«)55. Malgré toutes les restrictions qui s 'imposent, les guerres de la Révolution représentent certainement une césure. Du moins selon certains historiens de langue allemande, c 'est en 1792/1793 plutôt qu 'en 1789 que la véritable rupture se produisit dans la politique étrangère française à l 'égard du Saint-Empire56. À la différence des guerres de l 'Ancien Régime qui se référaient au rétablissement d 'une situation de paix antérieure, les révolutionnaires aspiraient à apporter à l 'Europe un nouvel ordre social et politique qui, selon l 'idéologie de la Révolution, était censé libérer les peuples d 'Europe et leur assurer ensuite une paix définitive. En même temps, il paraît certain que Napoléon n 'imagina pas sérieusement de transformer son hégémonie politique et militaire en une paix durable pour l 'Europe. Dans les territoires occupés par la France, en particulier en Allemagne, on assiste même à l 'essor d 'une littérature célébrant la guerre comme manifestation de la nation.
Enfin, à Vienne, en 1814/1815, les vainqueurs voulaient certainement rompre avec la tradition belliqueuse de l 'Ancien Régime. À cet égard, ils tranchaient donc avec leur objectif de »restauration« de l 'ordre antérieur. Si toutes les idées du tsar Alexandre Ier n 'étaient pas retenues par les autres grandes puissances, le »concert européen« établi avec le concours de Talleyrand reposa cependant sur des idées traditionnelles comme l 'équilibre des puissances et le droit public européen, »une vieille notion déjà en usage dans les chancelleries avant la Révolution«, comme il résulte très clairement de la contribution d 'Emmanuel de Waresquiel57. Ces fondements et le maintien du statu quo qui suivirent le congrès de Vienne, assurèrent à l 'Europe une certaine tranquillité durant la première moitié du XIXe siècle, sans pour autant parvenir mieux que l 'Ancien Régime à résoudre de manière définitive le problème de la paix sûre et durable58.
Auteur:Guido Braun
Rheinische Friedrich-Wilhelms-Universität Bonn
gbraun@uni-bonn.de
1 C 'est au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, en 1948, que la devise »Pax optima rerum« relative à la paix de Westphalie de 1648 a été reprise dans le titre d 'un ouvrage collectif commémorant le 300e anniversaire de sa signature: Ernst Hövel (dir.), Pax optima rerum. Beiträge zur Geschichte des Westfälischen Friedens 1648, Münster 1948. Ce livre marque un tournant dans la perception de la paix de Westphalie en Allemagne, car celle-ci avait été très fortement condamnée par les autorités et l 'historiographie du Troisième Reich, alors que la paix (ainsi que sa sécurisation) en général et les traités de Westphalie en particulier suscitaient une grande curiosité et étaient l 'objet d 'une revalorisation dans la conscience allemande depuis la fin des années 1940 et surtout dans les années 1950. Cela explique l 'essor des recherches sur ces sujets dans l 'historiographie allemande de l 'après-guerre.
2 Michael Howard, L 'invention de la paix et le retour de la guerre, traduit de l 'anglais par Sébastien Viguier, Paris 2004.
3 Pour la politique de la sécurisation de la paix dans une perspective diachronique depuis le Moyen Âge jusqu 'aux Temps modernes, voir l 'ouvrage collectif très utile de Heinz Duchhardt (dir.), Zwischenstaatliche Friedenswahrung in Mittelalter und früher Neuzeit, Cologne, Vienne (Autriche) 1991 (Münstersche historische Forschungen, 1). En janvier 2010, l 'Institut historique allemand et la Fondation Maison des Sciences de l 'homme ont organisé un colloque sur la paix à la fin Moyen Âge (XIIIe–début XVIe siècle) sous la direction de Gisela Naegle, voir le compte rendu de cette manifestation (»Faire la paix et se défendre à la fin du Moyen Âge«, 11–12 janvier 2010) publié dans: H-Soz-u-Kult, 18.03.2010, http://hsozkult.geschichte.hu-berlin.de/tagungsberichte/id=3035 <22.03.2010>. Outre les éléments de bibliographie plus récents que nous donnerons par la suite, il est d 'ailleurs toujours utile de se reporter à la grande monographie sur les différents projets de paix philosophiques conçus depuis la Renaissance jusqu 'à Kant et Gentz, en passant par Sully, Crucé, Saint-Pierre et Rousseau en France, qui a été publiée en Allemagne au lendemain de la Seconde Guerre mondiale: Kurt von Raumer, Ewiger Friede. Friedensrufe und Friedenspläne seit der Renaissance, Fribourg/Brisgau, Munich 1953 (Orbis Academicus [IV, 3]); en annexe, l 'auteur publie un grand nombre d 'extraits de sources relatives au problème de la paix à l 'époque moderne.
4 Voir Christoph Kampmann, article »Friede«, dans: Friedrich Jaeger (dir.), Enzyklopädie der Neuzeit, vol. I–(X), Stuttgart depuis 2005 (en cours de publication), ici vol. IV (2006), col. 1–21 (avec une bibliographie très utile, col. 20–21).
5 Hermann Weber a consacré plusieurs articles à ce problème des années 1960 aux années 1990, cf. par exemple Hermann Weber, Richelieu et le Rhin, dans: Revue historique 239 (1968), p. 265–280; Id., Richelieu und das Reich, dans: Heinrich Lutz, Friedrich Hermann Schubert, Hermann Weber (dir.), Frankreich und das Reich im 16. und 17. Jahrhundert, Göttingen 1968, p. 36–52 et 60 (notes); Id., Dieu, le roi et la chrétienté. Aspects de la politique du cardinal de Richelieu, dans: Francia 13 (1985), p. 233–245; Id., Zur Legitimation der französischen Kriegserklärung von 1635, dans: Historisches Jahrbuch 108 (1988), p. 90–113; Id., Une paix sûre et prompte. Die Friedenspolitik Richelieus, dans: Duchhardt (dir.), Zwischenstaatliche Friedenswahrung (voir n. 3), p. 111–129; voir également son livre: Id., Frankreich, Kurtrier, der Rhein und das Reich 1623–1635, Bonn 1969 (Pariser Historische Studien, 9).
6 Pour le problème de la sûreté de la paix au XVIIIe siècle en général, voir Heinz Duchhardt, Friedenswahrung im 18. Jahrhundert, dans: Historische Zeitschrift 240 (1985), p. 265–282.
7 Au sujet de l 'image de l 'Empire ottoman comme ennemi irréconciliable du Saint-Empire et des Allemands, cf. la très belle étude de Martin Wrede, Das Reich und seine Feinde. Politische Feindbilder in der reichspatriotischen Publizistik zwischen Westfälischem Frieden und Siebenjährigem Krieg, Mayence 2004 (Veröffentlichungen des Instituts für europäische Geschichte Mainz, Abteilung für Universalgeschichte, 196; Beiträge zur Sozial- und Verfassungsgeschichte des Alten Reiches, 15).
8 Voir notamment, dans ce volume, la contribution de Rainer Babel, <16>.
9 Voir, dans ce volume, la contribution de Rainer Babel, <24>, qui évoque le cas de Maximilien de Béthune, duc de Sully.
10 Pour les conflits confessionnels dans l 'Europe moderne, voir, entre autres ouvrages parus récemment, Jean-Paul Cahn, Françoise Knopper, Anne-Marie Saint-Gilles (dir.), De la guerre juste à la paix juste. Aspects confessionnels de la construction de la paix dans l 'espace franco-allemand (XVIe–XXe siècle), Villeneuve d 'Ascq 2008; Wolfgang Kaiser (dir.), L 'Europe en conflits. Les affrontements religieux et la genèse de l 'Europe moderne, vers 1500–vers 1650, Rennes 2008; Les affrontements religieux en Europe, avec une préface de Lucien Bély, Paris 2009; Michel Figeac (dir.), Les affrontements religieux en Europe. Du début du XVIe siècle au milieu du XVIIe siècle, avec la participation de Serge Brunet et al., Paris 2008; Benoist Pierre, Affrontements religieux. Europe, XVIe–XVIIe siècle, Neuilly 2009. Cf. également Jean Delumeau (dir.), L 'acceptation de l 'autre, de l 'édit de Nantes à nos jours, Paris 2000. Au sujet du Saint-Empire, voir Guido Braun, Les traités de Westphalie comme paix confessionnelle: ébauche de l 'idée moderne de tolérance?, dans: Revue d 'histoire diplomatique 123 (2009), p. 215–239.
11 Pour la protestation d 'Innocent X contre la paix de Westphalie, cf. notre contribution récente: Guido Braun, Innozenz X. Der Papst als padre comune, dans: Michael Matheus, Lutz Klinkhammer (dir.), Eigenbild im Konflikt. Krisensituationen des Papsttums zwischen Gregor VII. und Benedikt XV., Darmstadt 2009, p. 119–156 (avec la bibliographie des publications antérieures de Konrad Repgen et al.). Au sujet de la papauté comme puissance médiatrice, voir aussi ci-dessous nos rermarques sur la médiation de la paix et les indications bibliographiques que nous y donnons.
12 En effet, au lieu d 'envisager l 'apaisement des passions confessionnelles qui résulta indubitablement de la paix de Westphalie, d 'Avaux croyait à l 'éclatement imminent d 'une guerre de religion dans le Saint-Empire. Cf. son mémoire pour Louis XIV, Osnabrück, 4 mars 1647, publié dans: Acta Pacis Westphalicae (APW), publiés sous les auspices de la Nordrhein-Westfälische (Rheinisch-Westfälische) Akademie der Wissenschaften en collaboration avec la Vereinigung zur Erforschung der Neueren Geschichte e.V. par Max Braubach (†), Konrad Repgen et Maximilian Lanzinner, série II: Korrespondenzen, section B: Die französischen Korrespondenzen, vol. 5/1–5/2: 1646–1647, édité par Guido Braun, sur la base des travaux de Kriemhild Goronzy et d 'Achim Tröster, index établi avec le concours d 'Antje Oschmann, Münster 2002 (APW II B 5), document n° 157, p. 741–748, en particulier p. 743. Au sujet de la conception de la paix religieuse du comte d 'Avaux, cf. également Guido Braun, La crise de la diplomatie française en 1646–1647, dans: Francia 33/2 (2006), p. 37–68, en particulier p. 64–66; prochainement Id., Y avait-il une politique d 'Avaux au congrès de Westphalie?, dans: Maria-Elisabeth Brunert, Maximilian Lanzinner (dir.), Diplomatie, Medien, Rezeption. Aus der editorischen Arbeit an den Acta Pacis Westphalicae, Münster [2010] (Schriftenreihe der Vereinigung zur Erforschung der Neueren Geschichte e.V., 32), [p. 141–182] (sous presse).
13 Voir Lucien Bély (dir.), L 'invention de la diplomatie. Moyen Âge – Temps modernes, avec le concours d 'Isabelle Richefort, Paris 1998; Id., L 'Art de la paix en Europe. Naissance de la diplomatie moderne, XVIe–XVIIIe siècle, Paris 2007.
14 Voir, dans ce volume, la contribution de Rainer Babel, <13>, <21>, <23>.
15 Voir Franz Bosbach, Monarchia Universalis. Ein politischer Leitbegriff der Frühen Neuzeit, Göttingen 1988 (Schriftenreihe der Historischen Kommission bei der Bayerischen Akademie der Wissenschaften, 32).
16 Voir Christoph Kampmann, Arbiter und Friedensstiftung. Die Auseinandersetzung um den politischen Schiedsrichter im Europa der Frühen Neuzeit, Paderborn et al. 2001 (Quellen und Forschungen aus dem Gebiet der Geschichte, nouv. sér., 21).
17 Voir, dans ce volume, la contribution de Rainer Babel, <21>.
18 Voir, dans ce volume, pour la période de Richelieu et antérieure à son ministère, les contributions de Rainer Babel, <4> à <6>, <8> (au sujet de Pierre Dubois), <9>, <25>, <27>, <30>, et de notre part, passim, en particulier <13> à <14>, <16> à <18>, <25>, <33>, <45>, <48>, ainsi que, pour la régence de Philippe d 'Orléans, l 'article d 'Éric Schnakenbourg, passim, en particulier <4>, <15>, <19>.
19 Pour l 'origine et l 'essor de l 'idée d 'équilibre dans la théorie et la pratique politique, voir, dans ce volume, Lucien Bély, La construction et la sûreté de la paix à Utrecht (1712–1713); Éric Schnakenbourg, Pérenniser la paix après Utrecht: équilibre et sécurité collective dans la stratégie diplomatique de la Régence; Stefanie Buchenau, Leibniz philosophe-diplomate. Le traité sur la sécurité publique de 1670; Bruno Bernardi, L 'idée d 'équilibre européen dans le jus gentium des modernes: esquisse d 'histoire conceptuelle; Gérard Laudin, Équilibre européen contra cosmopolitisme: guerre et paix chez Svarez, précepteur royal, entre théorie du droit naturel et légitimation contractualiste de la politique prussienne; et Olaf Asbach, L 'idée de l 'équilibre des puissances: raisons et apories d 'un concept fondamental de la politique moderne. Cf. également Arno Strohmeyer, Theorie der Interaktion. Das europäische Gleichgewicht der Kräfte in der frühen Neuzeit, Vienne (Autriche) et al. 1994; pour la discussion relative à l 'importance de l 'équilibre des puissances au moment des négociations de Westphalie, cf. les appréciations contradictoires de Konrad Repgen, Der Westfälische Friede und die Ursprünge des europäischen Gleichgewichts, dans: Id., Von der Reformation zur Gegenwart. Beiträge zu Grundfragen der neuzeitlichen Geschichte, publié sous la dir. de Klaus Gotto et de Hans Günter Hockerts, Paderborn et al. 1988, p. 53–66; Hermann Weber, Chrétienté et équilibre européen dans la politique du cardinal de Richelieu, dans: XVIIe siècle 116 (1990), p. 7–16.
20 Jean Bérenger, Le traité de Versailles et le renversement des alliances, dans: Célébrations nationales 2006, délégation aux célébrations nationales (éd.) de la direction des archives de France, ministère de la Culture et de la Communication, Paris 2005, p. 35–37.
21 Voir, dans ce volume, la contribution de Sven Externbrink, citation <24>.
22 Voir, dans ce volume, la contribution de Gérard Laudin, <20>.
23 Le cas de Saint-Pierre est étudié, dans ce volume, par Lucien Bély, Bruno Bernardi et Olaf Asbach, celui de Leibniz par Stefanie Buchenau.
24 L 'apport de ce dernier à la discussion sur la paix éternelle est également évoqué, dans ce volume, par Gérard Laudin.
25 Pour les traités de 1648, de 1713 et de 1815 cf. respectivement les contributions de Guido Braun, de Lucien Bély et d 'Emmanuel de Waresquiel dans ce volume.
26 Cette particularité invite les chercheurs à réfléchir sur les moyens et sur les formes de la garantie et de la sûreté de la paix conçus à l 'époque moderne en adoptant aussi une perspective comparatiste diachronique.
27 Voir, dans ce volume, l 'article de Thierry Lentz, citations <20>.
28 Voir, dans ce volume, l 'article d 'Emmanuel de Waresquiel, citation <16>.
29 Sur la notion de »société des princes«, voir Lucien Bély, La société des princes, XVIe–XVIIIe siècle, [Paris] 1999.
30 Sur leur apport, voir, dans ce volume, le texte de Rainer Babel. L 'historiographie allemande s 'intéresse beaucoup à ces auteurs, cf., par exemple, deux contributions importantes des années 1990: Klaus Malettke, Konzeptionen kollektiver Sicherheit in Europa bei Sully und Richelieu, dans: August Buck (dir.), Der Europa-Gedanke, Tübingen 1992 (Reihe der Villa Vigoni. Deutsch-italienische Studien, 7), p. 83–106; Anja Victorine Hartmann, Rêveurs de paix? Friedenspläne bei Crucé, Richelieu und Sully, Hambourg 1995 (Beiträge zur deutschen und europäischen Geschichte, 12).
31 Voir ci-dessus.
32 Voir sa contribution dans le présent volume.
33 Au sujet de Saint-Pierre, voir les références indiquées ci-dessus et Olaf Asbach, Die Zähmung der Leviathane. Die Idee einer Rechtsordnung zwischen Staaten bei Abbé de Saint-Pierre und Jean-Jacques Rousseau, Berlin 2002 (Politische Ideen, 15); Id., Staat und Politik zwischen Absolutismus und Aufklärung. Der Abbé de Saint-Pierre und die Herausbildung der französischen Aufklärung bis zur Mitte des 18. Jahrhunderts, Hildesheim et al. 2005 (Europaea Memoria. Studien und Texte zur Geschichte der europäischen Ideen, série I: Studien, 37).
34 Voir l 'article de Schnakenbourg dans ce volume.
35 Voir Marcel Pekarek, Absolutismus als Kriegsursache. Die französische Aufklärung zu Krieg und Frieden, Stuttgart et al. 1997 (Theologie und Frieden, 15), p. 65–95 pour Saint-Pierre, p. 97–128 pour Montesquieu et p. 129–167 pour Rousseau. La position de Saint-Pierre est analysée d 'une manière beaucoup plus détaillée par Olaf Asbach (voir ci-dessus).
36 Quincy Wright, How Hostilities Have Ended: Peace Treaties and Alternatives, dans: Annals of the American Academy of Political and Social Science 392 (1970), p. 51–61, en particulier p. 52. Pour une analyse plus détaillée des fins des guerres (Antiquité–Temps présent) voir Bernd Wegner (dir.), Wie Kriege enden. Wege zum Frieden von der Antike bis zur Gegenwart, Paderborn et al. 2002 (Krieg in der Geschichte, 14).
37 Voir Françoise Autrand, Les artisans de paix face à l 'État. La diplomatie pontificale et le conflit franco-anglais au XIVe siècle, dans: Philippe Contamine (dir.), Guerre et concurrence entre les États européens du XIVe au XVIIIe siècle, traduit de l 'anglais par Nicole Genet, texte français établi par Philippe Contamine, Paris 1998 (Les origines de l 'État moderne en Europe), p. 305–337.
38 Au sujet des négociations internationales et des traités de paix de la fin du Moyen Âge à l 'aube du XXe siècle, et en particulier à l 'époque moderne, voir Randall Lesaffer (dir.), Peace Treaties and International Law in European History, from the Late Middle Ages to World War One, Cambridge 2004; Franz Bosbach, article »Friedensverhandlungen«, dans: Jaeger (dir.), Enzyklopädie der Neuzeit (voir n. 4), vol. IV (2006), col. 34–41 (bibliographie col. 40–41); Heinhard Steiger, article »Friedensvertrag«, dans: Jaeger (dir.), Enzyklopädie der Neuzeit (voir n. 4), vol. IV (2006), col. 41–48 (bibliographie col. 47–48).
39 Au sujet de cette demande et ses antécédents, voir, dans ce volume, Guido Braun, La diplomatie française à Münster et le problème de la sûreté et de la garantie des traités de Westphalie, <37> à <38>.
40 Voir, dans ce volume, Guido Braun, La diplomatie française à Münster et le problème de la sûreté et de la garantie des traités de Westphalie, <55> et n. 81.
41 Autant que nous le sachions, cette question n 'a pas encore été étudiée d 'une manière diachronique. Pour les projets de mariage discutés en Westphalie, voir prochainement notre mise au point: Guido Braun, Mariages dynastiques et négociation des traités de Westphalie, dans: Rainer Babel, Guido Braun, Thomas Nicklas (dir.), Bourbon und Wittelsbach. Neuere Forschungen zur Dynastiengeschichte, Münster [2010] (Schriftenreihe der Vereinigung zur Erforschung der Neueren Geschichte e.V., 33), [p. 219–243] (sous presse).
42 Cf., dans ce volume, le commentaire de Bernd Klesmann, <5>.
43 Cette hypothèse a été formulée par Guido Braun, Einleitung, dans: APW II B 5/1 (voir n. 12), p. LXXI–CLXXXI, ici p. CVI; Michael Rohrschneider, Der gescheiterte Frieden von Münster. Spaniens Ringen mit Frankreich auf dem Westfälischen Friedenskongress (1643–1649), Münster 2007 (Schriftenreihe der Vereinigung zur Erforschung der Neueren Geschichte e.V., 30), p. 262.
44 Voir Claire Gantet, La paix de Westphalie, 1648. Une histoire sociale, XVIIe–XVIIIe siècles, Paris 2001; Winfried Müller, article »Friedensfeier«, dans: Jaeger (dir.), Enzyklopädie der Neuzeit (voir n. 4), vol. IV (2006), col. 21–24.
45 Antje Oschmann, Der Nürnberger Exekutionstag 1649–1650. Das Ende des Dreißigjährigen Krieges in Deutschland, Münster 1991 (Schriftenreihe der Vereinigung zur Erforschung der Neueren Geschichte e.V., 17).
46 Voir, dans ce volume, Jean Bérenger, Léopold Ier et Louis XIV, citation <6>.
47 Voir également Lucien Bély, Espions et ambassadeurs au temps de Louis XIV, Paris 1990.
48 Jörg Ulbert, article »Kongresspolitik«, dans: Jaeger (dir.), Enzyklopädie der Neuzeit (voir n. 4), vol. VI (2007), col. 1086–1088, ici col. 1087: »Archetypus«.
49 Voir Heinz Duchhardt, Gleichgewicht der Kräfte, Convenance, Europäisches Konzert. Friedenskongresse und Friedensschlüsse vom Zeitalter Ludwigs XIV. bis zum Wiener Kongreß, Darmstadt 1976 (Erträge der Forschung, 56); Id., Friedenskongresse im Zeitalter des Absolutismus – Gestaltung und Strukturen, dans: [Konrad Repgen] (dir.), Forschungen und Quellen zur Geschichte des Dreißigjährigen Krieges, Münster 1981 (Schriftenreihe der Vereinigung zur Erforschung der Neueren Geschichte e.V., 12), p. 226–239; Id., Balance of Power und Pentarchie. Internationale Beziehungen 1700–1785, Paderborn et al. 1997 (Handbuch der Geschichte der internationalen Beziehungen, 4); Id. (dir.), Der Friede von Rijswijk 1697, avec le concours de Matthias Schnettger et Martin Vogt, Mayence 1998 (Veröffentlichungen des Instituts für Europäische Geschichte Mainz, Abteilung Universalgeschichte, cahier suppl. 47); Id. (dir.), Städte und Friedenskongresse, Cologne et al. 1999 (Städteforschung. Veröffentlichungen des Instituts für vergleichende Städtegeschichte in Münster, série A: Darstellungen, 49).
50 Cf. Karl-Heinz Lingens, Kongresse im Spektrum der friedenswahrenden Instrumente des Völkerrechts: Cambrai und Soissons als Beispiele frühneuzeitlicher Praxis, dans: Duchhardt (dir.), Zwischenstaatliche Friedenswahrung (voir n. 3), p. 205–226. Voir également Duchhardt, Friedenskongresse (voir n. 49), p. 235–239; Id., Friedenswahrung im 18. Jahrhundert (voir n. 6), p. 269–273, 280–281; Wolfram Pyta, Konzert der Mächte und kollektives Sicherheitssystem: Neue Wege zwischenstaatlicher Friedenswahrung in Europa nach dem Wiener Kongreß 1815, dans: Jahrbuch des Historischen Kollegs (1996), p. 133–173, en particulier p. 139–142.
51 Voir Schnakenbourg, <14> et <16>.
52 Cf. Raumer, Ewiger Friede (voir n. 3); Markus Vogl, Friedensvision und Friedenspraxis in der Frühen Neuzeit 1500–1649, Augsbourg 1996. Pour les utopies de la paix, voir aussi la bibliographie plus récente à la fin de l 'article très instructif d 'Olaf Asbach, article »Friedensutopie«, dans: Jaeger (dir.), Enzyklopädie der Neuzeit (voir n. 4), vol. IV (2006), col. 27–34, ici col. 33–34.
53 Pour les questions terminologiques, voir Christoph Kampmann, Friedensstiftung von außen? Die Problematik von Friedensvermittlung und Schiedsgerichtsbarkeit in frühneuzeitlichen Staatenkonflikten, dans: Claudia Ulbrich, Claudia Jarzebowski, Michaela Hohkamp (dir.), Gewalt in der Frühen Neuzeit, Berlin 2005 (Historische Forschungen, 81), p. 245–259; pour l 'arbitrage, cf. Id., Arbiter (voir n. 16).
54 Au sujet de la médiation à l 'époque moderne, cf. Heinz Duchhardt, Studien zur Friedensvermittlung in der frühen Neuzeit, Stuttgart 1979 (Schriften der Mainzer philosophischen Fakultätsgesellschaft, 6). Pour la médiation papale, voir Konrad Repgen, Die römische Kurie und der Westfälische Friede. Idee und Wirklichkeit des Papsttums im 16. und 17. Jahrhundert, vol. 1: Papst, Kaiser und Reich 1521–1644, première partie: Darstellung, deuxième partie: Analekten und Register, Tübingen 1962–1965 (Bibliothek des Deutschen Historischen Instituts in Rom, 24–25); Id., Dreißigjähriger Krieg und Westfälischer Friede. Studien und Quellen, publié sous la dir. de Franz Bosbach et de Christoph Kampmann, Paderborn et al. ²1999 (Rechts- und Staatswissenschaftliche Veröffentlichungen der Görres-Gesellschaft, nouv. sér., 81) [11998]. Sur la médiation vénitienne en Westphalie, voir toujours Stefano Andretta, La diplomazia veneziana e la pace di Vestfalia (1643–1648), dans: Annuario dell 'Istituto storico italiano per l 'età moderna e contemporanea 27–28 (1975–1976 [1978]), p. 3–128.
55 Johannes Kunisch, Die Denunzierung des Ewigen Friedens. Der Krieg als moralische Anstalt in der Literatur und Publizistik der Spätaufklärung, dans: Id., Herfried Münkler (dir.), Die Wiedergeburt des Krieges aus dem Geist der Revolution. Studien zum bellizistischen Diskurs des ausgehenden 18. und beginnenden 19. Jahrhunderts, Berlin 1999 (Beiträge zur Politischen Wissenschaft, 110), p. 57–73.
56 Eckhard Buddruss, Die Deutschlandpolitik der Französischen Revolution zwischen Traditionen und revolutionärem Bruch, dans: Karl Otmar Freiherr von Aretin, Karl Härter (dir.), Revolution und konservatives Beharren. Das Alte Reich und die Französische Revolution, Mayence 1990 (Veröffentlichungen des Instituts für Europäische Geschichte Mainz, Abteilung Universalgeschichte, cahier suppl. 32), p. 145–154; Id., Die französische Deutschlandpolitik 1756–1789, Mayence 1995 (Veröffentlichungen des Instituts für Europäische Geschichte Mainz, Abteilung Universalgeschichte, 157); Michael Hochedlinger, Krise und Widerherstellung. Österreichische Großmachtpolitik zwischen Türkenkrieg und »Zweiter Diplomatischer Revolution« 1787–1791, Berlin 2000 (Historische Forschungen, 65).
57 Voir, dans ce volume, l 'article d 'Emmanuel de Waresquiel, citation <8>.
58 À ce sujet, cf. Pyta, Konzert der Mächte und kollektives Sicherheitssystem (voir n. 50); Matthias Schulz, Normen und Praxis. Das Europäische Konzert der Großmächte als Sicherheitsrat, 1815–1860, Munich 2009 (Studien zur Internationalen Geschichte, 21).
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